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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Marcher à Tchernobyl  (Lu 7645 fois)

02 mai 2011 à 02:08:31
Lu 7645 fois

Tolteck


Bonjour,

J'ai découvert le site tout récemment, à l'occasion d'une préparation assez spéciale.
J'aimerais l'exposer ici, pour faire le point et bénéficier de la sagacité et de l'expérience de ceux qui voudront bien.
Je vais tacher d'être aussi synthétique que possible. J'espère que mon histoire intéressera quelqu'un.
A proprement parler il ne s'agit pas de "survie", mais de marcher dans un territoire inhabituel. :closedeyes:

C'est la sixième année que je me rends dans la périphérie de Tchernobyl, en Ukraine du Nord. Je vais là-bas pour témoigner de la réalité de ces nouveaux territoires où l'homme ne vit plus. C'est une dimension importante, pas évidente à saisir : l'esprit n'est pas préparé à cette nature dont la "nature" a changé, du fait de l’omniprésence du rayonnement (insensible). L'émotionnel est fort. C'est assez perturbant.
On ne touche à rien là-dedans sans y réfléchir à trois fois... ;)

Ces séjours produisent films, expos, spectacles, textes. Travail sur le long terme, sur l’humain. J’y vais avec ma femme.



Le climat est continental (été chaud, hiver froid et enneigé).
Le terrain est facile (plat, sablonneux, forêts de conifères, de bouleaux, un peu de feuillus, des clairières).
L'eau est fréquente (petites rivières, étangs, marais).
Le sol est contaminé par du césium 137, encore dans la couche superficielle (jusqu'à 50 centimètres, selon les endroits).
Les villages abandonnés peuvent présenter quelques risques (puits arasés, planches cloutées, toitures pourries).
Ça braconne un peu dans le secteur et il y a aussi du trafic autour de la récupération de matériaux revendables (métal, briques).
L'approche se fait en voiture. La zone où je me rends n'est pas fermée. C'est étrange, mais c'est comme ça. Pas de barrière, pas de panneau. L’État n’a pas les moyens de tout fermer.
Le dosimètre fait partie de l'équipement de base, ainsi que le GPS et la carte de contamination (qui est sérieuse). Le matériel de captation peut être un peu lourd (quelques kilos).

Jusqu'à présent, une fois descendu de voiture, je partais pour de courtes virées (genre 2-3 heures) réaliser mes opérations de captation.
Depuis 2009, j'ai commencé à m'enfoncer davantage dans les bois, pour des virées de 5-6 heures. Ça n'aura l'air de rien pour la plupart d'entre vous, mais la contamination impose, par exemple, de réfléchir avant de s'asseoir, de porter un masque respiratoire s'il y a du vent (et donc de la poussière), voire une combinaison. La radiation n'est pas très élevée, mais il faut craindre d'inhaler ou d'ingérer des poussières potentiellement contaminées.
Et il faut se surveiller : ça peut cogiter dur quand on est là-dedans. Le dosimètre et le masque conditionnent beaucoup. Ils ne sont pas toujours nécessaires.

Cette année, nous partons à deux, avec un ami, pour des virées à la journée. C'est là que l'expérience collective peut devenir utile.
Je suis extrêmement prudent dans cet environnement, mais bien entendu il faut envisager que quelque chose dérape.
L'idée est d'explorer des zones que je ne connais pas encore et de rentrer avant la nuit (récupérer la voiture).
Ce sera le mois d'août, donc chaud avec des nuits fraîches (je ne sais pas à quelle température ça descend). Il peut y avoir de gros orages.
Un dernier mot sur l'environnement : les animaux. Le départ de l'homme a favorisé la faune. Le stress radioactif est pour l'instant moindre sur ces populations que le stress causé par l'homme. Il y a beaucoup de cervidés, des sangliers, des prédateurs (lynx, loups), beaucoup d'oiseaux, d'insectes. J'ai déjà vu un serpent d'eau dans la zone et une vipère au village qui nous sert de camp de base.
En 2009, on a rapporté qu'une bande de loups avait attaqué dans un village habité, tué un chien. Ce n'est pas très fiable comme information, mais la présence de loups est avérée par de multiples sources. A priori, le gibier est abondant, cette attaque est donc curieuse.

Les problèmes spécifiques :
- On emporte 2 litres d'eau propre chacun. L'eau ne manque pas sur place, mais elle est potentiellement contaminée.
- Le bois est contaminé, on ne fait pas de feu (les particules seraient mises en suspension), et le risque d'incendie est majeur dans ces bois non entretenus, en plein été. Un incendie de forêt, outre le risque qu'il représente pour nous-mêmes et la vie allentours, poserait un grave problème de contamination (comme on l'a vu durant l'été 2010). Enfin bref : pas question de faire un feu dans une pinède sèche.
- On ne dort pas par terre, sauf en se protégeant du sol. Encore une fois, la radiation n'est pas forte (l'énergie rayonnée), mais se coucher sur quelque chose d’intermédiaire suppose que ce "quelque chose" devra dès lors être considéré comme "sale". La gestion des déchets est un problème (gants, chaussures, etc). Tout ce qui a été en contact avec le sol pose question (sinon réellement problème).



Dans la sac, il y a l'équipement pour la journée :
- L’essentiel (eau, nourriture, coupe-vent, couteau, cordelette, trousse médicale, sifflet, gaffer, sacs plastiques)
- Le matériel de repérage et de radioprotection (dosimètre, GPS, masque, combinaison, gants, téléphone GSM)
- Le matériel de captation (photo cette année), soit 6-7 kilos en tout (dont la moitié pour la captation).
Une lampe frontale. L’équipement électronique est doublé. Comme on fait chacun nos propres boulots et que l’on est susceptibles de s’éloigner, on emmène des talkies.
L'idée est de prévoir le minimum pour se sortir d'affaire en cas de pépin : en gros, pouvoir passer la nuit sur place.

Bon, que peut-il arriver ?
N'importe quoi qui empêche de s'en tenir au plan.
A certains endroits, on trouve un peu de réseau GSM. On pourrait repérer quelques points sûrs. Mais il faut aussi compter avec la barrière de la langue : on n'appelle pas l'hôpital ou un toubib sans passer par la traductrice (quasiment personne ne parle anglais sur place). Donc une demande d'aide téléphonique serait longue à agir.

