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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Agriculteurs et ours?  (Lu 31758 fois)

11 juillet 2007 à 16:51:48
Lu 31758 fois

Ishi


Suite aux divers reportages télévisuels sur les dégats occasionnés aux troupeaux par les ours pyrénéens, pourriez vous me dire ceux dont vous en pensez?
Surtout concernant la réactions des agriculteurs!!!!!!
Ma question peut être rapportée aussi aux loups dans les alpes.
Steph.
PS: pour ma part, je suis un peu extrémiste car je pense que les nuisibles sont plutôt les agriculteurs (peu de respect de la vie sauvage et surtout gros pollueurs avec leurs pesticides  >:( ).
La terre n'appartient pas à l'homme, l'homme appartient à la terre.

11 juillet 2007 à 17:05:03
Réponse #1

jb_bastia


On regarde le problème de l'extérieur, ce n’est pas très objectif. Il faut se mettre à la place des agriculteurs.
Pour eux, les ours ou les loups ont été réintroduits pour faire plaisir à quelques écolos. Ces animaux avaient disparus et tout allait bien. Alors ok on aime la nature et les petits oiseaux mais les éleveurs aiment leurs bêtes... ce problème n'est pas facile a solutionner.

Personnellement, je ne sais pas de quel coté me placer... Si j'étais agriculteur ce serait simple. Une battue et c'est fini. Pas extra comme méthode mais mes bêtes seraient tranquille. Mais je ne suis pas éleveur alors je préfère protéger et encourager la réintroduction d'espèces...

Un lien vers un sujet comparable

http://www.davidmanise.com/forum/index.php/topic,1332.0.html
S'adapter c'est survivre

11 juillet 2007 à 17:11:44
Réponse #2

Ishi


Salut

Hum... tu le crois vraiment ?

Je me méfie vraiment de ce genre d'avis trop tranché !

@pluche

Je ne le croix pas vraiment, mais je trouve déplorable la réaction de certains agriculteurs face aux caméras.
Il ne faut pas oublier que les ours ou les loups étaient là bien avant eux et leurs élevages.
J'aimerai aussi connaitre la différence de tarif entre la vente normale d'une brebis et ce qui leur est remis par l'état lors d'une attaque.
Par contre, profond respect pour les agriculteurs qui dévellopent les cultures et l'élevage bio.
Profond respect aussi pour ceux qui se battent contre la malbouffe et les OGM, en particuliers la confédération paysanne ( et oui je suis de Millau).
La terre n'appartient pas à l'homme, l'homme appartient à la terre.

11 juillet 2007 à 17:18:00
Réponse #3

galileo


il semble que ce probleme n'existe qu'en france quand on regarde ce qui se passe en Italie où ours , loups et berger cohabitent ensemble depuis de nombresuses annees on se demande quel est le probleme dans les Pyrenees, peut etre faudrait il dire a nos berger qu'il ne suffit pas de lacher les brebis/moutons dans les pres et aller regarder la TV satellite bien au chaud dans sa cabane mais qu'il faut les surveiller un chouia.

11 juillet 2007 à 17:27:05
Réponse #4

Sylvain74


 :branleur: :bheurk: :bheurk: :bheurk:

Certaines réactions extrémistes me font m'interroger sur la nature humaine...
Désolé,

Sylvain.

Je sais, terrain glissant...

11 juillet 2007 à 17:50:19
Réponse #5

dub72


Personnellement, je ne sais pas de quel coté me placer... Si j'étais agriculteur ce serait simple. Une battue et c'est fini. Pas extra comme méthode mais mes bêtes seraient tranquille. Mais je ne suis pas éleveur alors je préfère protéger et encourager la réintroduction d'espèces...

Il est très difficile de savoir qui a raison dans l'histoire. Cependant je pense pas que les éleveurs tiennent la bonne solution en tuant les ours, même si je comprend pourquoi ils le font. Il faudrait organiser le truc, par exemple la société qui s'occupe de la réimplantation de l'espèces en France, devrait donner un numéro vert au cas où un ours commencer a s'approcher trop près d'un troupeau, que l'éleveur puisse appeler pour que des mecs viennent chercher l'ours et le déplace. Et si les éleveurs utiliser des seulement des somnifère au lieu de cartouche en cas où il y avait vraiment un risque. C'est déjà fait ? Bien sûr ce ne sont que des hypothèses bien naïve de ma part mais bon.

Ciao, à plus...
My free style flying over this world, kill your bad mind but he's never back down... (dub in'c song)

11 juillet 2007 à 23:21:56
Réponse #6

zoltan charles henderson


Un avis intéressant et éclairé - parce que directement concerné - parmi d'autres sur cette question qui a fait couler beaucoup d'encre.

