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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Un Poulet dans la jungle  (Lu 37473 fois)

20 décembre 2011 à 17:46:31
Réponse #25

guarocaliente


Je perds patience la !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Il y a de quoi.  ;D


D'autres priorités.

Surtout pas le temps. Excessivement long de recopier les quatre cahiers, trouver les photos, les films les retoucher, mettre les liens..

Je fais ça bien.

Comme j'ai tout mon temps depuis quelques jours, et que j'ai trouvé une sténo volontaire pour être plus efficace, m'y suis remis

Je vais terminer ce sujet prochainement.
Ici et Maintenant.

20 décembre 2011 à 18:04:46
Réponse #26

DavidManise


:love:

J'ai très hâte de te lire...

David
"Ici, on n'est pas (que) sur Internet."

Mon PATREON -
Stages survie CEETS - Page de liens a moi que j'aimeu

20 décembre 2011 à 19:03:10
Réponse #27

Patrick


Je suis aussi fan de l'expérience de vie.  :love:

Mais 22 kg le sac de Poulet ça fait pas un peu beaucoup ?

20 décembre 2011 à 20:20:37
Réponse #28

guarocaliente


Mais 22 kg le sac de Poulet ça fait pas un peu beaucoup ?

;D

"22 kg, ça aurait été promenade de santé" dixit "Poulet".

22 kg dans le dos+environ 10 en poitrine+ 3 ou 4 litres d'eau.

Pas de séquelles pour lui. Juste quelques tensions dans la nuque et les genoux qui sont parties dès qu'il a repris les étirements (Lafayiste croyant et pratiquant).

Pour moi, machine plus vieille et plus usée, tendinite dans la fesse droite et la nuque.
2 vertèbres et une cote déplacées, tout ça remis en place avec quelques séances de kiné.

"Faut s'étirer régulièrement sur le terrain quand on porte beaucoup de poids", dixit mon kiné.
« Modifié: 22 décembre 2011 à 13:56:56 par guarocaliente »
Ici et Maintenant.

20 décembre 2011 à 20:24:38
Réponse #29

kovaks


Fiouuuu... C'est un poulet aux hormones... 35 kg de sac...  :blink:

20 décembre 2011 à 20:25:48
Réponse #30

Patrick


Donc ton gamin de 15 ans porte 35/36 kg et ça te paraît normal ?

20 décembre 2011 à 20:33:43
Réponse #31

guarocaliente


Donc ton gamin de 15 ans porte 35/36 kg et ça te paraît normal ?

16 ans.

"Normal" ? Intéressant débat philosophique potentiel... ::)

Normal ou pas, je te concède que c'est beaucoup. C'était nécessaire.

Il n'a pas été forcé, et il les a bien supporté.

Rythme de marche lent, poids réparti entre le dos et la poitrine, nombreuses pauses. Ne s'est pas plains pendant la promenade.

De plus il est pas racho comme gars.

Comme il est à coté de moi il répond tout seul : "C'était pas une torture de porter ce poids même si ça parait impressionnant. Bien réparti c'est pas trop gênant. La pluie est bien plus chiante"
« Modifié: 20 décembre 2011 à 20:39:04 par guarocaliente »
Ici et Maintenant.

20 décembre 2011 à 20:40:36
Réponse #32

Patrick


"Normal" ? Intéressant débat philosophique potentiel... ::)
Non, rien de philosophique. Je respecte l’expérience humaine mais pas de trouver "nécessaire" de faire porter à un gamin la moitié de son poids qu'il en soit capable et même fier n'y change rien.

20 décembre 2011 à 22:04:44
Réponse #33

Irazú


Citation de: guarocaliente
trouver les photos, les films
certaines prises de vues de l'avant-dernier jour m'interessent tout particuliérement!!!

a titre prive!!  ;)

Citation de: guarocaliente
De plus il est pas racho comme gars.

c'est le moins qu'on puisse dire!!! ;#

bien cordialement
=Le plus vif de tous les feux=

21 décembre 2011 à 00:32:36
Réponse #34

guarocaliente


Non, rien de philosophique. Je respecte l’expérience humaine mais pas de trouver "nécessaire" de faire porter à un gamin la moitié de son poids qu'il en soit capable et même fier n'y change rien.

Par "philosophique" je parlais du débat stérile, selon moi, de discuter de ce qui est "normal" ou pas.

Les opinions sur les choses ne sont pas la réalité. Juste des interprétations personnelles.

Alors, la théorie sur le poids maximum à porter par rapport au poids de corps pour une ballade confortable, je la connais.

Ce n'était pas une ballade confortable. En pratique, on a fait des essais avant.

Ensuite la réalité de la chose vécue, l'expérience par rapport à la théorie, a démontré qu'il n'a pas souffert du poids des sacs.

Il n'était pas "nécessaire" de "faire porter" à un "gamin" la moitié de son poids.  

Il était nécessaire, pour le temps que nous y avons passé, et les conditions de l'expé, de porter une charge lourde.

Il n'en a pas souffert, ni psychologiquement ni physiquement.

Moi, oui après coup.

Personne ne lui a "fait porter". Était volontaire et capable de le faire.

De plus ce n'est pas un "gamin" mais un ado bien bâti d'1m80.

"Qu'il en soit capable n'y change rien"

Ben pour moi si. Justement.  Il n'en est pas capable ? on le fait pas ou on diminue le temps sur le terrain.

Il en est capable sans en souffrir ? Ok, on le fait. même si la théorie dit le contraire.

« Modifié: 21 décembre 2011 à 00:59:17 par guarocaliente »
Ici et Maintenant.

21 décembre 2011 à 10:00:21
Réponse #35

kovaks


il les a bien supporté.

ça, c'est trop tôt pour le dire à mon humble avis. La jeunesse n'écoute pas son corps vu qu'elle ne sait pas le faire, c'est entre autre ce qui lui permet de faire des trucs que les plus vieux ne font plus, même s'ils ne sont pas pourris. Ton fils est manifestement une sacré mule, félicitations. Mais pour moi, les mules les meilleures sont celles qui durent. J'ai un exemple très proche de colosse désormais au dos et aux genoux d'argile, qui en son temps engagé portait des sacs de folie. ça se voit, c'est un cube. ça se voit aussi désormais à 44 ans, où son dos en fait 70, et où le moindre saut de 50cm ou la moindre course en descente lui démonte le puzzle. ça fait con pour un ex très très bon. Et lui, ça le gave.