Pour faire simple, je me répète, les taux ne sont pas énormes (100 fois le taux naturel disons, c'est-à-dire que la dose « légale » annuelle est atteinte en une centaine d'heures -1milliSievert-). Il faut être rigoureux, mais ça ne doit pas être un obstacle à d'autres priorités ("la règle de 3"). En fait, le souci est lié à l’irrégularité des dépôts radioactifs (pluie, écoulements, « lessivage » des toits, etc). Pour donner un exemple, la route a un débit de dose de 1 microSievert à l’heure, mais le bas-côté monte à 6-7.
La logique est assez claire pour moi : le médical est prioritaire sur la contamination (s'il faut se coucher par terre pour un souci médical, le risque de contamination est secondaire). C'est une règle simple. Elle s’applique en radioprotection : on soigne une plaie avant de se préoccuper de l’éventuelle contamination.

Je pense qu'il faut se mettre hors de portée des animaux et du sol, c'est-à-dire prévoir une solution genre hamac. S'il y a un blessé, on le garde au sol.
Il peut y avoir une possibilité de s'abriter dans une maison abandonnée si l'on est tout près d'un ancien village. Mais ça peut être plus sale que dehors parce que la pluie n’a pas lavé la poussière  de l’époque de l’accident.

Pour ne pas avoir froid, faut-il emporter un sac de couchage (surpoids non négligeable pour un équipement "au cas où") ou bien une couverture de survie type sac peut-elle suffire ? Et un tarp ?

On part donc sur l'idée de ne faire ni feu de bois ni flamme (réchaud) et de compenser par de la nourriture très énergétique : qu'en pensez-vous ?
Pour l'eau, si la réserve de 2 litres ne suffit pas, j'ai vu un système de décontamination de l'eau radioactive, mais peu pratique. J'ai l'impression que, là encore, mieux vaut traiter contre les germes et boire que de se déshydrater parce que c'est potentiellement contaminé. Je ne sais pas si les filtres "on-line", genre Katadyn, ont une efficacité par rapport aux particules radioactives.
Au camp de base, on utilise un gros filtre EVA, efficace contre les métaux lourds, mais pour le tritium, pas grand chose je crois.
Maintenant, l’idée n’est pas de rester bloqué trois jours…

Que faut-il mettre dans la trousse de secours ? J'ai lu bien des choses à ce sujet, mais sans connaissance pratique, qu'est-ce qui est réellement indispensable ?
Il peut y avoir des problèmes "mécaniques" (foulure, fracture), une blessure avec perte de sang... à part ça, n'importe quoi.

J'ai déjà été bien long. Si vous m'avez suivi jusque là, je vous remercie.
Je ne suis pas expérimenté sur les sujets qui se discutent ici ; j’ai passé peu de nuits dehors ; par contre, je commence à me débrouiller là-bas, à respirer correctement. Rien de maso, pas de tourisme. Juste exposer sa conscience à ce que nous avons fait.
Portez-vous bien.



Une petite idée de nos boulots sur www.tchernobyl.fr et pour les carnets de voyage à la rubrique "Tchernobserv".

02 mai 2011 à 09:19:03
Réponse #1

captainEB


Bonjour Tolteck,
très beau projet, j'étais moi-même photographe et j'aurais bien aimé aller à Tchernobyl pour une série de photos.
Les endroits désertés par l'homme me fascinent. Malheureusement, je suis actuellement dirigeant d'entreprise et je ne peux me libérer...
S'il y a la possibilité de suivre ton travail, merci de me tenir informé sur le forum.
Avant de confectionner ta trousse de secours, tu devrais au moins passer ton PSC1 (c'est la formation de base pour le secourisme)
Tu peux le passer avec la Protection Civile ou la Croix Rouge.
Ci-après une petite liste pour une trousse "de base":


-Bandes adhésives stériles de toutes tailles (pansements).
-5 x 5cm compresses stériles (de 4 a 6).
-10 x 10cm compresses stériles (de 4 a 6).
-1 rouleau de sparadrap.
-Bandage triangulaire (3).
-Bande de gaze stérile.
-Ciseaux.
-Pince à écharde/épiler.
-Aiguille à coudre.
-Serviettes antiseptiques (alcool).
-1 tube de crème antiseptique.
-1 thermomètre.
-1 tube de vaseline.
-Épingles à nourrice de différentes tailles.
-Savon.
-Gants médical
-Crème solaire.
-Aspirine
-Ibuprofen (anti-inflammatoire).
-Imodium (antidiarrhée).
-Maalox (pour l'estomac).
-Laxatif.
-Coussin hémostatique de type QuikClot combat gauze
-SWAT-T (sorte de bande élastique réutilisable) qui sert de bande compressive ou de garrot suivant le cas
-uni dose de sérum physiologique
-uni dose chlorexidine
-uni dose betadine

02 mai 2011 à 12:17:03
Réponse #2

Tolteck


Merci CaptainEB
Je m'inscris à une session de formation pour le PSC1.
Je te tiendrai au courant de la suite.

06 mai 2011 à 14:35:10
Réponse #3

Tolteck


Bon, ce n'est pas un sujet réjouissant et l'affaire est assez personnelle (bien peu d'entre vous iront sans doute à Tchernobyl et je ne vous souhaite pas d'être confrontés à ces conditions en France un jour  :o), mais, pour rester sur du "signal utile" et dans le cadre de ce forum, il me semble que le cas de la survie en milieu dégradé pourrait interpeller davantage.  ::)
Le feu et l'approvisionnement en eau sont des paramètres critiques et dans ce cas précis, eh bien, ça coince, comme je l'ai expliqué.
Comment se débrouiller quand l'environnement est pourri ?
Encore une fois, il vaut mieux boire de l'eau contaminée que de se déshydrater, mais s'il faut durer un peu, il y a peut-être des solutions à trouver.

