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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Ptit coup de faiblesse en montagne  (Lu 25389 fois)

20 août 2012 à 09:03:24
Lu 25389 fois

Karto


Salut :)

Ca faisait trop longtemps que mes ballades en montagne se déroulaient de manière anormalement lisse. Une petite anecdote ce week-end a remis à zéro le compteur des "journées sans incident".
Je me balladais avec une copine en face du massif du Mt-Blanc. Nuit à la belle vendredi soir. Samedi, 1400 m de montée sans souci malgré la canicule. Le soir on se sent tous les deux en parfaite forme. Bivouac près d'une crête à moyenne altitude (2400m) nickel. Le lendemain on avait prévu notre plus grosse journée, avec beaucoup de montée et encore plus de descente.

Mais au réveil, la copine a des vertiges. Elle titube même sur du plat, sans sac-à-dos, en rigolant comme une alcoolo, alors qu'on n'a pas bu une goutte d'alcool du week-end. Je me dis que ça passera après le petit-dèj. Puis non. La journée commence par une descente raide dans un pierrier. Je vais lentement, mais chaque fois que je me retourne pour l'attendre, la copine est très loin derrière. Là je sais déjà qu'on ne va pas pouvoir s'en tenir au programme.

Pour le background de la suite de l'histoire, à ses heures perdues la fille est gymnaste de niveau national (donc oreille interne et gestes normalement calibrés au millimètre et à la milliseconde...). Elle est aussi toubib et a fait un peu de SAMU par le passé. Par ailleurs, malgré tous les défauts qu'on peut lui trouver (;)), "chochotte" n'en est clairement pas un.

On fait le point au bord d'un lac, et elle accepte facilement de faire taire la fierté mal placée, et qu'on rebrousse chemin par là où on est montés la veille. On recommence 250 mètres de montée vers un col. Elle va de plus en plus lentement. Souvent elle perd l'équilibre et ses jambes se croisent comme pour esquisser un pas de danse, ou bien elle fait quelques pas en crabe. Je marche très près derrière, ce qui me permet de la retenir plusieurs fois par le sac-à-dos pour éviter qu'elle ne s'étale sur les rochers.

Là, elle n'arrive plus à tourner la tête sans perdre l'équilibre, même à l'arrêt. Elle doit tourner tout le corps très lentement. Y'a clairement une m*rde à l'oreille interne. Les marches de 30 cm de haut sont des obstacles devant lesquel elle doit s'arrêter, et qu'elle doit négocier lentement. Et elle est de plus en plus hors d'haleine. On arrive au col tant bien que mal après s'être fait doubler par plus de gens qu'on croyait pouvoir en voir sur cette montagne.

" - je suis désolée, j'suis un boulet, même les escargots vont plus vite que nous...  :(
- ouais, si on les attrappe et qu'on les jette au loin !
;D"

Elle ne veut rien manger, et se force à boire mais le coeur n'y est pas. Si elle ferme les yeux, les vertiges sont pires. Elle tente l'auto-diagnostic, sur la base de ce qu'on sait... Plusieurs hypothèses sont retenues, mais on ne sait pas vraiment ce qu'elle a. On a encore 1200 m de descente à faire sur un versant sud, le soleil tape, ça va être long.

Je checke la criticité de la situation avec la grille d'évaluation qu'on connaît tous ici :
- (3 jours sans) eau / (3 heures sans) régulation thermique, ça va bientôt se faire sentir vu le cagnard et vu comme elle en avale peu même en se forçant.
- conscience :  elle parle beaucoup et dit des choses moins cohérentes que d'habitude. Elle est moins "là" que d'habitude.
- mobilité : vu ses pertes d'équilibre, le risque de se péter un truc est sérieux.
Bref pour le moment la situation est sous contrôle, mais y'a le potentiel pour qu'elle dégénère.