Moi, je ne suis certainement pas concerné directement par cette question - peu d'ours dans le plat pays - et donc je n'ai pas pris de position.

A chacun de se faire la sienne en pensant à la biodiversité, au tourisme, aux idéologies et aussi à ceux qui vivent dans ces montagnes !

http://www.pyrenees-pireneus.com/OURS-PourquoiDireNon-ViolaineBerot.pdf

12 juillet 2007 à 07:57:16
Réponse #7

mazzeru


http://www.paroles.net/chansons/17579.htm

Et si on réintroduisait les loups dans Paris  ;) pour les Ours, on verra plus tard  ;D ;D

12 juillet 2007 à 08:30:30
Réponse #8

Ishi


http://www.paroles.net/chansons/17579.htm

Et si on réintroduisait les loups dans Paris  ;) pour les Ours, on verra plus tard  ;D ;D

ça serai super cool, moins de boulots pour les éboueurs  :D :D
La terre n'appartient pas à l'homme, l'homme appartient à la terre.

12 juillet 2007 à 12:14:57
Réponse #9

Fox


il semble que ce probleme n'existe qu'en france quand on regarde ce qui se passe en Italie où ours , loups et berger cohabitent ensemble depuis de nombresuses annees on se demande quel est le probleme dans les Pyrenees, peut etre faudrait il dire a nos berger qu'il ne suffit pas de lacher les brebis/moutons dans les pres et aller regarder la TV satellite bien au chaud dans sa cabane mais qu'il faut les surveiller un chouia.

 :akhbar:  :akhbar:  :akhbar:
Personne n'a réagi, mais je crois que c'est là le loeud du problème.
On veut tout avoir! Des troupeaux immenses non gardé, et pas de dégats. C'est sympa de lâcher 400 moutons sur un alpage, mais faut un minimum de responsabilité. Ou on ne dit pas qu'on "aime les bêtes"...
Combien de paturages ai-je traversé ou les animaux avaient l'air mal en point. Par contre, 10% de perte dans le cheptel, personne ne se plaint, c'est trop directement de la faute des éleveurs, mais 8 moutons prélevés par un ours, MAIS QUELLE HORREUR; QUE FAIT LA POLICE!
A la décharge des éleveurs, c'est vrai que ce n'est pas les bergers qui se pressent au portillons (de l'ANPE....)
Quand on ne sait pas ce qu'on veut, a dit le portier, on finit par se retrouver avec des tas de trucs qu'on veut pas.

"if you dont know what you want", the doorman said, "you end up with a lot you don't".

12 juillet 2007 à 12:17:31
Réponse #10

DavidManise


Moi je pense, comme Ed. Abbey, que toute créature qui bouffe du mouton ne peut pas être entièrement mauvaise.

Les éleveurs ont le droit de vivre, certes.  Mais les ours aussi.  Moi je suis pour la réintroduction MASSIVE des grands prédateurs partout en France et dans le monde entier.  Et que les chasseurs, randonneurs, pêcheurs et éleveurs courageux puissent profiter pleinement de la nature vraiment sauvage. 

Moi je considère que je fais partie de la nature...  et donc de la chaîne alimentaire.  Si je dois me faire bouffer par un ours, de un ça ne sera pas gratos pour lui, et de deux s'il est assez futé et courageux et fort pour avoir mes steacks, eh ben c'est qu'il les mérite.  Point barre.

J'étais carrément ATTERRE l'autre jour.  J'ai lu sur le C15 d'un berger un autocollant qui disait "sans moi, c'est le désert"...  En voulant dire que sans le berger, il n'y a rien dans les montagnes.  Rien ???  Vraiment ??? 

Imaginons -- juste deux minutes -- des montagnes sans bergers et sans troupeaux.  Résultat ?  Les herbes se mettent à pousser.  Les chevreuils et les chamois sont gras et se multiplient.  En 5 ans, les arbrisseaux épineux recouvrent tout, les petits animaux (oiseaux, petits rongeurs) prolifèrent.  Les oiseaux de proies vivent une époque dorée.  Les chevreuils et les renards aussi.  Puis les espéces colonisatrices cèdent leur place à des arbres plus élevés : pins, feuillus divers...  Par endroits, les chevreuils et chamois entretiennent des clairières naturelles.  Les grands prédateurs reviennent, et ont autre chose à bouffer, enfin, que de la viande d'élevage.  Seuls les meilleurs prédateurs survivent.  Seuls les herbivores les plus rapides aussi.  La biodiversité est à son apogée, et la nature reprend peu à peu ses droits.  Un incendie de forêt, de temps en temps, relance un cycle de recolonisation... 