06 mai 2011 à 15:11:48
Réponse #4

Chris-C


Citation de: Tolteck
Ces séjours produisent films, expos, spectacles, textes.

salut,

Quelques liens vers les productions dont tu parles que l'on puisse se faire une idée de tes 6 années de travail sur cette zone



06 mai 2011 à 15:31:52
Réponse #5

Tolteck


Salut,

Voir la fin de mon premier post.  ;)
Sur le site www.tchernobyl.fr, à la rubrique : "radio-activités".


06 mai 2011 à 16:00:40
Réponse #6

Chris-C


oups.... j'étais pas allé aussi loin.

Je prend le temps d'aller faire un tour sur le lien.

Je sais pas si beaucoup ici ont une expérience de vie en zone contaminé, puisque par définission, en général l'instinct ou les autorités
font en sorte que l'on reste pas dans des zones contaminées.

Trouver des solutions à un problème qui pour être éviter demande juste de pas aller sur place, laisse peut de marge de discussion.
Je critique pas hein, j'essaye juste de voir pourquoi depuis 4 jours personne n'est venu discuter ici a part CaptainEB pour te conseiller sur un sujet qu'il connait bien.

Peut être que ce sujet laisse les gens septiques, genre il plaisante ou quoi?

a+

06 mai 2011 à 16:24:09
Réponse #7

Tolteck


Je comprends.
Je suis sérieux.
La réalité des zones contaminées est à appréhender. Sur le papier, c'est une chose, sur le terrain, c'en est une autre.
Exemple : pourquoi la zone où je vais n'est pas fermée alors que la contamination y est par endroits aussi importante que dans la zone fermée ?
Autre exemple, pour préciser ce que je veux dire : le gouvernement japonais vient d'autoriser pour les enfants une dose annuelle 20 fois plus importante que la norme qui prévalait avant l'accident (on passe de 1 milliSievert à 20). Pourquoi ? Le coût socio-économique. Les intentions, les hypothèses à l'épreuve de la réalité.
Des gens vivent en périphérie de Tchernobyl, les gosses se contaminent parce que leur papa chasse le sanglier, que la maman ramasse des champignons et des baies, que pépé pêche, etc. Tel village n'est pas évacué, mais les sources d'approvisionnement sont en terrain contaminés.
C'est quelque chose que j'ai choisi "d'étudier". Les mesures envisagées en cas de contamination par les autorités ne sont pas toutes réalistes. Je pense que je n'étonnerai personne ici à ce sujet.
Après, les moyens artistiques sont une manière pratique et efficace d'aborder des choses complexes où le ressenti, l'humain ont un rôle crucial.
Merci d'avoir réagi en tous cas  ;)

06 mai 2011 à 16:36:55
Réponse #8

onc roger


Citation de: plumok

Je critique pas hein, j'essaye juste de voir pourquoi depuis 4 jours personne n'est venu discuter ici a part CaptainEB pour te conseiller sur un sujet qu'il connait bien.


Pour ma part

1) Cette page met plusieurs minutes à s'afficher et me bloque le PC pendant l'attente, j'ai même eu un plantage de firefox. peut-être le premier post trop long ? (pourtant il me semble avoir déjà vu pire sans que cela pose autant de problème) donc il est possible qu'il y ait tout simplement un problème de visibilité de ce fil

2) Je suis allé voir le lien dès le départ, j'aime certaine des choses qui s'y trouve et je pense comprendre la démarche MAIS je ne vois pas bien quoi répondre car avec le peu que je sais de la gestion du risque spécifique à ton activité :

- soit tu es en mode "normal" et dans ce cas les précautions qui sont décrites dans tes textes te semblent à priori déjà suffisantes
- soit il se passe un truc imprévu et tu passes en mode dégradé. Dans ce cas la radio activité, qui n'est pas un danger à court terme dans les zones que tu fréquentes, passe au second plan et les gestes à mettre en place sont les mêmes que n'importe où ailleurs.

La seule chose que je vois (encore une fois avec mes connaissances limitées sur ce sujet précis) c'est d'avoir de quoi s'isoler du sol pour ne pas ramasser de poussières (ou autre contaminants) et beaucoup d'eau pour ne pas avoir à compter sur ce que tu trouves mais ça semble déjà être le cas ...


06 mai 2011 à 16:42:45
Réponse #9

Lemuel


Avis qui n'engage que moi. C'est ta santé, je n'y connais rien. Je ne peux que spéculer en fonction de ce que tu dis et la dose de risque que tu assumes toi même par avance.
Je ne sais pas si la démarche est honnête dans le sens ou je ne sais pas si je m'en contenterais, dussé-je l'appliquer pour moi.

Je ne connais rien en prévention de risque du à la contamination par radioactivité.


Déja, je pense qu'il faut deux approches complémentaires.
Équipement journée.
Équipement voiture.

Equipement journée : survivre à une urgence. Sachant que pour toi, beaucoup de choses me semblent relever de l'urgence.
Equipement caisse : renouveler le stock de consommable > tout ce qui sert à t'isoler de l'extérieur.

Tu trouvera de nombreux fils sur l'équipement à la journée ou sur plusieurs jours de marche. Il ne seront peut-être pas complètement adaptés à ta problématique. Les listes que tu trouvera seront peut-être orientée "urgence" et te permettront notamment de te débrouiller en interaction avec le milieu. Mais tu ne peux pas le faire.

Je pense donc qu'il te faut augmenter ton niveau de confort en cas d'urgence par rapport à des situations standard.
Ce sera plus lourd et plus encombrant.


Essaie de reprendre la règle des trois et de solutionner chaque problème rencontré.

Tu dois être capable de te créer une bulle autonome complète en cas de souci (passer une nuit dehors, ou deux avant de rejoindre ton véhicule). Tu ne peux évidemment pas te permettre de tout foutre à la poubelle en permanence.

Le hamac est une bonne idée. Tu en trouve avec des moustiquaires très confortable. Le tarp est une bonne idée aussi. Un grand tarp qui permet de mettre le hamac à l'abri et de manipuler des choses en ayant de l'espace. Un grand tarp chacun qui vous permet de recouvrir complètement le hammac et vous protéger du vent et des poussières. Un sac de couchage oui, prévu en température confort pour le plus bas que vous puissiez communément rencontrer. Tu ne dispose pas de marge par rapport à cela : tu ne peux pas faire d'isolant naturel, végétal ni de feu. Il faut que tu sois totalement autonome. Tapis de sol pour le fond du hamac. C'est important.

