Oyez Oyez !
Péripéties et rebondissements…
Apres 2 semaines de vadrouille touristique en Turquie en compagnie de la sœurette, me voila de retour dans l’hexagone

Rien de grave je vous rassure

: RAS niveau sante, moral et motivation au top. Ce n’est ni un retour définitif au bercail ni une renonciation au projet, au contraire. Il s’agit d’un entracte de 2 mois pour refonte et remaniement complets de la suite du périple.
Les deux semaines de tourisme en Turquie ont confirmé l’impression que je m’étais forgée en Thrace : je n’aime pas la Turquie, mais alors vraiment pas...
Le programme tel que précédemment défini, cad rallier la caspienne à pied, m’obligeait à « purger une peine de 2 mois de Turquie » (à la louche entre 1800 et 2100km). Le problème et que :
1/Je ne me vois absolument pas passer 2 mois en Turquie, le pays me sort par les trous de nez…
2/ La marche en Turquie peu s’avérer franchement pénible, surtout l’hiver : pas de bonne couverture cartographique ; difficultés liées au réseau routier (pistes de terres ou voies rapides, presque pas d’entre deux ; non respect du code de la route, etc.) ; difficultés liées au terrain ou a l’utilisation que l’homme en fait ( par exemple des champs de terre grasse à nue où il est quasiment impossible de trouver un carré d’herbe sur des km a la ronde…); monotonie et tristesse des paysages hivernaux dont la nudité et « l’aridité » révèlent sans aucune pudeur la pollution généralisée du pays et le mépris de l’écologie affiche par les autorités… déprimant a souhait. Bref pas une sinécure.
3/ Après les 2000km de Turquie je devrais théoriquement m’enfiler entre 1000 et 1300km de Géorgie et Azerbaïdjan, pas de quoi faire sauter une braguette… Ce sont deux pays qui ne m’attirent pas plus que ça, l’Azerbaïdjan pas du tout pour être franc, mais que je me voyais obligé de les traverser pour des raisons géopolitiques, administratives et logistiques : Géorgie car pratiquement impossible de rentrer en Azerbaïdjan quand on vient d’Arménie et Azerbaïdjan pour faire les visas Kazakh et Ouzbèk et prendre un ferryboat pour traverser la Caspienne. Je ne suis pas sur que la perspective de plus d’un mois de marche dans deux pays dont au fond je me moque un peu puisse constituer une carotte suffisante pour me permettre de venir a bout d’une traversée Ouest-Est de la Turquie, d’autant plus que désormais la Géorgie sent le souffre…
Bref quand je regarde dans cette direction et que j’envisage ce programme la petite flamme de l’aventure vacille, non pas par manque de motivation ou baisse de moral mais plus prosaïquement par manque d’envie et de plaisir. Or les notions de plaisir et d’envie sont primordiales pour ce genre d’entreprise. Je pourrais serrer les dents et me forcer sur 300 voir sur 600 km, mais pas sur 2 ou 3000… Je ne suis pas maso

, je n’ai pas de faute à expier, de peine à purger et tout simplement rien à prouver, à personne. De plus ce serait stérile et vain, pire cela pourrait m’écœurer et me dégouter du voyage pendant longtemps, voire durablement

Dans ces cas là il y a ceux qui cherchent des excuses pour justifier l’abandon et ceux qui cherchent un moyen de continuer. J’aime à penser que j’appartiens à la deuxième catégorie

Plusieurs choix :
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Abandonner : même pas en rêve !
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Rompre avec le principe de « By fair Means », exple shinter la Turquie en Bus ou traverser la Mer Noire en bateau : idem que précédemment. Il s’agit de la pierre angulaire du périple, sans cette contrainte il n’a plus de raison d’être.
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Continuer à vélo, cad « trasher » la Turquie : ce serait l’affaire d’un mois mais dans ce cas je serai à vélo jusqu’à la fin (prévu de traverser l’Asie Centrale à vélo pour des questions de relief/climat et durée de visas) or un périple type « cyclo-tourisme » ne m’intéresse pas ; je compte faire au moins le tiers voir plus a pied (soit au minimum 5000km).
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Modifier drastiquement l’itinéraire en contournant la mer noire : envisagé depuis un mois, il s’agirait de retourner en Bulgarie et ensuite de passer par la Roumanie, l’Ukraine et la Russie pour rallier le Kazakhstan (voir remonter plus haut si les relations Ukraine/Russie se détériorent encore).
Comme vous vous en doutez j’ai opté pour la dernière solution