On a encore 200 mètres de descente relativement exposée après le col, et l'essentiel du reste se fera sur des chemins où un étalement-tout-en-long est plutôt pardonnable. Je reste très près derrière tout le long de la descente et la rattrappe encore une fois ou deux par le sac-à-dos. Une fois en zone non-exposée, elle sort deux ou trois fois du chemin pourtant large. Son état empire. Elle ne veut toujours rien manger. Elle boit encore moins. Elle a de grosses cernes, ne transpire plus beaucoup. On compense en faisant régulièrement couler de l'eau froide sur la tête et dans le cou, et sa casquette reste toujours mouillée.


A un moment on fait une petite pause à l'ombre, et elle dégobille beaucoup d'eau.
On continue.

Au passage durant la descente on assiste à un magnifique éboulement de falaise.

On arrive presque au parking. Il y a des tas de gens. Il y a une buvette. Elle qui parlait d'une glace toute l'après-midi, elle s'en offre une enfin. Trente secondes après la dernière cuillérée, elle se lève en urgence et va dégobiller la glace derrière un buisson au bord de la terrasse de la buvette.
"- oh non, pas ma glace".
On se prend d'un fou rire tous les deux.

Encore un kilomètre ou deux jusqu'à un premier parking. On y arrive. Je marche devant, et j'entends un gros "scratchboum". Je me retourne et vois la copine par-terre qui se tient une cheville en grimaçant de douleur. Entorse, visiblement sans rupture/arrachement, pas trop handicapant mais heureusement qu'on n'est plus sur des chemins escarpés en altitude. Vu son métier elle s'y connaît vachement plus que moi en entorses alors je la laisse me dire ce qu'il faut faire, en gardant l'esprit critique allumé vu son jugement diminué. On lui met le pied dans une fontaine d'eau froide sur le parking. Je la laisse là avec les sacs et descends seul au second parking où nous avons laissé la voiture. Je remonte en caisse et arrive 30 minutes plus tard (le chemin pédestre est court, mais la route oblige à faire une boucle immense). Elle est assise et a l'air OK. Elle se lève avec le sourire, et re-vomit 300ml de flotte direct. Là je comprends que rien de ce qu'elle a bu de toute la journée ne semble être passé dans son sang !

On monte dans sa voiture. Je conduis. Les lacets se passent tant-bien que mal, mais sur l'autoroute elle s'improvise un sac à vomi et y envoie encore une quantité incroyable d'eau.
Elle a des SRO dans sa trousse de premiers secours, mais pas d'antivomitif. En théorie on doit s'arrêter à Annemasse pour que je reprenne ma caisse à moi, et que nos chemins se séparent. Mais elle n'est vraiment pas en état de conduire. On envisage l'option du train. Mais elle ne s'imagine même pas assise dans un train. Elle a vraiment une sale tête. Elle veut un hôpital pour recevoir une perfusion. C'est là que la journée se termine.
 

J'ai reçu un texto durant la nuit où elle m'apprend qu'elle a quitté l'hosto et a pu rentrer chez elle (une heure de route) par ses propres moyens, mais qu'on ne sait pas encore ce qu'elle a.


Bilan :

- la situation n'a pas dégénéré, mais elle aurait pu : déshydratation en entorse en montagne. Si la météo n'avait pas été de la partie, ou/et si l'entorse avait eu lieu avant, il y aurait eu un truc plus sérieux à gérer.

- j'ajoute des antivomitifs dans ma trousse de premiers soins, pour aider à la réhydratation "gavée".
« Modifié: 20 août 2012 à 15:37:04 par Karto »

20 août 2012 à 09:23:27
Réponse #1

raphael


cela ressemble au vertiges que l'on peut avoir quand on fait des mouvements en dormant et qui déplacent des petits cristaux dans l'oreille interne

VPPB : Vertige Paroxystique Positionnel Bénin


plus la déshydratation et le soleil ?
Se connaitre et s'accepter


20 août 2012 à 09:28:29
Réponse #2

Karto


Salut Raphaël.

Nan probablement pas de VPPB. En cherchant à se diagnostiquer au col elle a évoqué ça, mais certains détails ne collaient pas.