Concernant l'abri, ce que je peux imaginer maintenant, c'est d'embarquer dans votre voiture du rouleau de bache plastique fine (polycri?), comme consommable. Doubler tout ce qui est en contact avec l'extérieur avec ça et le jeter quand ça a servi, pour recharger avec le rouleau de voiture entre les étapes. Si tu dois allonger quelqu'un au sol : bache plastique jetable très large + bache que tu mettrais normalement pour "camper" + tapis de sol. La bache plastique a servi tu jettes (comment ?) tu en change pour la fois suivante. Idem pour le toit. Je ne sais pas si les pluies, les ruissellement qui viennent des arbres sont clean. Il va pleuvoir, tu montes ton abri, tu recouvres le tout de bâche jetable.
Duct tape en quantité massives pour tout colmater.

Ca va être lourd et encombrant.

Je ne sais pas comment tu peux te débarasser des déchets. Si tu es en grosse galère, laisser traîner une bache dans la nature ne me parait pas passible de peine de mort. Sinon, il faut trouver le moyen de ramener stocker et détruire.

Concernant la flotte : deux litres sans possibilité d'approvisionnement, c'est insuffisant. Il faut que tu évalues combien de temps tu peut-être amené à rester sur le terrain si il y a une galère. Ce qui implique de faire une taxonomie des risques qui peuvent t'amener à rester bloqué. Deux à trois litres par jour selon l'effort, c'est un minimum. Je prévoirais d'avoir une nuit à passer dehors. et de devoir rentrer le lendemain
Pour traiter l'eau il me semble que les filtres à osmose inverse font du bon boulot. il me semble aussi que les filtres à charbon actif absorbent une partie des particules radiocative. En ce qui me concerne, une partie, c'est insuffisant. Après tout est une question d'urgence et de priorités. Il vaut peut-être mieux crever dans dix ans d'un cancer que dans trois jours de désydratation ou dans 6 mois d'une maladie un peu dégueu. C'est toi qui choise. :)

Concernant la bouffe, je pense que tu fais le bon choix. Energetique, sans préparation, idiot proof. J'ai découvert récemment les barres vendues dans les magasins spécialisés compléments alimentaires muscu. C'est une piste que j'explore pour cette fonction. Un petit réchaud pour se faire du thé café peut être bienvenue toutefois.

Concernant la trousse de secours, je n'y connais rien, mais à mon avis, ça doit être un truc conçu pour : stabiliser, se casser.
Les choses dont tu ne sais pas te servir sont inutiles. Donc soit tu testes et tu apprends, soit tu laisses tomber.
Pastilles d'iode ?

Tu dois garder opérationnel ta conscience, ta mobilité, ta vision, ta dexterité fine.

Être en mesure de t'orienter et rentrer à la caisse sans coup férir, sans être dépendant de la technologie. Savoir s'orienter, cartes boussole.

Concernant les bêtes sauvages. Tu sera à l'abri des petits bestiaux dans ton hammac jungle. (avec moustiquaires)
Les loups n'attaquent pas l'homme.
Les sangliers ne chargent qu'acculés. Pas en traitre pendant ton sommeil.

Poncho, cuissardes.
L'idéal serait bien entendu que tu trouves des trucs jetables que tu puisse stocker dans la caisse. Si tu dois patauger dans la boue, c'est un souci non ? Tu vas prendre 10 stocks de cuissardes ? Si tu prends sur le poncho du ruissellement d'eau de pluie tu vas jeter ton poncho ? Ca va être cher. Il faut trouver des systèmes jetables, renouvellables à chaque fois. Quoi ? Ca me parait tellement hallucinant de conseiller à un gars qui peut se retrouver à patauger dans la boue à tchernobyl de se recouvrir les pieds de sacs plastiques que je ne sais pas trop quoi te dire.

J'espère que ça t'aide.
Je suis perplexe sur mes propres réponses.

A remettre en question.

Je suis le fil, je gamberge dessus.



« Modifié: 06 mai 2011 à 16:52:32 par Lemuel »
Don't watch the tool, the work it can do
Watch the man that's behind, yeah !


http://natureandforcefield.tumblr.com

06 mai 2011 à 16:43:40
Réponse #10

Lemuel


Perso j'ai pas vu le fil avant aujourd'hui.
Pour ça que j'ai pas répondu.

Tu peux aussi aller faire un tour chez olduvai.
Il y a peut-être des trucs pertinents à récolter la bas.
« Modifié: 06 mai 2011 à 16:50:45 par Lemuel »
Don't watch the tool, the work it can do
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http://natureandforcefield.tumblr.com

06 mai 2011 à 16:54:10
Réponse #11

Lemuel


Je ne sais pas dans quelle mesure tu es familier du site.

Les infos de base sont là : http://www.davidmanise.com/forum/index.php/topic,30031.0.html

Après il faut adapter.
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06 mai 2011 à 16:54:22
Réponse #12

Sotret


Salut Tolteck,
Je ne crois pas que les gentils membres du forum te snobent, mais ta demande sort pas mal de l’ordinaire. Et faute de signal à apporter…
Je n’ai pas d’expérience personnelle de zones contaminées, mais je te livre néanmoins quelques réflexions :