Sans le berger, c'est vraiment le désert ??? :o

Les montagnes n'appartiennent pas à l'être humain.  Et l'écosystème non plus.  Sans le berger, il y a la nature.  Avec lui, la nature devient un immense purage rempli de crottes de brebis et de mouches à m*rde. C'est pas la nature, ça.  Faut pas déconner.  C'est de la monoculture de brebis... 

Je pense que la nature a un immense besoin de notre absence.

Partant de là, je considère MALGRE TOUT que les bergers ont le droit de jouir du privilège de déforester et de saccager les montagnes parce qu'ils ont le droit de vivre.  Mais put**n qu'ils ne viennent pas me dire qu'on doit exterminer en plus les loups et les ours, parce que là je choppe la haine. 

Ciao !

David
"Ici, on n'est pas (que) sur Internet."

Mon PATREON -
Stages survie CEETS - Page de liens a moi que j'aimeu

12 juillet 2007 à 13:12:41
Réponse #11

Sylvain74


David, il me semble que ce que tu décris n'est pas vraiment adapté à la France ni à sa culture. Pas surprenant, en tant que Québécois.
En France, traditionnellement, l'agriculture fait partie du paysage. Et ce depuis des millénaires.

Les troupeaux de brebis, chèvres ou bovins ont un rôle à jouer dans les écosystèmes actuellement en place. Si la montagne est si belle dans nos régions françaises (même le massif central, si, si, hein Diesel...) c'est en (grande) partie grâce au pâturage qui élimine les espèces envahissantes, justement...

On voit bien dans certains secteurs montagneux, que quand les éleveurs disparaissent l'écosystème se transforma radicalement avec l'apparition de ligneux depuis le buisson d'épines jusqu'à la forêt. Et ça c'est pas top. Franchement. J'aime la forêt, mais j'aime aussi pardessus tout voir un paysage diversifié et riche, avec des prairies sèches, humides, des zones de brousailles qui ont un rôle à jouer pour la biodiversité, du taillis, des futaies...
Alors oui, j'imagine juste 2 minutes les montagnes sans élevage....

Récemment j'ai vu passer un courrier du maire d'une commune touristique et agricole (tiens, bizare, ça va ensemble  ;)... l'agriculture serait-elle un atout ? ;) ) qui exortait le préfet de mon département à réagir. Trois éleveurs du secteur ont été obligés de descendre leurs bêtes suite à des attaques répétées par un "grand canidé ; loup suspecté".
Quand je lis des commentaires sur les éleveurs qui passent leurs soirées devant leur TV ça me fout les boules. La plupart des éleveurs de moutons du nord des Alpes ne peuvent pas vivre de leur métier (= dégager un revenu suffisant pour survivre, tout simplement) et sont donc obligés d'avoir un emploi en plus. Ca vous inspire quelquechose, d'un point de vue emploi du temps ?

Ce que je trouverais intelligent serai d'autoriser les éleveurs à se défendre. Pas forcement d'organiser des battues à grande échelle, non, mais juste les autoriser à tirer à balles (et pas des tirs d'effaroucement qui n'effarouchent que les brebis...) pour signifier au loup que ça, on touche pas. Et celui qui touche trop souvent, il se fait flinguer. Seuls les loups les plus méfiants et n'aimant pas le goût du mouton se reproduiraient  ;)

Par rapport aux remarques sur les autres pays européens...
L'élevage en Italie est laitier : les brebis sont traites 2 fois par jour, et mise à l'abris pour la nuit. C'est leur système d'exploitation qui veut ça. En France, on élève les moutons pour leur viande. Ils vivent leur vie de mouton l'été en montagne, et pour les petits troupeaux (je vous parlais plus haut des agris double actifs) ils sont parqués sur de grandes zones d'alpage. Il n'y a pas la possibilité de les abriter la nuit, ou forcement dans de mauvaises conditions (forte densité dans un parc = concentration de m*rde et pisse = pollution ; pendant ce temps ils ne peuvant pas bouffer, alors que normalement un ruminant ça bouffe aussi la nuit pour être en pleine forme...)

Enfin, une dernière remarque : le loup n'est pas franchement ce qu'on pourrait appeler une espèce en voie de disparition...

Voila, je suis prêt à discuter de tout ça... mais SVP pas de niaiserie ou de clichés, ni sur les éleveurs, ni sur les écolos de salon (dont j'ai une certaine opinion, certes...)

Sylvain.