Moi, doc improvisé, je penche pour un virus ou une connerie comme ça  8)
Mais on verra ce qu'il en ressort dans les jours qui viennent. Peu importe la cause finalement, c'est surtout la journée "un peu chiante" qui avait tout le potentiel pour devenir une journée "très merdique", et que donc même pour des trucs légers come ça il faut savoir se poser des questions ; c'est ça que je voulais partager.
« Modifié: 21 août 2012 à 17:12:11 par Karto »

20 août 2012 à 09:39:14
Réponse #3

raphael


effectivement cela peut vite changer le programme.

J'ai connu une expérience récente similaire, départ avec quelqu'un qui a une légère douleur à une jambe et qui au fur et a mesure de la montée se transforme en début de sciatique. Chaque gros caillou devient un calvaire, j'ai cru qu'on ne ferait jamais la descente. Arrivés en haut, repas , prise d'un doliprane (c'est tout ce que j'avais contre la douleur) repos et prise de conscience que la descente ne pourras pas se faire par là ou on était monté. Du coup le chemin de retour s'est fait par un autre chemin (quelle chance) plus long mais moins pierreux.

REX : des anti inflammatoires dans mon EDC et remplir  :glare: ma petite fiole (vide) du mélange d'huile d'arnica et de gaultherie
Se connaitre et s'accepter


20 août 2012 à 09:50:07
Réponse #4

onc roger


Merci pour ce retour, comme toujours intéressant et agréable à lire mais il y a un truc qui me titille :

Pour ce que je sais de toi c'est sans aucun doute fait exprès  ;# mais pendant tout le récit je me disais de plus en plus fort "mais pourquoi ils n'appellent pas le 112 ?".

Là comme tu le racontes c'est le truc typique du "ça ne va pas du tout mais on va arriver à rentrer tout seuls sans déranger personne" qui vaut mieux que de continuer le programme en faisant semblant de rien mais qui n'est quand même pas toujours idéal ...

Là avec la chute de l'histoire nous apprenant que ta copine est capable de s'autodiagnostiquer ça change la donne mais pour tous les  types comme moi qui n'y connaissent pas grand chose il me semble utile de répéter que le mieux quand ça semble sérieux c'est d'appeler les secours pour avoir un avis. Pas forcément pour demander une évac d'urgence hein ! Mais au moins pour avoir un avis médical sur un problème qui semble sérieux et qu'on ne comprends pas ... avant que ça tourne mal  :)

20 août 2012 à 10:34:37
Réponse #5

Karto


prise d'un doliprane (c'est tout ce que j'avais contre la douleur) repos et prise de conscience que la descente ne pourras pas se faire par là ou on était

De toutes façons, un anti-douleur plus "délibéré" aurait altéré la conscience du bonhomme... mieux vaut la douleur, parfois, même si c'est pas rigolo.

Pour le reste, la différence (subtile) entre les deux histoires, c'est que dans le cas de ton pote, le problème est apparu progressivement durant la montée et que vous avez choisi de continuer.


Pour ce que je sais de toi c'est sans aucun doute fait exprès  ;#

Abanon  ;# Tu me vois encore plus pervers que je le suis !
J'ai édité le message pour éviter cette confusion.

Citation de: onc roger link=topic=58897.msg463340#msg463340
il me semble utile de répéter que le mieux quand ça semble sérieux c'est d'appeler les secours pour avoir un avis. Pas forcément pour demander une évac d'urgence hein ! Mais au moins pour avoir un avis médical sur un problème qui semble sérieux et qu'on ne comprends pas ... avant que ça tourne mal  :)

 :up:
« Modifié: 20 août 2012 à 13:37:04 par Karto »

20 août 2012 à 10:40:55
Réponse #6

Spinup


C'est un peu HS, mais les symptomes ressemblent drolement à un début de grossesse, éventuellement amplifié  par l'effort et l'altitude.

20 août 2012 à 10:49:19
Réponse #7

Karto


C'est un peu HS, mais les symptomes ressemblent drolement à un début de grossesse, éventuellement amplifié  par l'effort et l'altitude.