L’EAU
Tu disposes apparemment d’une bonne cartographie de la contamination. Je suppose qu’elle concerne les sols. L’eau, comme tu l’as probablement remarqué, est passablement mouvante au dessus de 0°C. Donc, à moins de te livrer à une étude hydrologique fine du secteur, tu ne sais pas sur quoi elle a ruisselé, au travers de quoi elle s’est infiltrée ou dans quoi elle a séjourné.
Je doute fort que les filtres du commerce, type katadyn ou autre, fassent l’affaire et tu risques surtout de contaminer un matériel relativement coûteux.
Je partirai donc du principe général de ne pas consommer l’eau sur site, sauf urgence vitale, bien entendu.
Cela signifie que tu vas devoir importer la totalité de ton eau depuis une zone sûre. L’organisation exacte dépend de toi : capacité de portage en fonction du reste du matos (prises de vues ? enregistrement sonore ? ça pèse), rayonnement autour de la base formée par le véhicule ou circuit en boucle sans revenir sur ses pas ?
En tout état de cause 2 l/personne pour la journée, je trouve ça un peu court, compte tenu de la chaleur, de ton éventuelle propension à transpirer, … D’autant que tu n’y vas pas pour accomplir un exploit physique mais réaliser un travail. Ca nécessite, à mon humble avis, de rester dans une certaine zone de confort, en terme d’hydratation (mais aussi en terme de fatigue, de stress, de douleur,…). En dehors de cette zone de confort, le travail, quel qu’il soit, s’en ressent nécessairement, faute de concentration, d’inspiration…
Emporter plus d’eau, donc, et étudier les stratégies pour ce faire en fonction de ton programme : outre ou poche à eau dans le sac, jerricans prépositionnés,…
J’éviterais aussi les bouteilles d’eau du commerce en tant que contenant : trop fragiles à mon avis, surtout en « hors piste », et surtout s’il doivent cohabiter avec du matériel « sensible » (photo, prise de son,..).

LA NOURRITURE
Le feu est proscrit, donc repas froid le midi. Barres énergétiques, fruits secs ?
Si tu considères qu’il peut y avoir risque d’hypothermie (ou d’atteinte grave au moral des troupes), un petit réchaud à gaz (genre bleuet) est-il envisageable ? De quoi faire un thé, un café, un repas lyophilisé, histoire de manger chaud…


LA METEO
Je te conseille fortement de te renseigner à l’avance sur les amplitudes thermiques et d’étudier un peu plus les conditions locales. Climat continental oblige, ça peut s’avérer « vivant ». Etudie également les possibilités de te tenir au courant des bulletins météo en cours de séjour (radio ? internet ?...) : les orages de là-bas, ça doit être quelque chose…

PROTECTION CONTRE LES INTEMPERIES
Un poncho de bonne qualité et éventuellement un tarp te permettront de te mettre à l’abri en cas d’orage, ainsi que ton matos.
En fonction des informations que tu auras pu collecter sur la météo nocturne, un sac de couchage light pourrait faire un bon complément.

LA PROTECTION AU SOL :
Pour éviter de contaminer tes affaires, as-tu pensé à emporter des bâches de plastique, du type de celles qu’on trouve en grande surface de bricolage pour les travaux de peinture ? C’est fin, léger, bon marché et tu pourras les évacuer en tant que déchets contaminés sans regret. Une alternative un peu plus robuste (et donc plus lourde) : les feuilles de polyane (pas sûr de l’orthographe) utilisée en construction pour isoler les parquets. Il te faudra également prévoir les sacs poubelle pour évacuer les objets souillés.

LE HAMAC
Pour éviter de se coucher au sol, c’est bien sûr une excellente solution. Mais pour passer la nuit, une protection thermique est souvent nécessaire (refroidissement par le dessous du corps) : sac de couchage et/ou isolant à prévoir.
De bons produits du côté de DDHammock : double épaisseur pour y mettre un isolant (ou le dormeur) et moustiquaire intégrée. Rod en vend par ailleurs, et ils sont moins chers que la marque Hennessy.
Un accessoire utile, selon beaucoup : le hamac-filet-à-pas-cher qui permet de stocker son matériel sans le poser au sol.

LES COMMUNICATIONS
Le GSM étant apparemment aléatoire, j’aurais dit une radio VHF (ou l’équivalent utilisé en Ukraine). Cela dit, je crois comprendre que tu ne parles pas « le local ». Double raison pour déposer un plan de marche détaillé de la journée entre des mains sûres, de bien se mettre d’accord sur le protocole d’alerte (après telle heure, il y a un vrai problème), et de t’y tenir. Prévois en outre le kit de signalisation adapté (sifflet, gilet ou drapeau voyant, miroir,…)

LA FAUNE
Je ne pense pas que ce soit un souci, encore moins en période diurne. Il n’y a guère que celle qui se déplace sur ses pattes arrières qui pourrait poser un problème. Une bonne raison pour la jouer tout en discrétion et faire preuve de sensibilité et d’attention envers la population locale : renseigne-toi sur l’actualité locale, les derniers évènements, le ressenti des gens vis-à-vis des « estrangers », bref le genre de truc qui fait la différence entre un voyageur et un touriste en gros sabots…Selon les endroits dans le monde, l’attitude d’un braconnier ou un trafiquant pourra se situer entre ne rien avoir à foutre que tu sois là, et même t’inviter casse-croûter, ou bien ne pas laisser de témoins…

06 mai 2011 à 16:58:45
Réponse #13

sebastienb


En ukraine/bielorussie ils donnent des complements de pectine à forte dose aux enfants pour éviter l'accumulation des radio nucléides... peut être s'en procurer si jamais tu étais contraint de consommer local ?

07 mai 2011 à 01:13:49
Réponse #14

Tolteck


Merci pour toutes ces réactions utiles.
J'ai pas mal réfléchi avant d'envoyer le premier post, avec le souci de rester dans l'utile "pour tous" avec mes questions... Le sujet est complexe et je "baigne" dedans depuis 5 ans.

On ne prend pas d'iode stable à Tchernobyl pour se protéger la thyroïde parce que l'iode radioactif qui pourrait la menacer a une durée de vie courte. L'iode produit par l'accident de T. a disparu depuis longtemps.
Pour mémoire, la thyroïde a des "récepteurs" à l'iode : en prenant de l'iode stable (non-radioactif) avant d'être exposé à une contamination, on sature ces récepteurs et l'iode radioactif a donc moins la possibilité de se fixer sur la glande.
L'iode 131 qui menace la thyroïde en cas d'accident nucléaire est un produit de fission dont la demi-durée de vie est de 8 jours : au bout de ce délai, il a perdu la moitié de son activité, au bout d'une nouvelle période de 8 jours, il aura perdu la moitié de la moitié restante, etc. On compte 10 cycles pour qu'il ait disparu (80 jours donc pour l'iode).
Le césium 137 a une demie-durée de vie de 30 ans.
Le plutonium 239 une demie-durée de vie de 24 110 ans  >:(
Si vous m'avez suivi, il faut 240 000 ans pour que son activité ait disparu. C'est le problème à très très long terme d'une partie des déchets nucléaires : aucune société n'a un tel potentiel de stabilité temporelle.