Bon bref, fin de l'aparté, ton récit est top, hâte également de te lire. Faire ce genre de truc avec ses gosses, mon rêve, que je réaliserai. :love:

21 décembre 2011 à 12:06:44
Réponse #36

guarocaliente


ça, c'est trop tôt pour le dire à mon humble avis. La jeunesse n'écoute pas son corps vu qu'elle ne sait pas le faire, c'est entre autre ce qui lui permet de faire des trucs que les plus vieux ne font plus, même s'ils ne sont pas pourris. Ton fils est manifestement une sacré mule, félicitations. Mais pour moi, les mules les meilleures sont celles qui durent. J'ai un exemple très proche de colosse désormais au dos et aux genoux d'argile, qui en son temps engagé portait des sacs de folie. ça se voit, c'est un cube. ça se voit aussi désormais à 44 ans, où son dos en fait 70, et où le moindre saut de 50cm ou la moindre course en descente lui démonte le puzzle. ça fait con pour un ex très très bon. Et lui, ça le gave.

Bon bref, fin de l'aparté, ton récit est top, hâte également de te lire. Faire ce genre de truc avec ses gosses, mon rêve, que je réaliserai. :love:

Encore une fois le hiatus entre la théorie et la pratique...  ::)

Tu fais des généralités .."La jeunesse n'écoute pas son corps, "'elle ne sait pas le faire".. que je ne partage pas.

Tu me donnes l'exemple d'une connaissance qui a usé son organisme en abusant (parce que je suppose qu'il a porté ses "sacs de folie" de façons répétées sur de longues années) et qui en souffre maintenant, pour illustrer que, parce qu'il a fait des efforts pendant 3 semaines, on ne peut pas dire 4 mois après, alors qu'il n'a aucune tension, douleurs, courbatures, que "Poulet" n'en souffrira pas un jour ?..  ::)  

Un peu outrée, ta démonstration, je trouve  :)

Je pense que boire de l'alcool tous les jours à haute dose n'a pas la même incidence à long terme que se bourrer grave la gueule rarement...

Maintenant, suite à mes expériences de mulets, et surtout la dernière, (une dizaine de séances de kiné pour faire disparaître les tensions musculaires et remettre deux vertèbres et une côte en place) je ne suis pas en train de dire qu'il faut porter ou "faire porter" des charges aussi lourdes.

Oui, 15 à 20% du poids du corps représente, selon mon kiné, un poids "raisonnable" maximum, pour éviter de s’abîmer le dos.

Oui, tant que ça reste exceptionnel, selon mon kiné, on peut exagérer ponctuellement ce qui est habituellement raisonnable.

Maintenant, va expliquer ça aux gars du "13"  ;D


Faire ce genre de truc avec ses gosses, mon rêve, que je réaliserai.

 :) Je comprends. Faire des sorties avec ses gosses, un voyage, une expérience sur le terrain, le partage, c'est très sympa.

Mais, "ce genre de truc" avec des "gosses"...  ;)  Je ne le conseillerais à personne.







« Modifié: 22 décembre 2011 à 11:17:04 par guarocaliente »
Ici et Maintenant.

21 décembre 2011 à 12:09:53
Réponse #37

Karto


Bon sans dec, le sujet du poids a été évoqué, défendu, réattaqué, redéfendu. C'était nécessaire, et c'est fait.
On n'est pas obligé d'être d'accord avec guarocaliente, mais sur la fin on va pas pourrir tout son post avec ça. On peut passer à autre chose, et le laisser nous montrer ce qu'il a à nous montrer !

21 décembre 2011 à 13:43:36
Réponse #38

kovaks


Encore une fois le hiatus entre la théorie et la pratique...  ::)

Tu fais des généralités ..

Tu me connais mal, je suis tout sauf un théoricien et un généraliste. Bref. Considère que tu as raison, oublie mon post  ::). Bon voyage.

21 décembre 2011 à 15:28:00
Réponse #39

Patrick


Bon sans dec, le sujet du poids a été évoqué, défendu, réattaqué, redéfendu. C'était nécessaire, et c'est fait.
On n'est pas obligé d'être d'accord avec guarocaliente, mais sur la fin on va pas pourrir tout son post avec ça. On peut passer à autre chose, et le laisser nous montrer ce qu'il a à nous montrer !

Pas de problème, une hola pour guarocaliente et désolé pour le dérangement. Que vaut la santé quand on a l'émotion et le rêve. On refera un autre post pour le réveil le moment venu dans le fil adéquat. Kovaks et moi on retourne à la maison de retraite entre grincheux.

21 décembre 2011 à 18:52:04
Réponse #40

guarocaliente


Bon sans dec, le sujet du poids a été évoqué, défendu, réattaqué, redéfendu. C'était nécessaire, et c'est fait.
On n'est pas obligé d'être d'accord avec guarocaliente...


Merci.  :)

Les opinions sur ce qui est "normal" ou pas regarde chacun.

Je n'ai pas plus besoin d'une hola qui encense mes actions que de critiques stériles sur ce qui est "normal" ou pas.
Je crois que quand on sort de faits indiscutables, scientifiquement prouvés et démontrables, le reste est une question d'opinions.

Il va y en avoir un paquet de choses dans nos carnets de critiquables, discutables, potentiellement choquantes suivant la sensibilité de chacun.

Je ne cherche pas à être un exemple, chacun est responsable de ses choix. Et si ce sujet dérange...

Il y a des choses dans mes cahiers dont je ne tire aucune gloire. Dont je ne suis pas fier. Et probablement lui non plus.
Pour autant, on a pas envie de changer ou dissimuler quoique se soit à ce qui s'est passé.
 
Notre envie c'est de faire partager ce voyage, sans le travestir, avec ses bons et mauvais moments, avec la famille et les amis qui le liront et vous sur ce forum qui avez pour la grande majorité le goût de la vie dans la nature.

J'éditerai tous les messages pour inclure les liens sur les photos et vidéos.

Et , oui, on y voit Poulet ployer sous un poids énorme. Aucune pitié.  ;D


« Modifié: 22 décembre 2011 à 16:48:47 par guarocaliente »
Ici et Maintenant.

21 décembre 2011 à 18:57:24
Réponse #41

Karto


Pas de problème, une hola pour guarocaliente et désolé pour le dérangement. Que vaut la santé quand on a l'émotion et le rêve. On refera un autre post pour le réveil le moment venu dans le fil adéquat. Kovaks et moi on retourne à la maison de retraite entre grincheux.

Patrick, c'est pas ça que j'ai dit.
Moi aussi 35 kg pour un ado en croissance ça me fait "ouch". C'était légitime et nécessaire d'en parler. Tu l'as fait, et Kovaks aussi. Et sur le fond je reste d'accord avec vous.
Mais maintenant on va pas pirater tout un fil sur la jungle en revenant à une millième discussion sur le poids du sac. On a tout un forum pour faire ça.