, ce qui implique une grosse charge de travail : recherches bibliographiques, préparation de l’itinéraire (cartes, guides, etc.), revoir la logistique et surtout gestion de l’administratif (valse des ambassades, visas, etc.).
Maintenant que je me suis un peu aguerri je me rends compte des lacunes énormes de ma préparation (liées majoritairement au manque d’expérience). Voyager en Europe est relativement peu contraignant et se fait très facilement quelque soit le moyen de transport mais dès que l’on s’éloigne un peu ça se corse… surtout pour un voyage à pied. Un voyage de ce type supporte bien moins l’ « arrache » et le « on verra bien » qu’un voyage en auto-stop ou à vélo, il impose une planification et une préparation plus rigoureuses. Et ça ben je le savais pas… Commencer direct par un voyage à pied, vélo et cheval de 15000km dont une bonne partie en Asie Centrale, Russie et Mongolie et ça sans aucune expérience dans le domaine, avec le recul je trouve ça un peu too-much
Maintenant que j’ ai été touché par les grâces de l’objectivité je crois que je vais un peu revoir ma copie histoire d’éviter d’avoir à envoyer une unité d’élite formée à l’ACDS pour me libérer des griffes de dangereux trafiquants séparatistes perdus au fin fond des montagnes du Troudukistan…

Du coup pour la préparation j’avais deux solutions : rester à l’étranger (auberge de jeunesse à Sofia) ou rentrer temporairement en France.
C’était un peu un gros dilemme, alors vendredi dernier je me suis posé au calme devant une feuille et un crayon et j’ai listé les avantages et inconvénients des deux solutions. Niveau finances, possibilités de travail (préparation) et gestion de l’administratif, net avantage à la France. Samedi soir j’étais de retour sans autre forme de procès ni acclimatation. Vol retour le 31 mars

Très honnêtement ça me saoule un peu d’être en France, je n’avais aucune nostalgie, le pays ne me manquais absolument pas (ou plus vraisemblablement pas encore), je n’avais même pas d’envies de blanquettes, côte de bœuf, vin ou bières belges, c’est pour dire…
Pour ne pas casser le rythme il faut que je m’établisse un planning sportif (genre au moins 100km de marche/semaine ou 200km de vélo) et que je multiplie les sorties

De plus je m’interdis radio, télé, cinéma plus plein d’autres choses futiles pour conserver l’isolement.
Mais bon l’avantage est que je vais pouvoir m’investir sur le forum et pondre les articles promis, je vais pouvoir renflouer un peu les caisses, rebosser mon russe, passer chez le dentiste, faire une formation PSC1 , régler les divers changements administratifs liés au passage aux 25ans, combler mes lacunes théoriques et pratiques (notamment la partie survie urbaine car en Ukraine et Russie ça va se corser), repenser mon matos (très difficile sur le terrain pour cause de logistique), etc. 2 mois qui vont passer vite….
Certains Cassandres et autres charognards se repaitront surement de cet entracte et en feront des gorges chaudes mais bon : « Who cares what cowards think, anyway. They will understand one day, one day… »
J’ai du franchement m’assoir sur mon égo pour convenir que le retour était la moins mauvaise des solutions et c’était pas des plus faciles étant donné que je ne suis pas très grand et que j’ai l’égo haut perché

Mais je suis intimement convaincu d’avoir pris la bonne décision et qu’ainsi je pourrais éviter un tas d’emmerdes qui n’auraient certainement pas manqué d’arriver… Et comme disais Pratt : « Il faut plus de courage pour vivre en lâche que pour mourir en héros »

Criss Kenton, humble héros depuis 1983
PS: encore un post blablateux

Je comptais résumer briévement mais en cours de route j'en ai profité pour mettre un peu mes idées à plat et réflechir au mail collectif à envoyer et au site... du coup c'est vous qui subissez