PS : pour ceux qui aimeraient partager le quotidien d'un berger, il y a la possibilité de le faire en adhérent à une asso pro-loup qui envoie des aides dans les élevages. Que ceux qui veulent le loup assument un peu, quoi !  :D


12 juillet 2007 à 13:38:39
Réponse #12

galileo


J'ai souvent accompagné dans ma jeunesses un de mes cousins qui a un troupeau en Corse et quand je compare son travail avec celui de bergers que j'ai pu visiter dans les Pyrennees ben scuse moi mais y a pas photo, mon cousin dort avec ses betes et ses chiens, il est present toute la nuit sur place et si'l y a un probleme, il est dispo de suite c'est pas le cas dans les Pyrenees, les bergers ils sont dans leurs cabanes au chaud, laissent les troupeaux a qqles centaines de metres de là et au petit matin ils decouvrent que 60 betes sont mortes (et ils ont rien entendus :down: ).

As tu deja regardé comment sont utilises les fonds investis par l'UE pour les bergers en France et tu comprendra pourquoi je parle de TV sattelite.

Moi je me pose une question pourquoi on entend ca qu'en France ; en Italie ils ont plus de loups/ours et de bergers dans le Nord mais bien moins de problemes que chez nous.





12 juillet 2007 à 13:53:20
Réponse #13

Sylvain74


Galiléo,
relis mon intervention précédente et tu auras mon avis sur pas mal des points que tu viens d'exposer notamment la différence avec nos voisins européens.
Et... on ne peut pas comparer le berger de ton enfance en Corse avec les pyrénéens ou alpins actuels...

Quand aux nuits passées "au chaud dans la bergerie avec TV satellite" comparées aux nuits sous le poncho à surveiller les bêtes, d'une part il s'agit d'une caricature ou de cas extrêmes, d'autre part pose toi la question de savoir si tu le ferais... La vie en alpage, même en cabane chauffée (bois), électrifiée (panneaux solaires ou petit groupe) et avec l'eau courante (source captée) est une vie pleine de charme (ahh le mythe du berger...) mais aussi vraiment difficile.

Petite remarque concernant les patous (chiens de garde de troupeau) : de plus en plus de problèmes sont constatés avec les randonneurs (jusqu'au procès d'ailleurs, pour morsure alors que le type avait harcelé le chien) d'une part, et d'autre part le patou n'est pas une assurance tous risque : le loup arrive facimlement à déjouer la vigilence du molosse. Carabine, j'vous dis !  ;)

Bon, j'ai promis que je ne monterai pas sur les grands chevaux...  ;)

Sylvain.

12 juillet 2007 à 13:59:56
Réponse #14

DavidManise


Eh, Sylvain :)

Bon ok.  Je reprends tes arguments point par point.  J'ai du temps à perdre :)

Je balance ca pour le plaisir hein.  Je ne cherche pas à te convaincre, et j'ai pas l'intention de m'énerver ou de t'énerver pour ca, ok ? ;)  C'est vraiment juste pour débattre gentiment.

David, il me semble que ce que tu décris n'est pas vraiment adapté à la France ni à sa culture. Pas surprenant, en tant que Québécois.
En France, traditionnellement, l'agriculture fait partie du paysage. Et ce depuis des millénaires.

Oui, et alors ? 

En France, on a fait de l'agriculture bio en traction animale pendant des millénaires, pour une population très limitée.  Il restait de la place pour la nature sauvage.  Jusqu'en 1900 et des bananes, il y avait encore des ours dans le Vercors...  Les choses ont radicalement changé depuis la poudre noire, mais surtout depuis la fin de la guerre de 14 qui a vu l'industrie chimique bien prospérer...  sans quoi on n'aurait pas pu exterminer le loup, ni pourrir 70% de l'eau potable française avec des produits néfastes pour l'écosystème comme pour la santé. 

Citer
Les troupeaux de brebis, chèvres ou bovins ont un rôle à jouer dans les écosystèmes actuellement en place. Si la montagne est si belle dans nos régions françaises (même le massif central, si, si, hein Diesel...) c'est en (grande) partie grâce au pâturage qui élimine les espèces envahissantes, justement...

Et explique-moi, STP, en quoi la beauté du paysage dans l'oeil d'un être humain a quoi que ce soit à voir avec la santé d'un écosystème ? ;)  Ton argument n'en est pas un.  Sorry.

Citer
On voit bien dans certains secteurs montagneux, que quand les éleveurs disparaissent l'écosystème se transforma radicalement avec l'apparition de ligneux depuis le buisson d'épines jusqu'à la forêt. Et ça c'est pas top. Franchement. J'aime la forêt, mais j'aime aussi pardessus tout voir un paysage diversifié et riche, avec des prairies sèches, humides, des zones de brousailles qui ont un rôle à jouer pour la biodiversité, du taillis, des futaies...