Par contre, c'est vrai que t'es grincheux ;)

Amicalement :)

24 décembre 2011 à 10:42:35
Réponse #42

guarocaliente


Mercredi 3 août 2011 17h20 24° 1070m Prêt du rio Azul


A poil dans mon hamac, en sueur.

Lundi nous avons pris un taxi pour le terminal des cars. Départ on time.
Seulement mon GPS m'indique que nous nous dirigeons vers l'ouest au lieu du Sud est ! Un local me voyant regarder la carte du pays vient (pause conversation avec mon poulet de hamac à hamac) me donner l'explication : à causes des pluies, la route habituelle est fermée. Du coup on prend la route de la cote.(Poulet se félicite des hamacs. Il a raison. So far. On verra après quelques jours.) Bref. Oui, la route de la côte.

Plages, cocotiers. Si j'avais su qu'on passerai par là...
(on aurait fait une pause pour rencontrer un mec très cool qui nous avait invité à passer le voir. Après plus de 8000 km, on est passé à moins d'1 km de chez lui !!) Arrivée sur la frontière sous une pluie torrentielle. Je laisse Poulet avec les sacs au poste de douane et je pars abrité du parapluie, à la recherche d'une arme. Pas possible cette fois-ci. On prend un car 20 minutes après pour Esperanza. On met les sacs au dos. Un peu avant la gare routière, on croise une créature de sexe contrarié outrageusement maquillée qui regarde de haut en bas mon poulet. L'aurait bien mangé tout cru (re pause). Je lui demande s'il a remarqué la « Demoiselle » à qui il a plu. « Je ne suis pas naïf ». Ben oui. Il a 15 ans, bientôt 16 et c'est lui que les travelos trouvent appétissant. Coup de vieux. Re bus vers Santo Domingo. Le salaire de la peur. Petite route en lacet pendant 1h30 sous la pluie.

On prend une chambre dans mon point de chute habituel. On sort faire des provisions de route. Fromage, jambon, pain, fruits. Plus un « sac pour le moral » chacun. Galettes, confitures de fraise et d'ananas et bonbons à la menthe. On rentre préparer les sacs et on s'offre un dernier repas, italien, civilisé avant longtemps. Dodo.


Mardi matin, réveil à 6 heures. Petit déjeuner copieux, derniers mails au cyber café du coin et je vais chercher un taxi pour qu'il passe nous prendre à l'hôtel à 9 heures.

Direction Santa Clara. J'ai dans l'idée de refaire en sens inverse le trajet de la dernière fois dans le coin. Le chauffeur veut savoir ce qu'on va faire dans ce trou perdu. « Un ami Allemand est marié à une Locale. Ils vivent dans le coin, on va chez eux ».( Poulet vient d'entendre un « cochon à 20 mètres ». Comme il a oublié sa frontale dans son sac à dos, je viens de lui passer ma LD20 pour qu'il essaye d'apercevoir ses invités.) Mon GPS nous guide. Il s'arrête demander. « Non, personne ne connaît de famille Allemande dans le coin .» On continue. J'insiste pour qu'il prenne à droite. Justement un de ses copains habite sur ce chemin ! Il redemande ; « Oui, le propriétaire de la ferme plus loin est Allemand »... Le taxi est heureux, me fait un « gimme five ». Super. Manquerait plus qu'il me dépose après avoir sonné chez les chleus ! Non, le portail est fermé. Je lui ai dit que j'avais rendez vous à 11h. Comme il est 10h20, j'espère bien qu'il va pas pouvoir attendre aussi longtemps. « Oui, j'ai un téléphone . S'il est pas arrivé à 11h, je l'appelle. » Il part enfin. Je trouve une entrée dans la forêt. On porte les sacs et on part en civil avec sac au dos et bouffe en poitrine. Environ 20kg + 10 de bouffe et 3 d'eau. Végétation très dense, insectes pénibles.

On se dirige au nord. Assez enfoncés dans la forêt ; on pose les sacs et on se change. Les moleskines noirs et les vestes vertes remplacent les tee-shirt blancs et les pantalons beiges. Beaucoup d'efforts.

Poulet tient bon. On arrive enfin à l'Azul. On pose les sacs pour essayer de trouver un passage à gué. Le niveau de l'eau est assez haut et le courant à l'air fort. Je laisse Poulet seul quelques minutes et remonte le rio en bordure, les pieds dans l'eau jusqu'au genoux. Un coin me paraît plus facile à traverser. Je fais demi tour en taillant un chemin à la machette le long du Rio. On va récupérer les sacs et on rentre dans l'eau. On cherche à traverser. J'ai taillé un grand bâton chacun. J'essaye de traverser à plusieurs endroits mais le courant me déséquilibre. Trop dangereux. Je recommence un peu plus bas. J'arrive jusqu'à un gros rocher plat à mi Rio. Je fais signe à Poulet de me rejoindre. Il y arrive difficilement. Je l'aide en agrippant son bâton. On se repose sur ce gros rocher plat. Je retraverse genoux fléchis en m'aidant de mon bâton. Je perds l'équilibre et tombe à l'eau. Le courant est très fort. Je nage en diagonale et le courant m’entraîne sur le bord opposé... Je sort de l'eau et pose mes deux sacs. J'enlève mon ceinturon. Un de traversé. J'ai l'intention de retourner chercher mon fils.(Je branche la caméra, posée sur mon sac, pour filmer la traversée. Failli filmer ma disparition...). Je remonte un peu en amont sur 20 mètres et essaie de redescendre en m'aidant de mon bâton. Le courant m’entraîne. Je tombe et essaie de rejoindre le rocher où m'attend Poulet. Je le dépasse et suis entraîné au milieu du Rio.
(où il y avait un endroit avec des remous beaucoup plus profond. Pas pied).

Mes bottes, le poids de mon pantalon avec le poncho dans une poche et mes gants pleins d'eau m’entraînent sous l'eau.

Je bois la tasse, je sens que je coule. Je pense que je vais mourir le premier jour. Que ça serait très facile de me laisser couler. Je pense à Poulet sur son rocher avec ses sacs. Toutes les chances de se noyer aussi. Je quitte mes gants. Plus d'appuis dans l'eau. En surface, entraîné par le courant, je réussi à m’agripper au passage à une anfractuosité de rocher. Poulet à 30 mètres sur son rocher me regarde. Je suis vivant. Je lève le pouce vers lui pour qu'il ne s'inquiète pas. Je suis calme mais en très mauvaise posture. Je repère un passage entre deux rochers. Je lâche mon appui et donne toutes mes forces pour m'y engouffrer. Dur de nager tout habillé avec des bottes de jungle aux pieds. Presque plus de courant derrière le gros rocher que j'ai attrapé au passage.