La pectine de pomme est effectivement préconisée comme un moyen favorable : elle permet d'agglomérer les métaux lourds en général (et les radioélements) et facilite ainsi leur sortie du corps. On parle d'adsorption.
Il y a débat quant à son efficacité mais ses détracteurs peuvent être soupçonnés de défendre un avis partial. Chez les enfants "traités" à la pectine, la charge en césium baisse de façon significative. Ça a été mesuré. C'est une aide d'autant plus précieuse qu'elle est peu couteuse, ce qui est important dans un contexte économique dégradé. Par ailleurs, les moyens de se "nettoyer" l'intérieur en cas de contamination ne sont pas nombreux ou à effets secondaires.
A ne pas négliger donc.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Pectine
Jusqu'à présent, on a pris de façon préventive, ainsi que de la spiruline.
En 2008, j'ai été contaminé par un peu de césium et l'IRSN, qui a fait la mesure à mon retour, n'avait pas de moyen à m'indiquer pour accélérer l'adsorption.

Je vais relire posément vos réponses concernant l'équipement.
Je prends vos posts fournis pour un encouragement à continuer d'en discuter  ;)

Je veux juste redire pour l'instant que je vais là-bas depuis 5 ans, que je parle assez d'ukrainien pour faire les courses, papoter et boire des coups avec nos amis. Mais c'est un langage où les mains, les yeux et le sourire jouent beaucoup. Je serais incapable d'expliquer à un toubib, par téléphone, sous stress, un truc de santé et je ne comprendrais pas suffisamment ses réponses.
Nous avons envisagé emporter un téléphone satellitaire. C'est très cher et il ne dispense pas de joindre quelqu'un de bilingue. La question est en suspens.
Même si nous sommes au "travail", notre budget est tout à fait modeste. Nous ne sommes pas dans le cadre d'une production ou je ne sais quoi.

Concernant les déchets produits sur place (consommables potentiellement contaminés), il n'y a pas de solution. Il faut en produire le moins possible.
En 2007, on a ramené en France un échantillon de terre pour le faire analyser : le labo voulait nous le rendre, parce que le stockage des déchets radioactifs coûte cher...  :blink:

08 mai 2011 à 19:20:00
Réponse #15

Tolteck


Bonjour,

J'ai commencé à digérer vos réponses.

On est clair : pas de feu ; pas envie d'être à l'origine d'un démarrage d'incendie (Cf. l'an dernier les incendies en Russie  :o) ; pas de réchaud non plus je crois : pas assez "idiot proof" (j'adore l'expression  :up:), surtout en cas de stress.
Donc nourriture compacte hyper-énergétique.
Pour se boire un truc chaud, quelqu'un a -t-il l'expérience du chauffage chimique : on trouve des canettes de boisson avec un dispositif de chauffage intégré. C'est cher, mais si ça peut rendre service dans notre cas... J'ai cherché le même procédé, mais adaptable à la boisson / au récipient de son choix, pour chauffer de l'eau simplement et je n'ai rien trouvé. Je n'ai pas vu si quelqu'un en a parlé dans les forums.

Hamac, tarp, sac de couchage, tapis isotherme sous le sac. On passe à un autre type de portage et de marche, mais bon.
Sinon, il faut envisager des virées très courtes (c'est-à-dire ne pas s'éloigner de la voiture...) : ça ne solutionne pas tout et ça change la donne.

Citer
(Sotret) En dehors de cette zone de confort, le travail, quel qu’il soit, s’en ressent nécessairement, faute de concentration, d’inspiration…
D'accord avec toi et, à termes, il est possible que l'on revoit les durées et les destinations si on ne répond pas aux pré-requis principaux.

Citer
(Lemuel) Si tu prends sur le poncho du ruissellement d'eau de pluie tu vas jeter ton poncho ?
Non, en fait, nous ne sommes pas dans le cas d'une pollution en cours. Pour que la pluie soit contaminante à Tchernobyl, il faut qu'elle soit chargée de radio-éléments qui seraient en suspension dans l'air ; ça peut être le cas s'il y a beaucoup de vent et de poussière et qu'un orage passe là-dessus (c'est une configuration tout à fait plausible en été), mais je dirais que c'est un moindre souci.
En cas de doute, on peut aussi rincer certaines affaires de retour à la voiture.
Par contre pour les chaussures, j'ai été négligent. J'ai marché en bottes deux années de suite, ce n'est pas drôle  ^-^ et donc je suis passé ensuite à de la chaussure de marche "jetable" (genre 15 euros chez D4). Ça le fait parce que le terrain est facile (je me répète). Mais je n'ai pas eu à marcher dans la boue.
Les surchausses utilisés dans l'industrie nucléaire sont conçues pour marcher sur des sols lisses, pas dans la nature. Mais l'idée d'une protection momentanée jetable reste à étudier je pense.

Pour l'eau de boisson, il faut que je me renseigne sur les solutions de dépollution auprès de nos référents en radioprotection. Jusqu'à présent, on filtrait au village l'eau du puits, qui n'est pas encore touchée, si l'on en croit une analyse (plus trop récente, c'est vrai).
Est-ce que la distillation n'est pas une solution ? Je me demande. Le cas échéant, il faudrait un système portable... C'est cette chose-là qui m'y a fait penser : http://www.thewatercone.com/index.html
C'est sans doute une question idiote, mais est-ce d'un bénéfice quelconque de se "gaver" d'eau avant de se mettre en route (outre les arrêts pipi consécutifs) ?  :-[

Bon, je continue.
Merci pour votre intérêt.




08 mai 2011 à 20:41:29
Réponse #16

Lemuel


Un réchauds type réchauds M71 de l'armée suisse, ou quelques pastilles esbit et leur socle, ca reste bête comme chou à utiliser, pas cher et efficace. Et léger.