Effectivement !

20 août 2012 à 11:01:51
Réponse #8

VieuxMora


Salut Mathias,
Je pense aussi à une toute bête insolation, avec un peu d'hypoxie. Vous êtes monté vite ? sous le soleil ? (pas toi, quand même  ;))
Le temps au bivouac, très exposé ? Coiffure couvrante ou pas ?
L'insolation augmente la déshydratation et génère (aussi) des vomissements.
(Précision: suis pas toubib, mais j'en ai vu pas mal souffrir en montant au soleil)
Ex:La semaine dernière, j'ai passé mon temps à monter lentement (+/- 300m heure) à être doublé par des tas de gens, que je redoublais
systématiquement un peu plus tard, (sauf les iron-men en entraînement aux crânes brillants sous le soleil).


20 août 2012 à 11:10:38
Réponse #9

Karto


Salut Dom' :)

Non on est montés lentement. 1400 mètres de D+ en sept heures avec plein de pauses et en gérant soigneusement température / hydratation vu la canicule. On s'est pas fait mal, on n'a pas surchauffé, on n'a pas eu soif. Le soir on était en très bonne forme. Le bivouac était très confortable, ni chaud ni froid. L'hypoxie à 2400 est à exclure complètement, la fille a des expériences au delà de 6000 mètres dans les Andes.

20 août 2012 à 11:12:57
Réponse #10

azur


Ta copine présente tous les symptômes du "MAM" ou "mal aigu des montagnes", bien connu des montagnards et qui oblige une bonne part des prétendants aux hauts sommets à faire demi-tour: en gros, c'est l'équivalent des accidents de décompression en plongée.
Symptômes: des céphalées, des nausées et des vomissements, de l’insomnie, de la fatigue générale, de la lassitude, des vertiges, des troubles de l’équilibre, de la dyspnée et de l’inappétence.
Il touche indistinctement et sans prévenir, parfois même des personnes largement aguerries. La fatigue, le froid, la chaleur, etc... sont des facteurs qui fragilisent le corps et favorisent son apparition, parfois bien en dessous de 3000m.

Bizarre que personne n'y ait pensé  :huh:
Tout le monde savait que c'était impossible... est venu un idiot qui ne le savait pas, et qui l'a fait!
------------------------------------------
Boviner, c'est contourner par le centre...

20 août 2012 à 11:14:34
Réponse #11

Karto


Bizarre que personne n'y ait pensé  :huh:

C'est le premier truc auquel on a pensé quand on a vu son état. Mais trop improbable vu les conditions et son passif >6000m comme je disais.
J'ai déjà vu des MAM plusieurs fois, et ça ne ressemblait pas à ça.

20 août 2012 à 11:16:46
Réponse #12

azur


C'est le premier truc auquel on ait pensé quand on a vu son état. Mais trop improbable vu les conditions et son passif >6000m comme je disais.
J'ai déjà vu des MAM plusieurs fois, et ça ne ressemblait pas à ça.
C'est pourtant déjà arrivé à des moniteurs de l'école militaire de haute montagne après plusieurs années d'expérience...
C'est tout le problème de ce malaise, c'est qu'il ne prévient jamais.
Tout le monde savait que c'était impossible... est venu un idiot qui ne le savait pas, et qui l'a fait!
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Boviner, c'est contourner par le centre...

20 août 2012 à 11:18:33
Réponse #13

Karto


C'est pourtant déjà arrivé à des moniteurs de l'école militaire de haute montagne après plusieurs années d'expérience...
C'est tout le problème de se malaise, c'est qu'il ne prévient jamais.

Oui, je sais qu'en théorie ça arrive aussi même aux andins qui passent leur vie en altitude, après une descente "à la ville"...
Mais un MAM aurait-il pu empirer au cours de la descente, et atteindre son paroxysme sur une autoroute le soir à 500m d'altitude ?