Tout ça existe naturellement, grâce aux incendies de forêts, avalanches, érosion, et tout...  ;)  La nature s'ouvre elle-même des clairières, et si on arrêtait de draîner les marécages partout pour construire dessus, les zones humides, on en aurait ;)

Citer
Alors oui, j'imagine juste 2 minutes les montagnes sans élevage....

Honnêtement, j'en rêve ;)

Citer
Récemment j'ai vu passer un courrier du maire d'une commune touristique et agricole (tiens, bizare, ça va ensemble  ;)... l'agriculture serait-elle un atout ? ;) )

Elle est un atout POUR L'ETRE HUMAIN...  ton argumentaire est totalement anthropocentré, et il part inconsciemment du principe culturel qui veut que ca soit normal que la terre appartienne à l'être humain qui bosse dessus. 

Je ne juge pas hein.  Je dis juste que, culturellement, tu as été formaté pour considérer la terre comme ton bien.  Moi, je suis formaté pour considérer que j'appartiens à la terre.  Ce sont deux visions du monde qui sont parfaitement et totalement irréconciliables.  Ca, il faut en etre conscients d'entrée de jeu, et l'accepter... 

Citer
Quand je lis des commentaires sur les éleveurs qui passent leurs soirées devant leur TV ça me fout les boules. La plupart des éleveurs de moutons du nord des Alpes ne peuvent pas vivre de leur métier (= dégager un revenu suffisant pour survivre, tout simplement) et sont donc obligés d'avoir un emploi en plus. Ca vous inspire quelquechose, d'un point de vue emploi du temps ?

Le fait est que la laine ne se vend plus trop et qu'on préfère de loin le cochon et le boeuf à la viande du mouton.  Il y a là une réalité du marché que les éleveurs ne semblent pas avoir envie de comprendre...  Evidemment, le loup ou la peur du loup doublent ou triplent la charge de travail des éleveurs, ca fatigue les brebis (qui doivent etre parquées tous les soirs, tout ca...), mais concrètement c'est pas bien plus de 10% du problème de non-rentabilité de l'élevage de moutons.  Le problème c'est que l'élevage de mouton ne répond plus à une demande réelle des consommateurs francais ou etrangers, et que du coup on doit supporter l'activite a grands coups de subventions. 

Je serais plutôt favorable, pour ma part, à ce qu'on subventionne les mecs pour qu'ils restent bien pépère chez eux ou à faire autre chose que de gueuler toute la journée au milieu de leurs débroussailleuses à 4 pattes ;)

Citer
Ce que je trouverais intelligent serai d'autoriser les éleveurs à se défendre. Pas forcement d'organiser des battues à grande échelle, non, mais juste les autoriser à tirer à balles (et pas des tirs d'effaroucement qui n'effarouchent que les brebis...) pour signifier au loup que ça, on touche pas. Et celui qui touche trop souvent, il se fait flinguer. Seuls les loups les plus méfiants et n'aimant pas le goût du mouton se reproduiraient  ;)

Là, je suis entièrement d'accord. 

Pour l'instant, on fait les choses à moitié.  On réintriduit un ou deux ours, et on les chouchoutte comme des nouveaux-nés.  Quand le chasseur a buté canelle, il y a quelques années, j'étais atterré.  degoute.  Pas tellement parce qu'on avait buté un ours...  mais parce que j'ai réalisé que je vivais dans un pays où on connaissait tous les ours par leur put**n de prénom, et que même eux étaient fliqués.

Qu'on réintroduise 4000 ours et 6000 loups dans les pyrénées, et pareil dans les alpes.  Et qu'on réapprenne aux gens que dans la vie normale, un primate de 70kg n'est pas toujours au sommet de la chaîne alimentaire, bordel !!!   ;) 

Qu'on arme les bergers, les randonneurs, et les mamies qui se balladent tard le soir.  Que les gens retrouvent un peu le sens du danger, et donc des réalités...  et qu'ils soient des êtres humains à part entière, avec des gonades, et la un peu peur quand ils sortent pisser la nuit, et la voix qui vibre de respect mêlé d'admiration quand ils parlent de la montagne...  et des deux jeunes ours mâles qu'ils ont vu se battre au milieu des hêtres...

TOUTE espèce vivant a le DROIT de vivre, et donc a le DROIT d'avoir la place nécessaire pour ce faire.  Ca ne devrait même pas être discutable.  Ca devrait être un dogme, une loi, un truc que tout le monde défend.  Et comprend.

Je constate avec un peu de tristesse que nous sommes de plus en plus loin du compte.  La Pacha Mama va arranger ça bientôt, je pense, en nous rappelant à l'ordre ;)

Ciao ;)

David
"Ici, on n'est pas (que) sur Internet."