Je grimpe sur le bord. Je crie « OHE ! » pour que Poulet sache que je suis vivant.(J'arrête la caméra) Je remonte à son niveau.  Réfléchis ! Le bruit de l'eau est assourdissant. A 10 mètres il ne peut presque pas m'entendre. Je suis gelé. Je me suis bousillé le majeur droit à m'agripper au rocher. Je sors de mon sac mon rouleau de 10 mètres de paracorde.

L'attache solidement à un tronc au bord de l'eau. L'autre extrémité à une pierre. Plusieurs lancés vers Poulet. La pierre se détache. Je prends mon kit feu dans sa boite étanche dans la poche de ma veste. Pleine d'eau. 2 briquets, un fire-steel, un, bloc de magnésium, une bougie et une boite d'Esbit.

Je vide la boite sur le bord et j'y mets  quelques cailloux. Poulet réussi à l'attraper. En hurlant « TON SAC » et en mimant de faire très attention, je lui fais comprendre ce que je veux. « Nœuds très solides ». Il fait oui de la tête. Enfin il fait glisser son sac à dos dans l'eau. Je le tire à moi sans problèmes. On recommence avec le sac de bouffe. Ensuite je récupère dans son sac à dos son rouleau de paracorde et la vache à eau de 10 litres.

Je l'accroche à mon lest et lui fais parvenir. Je mime ce que je veux. Entourer la paracorde autour du poignet, gonfler la vache à eau d'air, ouvrir la veste entièrement, et ouvrir la ceinture du pantalon. Il est 17h la nuit va bientôt tomber...

Tu passes ta ceinture dans la poignée de ta bouée, tu fermes fort, tu colles la vache contre ta poitrine et tu reboutonnes ta veste par dessus. Ensuite tu attaches solidement la paracorde autour de ta poitrine. Ensuite tu traverses doucement, genoux fléchis comme au krav, en t'aidant de ton bâton.

Il hésite un peu puis se met doucement à l'eau. Il fait 2 mètres puis est entraîné par le courant. La corde que j'ai attaché au plus court pendant sa progression lui faire faire un mouvement pendulaire qui le ramène sur ma rive à 5 ou 6 mètres plus bas. Bon. Allez ! Vite, je coupe la corde qu'il a attaché de pleins de nœuds. Je le rejoins avec ses sacs. L'embrasse pas trop fort. Je le laisse avec les sacs pas trop prêt de l'eau et escalade rapidement le surplomb au dessus du Rio. Je repère trois arbres correctes et redescends le chercher avec les sacs. Je dégage la zone à la machette et on monte les hamacs dans la pénombre puis la nuit. Je fais le partage des provisions de route et on sèche dans les hamacs avant de manger. J'ai cru que je ferais des cauchemars, mais non.

Je crois que c'est Épictète qui a dit un truc du genre « Blâmer les autres de ses erreurs est d'un ignorant, s'en accuser soi même de quelqu'un qui commence à s'instruire, n'en blâmer ni les autres ni soi même de quelqu'un de vraiment instruit ».


(c'est bien Épictète (de mort) et la citation exacte est « Accuser les autres de ses malheurs, cela est d'un ignorant ; n'en accuser que soi-même, cela est d'un homme qui commence à s'instruire ; et n'en accuser ni soi-même ni les autres, cela est d'un homme déjà instruit. »)


N'empêche. J'ai agis comme un gros con. Je suis passé tout prêt de la noyade et j'ai mis ce qui est plus important que ma vie en danger. Je limite un maximum l'auto-flagellation. Pour moi, c'est juste un moyen malsain de se donner de l'importance, la haine de soi.

Je n'ai pas vu que c'était dangereux. Je réalise plus tard que quand je suis tombé la première fois avec mes sacs, si je n'avais pas nagé en diagonale, je n'aurais eu aucunes chances de m'en sortir sanglé entre mes deux sacs avec une trentaine de kilos de lest.

D'autres survivent à des accidents de voiture...

Attention. Plus de risques. Attention.

Mon GPS fonctionne encore mais l'écran scintille. Celui de Poulet est ok. Nous avons presque le même équipement en double. Je n'ai pas voulu cacher à Poulet ce qui m'était arrivé. Je lui ai présenté mes excuses pour nous avoir mis dans cette situation. Avant de s'endormir, il m'a dit dans le noir « Je t'aime Papa ». Ce soir il vient de me dire qu'il avait pris conscience que je n'étais pas immortel...


Ce matin je l'ai réveillé à 5 heures pour regarder la forêt s'éveiller. Traînés un peu dans le confort du hamac. Debout, nous avons creusé les deux trous de notre feu.

Avec le bain d'hier, la moitié de mes allumes feu à fondu, mes briquets sont trempés, les siens sont secs. Nous avons chacun en plus, une boite de Maya Dust et une paire de tongs. Feu en fosse, feu extérieur, Esbit, Dust, bougie, morceaux de tong, rien n'y fait. Impossible d'allumer un feu. J'y passe des heures. Avant qu'il ne pleuve, je m'arrête pour installer la bâche de 4X3m à 1m80 du sol. Je tend la paracorde dessous pour suspendre les fringues et dispose les deux ponchos en tapis de sol. Trop tard pour repartir, je décide d'une journée de pause. Malgré nos efforts, lui à me gratter et refendre les brindilles et les branches, moi à essayer d'allumer un feu, rien à faire. Je fais part de mes doutes à Poulet. L'Esbit a été bien entamé. Je lui dit que si on n'arrive pas à faire du feu, j'envisage de faire demi tour. Il préfère manger froid que de rentrer. Je me pose. Nous avons de quoi boire, de quoi maintenir notre chaleur, de quoi manger, nous abriter et naviguer. Dans ma baignade, j'ai perdu, il me semble, mon jeu de cartes de la région. Bien fait d'en équiper Poulet également. Du coup je lui ai confié 300$ au cas où...

A moi de tacher de faire la différence entre, se décourager trop vite et rentrer par excès de prudence, et un renoncement intelligent. Bon. On teste la bouffe froide et ses effets sur la digestion et on avise en fonction. Nous avons dîné à 15h d'une soupe « 10 légumes » froide. Avons mis à tremper pendant une heure, une ration chacun de spag bolo pour essayer de ramollir les pâtes. Au moins, la whey ne risque pas d'être abîmée par la chaleur. Vers 13h, avant, nous sommes descendu au rio pour remplir les sacs d'hydratations (SOURCE WXP 3l dans poche PLCE Karrimor noire).

