Bonjour,
Je le dis de suite : je suis de plus en plus séduit par l'approche MUL ... laquelle n'a rien de forcené mais découle de beaucoup de réflexion, de recherche personnelle.
A chaque sortie, je suis surpris des astuces et des trouvailles de l'un ou de l'autre, de la qualité et de la légèreté de certains vêtements, de certaines pièces d'équipement.
Et donc, petit à petit, je pèse, j'élimine, je remplace
Petit à petit, j'investis ... en particulier en matière de fringues, quand j'en trouve à ma taille.
Et, à ce propos, ben ... je perds du poids, tout doucement.
J'y arriverai - un jour - à un IMC raisonnable!
Je pense donc qu'une bonne forme physique et un sac léger sont des éléments de sécurité primordiaux, car ils réduisent drastiquement la probabilité de l'accident (grosse entorse, jambe cassée ou pire) et apportent l'agilité et la mobilité qui offrent les options de repli ou de diversion ...
Moi ce qui me gêne par dessus tout dans l'aproche MUL forcenée, c'est ce comptage au g près qui identifie ce dont sait avoir besoin en fonction de son niveau, mais en mode normal et alors quid du mode dégradé ou en clair "quand sa chie dans le ventilo".
Le comptage au gramme près ... je n'y croyais pas non plus. Et pourtant c'est une démarche nécessaire si on veut vraiment gratter le ou même les derniers kilos superflus.
Si on veut gagner en légèreté à bon escient, sans se ruiner ...
On a trop vite fait de se dire "cela ne pèse rien" ... et de prendre maints objets qui pèsent certes moins de 100 ou 200 g, mais dont on pourrait certainement se passer, ou remplacer par quelque chose qui pèse la moitié.
En particulier, du côté des vêtements de rechange ... C'est fou le poids des fringues, et c'est fou ma tendance à en prendre deux fois trop

.
Alors qu'avec quelques dizaines de grammes de poudre à lessiver, on se fait facile une lessive à la main ... ou du moins un bon "rafraichissement".
Il faut donc bien tout peser, tout remettre en question.
Et bien sûr, il faut expérimenter ...
Le mode dégradé ... ouaip! C'est quoi, le mode dégradé sur le GR20?
- une entorse ? Pas vraiment de remède miracle n'est-ce pas ... La prévention (agilité) est primordiale
- une fracture ? N'est-ce pas utopique d'espérer s'en sortir seul?
- l'épuisement ? Bof, là non plus pas de remède miracle. Mais légèreté et agilité en prévention ...
- coup de chaleur, insolation ? Pas de remède miracle non plus, pas de remède reposant sur un équipement lourd, en tous cas; emporter de l'eau ... il en faudra moins si on est léger et agile.
- coup de froid, hypothermie, météo infecte? Aussi longtemps que l'on bouge, aussi longtemps que l'on a des réserves d'énergie et que l'on peut se protéger de l'eau ...
- ...
La liste est non limitative, bien sûr, mais peut-on tout prévoir?
Personnellement, j'aimerais un moyen de signalisation un peu plus efficace que le sifflet, dans certains cas du moins.
Là on ne parle plus du mode dégradé ... on parle du mode SOS ...
Petit lance-fusées ou balise de détresse, je me tâte.
J'aurais bien aimé avoir quelque chose, il y a quinze jours, lors d'une interminable et difficile descente, dans une valée très peu fréquentée des Pyrénées, hors sentier ...
Mais sur le GR20?
Il y a du monde qui passe, chaque jour.
Et s'il fait trop mauvais pour les randonneurs, il fait aussi trop mauvais pour les hélicos, en général ...
Le GR20 par petites étapes, comme l'a parcouru Gilou78 ... n'est-ce pas finalement de la rando à la journée ?
Juste avec un minimum de vêtement de rechange et du couchage pour le refuge ...
Y a-t-il vraiment besoin d'emporter beaucoup plus que sur le St-Jacques?
La progression est, paraît-il un peu scabreuse en certains endroits, surtout s'il fait glissant ... mais, si on est seul, aucun équipement ne peut aider.
Par contre, si on est léger et agile, on peut passer plus facilement ou envisager de faire demi-tour et de remettre cela au lendemain.
En fait, la divergence entre "Survie" et "Légèreté" surgit surtout dans la question de la durée.
En survie, implicitiment, on pense dans la durée, dans la résistance.
C'est normal, et c'est mon premier mode de pensée ...
En rando légère, on pense - on doit penser - prévention, agilité, esquive, solution alternative, repli ...
A relire la liste de Gilou, il me semble qu'il a très largement de quoi randonner à la journée en sécurité sur un sentier fréquenté - même si ce sentier est "difficile".
Et je crois qu'il est effectivement plus en sécurité que la plupart des randonneurs lourdement chargés que l'on rencontre sur les sentiers en moyenne montagne.
A ce titre un couteau fixe digne de ce nom, de quoi se signaliser vraiment, une attelle multi formable, du cordage dynema ou paracorde et du duct tape en rab, un vrai bon gros poncho tarpisable, etc....
En listant les modes dégradés possibles ... tu vois l'utilité d'un bon couteau dans les pierriers?
Tu te vois faire un feu en pleine tempête en montagne?
Tu te vois te tirer d'affaire tout seul sur le GR20 avec une jambe fracturée?
Le vrai bon poncho tarpisable ... c'est vraiment mieux que la Gatewood Cape emportée par Gilou78 et utilisée dans le monde entier?
Et surtout le mode d'emport en 3 couches, selon le degré d'urgence.
Il avait largement de quoi faire face à du mauvais temps, l'ami Gilou78, s'il passait sur lui toutes les couches dont il disposait ...
Le concept MUL à ses adeptes, chacun son truc. Mais à la lumière de mes expériences, il me semble quand même que vous (les MUL) à force de faire une chasse effrénée au poids, êtes quand même trop souvent sur le fil du rasoir au niveau de la sécurité (en montagne s’entend) .
Il y a de sacrés montagnards, chez les MULs, des personnes pleines d'expérience elles aussi ... qui emportent l'équipement qu'il faut.
Celui qu'il faut, le plus léger possible pour la fonction à remplir, et sans pitié pour le reste ...
Encore une fois, on ne devrait pas juger les marges de sécurité à l'aune du matos emporté - on le répète assez souvent aussi en matière de survie ...
Pour conclure, je réitère qu’on ne peut pas ici, sur ce site, affirmer péremptoirement que 4 kg de matos y compris 1 lt de boisson suffit pour faire le GR20, mais ce n’est que mon avis.
Pourquoi ne pourrait-on pas faire état d'une expérience réelle (liste éprouvée sur plusieurs années), émanant d'un garçon sérieux, en particulier si on mentionne clairement le contexte?
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Mon sentiment ...
A force d'évoquer la survie et la sécurité, je note une tendance presque systématique à faire peur aux plus audacieux des jeunes membres.
C'est naturel, mais est-ce efficace?
Je préfèrerais lire deux ou trois conseils avisés, essentiels ... et beaucoup d'encouragements!