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12 juillet 2007 à 14:33:36
Réponse #15

Sylvain74


Eh, Sylvain :)

Bon ok.  Je reprends tes arguments point par point.  J'ai du temps à perdre :)

Je balance ca pour le plaisir hein.  Je ne cherche pas à te convaincre, et j'ai pas l'intention de m'énerver ou de t'énerver pour ca, ok ? ;)  C'est vraiment juste pour débattre gentiment.

Dommage j'ai pas bien trop de temps à perdre (je suis au bureau...) mai je vais te répondre sur quelques points.
Je n'ai nullement l'intention de m'énerver (surtout face à un "Manitours"  ;D). Juste que pour moi c'est un sujet qui est sensible, et comme j'ai tendance à répondre du tac au tac faut que je fasse assez gaffe à mes propos... Qualité ou défaut, je sais pas. Bref...



Elle est un atout POUR L'ETRE HUMAIN...  ton argumentaire est totalement anthropocentré, et il part inconsciemment du principe culturel qui veut que ca soit normal que la terre appartienne à l'être humain qui bosse dessus. 

Je ne juge pas hein.  Je dis juste que, culturellement, tu as été formaté pour considérer la terre comme ton bien.  Moi, je suis formaté pour considérer que j'appartiens à la terre.  Ce sont deux visions du monde qui sont parfaitement et totalement irréconciliables.  Ca, il faut en etre conscients d'entrée de jeu, et l'accepter... 

Franchement, je ne me considère pas du tout comme un être suprême au-dessus de la Nature, Terre, Pacha Mama ou autre. En tant qu'Homme, nous sommes tout petits par rapport aux éléments... mais notre pouvoir de nuisance est énorme ! Je le sais, l'intègre etc... J'intègre le plus possible l'écologie dans mes actes du quotidien. Co-voiturage si possible, vélo malgré la distance du boulot et le col à passer, j'en passe...
Ceci dit, oui, en tant qu'humain j'ai un regard anthropocentré. Et malgré la surpopulation qui nous guette et toutes les catastrophes écologiques qui vont avec, je tente d'avoir un regard optimiste et philantrope sur mon espèce. Mais pragmatique et souvent désabusé...

Même si je comprends ta façon de penser, je n'arrive pas (bah voui ça bloque, j'arrive pas à switcher la bonne connection) à la conceptualiser. Effectivement là y'a deux façons de penser différentes et qui sont peut-être comme tu dis irréconciliables (sur ce point de vue, hein...  ;))? 


Je serais plutôt favorable, pour ma part, à ce qu'on subventionne les mecs pour qu'ils restent bien pépère chez eux ou à faire autre chose que de gueuler toute la journée au milieu de leurs débroussailleuses à 4 pattes ;)
(...)
David

 :o :o !! Rester pépère chez sois en étant subventionné ? Dis, on est encore dans un pays libre ! Et sauf preuve du contraire, les agris ne sont quand même pas toujours en train de manifester... ils ont des impératifs économiques !

Sylvain.

PS : je m'aperçois que faute de pouvoir avancer des données chiffrées (désolé j'ai pas le temps de chercher), il est difficile d'argumenter face à des gens qui ne connaissent pas forcement le sujet, ou d'un oeil extérieur et partisan...



12 juillet 2007 à 15:11:33
Réponse #16

ucorsu


Hélas, 3 fois hélas...l'ours n'a plus sa place dans les Pyrénées!
Il a été sacrifié, il y a déjà longtemps au bûcher du profit et de la modernisation...Routes, lignes HT, voies ferrées, tunnels stations de ski, loisir estival, etc... font que son domaine naturel est sérieusement altéré.
Il est bien évident qu'une nature originelle est un rêve bien tentant...mais oh combien irréaliste de nos jours.
La question que je pose est la suivante: "Peut-on, à l'heure actuelle, marcher dans les Pyrénées, 2  ou 3 jours sans rencontrer une route ou une cabane ou autre relief de notre civilisation ? Et si oui, combien de fois successivement?
L'ours, en 1 seule journée, peut parcourir entre 25 et 35 Km...alors !!!
Quand le croquemitaine va se coucher, il vérifie si il n´y a pas Ucorsu sous son lit. :lol:

12 juillet 2007 à 17:45:18
Réponse #17

DavidManise


Donc tu me dis que nous avons définitivement pris la place de l'ours dans les pyrénées ? :(

Que de ce fait il n'a plus le droit d'y vivre ?  Qu'il est persona non grata ? :(

David
"Ici, on n'est pas (que) sur Internet."