J'ai hurlé quand j'ai vu que la sienne était presque pleine. Pas possible de lui faire comprendre qu'il ne doit pas attendre d'avoir soif pour boire. Bref. Donc les pâtes étaient immondes, encore un peu craquantes. Son chocolat correct et mon « choco-cappucino » infecte. Galettes à la confiture d'ananas et bonbon à la menthe pour remonter le moral et oublier les pires spag bolo qu'on puisse trouver. Va falloir réussir à faire du feu. Son moral à l'air bon. Je ne suis pas superstitieux mais la « baignade » d'hier et ma nouvelle incapacité à faire du feu ne me rassurent pas vraiment. Poulet est Poulet. Calme, plutôt serein, mais trop dans la lune. Oublie tout. Je dois tout vérifier et surveiller. Stressant pour moi et pour lui parce que je lui gueule dessus. Pas vraiment autonome, distrait, je suis obligé de tout anticiper et de le surveiller sans arrêt. Demain on bouge. Je dois réussir à faire du feu. Dodo. 20H06.


Lundi 1er août


Lever tranquille vers 6h15, puis nous avons pris un car vers 7h30 pour la frontière où Papa avait prévu d'acheter un revolver ou autre pistolet pour 300$ maximum dans une armurerie. Nous pensions au départ emprunter la même route dont papa m'avait vanté les mérites visuels et sensationnels ; réputée pour sa vue sur la jungle de nuage ainsi que pour son itinéraire tortueux et glissant.

Malheureusement, nous avons appris rapidement que cette route n'était plus empruntée car trop dangereuse. Mais en contrepartie, nous avons tout de même eu droit à une longue promenade le long de la côte Pacifique, durant laquelle j'ai, pour la première fois de ma vie, vu un océan visible uniquement hors d'Europe ! Les plantations de palmiers s'étendaient à perte de vue, la chaleur était étouffante et les pauses nécessaires.

Arrivés à la frontière l'après midi, je suis resté à garder les sacs en attendant Papa, parti chercher de quoi nous défendre en cas d'attaque de jaguar(*1). La quincaillerie ne vendait plus d'armes, renforcement de la législation oblige.

C'est donc sans firearm et sans-j'oubliai de le dire-mon journal « les dossiers du canard enchainé »(*2) que nous nous sommes remis en route pour Esperanza, où nous avons pris les sacs sur le dos jusqu'à une gare routière. En chemin, nous avons croisé un travelo qui m'a regardé de la tête aux pieds, très discrètement.

*1 (ou autre bestiole tout aussi sympathique)
*2 (oublié dans un taxi)

puis dans la gare routière, nous avons attendu le dernier bus pour notre dernière étape, Santo Domingo.

Nous y avons posé nos sacs dans un bel hôtel qui porte le nom d'un arbre local. Dans un supermarché, nous avons acheté du dentifrice, un savon, des gâteaux, du jambon, des nachos, du fromage, deux sachets refermables de confiture chacun et deux sachets de bonbons à la menthe.

Après avoir déposé tout ce matériel utile pour le moral, nous sommes allés prendre le dernier bon repas dans une pizzeria du coin. C'était d'autant meilleur que l'on va se taper des pâtes durant 3 semaines.


Mardi 2 août 2011


Ce matin, on s'est levé un peu plus tôt pour préparer une dernière fois les sacs, tout vérifier avant de partir pour de bon, dans la forêt de nuages. Un taxi est venu nous prendre à l'hôtel à 9h pour nous amener à coté de Santa Clara, un village d'agriculteurs, à 1km du Rio Azul.

Papa avait raconté au chauffeur qu'il fallait nous déposer en lisière de forêt, pour que des amis Allemands viennent nous chercher ¾ d'heure plus tard... Ce qu'il a fait. Dès qu'il fut partit, nous entrâmes dans la forêt en T-shirt blanc et pantalon beige-l'uniforme touristique-pour revêtir la tenue de combat quand nous étions plus profondément enfoncés dans la jungle.

Le terrain était pentu, et vraiment très impénétrable. Et la végétation devenait de plus en plus dense et touffue au fur et à mesure que l'on se rapprochait du fleuve Azul.

Ce put**n de fleuve qu'il a bien fallu traverser, et qui a failli me laisser seul dans la jungle. Des arbres démesurément grands s'élevaient vers le ciel pluvieux, au milieu d'une végétation d'une variété impressionnante où la moindre fougère atteignait aisément les 5 mètres, et ceci sur chaque rive du Rio. Une large rivière de montagne, bruyante et puissante, ne laissait malheureusement d'autre solution que de passer sur l'autre rive pour établir un campement avant la nuit. Papa a donc été chercher l'endroit le moins dangereux pour traverser. Il est revenu peu après et je l'ai suivi. Il a traversé le premier, puis je lui ai emboîté le pas. Le courant était très fort et nous nous aidions de bâtons de marche pour ne pas tomber. Papa est naturellement arrivé devant moi sur la rive
(il a oublié que je suis tombé avec mes sacs une première fois), et m'a dit de m’asseoir, moi et mes 30 kg de sacs, sur un rocher au milieu du fleuve. Il a posé ses sacs et a voulu traverser pour m'aider. Mais le courant était si fort que même l'aide précieuse de son bâton n'a pas suffit à lui faire conserver son équilibre. Il est donc tombé à l'eau et a été emporté sur plus de 20 mètres par le courant, avant de pouvoir, par chance, se rattraper à un rocher, pour revenir à l'endroit qu'il n'aurait pas dû quitter.

Après plus d'une heure sur mon rocher au milieu du vacarme assourdissant des flots, j'ai pu finalement passer de l'autre coté. Papa me lançait une corde en nylon de type « paracorde », à laquelle j'attachais tour à tour mes sacs, qu'il hissait par la suite sur la rive. Puis ce fût mon tour. D'abord, j'ai accroché une bouée à ma ceinture (en fait une vache à eau que j'ai gonflée en soufflant dedans), puis j'ai noué la paracorde autour de ma taille, avant de marcher 1 ou 2 mètres dans l'eau puis d'être emporté par le courant et enfin sauvé par les précautions imposées par Papa. Nous avons ensuite monté un camp très rapidement, de nuit, trempés et épuisés.

C'est seulement en discutant, bien installés dans les hamacs que j'ai appris que Papa avait failli se noyer attiré par les remous, et qu'il n'était selon lui jamais passé aussi près de la mort.


Mercredi 3 août


Aujourd'hui nous avons passé toute la journée au camp, dont une grande partie du temps sous la bâche à essayer tant bien que mal de démarrer un feu qui n'a rien voulu savoir. Pourtant, les 4 fosses creusées pour l'occasion auraient dû nous permettre de manger chaud, mais non. C'est donc froides que nous avons savouré notre succulent repas gastronomique à base de fusillis et leur sauce bolognaise et petits légumes vapeurs, accompagnés d'une soupe aux 10 légumes et à l'eau de rivière.
« Modifié: 07 décembre 2014 à 21:17:59 par guarocaliente »
Ici et Maintenant.