20 août 2012 à 11:22:05
Réponse #14

azur


Oui, je sais qu'en théorie ça arrive aussi même aux andins qui passent leur vie en altitude, après une descente "à la ville"...
Mais un MAM aurait-il pu empirer au cours de la descente, et atteindre son paroxysme sur une autoroute le soir à 500m d'altitude ?
Normalement non, sauf que vous êtes resté un moment en altitude.
De plus, avec son expérience, l'apparition du MAM est surement dû à une autre faiblesse (probablement difficile à diagnostiquer seule) et donc cette faiblesse peut ralentir la réacclimatation.
Enfin, si vous êtes descendu vite, ça a pu avoir quelques effets, ajoutés à la fatigue, chaud, froid...
Tout le monde savait que c'était impossible... est venu un idiot qui ne le savait pas, et qui l'a fait!
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Boviner, c'est contourner par le centre...

20 août 2012 à 11:22:28
Réponse #15

VieuxMora


L'avantage -si l'on peut dire- du MAM, c'est qu'il se traite très simplement par le fait de redescendre. Donc, effectivement pas envisagé dans ce cas.
En tout cas, ce sera intéressant de savoir de quoi il en retourne in fine, à la confidentialité près bien sûr.


20 août 2012 à 11:46:02
Réponse #16

azur


J'ai un ami de longue date qui est mort en montagne, officiellement de froid, mais c'était en fait la conséquence d'un MAM qui n'a pas pu être traité.
Bien que d'origine africaine, il vivait en France depuis 6 ans et était parfaitement aguerri tant physiquement que moralement.
Tout le monde savait que c'était impossible... est venu un idiot qui ne le savait pas, et qui l'a fait!
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Boviner, c'est contourner par le centre...

20 août 2012 à 11:48:21
Réponse #17

caillou



Un lien sur le MAM (qui est une des hypothèse a avoir a l'esprit lors de l'évocation des symptômes cités)  avec symptômes et CAT

http://www.adrenaline112.org/urgences/DUrge/DPhys/MAM.html  
« Modifié: 23 août 2012 à 15:31:54 par caillou »

20 août 2012 à 11:51:53
Réponse #18

Karto


peut être à déplacer dans santé

Je m'en abstiendrais bien, si le déplacement n'est motivé que par votre diagnostic par internet en réduisant le sujet au plus petit dénominateur commun ;)
Le fond de mon post était plus d'exposer une démarche que de gratter le fond médical. Tant-mieux si ça permet une piqûre de rappel sur la possibilité d'un MAM là où on ne l'attend pas. Ca ne reste néanmoins qu'une hypothèse parmi d'autres, formulée sur des bases extrêmement partielles.

Dom', on verra....  :)

20 août 2012 à 12:36:42
Réponse #19

Merlin06


J'ai déjà vu ce genre de symptômes, les vomissements moins sévères, pour une piqûre d'insecte indéterminé, pieds nus dans l'herbe en plaine, ça a duré 24H et ne s'est déclaré que 1H après la piqûre.
« Modifié: 20 août 2012 à 13:56:17 par merlin06 »
L'âme sûre ruse mal.
Le matin du grand soir il y aura de la confiture de bisounours au petit déjeuner.
Nous avons deux souverains, Dame Physique et Sire Temps.

20 août 2012 à 13:11:27
Réponse #20

Chris-C


Yo!!!

La montagne..... c'est toujours elle qui gagne....

La préparation , la caisse, le cardio, la puissance tout ça entretenu toute l'année parfois ça s'écroule très vite arrivé en altitude.
C'est con pour nous qui vivons en plaine et n'avons que quelques jours pour profiter de la montagne. Mais l'acclimatation c'est important.

Ma dernière virée en montagne, j'arrive en pleine forme et plein de chemin à crapahuter.... et puis c'est bizarre j'suis pas heureux comme d'habitude, comme blasé, fatigué, j'ai la sensation d'avoir perdu ce petit truc qui fait que t'as toujours envie d'aller voir ce qu'il y a juste derrière là....
Donc 2 jours de glande autour du véhicule, à prendre le temps et puis c'est revenu au bout de 2 nuits.