Avec le brol dont on parle tu dois pouvoir t'en sortir dans les 8 kilos sans te ruiner.
Don't watch the tool, the work it can do
Watch the man that's behind, yeah !


http://natureandforcefield.tumblr.com

08 mai 2011 à 21:10:14
Réponse #17

onc roger


Une question à propos de l'eau :

Le Césium est-il sous une forme soluble ?

Si ce n'est pas le cas alors prendre de l'eau assez claire (pour éviter d'avoir à manipuler des boues contaminées pendant le pré-filtrage) et la filtrer avec un filtre du genre Katadyn pourrait être solution ? (en étant conscient que le filtre va accumuler quand même des sédiments contaminés et devra être être traité avec précaution)


09 mai 2011 à 00:05:09
Réponse #18

Sotret


Pour l'eau de boisson, il faut que je me renseigne sur les solutions de dépollution auprès de nos référents en radioprotection. Jusqu'à présent, on filtrait au village l'eau du puits, qui n'est pas encore touchée, si l'on en croit une analyse (plus trop récente, c'est vrai).
Est-ce que la distillation n'est pas une solution ? Je me demande. Le cas échéant, il faudrait un système portable... C'est cette chose-là qui m'y a fait penser : http://www.thewatercone.com/index.html

Une question à propos de l'eau :

Le Césium est-il sous une forme soluble ?

Si ce n'est pas le cas alors prendre de l'eau assez claire (pour éviter d'avoir à manipuler des boues contaminées pendant le pré-filtrage) et la filtrer avec un filtre du genre Katadyn pourrait être solution ? (en étant conscient que le filtre va accumuler quand même des sédiments contaminés et devra être être traité avec précaution)

J'ai cru comprendre qu'il s'agissait de virées sur zone à la journée. C'est vraiment si compliqué d'acheter de l'eau en bouteille à la ville la plus proche ou de remplir des jerricans à une source non contaminée et mettre ça dans le coffre de la voiture ?
La filtration sur site me semble une très mauvaise idée et le distillateur solaire relève du gadget...
« Modifié: 09 mai 2011 à 00:42:18 par Sotret »

09 mai 2011 à 01:10:02
Réponse #19

Tolteck


Nous serons cinq semaines sur places (au village) et, les années précédentes, nous avons déjà fait des séjours de deux mois. Il n'y a pas de service public pour le traitement des ordures ménagères : tout ce qui n'est pas biodégradable doit être stocké et ramené en ville (100km). La ville la plus proche brûle ses ordures en plein air. On évite donc le plastique. S'il s'agit de quelques bouteilles, ça va.
Ma réflexion sur l'eau concernait aussi celle du puits que nous utilisons tous les jours à la "maison".

J'ai cru comprendre qu'il s'agissait de virées sur zone à la journée.
En effet, mais je réfléchis ici à un "dérapage" : être coincé, ne pas pouvoir récupérer la voiture tout de suite... S'il faut passer une nuit sur place et renter péniblement le lendemain avec, disons, une patte en vrac, faut-il se charger de 5 ou 6 litres d'eau chacun ?

Il faut que je me renseigne sur les polluants potentiels de l'eau. Je ne suis pas clair là-dessus.

"Dans l'eau et les sols, la plupart des composés du césium sont très soluble dans l'eau. Dans les sols, cependant, le césium ne rejoint pas les eaux souterraines. Il reste dans dans les couches supérieures du sol car il se lie fortement à ses particules. (Par conséquent, il n'est pas directement disponible pour être absorbé par les racines des plantes.)"
http://www.lenntech.fr/periodique/elements/cs.htm#ixzz1LnvHEj1o

"Le strontium radioactif n'est pas susceptible de se retrouver dans l'eau potable."
http://www.lenntech.fr/periodique/elements/sr.htm#ixzz1LnwNKxEz

Avec le brol dont on parle tu dois pouvoir t'en sortir dans les 8 kilos sans te ruiner.
Plus le matos de captation.
Je n'ai pas de problème avec le feu, Lemuel, mais là-dedans j'hésite. On a bien pensé à une bouillotte nucléaire pour chauffer sans flamme, mais bon, c'est peut-être abuser...  ::)

09 mai 2011 à 17:23:56
Réponse #20

Sotret


Donc, si je comprends bien, il y a deux (types de) sites :

La zone +/- contaminée où vous vous rendez pour accomplir la mission dont vous vous êtes chargés
et
le village qui est votre base-vie durant le séjour.

Pour la zone de travail, nous en avons débattu.
pour le village, je me poserais les questions suivantes :

est il en zone contaminée (que disent les cartes de relevés),
Sa ressource en eau est-elle contrôlée ?
L'a-t-elle jamais été ?
Si c'est le cas que disent les dernières analyses ?
Quelles sont les recommandations des autorités aux habitants concernant l'eau ?
et pour équilibrer un discours officiel plus ou moins langue de bois, qu'en pensent les scientifiques qui étudient la zone ?

En fonction des réponses à ces questions, il y aura lieu d'aviser...

Au pire un aller-retour logistique périodique à  la grande ville ne me semble pas incongru dans un tel projet. Quitte à en profiter pour rendre service à vos hôtes/voisins. Le gestion des emballages pose problème : transvasement en jerricans de 20 l dès l'achat.

09 mai 2011 à 18:12:42
Réponse #21

guillaume


Salut Tolteck,

Je n'ai plus grand chose à t'apporter tellement les réponses de Lemuel et Sotret sont pleines de bon sens. Juste deux réflexions que je me suis fais en lisant leurs réponses : les bâches plastique type "protection peinture" sont nickel effectivement mais il existe aussi des ponchos jetables dans une matière si similaire.
Je rejoins les autres concernant le fait que 2L c'est, 3 c'est le minimum pour moi. Je pense que le mieux est que ta source se trouve dans ta voiture effectivement (comme elle sera la source de tout le reste de ton matos : bien blinder la voiture en TOUT). Mais dans le cas où il y a aurait de la m*rde dans le ventilo, un filtre de randonnée avec cartouche en charbon actif est un plus non négligeable AMHA (il se fait des truc comme ça aussi.)