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12 juillet 2007 à 22:18:07
Réponse #18

guillaume


Désolé pour le HS mais David:

 :akhbar:

a+

12 juillet 2007 à 23:24:08
Réponse #19

Petrus


La Pacha Mama va arranger ça bientôt, je pense, en nous rappelant à l'ordre ;)

C'est un sentiment étrange...Partagé entre le fait que tout rentre dans l'ordre "naturel". Et la grande frayeur des conséquences d'un Grand Changement brutal!

Petrus
Quand lama fâché, lui toujours faire ainsi!

13 juillet 2007 à 00:29:41
Réponse #20

Sylvain74


C'est un sentiment étrange...Partagé entre le fait que tout rentre dans l'ordre "naturel". Et la grande frayeur des conséquences d'un Grand Changement brutal!

Petrus

Oui, clair que ça va changer. Plus que jamais d'ailleurs, et ce à cause de la connerie des humains.
J'espère ceci dit (c'est je pense sur ce point qu'avec David on a une différence de perception  ;)) que nous nos descendants arriveront à tirer leur épingle du jeu, en essayant de réparer les erreurs de leurs ancêtres ou au moins en les subissant pas durement...
L'eau, l'énergie, la nourriture, les déplacements de population liés à tout ça... Franchement ce sont des points qui m'inquiètent, mais je n'arrive pas me dire "tant pis pour notre gueule, on a pourri la planète, vivement qu'on crêve tous..."


Pour ce qui est du sujet initial qui est la présence de grands prédateurs sur notre territoire, j'ai la même façon de penser. En gros, je me dis qu'étant données les caractéristiques de la France, de son élevage (insuffisant du point de vue quantité, puisqu'on importe de la bidoche de Nouvelle zélande, d'Amérique du Sud...), de sa culture du "jardinage" du paysage, et étant donné que je suis attaché à tout cela (Brassens chantait "Les imbéciles heureux qui sont nés quelquepart...  ::)), l'Etat se doit de donner les moyens aux éleveurs de se défendre face aux prédateurs. Et malheureusement ce n'est pas le cas.
On colle des rustines, on laisse des subventions, mais... ce n'est pas forcement de ça que les éleveurs ont besoin. Ils revendiquent des prix rémunérateurs (et donc des intermédiaires moins gourmands... vous êtes-vous déjà amusé à calculer le prix de la matière première dans les produits que vous consommez ? ) et le droit de se défendre contre les prédateurs. Point barre...
La prédation, comme indiqué plus haut pas Chaipuki, n'est pas, dans la majorité des cas, le facteur de perte majoritaire dans les élevages. Il y a des problèmes sanitaires, des incertitudes liées aux marchés, un fort sentiment de décalage par rapport au reste de la société. A ce propos les 35 h ont encore accentué ce sentiment de décalage.
Mais le loup ou l'ours sont la goutte d'eau qui fait déborder le vase !

Alors quand les "écolos parisiens qui n'y connaissent rien" (citation agricole partagée en partie par mézigue) viennent mettre leur grain de sel, c'est le pompon...

Bon pour conclure, je tiens à dire que je comprends la fascination qu'exerce le retour du loup (c'est un animal magnifique que j'ai eu l'immense plaisir de croiser un hiver vers chez moi, d'une manière très fugace puisque l'animal est extrêmement peureux). C'est un très bon indicateur de la santé de nos montagnes, dont les populations d'ongulés sont au beau fixe.

Mais j'aimerai que certains comprennent aussi quel peut être le désarroi des éleveurs devant l'attaque de leur troupeau "qu'ils n'aiment pas tant que ça puisqu'ils ne dorment pas avec"...Ou au moins qu'ils s'imaginent devant leur job en partie saccagé quand ils arrivent au boulot le matin, par un cambriolage par exemple. Même si votre patron vous file votre paie à la fin du mois (en comparaison avec les indemnités à la brebis tuée), ça agace, la première fois. Au bout de 3 fois ça énerve franchement.

Pfiou, je suis encore super long sur le sujet... N'hésitez pas à m'arrêter...  ::)

Sylvain.

13 juillet 2007 à 08:18:36
Réponse #21

Kilbith


Pfiou, je suis encore super long sur le sujet... N'hésitez pas à m'arrêter...  ::)

Sylvain.

Pourquoi ?   :) ;)

13 juillet 2007 à 09:16:46
Réponse #22

Ishi


TAFDAC avec le manitou
 :akhbar: :akhbar: :akhbar: :akhbar:
La terre n'appartient pas à l'homme, l'homme appartient à la terre.

13 juillet 2007 à 09:24:14
Réponse #23

DavidManise


Salut Sylvain,

J'aimerais partager ton optimisme par rapport à notre avenir, mais je pense que nous sommes condamnés à nous éteindre en tant qu'espèce, sauf si nous arrivons à remettre en cause notre mode de fonctionnement collectif en PROFONDEUR.  Et moi le premier j'ai des tonnes de choses à modifier dans mon comportement hein... 

