Salut,
Mais dis-moi, concrètement, dans le cas exposé, quelle justification j'avais pour faire stresser le 112 tant qu'on était objectivement encore parfaitement capables de descendre nous-mêmes sans risque majeur, et que le 112 restait toujours une option si son état de santé se dégradait trop
Je pense que cette question est intéressante.
Déjà, "faire stresser" le 112, c'est une notion qui n'existe pas. Ils ne stressent pas. Ils suivent des protocoles. L'intérêt de les appeler AVANT que l'état de santé n'empire est multiple :
1) ça les met au courant que dans tel massif il y a une jeune femme dont l'état pourrait empirer, et ça les permet de se "pré-préparer" au cas où. Genre "oh Marcel, je vais faire trois courses pour midi, tu veux quelque chose ? Non attends un peu avant d'y aller stp, y'a un gars et sa meuf qui est pas bien dans le massif du bousin, là. Je dois les rappeler dans 20 minutes pour faire un bilan. Ah ben ok alors, je vais juste au bureau de tabac vite fait, cuis là dans 5 min et je termine le plein de la bécane..."
2) parfois, quand ça empire c'est trop tard... trop tard pour envoyer des secours à temps, trop tard parce que la météo a changé, trop tard parce qu'ils ont eu le temps d'avoir une autre urgence ailleurs, qu'ils auraient peut-être géré différemment s'ils avaient su que, etc.
3) des vertiges, étourdissements, pertes d'équilibre etc. ça peut traduire des tas et des tas de problèmes systémiques qui sont souvent bénins, mais qui peuvent être ou devenir graves de manière très brutale. Le MAM est assez plausible pour que les gens, à la lecture de ton post, puissent le suspecter, même si comme tu dis "certains détails ne collent pas"... la vérité est que vous ne saviez ni l'un ni l'autre ce qui se passait. Et c'était très piégeux comme dynamique de groupe parce que la meuf est toubib, et donc forcément, même si c'est elle le patient, elle reste un peu leader d'opinion dans ce genre de situation, et on a tendance à la croire quand elle dit "ça va je peux descendre"... pour le coup, je pense qu'un deuxième avis, via le 15 ou le 112, aurait pu être intéressant à prendre, ne serait-ce que pour essayer de comprendre en discutant avec quelqu'un au téléphone qui pose des questions auxquelles on n'aurait pas forcément pensé. Je dis ça par principe, et pas pour te mettre le nez dedans hein.
Pour ce qui est de la définition du doute : à partir du moment où on ne connaît ni la cause ni l'évolution possible d'une situation... c'est déjà la m*rde, en fait, parce qu'on n'a plus la maîtrise de la situation. Pour moi, c'est un facteur assez important à prendre en compte, même si ça ne suffit pas à déclencher les secours, ça doit allumer un petit feu orange quelque part.
Perso je trouve ce fil extrêmement intéressant, parce qu'il montre bien toute la difficulté qu'on a tous à trancher, et à quel point c'est plus facile de l'extérieur, le cul posé sur une chaise devant un ordi. Ce genre de scénario m'est arrivé des dizaines de fois, et à chaque fois j'ai choisi de me démerder tout seul. Concrètement, j'aurais dû me faire VRAIMENT violence dans la même situation que Karto pour appeler le 112... et pourtant je suis là, tranquille au frais, à préconiser.
Décider d'appeler, pour certains c'est trop facile. Pour nous, bien souvent, c'est trop dur. Un juste milieu ça serait pas mal...

Ciao

David