En revanche, suis-je le seul à avoir tilter sur l'exemple de trousse de secours de captainEB ?
CaptainEB, j'espère que tu as établis ton exemple en pensant que Tolteck allait être dans un milieux très reculé et allait devoir poser des actes médicaux/chirurgicaux si vraiment ça m*rde, sinon j'espère que tu ne trimballes pas tout ça dans ta trousse de secours, je plein ton coéquipier/les secouristes.

-Bandes adhésives stériles de toutes tailles (pansements).
-5 x 5cm compresses stériles (de 4 a 6).
-10 x 10cm compresses stériles (de 4 a 6).
-1 rouleau de sparadrap.
-Bandage triangulaire (3). pourquoi 3 ?
-Bande de gaze stérile.
-Ciseaux.
-Pince à écharde/épiler.
-Aiguille à coudre. Tu sais recoudre ? Tu sais aussi qu'il vaut mieux stabiliser la plaie en vu d'une évacuation parce que la première chose que les docs font au bloc c'est rouvrir le tout pour bien désinfecter/nettoyer. Donc si tu compliques la tâche :(.
-Serviettes antiseptiques (alcool). L'alcool n'est pas un bon désinfectant, encore moins sous cette forme. Préférer la bétadine ou la biseptine : du coup je prendrais plus d'unidose de bétadine plutôt que ça.
-1 tube de crème antiseptique.
-1 thermomètre.
-1 tube de vaseline.
-Épingles à nourrice de différentes tailles.
-Savon.
-Gants médical
-Crème solaire.
-Aspirine Attention ! Ça liquéfie le sang et certains sont allergiques. Préférer le doliprane voire codoliprane en plus pour les troubles costauds.
-Ibuprofen (anti-inflammatoire).
-Imodium (antidiarrhée).
-Maalox (pour l'estomac).
-Laxatif.
-Coussin hémostatique de type QuikClot combat gauze :o Y'a que les militaires (et encore pas tous et pas toutes les armées) qui sont formés à ce genre de matos. Si jamais tu mets ça, tu compliques grandement le travail des secours derrière. À proscrire pour le civile lambda.
-SWAT-T (sorte de bande élastique réutilisable) qui sert de bande compressive ou de garrot suivant le cas :o encore une fois, l'usage du garrot est réservé aux militaires en France (après en milieux éloigné ça eut se discuter encore que c'est lourd de conséquences...)
-uni dose de sérum physiologique
-uni dose chlorexidine
-uni dose betadine


Ça me fait froid dans le dos, après peut-être qu'il y a une explication rationnelle...

a+

09 mai 2011 à 23:40:17
Réponse #22

Tolteck


Pour le village, .../...

Un document utile pour situer les choses sur place ; cette carte représente la contamination au sol en césium 137, le principal polluant.
Le village où nous allons est dans la tache claire (la seule), au sud-ouest de T. : j'y ai mis une croix (il faut zoomer...).

Je ne connais personne au village qui ait cette carte (pour donner une idée du niveau d'information de la population).

Sa ressource en eau est-elle contrôlée ?
L'a-t-elle jamais été ?
Si c'est le cas que disent les dernières analyses ?
Quelles sont les recommandations des autorités aux habitants concernant l'eau ?
et pour équilibrer un discours officiel plus ou moins langue de bois, qu'en pensent les scientifiques qui étudient la zone ?
L'eau des puits est utilisée sans restriction sanitaire ; je n'ai pas connaissance de contrôle effectués par les autorités sur l'eau ; j'ai fait faire une analyse en 2007 : la recherche de tritium était négative (c'est visiblement un signal pertinent), mais notre échantillon avait 10 jours et ce n'est peut-être pas probant (ais-je appris récemment). Un scientifique en qui j'ai confiance considère que la contamination des nappes ne tardera pas.

C'est compliqué.
Nous regardons ça avec notre niveau de vie, nous pensons que toute chose peut s'analyser, que nous pouvons compter sur une expertise fiable dans la majorité des cas.
Il faut bien voir qu'un accident nucléaire de cette ampleur bouleverse tout le système social, des priorités se dégagent, la tolérance augmente parce que tous les processus habituels sont dépassés (alimentation, santé, éducation). Peut-être que ce fil aura permis de comprendre que lorsque les choses les plus banales (l'eau, l'air, les plantes...) posent question, c'est toute la vie qui se complique fortement. Chacun se détermine alors selon ses convictions, ses moyens, l'information disponible, ses freins psychologiques.
Il est presque heureux -quelle horreur- que l'exemple japonais viennent contredire la tendance à penser que les Russes furent des billes dans cette histoire : les Japonais ne font pas mieux (en valeurs relatives à l'époque).
Je m'emporte...  ^-^

Il faut que je réfléchisse à nouveau, à partir de vos suggestions, remarques, propositions et que je fasse une synthèse.

Vous savez, l'intérêt d'y retourner comme nous le faisons, c'est aussi de regarder comment nous évoluons avec ça, comment nous nous habituons, quels compromis nous faisons, ce qui nous importe.
Mais nos discussions brassent à nouveau le bazar, révisent la copie. Merci.


11 mai 2011 à 02:06:50
Réponse #23

Tolteck


Merci Guillaume pour ta relecture de la liste médicale.
Je suis en train de passer le PSC1, ça donnera une base. Aujourd'hui : "la victime saigne abondamment..."  :o

Une célèbre société suisse de filtration de l'eau vient de répondre à ma demande d'infos : leurs filtres ne peuvent pas servir en milieu contaminé.
Réponse saine et rapide...

Les avis sont un peu contradictoires concernant l'eau : on passe le relais à une scientifique, une amie, pour faire la synthèse des infos disponibles (quels polluants ? sont-ils solubles ? peut-on nettoyer l'eau ? peut-on la mesurer avec les outils présents sur place de mesure des aliments ?). Je relayerai ici.

11 mai 2011 à 07:47:21
Réponse #24

guillaume


Je suis en train de passer le PSC1, ça donnera une base. Aujourd'hui : "la victime saigne abondamment..."  :o

 :up:

Tu verras qu'il y a pas besoin de 36000 choses pour constitué un kit de 1er secours -différent de la bobologie- (pense au masque à RCP, très utile).

a+

 


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