Mais ca n'arrivera pas.  Il a fallu des millénaires pour répandre le virus abrahamique sur toute la planète.  Mainenant, sauf quelques irréductibles indiens ou baba cools à gauche et à droite, la planète entière a un rapport de propriété avec le sol, et les moyens -- considérés comme légitimes -- de détourner entièrement le sol en question pour leur profit. 

Et en cela, les bergers ne sont qu'une infime partie du problème...  tout comme moi j'en suis aussi une partie. 

Je comprends bien que les bergers aient une vie de m*rde -- même si elle est choisie -- et qu'elle soit encore plus nase depuis le retour du loup.  Mais je ne PEUX PAS tolérer que certains (pas tous) militent pour exterminer les grands prédateurs.  Pour moi, c'est une raison suffisante pour partir en guerre.  Je suis réellement prêt à me faire tuer pour ça.  Les loups et les ours ONT le droit de vivre et on DOIT leur faire une place.  J'ai bien dit FAIRE une place. 

put**n on réussit à faire de la place pour des routes, des usines, des parkings...  pourquoi pas pour les loups ???

Ah, oui, j'oubliais.  Les loups ne rapportent pas de pognon ::)

L'an dernier je m'engueulais gentiment avec un pote berger.  Evidemment il gueulait contre le loup.  Et moi je gueulais contre ces connards de moutons.  Il était de mauvaise foi en exagérant ses problèmes et en pleurnichant sérieusement.  Moi j'équilibrais bien la mauvaise foi dans l'autre sens, et on se marrait.  Mais ses arguments étaient TOUS directement ou indirectement liés à l'aspect économique des choses.  Un moment donné j'en ai eu marre de parler.  J'ai sorti un billet de 20 euros de ma poche, et je le lui ai dit "tiens, bouffe !!".  C'était pas la première fois que j'utilisais cette métaphore. 

- BOUFFE J'TE DIS !!!

- T'es con ou quoi ? 

- Quoi, ça se bouffe pas ??  ;D

Le problème, en fait, c'est que les agriculteurs en général s'appuient sur une longue tradition agricole qui n'a jamais saccagé la France avant eux.  Donc ils croient que leur modèle est bon.  Sauf que le modèle culturel et le mode de propriété sur lequel ils s'appuient est né à une époque où, même en le voulant, nous n'avions pas les moyens techniques de causer des dégâts très importants à notre bout de terrain, ou à notre réseau hydrographique.

Jardiner, défricher 300m^2 pour poser son potager, faire des sentiers muletiers dans la montagne, c'est très bien !  Faire passer des routes, assécher les marais ou éradiquer complètement les prédateurs ou autres nuisibles en les empoisonnant, c'est pas la même !!! :o

Sauf quelques bergers que je connais personnellement et qui sont pour la réintroduction du loup, le discours majoritaire chez les éleveurs de brebis, c'est clairement qu'il faut empêcher le loup de revenir, et qu'il faut exterminer ceux qui sont là.  Idem pour les ours.  Et la justification qu'ils trouvent à ça c'est quoi ? 

Ciao !

David
"Ici, on n'est pas (que) sur Internet."

Mon PATREON -
Stages survie CEETS - Page de liens a moi que j'aimeu

13 juillet 2007 à 09:56:12
Réponse #24

Sylvain74


(...)
PS : j'espère que je n'ai pas trop fait de bruit  :-[

Pas de fausse modestie Monsieur JP ! Merci l'Ancien (bah quoi, c'est écrit sur ton avatar, non ?  :D) d'avoir si bien résumé le fond de ma pensée. Ce que je tente de dire depuis 3 ou 4 post de 3 km de long, tu l'as résumé en quelques phrases.

Bon maintenant, attaquons les choses sérieuses...  :bang:
enfin non, j'arrête, je pense que ma pensée a été suffisament développée, j'espère qu'elle a été comprise par la majorité de ceux qui s'intéressent au sujet, peut-être partagée en partie par d'autres. Qu'elle n'a pas été trop mal interprétée par une autre catégorie de la population forumesque. Que je n'ai pas froissé les "Ecolos de salon"...
L'essentiel c'est que le débat fasse réagir et échanger autour d'une passion commune : la nature, et tout ce qui va autour.

Sylvain.
PS :
TAFDAC avec le manitou
 :akhbar: :akhbar: :akhbar: :akhbar:
Désolé pour le HS mais David:

 :akhbar:

a+

Bande de têteux !  :D ;) ::)

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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