24 décembre 2011 à 11:23:51
Réponse #43

Ishi


Bonjour,
Merci beaucoup pour ton compte rendu.  :love:
Je n'ai pas pu voir les vidéos car je suis au boulot avec un ordi gallo-romain.
Mais je profiterai du week-end bloqué à la maison (cause noel) pour les visionner.
Joyeux Noel
Steph
La terre n'appartient pas à l'homme, l'homme appartient à la terre.

24 décembre 2011 à 13:02:23
Réponse #44

guarocaliente


Jeudi 4 août 2011 20h03


Moral ok. Poulet écrit et je l'aide à se souvenir des détails des événements depuis dimanche dernier. Pas envie d'écrire. L'orage est passé.

Au sec dans ma pertex sur mon def 4, j'entends les grillons et les arbres s’égoutter sur mon tarp.

Dodo. Reposant de ne plus entendre le rio.


Jeudi 4 août


Une journée de marche sous une pluie battante, et sous les critiques toujours aussi stériles et si peu constructives de Papa... ça commence à devenir habituel, ces sarcasmes violents et moqueries en tout genres. Je suis surpris de voir que l'absence de V.
(ma compagne) (qui y met volontiers du sien pour me rabaisser en temps voulu) n'altère en rien l'intensité des quasi-insultes toujours démoralisantes.

Mais au calme, dans le hamac, son attitude change totalement et les «mon chat» et les «chéri» viennent se substituer aux «lent», «andouille», «crétin», «immature», «boulet», «enfant», «pas dégourdi», «vraiment con», «pas réactif», «dans la lune», «ridicule», «empoté»... La liste est bien plus longue, on pourrait en faire un dictionnaire. Je veux bien pas faire la gueule et c'est pas mon habitude d'être rancunier, mais il y a des limites, je ne suis pas un punching-ball, ni un yo-yo, et les mots assassins ne glissent pas sur moi comme l'eau sur les plumes d'un canard.

J'encaisse. Tout depuis 3 ou 4 ans. Un jour ça va finir par exploser; par péter violemment si ça ne s'arrête pas rapidement.

Comme tout, mon calme et ma patience-aussi grands soient ils- ont des limites, et celles ci sont bientôt atteintes. Ça ne peut pas arriver dans la jungle, j'ai un moral et une motivation à conserver. Après explication de tout ceci à Papa, confortablement installé dans le hamac, dans la nuit qui nous empêchait de nous voir mutuellement, la personne qui doit détenir un doctorat en tortures mentales option Marines a accepté de faire des efforts en échange que je modifie ma nature et mon rythme en apparence lent, pour lui synonyme de lenteur intellectuelle. (Je suis trop gentil, je respecte trop ceux qui ne me respectent pas). Il dit qu'il est stressé, qu'il veut que je fasse attention pour que je meurs pas d'une connerie comme ça failli lui arriver. Je le crois volontiers. Mais ça n'est pas uniquement cela. Quand on aime quelqu'un, on essaye pas de le changer en permanence. Je suis rêveur, je fuis le quotidien et la réalité en partant dans mes rêves... MAIS PAS DANS LA JUNGLE! Je sais faire la différence entre les moments qui le permettent et les autres moments qui punissent cette attitude par une morsure de serpent ou un arbre qui me tombe sur la gueule ! Papa généralise trop et sur réagit ! Même si c'est pour me protéger par amour... m*rde ! J'en ai marre d'écrire pour moi-même ! Bonne nuit !!!



Vendredi 5 août 18h34



Tête trop en bas. Grillons, ruisseau et Poulet à un mètre de moi qui commente la composition de sa confiture de fraise. Toujours pas de feu. Pas encore fait d'autres essais.

On grimpe toujours vers le nord ouest pour rejoindre le rio Pavo. Hier nous avons marché sous la pluie. Avec les ponchos on devait ressembler à deux fantômes verts.

Explications franches dans la nuit de hamac à hamac. « P'lèt » à du mal à supporter mes réflexions, parfois exaspérées et souvent ironiques, c'est vrai, sur son comportement. Il reconnaît lui-même avoir du mal à grandir.

Il se comporte comme un gosse et me demande où il doit ranger son poncho, dans quelle poche de son sac. Je dois répéter la même chose des dizaines de fois. Dois lui montrer plusieurs fois comment faire des nœuds que j'avais pris soin de lui apprendre avant le départ en lui demandant de les réviser.

Mon cul. Plus drôle de faire du skate.

Incapable de régler sa frontale.

Bref. L'expression « ne pas avoir les deux pieds dans le même sabot » ne lui convient pas vraiment. Encore un peu jeune.

En positif, il encaisse bien. Il souffre sous son sac, supporte de manger froid, d'être crade, trempé et isolé avec moi. Juste besoin d'un peu plus de maturité.

Mais l'occase s'est présentée et dans trois ou quatre ans il aura probablement d'autres priorités que partir avec son père en voyage. J'ai tenue ma promesse. Je me suis efforcé d'être plus patient aujourd'hui...

Mais c'est dur, il les cumule. Du coup, je passe systématiquement devant, fait tout le boulot de layonnage.......................


Vendredi 5 août


Rien de vraiment particulier. Une journée de marche normale en direction du Rio Pavo, sous les ponchos en guise de protection de pluie. Le soir j'ai promis à Papa que si je devais rentrer seul, je le ferai; afin surtout qu'il puisse tenir sa promesse.
« Modifié: 07 décembre 2014 à 21:19:35 par guarocaliente »
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24 décembre 2011 à 13:20:00
Réponse #45

éclipse


C'est vraiment génial de lire ça.
A mes yeux vous avez une chance inouïe de partager une telle expérience ensemble.
Je suis lecteur addict de votre aventure.
A l'occasion j'espère avoir des questions intelligentes.

Merci du partage avec nous.  :-[

'clips
… and all that is now, and all that is gone, and all that's to come… and everything under the sun is in tune. But the sun is eclipsed by the moon.

25 décembre 2011 à 23:39:36
Réponse #46

guarocaliente


Samedi 6 août


Ce matin, nous avons pris le temps de nous laver dans un petit ruisseau ainsi que de laver nos fringues qui dégageaient alors une odeur de pourri vraiment nauséabonde.

Papa, je trouve, n'a pas assez respecté ma pudeur, en disant qu'il était temps de grandir, qu'on était « entre hommes » etc..