Je lisais un bouquin dont j'ai oublié le titre, qui disait en gros qu'avec l'évolution des moyens de transport pouvant déposer les alpinistes toujours plus haut pour partir faire un sommet, se soldait de plus en plus par des échec liés au M.A.M.
En comparaison avec les très longues marches d'approches qui préparaient l'organisme à l'altitude...


Bref un peu de M.A.M, de grosse chaleur, de problème perso et on est vite dépassé pour poser un bon diagnostic....



a+

20 août 2012 à 13:22:46
Réponse #21

ucorsu


Bonjour,
Il m'arrive un truc comme ça: j'appelle les secours en suspectant un avc.
Mais je ne suis pas toubib ::)
Quand le croquemitaine va se coucher, il vérifie si il n´y a pas Ucorsu sous son lit. :lol:

20 août 2012 à 13:52:43
Réponse #22

Moleson


Ta copine présente tous les symptômes du "MAM" ou "mal aigu des montagnes", bien connu des montagnards et qui oblige une bonne part des prétendants aux hauts sommets à faire demi-tour: en gros, c'est l'équivalent des accidents de décompression en plongée.
Symptômes: des céphalées, des nausées et des vomissements, de l’insomnie, de la fatigue générale, de la lassitude, des vertiges, des troubles de l’équilibre, de la dyspnée et de l’inappétence.
Il touche indistinctement et sans prévenir, parfois même des personnes largement aguerries. La fatigue, le froid, la chaleur, etc... sont des facteurs qui fragilisent le corps et favorisent son apparition, parfois bien en dessous de 3000m.

Bizarre que personne n'y ait pensé  :huh:
C'est le premier diagnostic auquel j'ai pensé. Vécu avec ma femme ,début des symptômes à 2'400m, au final évacuation en hélico.

Dans les autres diagnostiques: Maladie de Ménière, méningite virale, Insolation.


Moléson

20 août 2012 à 13:55:29
Réponse #23

Karto


Plumok, tafdak sur toute la ligne.
Faut juste voir que là :
- on n'était pas bien haut (et oui, je sais bien que le MAM peut, rarement, arriver à basse altitude). Quand on fait référence à ces moyens de transport, on parle plus souvent du téléphérique de l'Aiguille du Midi, ou des taxis dans les Andes.
- le mal s'est déclenché après une journée sans aucune alerte, durant laquelle nous sommes allés nous percher. C'était pas comme si y'avait un truc louche au parking à 1000m...

Ucorsu, bonne remarque. Je n'y avais pas pensé. Je suppose qu'elle, toubib avec un peu d'expérience de la médecine d'urgence, a rapidement éludé cette hypothèse dans son auto-diagnostic, sans avoir besoin de l'exprimer à voix-haute. Mais je lui en reparlerai pour mieux comprendre.

Merlin, intéressant, merci. Je ne savais pas que ce genre de truc arrivait avec nos insectes locaux, hors sensibilité allergique.

Les céphalées ne faisaient pas parti de la liste de symptômes. Quoi qu'il en soit, je le répète, même s'il est intéressant de voir (et continuer à voir) des hypothèses médicales formulées en guise de piqûre de rappel, ce n'était pas là la motivation de fond pour vous présenter l'épisode, et je n'exposerai pas le secret médical d'une personne tierce. Sans compter que ce n'est pas le but du forum.
« Modifié: 20 août 2012 à 14:01:16 par Karto »

20 août 2012 à 13:59:39
Réponse #24

Merlin06


Merlin, intéressant, merci. Je ne savais pas que ce genre de truc arrivait avec nos insectes locaux, hors sensibilité allergique.
De rien, ça m'a tellement choqué quand j'ai enfin compris ce qui m'était arrivé, moi qui suis fils d'apiculteur et plutôt rustique que je n'ai jamais oublié, depuis je fais gaffe.
L'âme sûre ruse mal.
Le matin du grand soir il y aura de la confiture de bisounours au petit déjeuner.
Nous avons deux souverains, Dame Physique et Sire Temps.

 


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