Mon corps m'appartient, je le montre à qui et quand et où je veux. Si « devenir un homme » c'est devenir exhibitionniste au possible, montrer son cul à tout le monde, alors très peu pour moi, merci. Je respecte sa position sur le sujet, ça ne me choque pas du tout, je demande juste qu'on puisse discuter et échanger nos opinions sans juger l'autre. Après avoir fait briller nos habits au savon à la lavande, nous sommes retournés manger au camp, et pour la 1ere fois, le camp entier était attaqué par des nuées de mouches, qui ont déposée une odeur de moisi sur tout notre équipement et sur nos vêtements.

m*rde ! J'ai rangé mes affaires dans mon sac et dans la précipitation, sous le regard honteux et désespéré de Papa, prêt, lui, depuis longtemps.

Nous sommes partis beaucoup trop tard, vers midi, et nous n'avons toujours pas réussi à faire du feu.

Nous sommes trempés, mais au moins il n'a pas plu de la journée, chose rare en saison des pluies. Le soir, vers 3 heures de l'aprèm, je me suis plus investi et j'ai été plus vite pour monter une partie du camp et mon hamac, sous le fisheye de la caméra.

Pendant que j'installais les ponchos et que je préparais les pâtes (froides  :(  ), Papa déblayait et ramassait du bois pour le futur feu.

Nous avons mangé, tout rangé dans les sacs que nous avons suspendus à de la paracorde, tendue entre 2 arbres, et enfin mis nos vêtement à sécher sous la bâche, et sur un fil de paracorde décidément bien utile.



Dans les hamacs, installés parallèlement nous discutons de choses et d'autres avec Papa qui semble détendu. Il recharge la caméra sur une dynamo, soigne ses blessures, se coupe les ongles et mange des galettes au beurre dans le bruits des grillons, des oiseaux et insectes nocturnes.

Une chauve souris virevolte entre les hamacs et nous débarrasse des insectes, tandis que des lucioles scintillent autour de nous, et que mes paupières se ferment peu à peu.



Dimanche 7 août 2011 5h33 18° 1340m


Poulet dort toujours. Le soleil se lève officiellement à 5h22 sur cette colline. Premier campement en haut d'une crête. Du coup il fait jour plus tôt.

Vendredi soir j'ai interrompu brutalement mon journal. Fatigué, la conversation avec Poulet m'a achevé.

Tout en écrivant, on en est venu à parler de sa capacité à rentrer seul en cas de besoin. M'a dit que, de toutes façons, s'il m'arrivait un truc, il préférerait se tuer que de rentrer.

Ça m'a foutu hors de moi ! Lui ai mis l'ultimatum que s'il ne me donnait pas sa parole de tout faire pour rentrer quand même, on rentrait demain. Sur ce, lui ai souhaité « bonne nuit » sèchement et ai éteint.

Un peu plus tard, il m'a dit qu'il me le promettait pour que je puisse tenir ma promesse faite à sa mère (que je ne sortirais pas de la forêt sans lui et qu'il serait capable de rentrer seul si besoin). Conversations morbides à ne pas étendre plus que nécessaire mais indispensables à ma tranquillité d'esprit.

Bon, sujet réglé, me suis endormi.


Hier samedi, nous sommes partis assez tard. Pas de pluie depuis jeudi. Toujours pas de feu. Je vais encore essayer ce matin. J'ai fais un essai avec un petit morceau de Ridge Rest, ça pourra servir d'allume-feu.

De plus en plus d'oiseaux différents. On supporte bien de manger froid. Bien trempé pendant 1h30, c'est comestible. Pas de problème de digestion ni de faim.

Hamacs formidables.

Évidemment très chers, avec le risque de se faire taxer à la douane, mais techniquement quasiment parfaits.

Stables, légers, solides, respirants (dos sec le matin avec drap de sac en Pertex et Defence 4. Ridge Rest mouillé quand on s'en sert. Pas encore indispensable).

Pratique avec les 6 grandes poches dessous, la poignée à la tête pour se remonter, les deux petites poches internes, les boucles de suspension au dessus de la tête et des pieds pour accrocher la frontale et la montre. Tarp très grand, léger, tissé rip stop et bien étanche.

Les grandes poches sous le hamacs permettent de stocker mes tongs, la Nalgene pour pisser (dans le hamac sans avoir à sortir la nuit), la gourde avec le tuyau pour boire sans la sortir de la poche, ma polaire, les GPS, carte, cahier, etc...

Ces poches permettent en théorie de créer une masse d'air stable sous le hamac pour l'isolation thermique. C'est sensé être un hamac tous milieux, tous temps. Le tarp est très grand et peut se refermer à la tête et aux pieds par des velcros en cas de grosses pluies latérales. En plus de la moustiquaire, le hamac peut se fermer complètement comme une tente. Coupe vent et respirant. J'ai essayé une nuit et ça augmente vraiment la chaleur dans le hamac.

Ça sera utile plus haut. Même si regarder la forêt s'éveiller est un plaisir. Le majeur droit se remet doucement. Rien de cassé mais toujours sensible. Le pli de la peau au-dessus de mon aisselle droite est à vif. Frottement des bretelles des sacs.



Mis un pansement gel pour les ampoules. Rechargé 10 minutes la caméra avec ma gégène de poche, hier soir.

On a plaisanté avec Poulet du bruit bizarre que ça fait dans la nuit, espérant que ça ne reproduit pas le cri du bébé jaguar en détresse.

"P'lèt" était plus détendu hier soir. Il s'est bien rendu utile en préparant le campement sous la bâche, en disposant les ponchos en tapis de sol, installant les sacs et mettant à tremper les pâtes pendant que j'élaguais pour installer les hamacs.

J'ai revu l'objectif à la baisse au niveau distance à parcourir. Du coup je serai moins exaspéré de le voir traîner, donc je serai moins à lui crier dessus.

Moins stressant pour tous les deux.

Hier matin nous avons été nous laver dans un gros ruisseau. Pudeur d'ado. Se lave en gardant son maillot de bain. A fallu que je gueule un bon coup pour qu'il daigne l'enlever pour le laver aussi. Avec la promesse que je me lave en lui tournant le dos... Quand je pense que je l'ai torché... Bref.

Son hamac est parallèle au mien, à 4 mètres de distance. Après avoir soigné mon épaule et rechargé un peu ma caméra, je l'ai regardé écrire à la lumière de sa frontale. Quelques lucioles ont tournés autour du camp. Une chauve souris chassait entre les hamacs les insectes attirés par notre CO2 et nos lumières. Pas un seul accident de trajectoire entre les moustiquaires frôlées et les haubans très fins des tarps.

6H30. Je l'entend ronfler doucement. Je prends une photo de son hamac



et le réveille ensuite j'essaie de faire du feu.


Dimanche 7 août 2011 18h grillons time


Feu nickel. Il était temps, retrouvé la technique.

Cool. Du coup les bolos étaient « bonnes ». Encore prise de tête avec P'lèt. Je dois encore l'attendre. Bon. On part enfin en milieu de matinée. Trop tard. Poulet a mal au ventre. En fait il a surtout très envie de chier. Il a attendu 3 jours. Cette andouille s'est retenu parce qu'il n'avait pas assez d'intimité ! Je l'avais prévenu que je ne le quitterai pas d'une semelle même dans ces moments là. Avait du croire que c'était juste une façon de parler... Mais là il a de plus en plus envie et traîne derrière moi. Donc j'ai obliqué à l'ouest pour rejoindre un petit torrent.

Descente pénible au fond ; entre deux collines escarpées. Je lui ai tourné le dos en m'occupant de remplir les gourdes et les Nalgène.

Ensuite il a fallu remonter de l'autre coté. Impossible de remonter le cours de l'eau (début de la pluie à 18h18. 3 jours sans pluie) en raisons des gros rochers lisses.

Donc escalade de malade pendant 30 minutes (pente quasi verticale). Je joue de la machette comme un dingue pendant que Poulet suit dans mon layon 2 ou 3 mètres derrière en faisant gaffe où il met ses mains et ses pieds. Escalade de malade mais pas d'autre chemin possible non plus vers l'aval.

Arrivé en haut de la crête, mur de liane et de broussaille.

On pose les sacs et je taille un chemin. Au bout de 20 mètres, "P'lèt" me remplace un peu. La machette ne coupe plus rien, le ciel est gris, on est en pleine pénombre. On fait marche arrière dans le layon, une vingtaine de mètres, on récupère les sacs et on installe le mieux possible les tarps et les hamacs.

Comme tous les soirs, je tends de la paracorde entre deux arbres, le plus haut possible, et on y suspend les sacs à dos et les day packs avec la bouffe. On recouvre l'ensemble des ponchos en regardant avec inquiétude le vent se lever.

L'orage gronde au loin. (la pluie de tout à l'heure est déjà passée). On accroche les fringues et les bottes aux cordes des hamacs et on reste en boxer et tongs à regarder la cime des arbres au dessus de nous en parlant du destin (C'est à dire du fait qu'on peut pas faire grand chose si, sur les millions d'arbres autour de nous, ça doit être celui au dessus de nous qui nous tombe sur lag. Bon je vérifie un max avant d'installer les hamacs, mais c'est pas une "science" exacte). Il se couche, je reste un peu dehors dans la pénombre (à regarder le vent dans les arbres au dessus de nous. Dans le hamac ça n'est plus possible à cause du tarp).

La tête de son hamac est vraiment trop basse. Il s'est plaint ce soir de nausées dû à l'odeur de pourri de notre équipement.
Depuis quelques années, j'ai presque perdu l'odorat. Gênant quand je ne sens pas le gaz ouvert ou le rôti brûler dans le four et génial d'échapper à beaucoup d'odeurs nauséabondes.

Bref. Comme nous n'avons pas eu le temps de dîner, je lui ai donné des dosettes de sucre et du chocolat en poudre. Nous avons pris des galettes et de la confiture dans les poches du hamac. Bruits de moteurs au loin, Poulet les entend aussi. Petites pluies intermittentes. Fatigué, j’éteins. 18H55.


Dimanche 7 août


Ce matin, c'était la grasse matinée dominicale, où nous avons dormi jusqu'à 7 heures du matin au lieu des 6 habituelles. Nous avons enfin réussi à faire du feu, et à manger chaud pour la première fois. Il a fallut 2 heures pour faire le feu à cause de l'humidité.



Ça doit faire 2 ou 3 jours qu'il n'a pas plu, et à vrai dire ça ne me manque pas trop.  :) Les mouches se sont invités quand il n'y a plus eu de fumée, qui semble d'ailleurs éloigner tous les « parasites volants ».

En partant, j'ai eu mal au ventre (envie de ièch). Papa, comme à son habitude, n'a pas laissé passer cette occasion providentielle pour me rabaisser, encore et toujours : « put**n ! Je t'avais dit de faire ça avant-hier ! Pudibond, immature... etc. »

Nous avons fait un bout de chemin avant de descendre une pente abrupte qui menait droit à un ruisseau (1m50 de large) qui offrait une très belle vue sur les arbres gigantesques de chaque coté du Rio ; qui descendaient en petites cascades pour se jeter dans l'Azul.

Mes besoins faits, nous sommes remonté par une pente très... pentue.

Et pendant que mon paternel nous traçait un chemin dans la végétation, nous escaladions en nous accrochant aux racines, 30kg sur le dos. Sportif !

En haut tout n'était que broussailles et ronces impénétrables, à l'exception d'une zone sur laquelle nous avons posé nos sacs.

Nous taillons des ronces pour nous frayer un passage à coups de machette quand nous nous sommes laissés surprendre par la nuit.

(Un peu pédant) : Nous avons installé nos hamacs vite fait et nous avons fait dîner de paquets de gâteaux et de confiture dans les hamacs.

Ah ! J'oubliai de parler des animaux ! Nous avons pu observer de magnifiques papillons bleus, des rouges et noirs, des jaunes et noirs ainsi que quelques autres papillons de nuit moins agréables à l’œil ! Une mygale rouge à points noirs. Sinon, des bruits d'oiseaux aussi étranges qu'inconnus, notamment un cri à mi chemin entre le ressort et la guimbarde. Très amusant. Ah, des musaraignes et pleins de terriers de toutes sortes.
« Modifié: 07 octobre 2012 à 15:41:50 par guarocaliente »
Ici et Maintenant.

26 décembre 2011 à 00:12:54
Réponse #47

VieuxMora


Quelle belle aventure, et merci de nous la raconter si bien à deux voix.
J'y suis d'autant plus sensible que mon plus jeune fils a 16 ans aujourd'hui !
Je vais lui passer le lien.

26 décembre 2011 à 00:28:40
Réponse #48

oliv0808


 :love: :love:
les textes + les liens c'est vraiment génial  :up: vivement la suite!!
"si tu veux des garanties, faut acheter un grille pain" DM

26 décembre 2011 à 03:35:32
Réponse #49

Irazú


yep.. super retex.. comme toujours..
je ne savais pas que ca avait été chaud á ce point entre vous deux..  :-\
je croyais á quelque remise au point voire quelque friction trans-générationelles  ::)

mais lá quand meme ca a bien fighté!
ca me fait drole de lire les impressions de Poulet, ses réflexions pertinentes assez abouties.. lui qui était resté plutot sur la réserve.. ;)

en tous cas c'est bon de vous lire, et de se remémorer les discutions passées..

bises chez vous les amis! et joyeuses fétes..
=Le plus vif de tous les feux=

 


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Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
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