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Anke: mes couteaux

Démarré par Anke, 27 Mai 2008 à 19:09:19

athlon

Anke :
Pas de problème... de toute façon nous avons le temps... :-) (PS : je fais quoi de la tente et sa toile ?)

Pour ce qui est du dernier... j'adore encore une fois l'if, mais en revanche je suis moins fana de la forme du manche..
et je lui trouve un déséquilibre trop fort entre la lame et le manche... hauteur de lame et de manche sont à mon goût trop différente... l'avant dernier couteau a une harmonie qui me "sonne" plus !

Amicalement

"Sans déconner, les mecs...  La mort, ça dure longtemps..."

kodiak

 :o :o

OH p*taing !!!

J'ai hâte de pouvoir un peu le sortir celui-là  :love: J'attend de l'avoir en main

Citationet je lui trouve un déséquilibre trop fort entre la lame et le manche...

C'est souvent du à la partie de la plare semelle apparrente, la prise en main ne change pas vraiment, je l'ai voulu comme çà, le futur me dira si j'ai eu tort ou non, mais, jecrois que non,  ;D

Mince, Anke, vraiment, il est superbe  :love: :love:

CitationIl a emmagasiné graisses et protéïnes

Non mais, dis donc  toi !!! :glare:  ;)
Mon passe-temps favori est la conversation coupée de silences. Les autres fournissent la conversation, moi les silences.

cardoso5fr

Ben celui là il est nickel :D. Le manche me plait bien, la forme aussi, l'épaisseur est parfaite :D
@ + Ben (Dremeltingpote steel dust junky)

Anke

Non Kodiak je ne pense pas que tu ai eu tort, mais comme tu le dis, la sanction ( tant pour le concepteur que pour " l'usineur" ) rendra son verdict et c'est celle là qu'il faudra retenir.

Cardo : j'attendais ton avis avec impatience, tes impressions et tes conseils me sont précieux....

Pics (Vincent.D)

Message pour le petit Skinnesmuk....

Allez,viens le neveu... Tes tontons t'attendent avec impatience!!! Ils ont déjà bien fêté ta naissance ce WE...



@++
;)
KISS

corbak

 :doubleup: :doubleup: :doubleup:

ils ont vraiment de la gueule .... et ça fais combien de temps que tu forge/ fabrique des couteaux ?

j'ai cru lire une soixantaine de lame, dans le fil ... on peu vraiment arriver à ce genre de résultat au bout de soixante lame ?

je voudrais bien savoir au niveau qualité de l'acier si les heureux propriétaires en sont satisfait  :)

ça m'intéresserais de voir quelques petits détails de la fabrication en photos si 'est possible bien sur ..; enfin sur les prochains. Notamment le " rouge cerise " si c'est pas trop galère à rendre en photo.

des question en vrac ... quel genre de marteau, ou trouve tu l'acier, ou trouve tu le perklo pour les révélation, quel technique faut il utiliser pour le rivetage du manche ...

bon j'arrête ... si déjà j'avais la réponse à quelques une de mes question ce serais  :doubleup:

merci a+   ;D

Cyril

Anke


Anke

Pics, ça fait super plaisir cette photo, j'avoue que j'éprouve une grande fierté ! Merci.
Il me reste à faire l'étui pour le neveu et j'envoie...Probablement Mercredi.

Wolverine


Un seul mot. Magnifiques.

Anke tes réalisations me font saliver. Tu affirme n'avoir réalisé qu'une soixantaine de couteaux, mais quelle maîtrise, tu à bien du taper.... Vieilles limes, lames ressort, mais les fers à chevaux sont ils valables?

Bravo également pour le petit récit nous emmenant sur tes inspirations.

Wolverine

Anke

Ben Wolverine comme le nom l'indique, le fer à cheval... c'est du fer ! Mais à forger, ça doit être une vraie chienlie ! Il suffit de regarder attentivement un vieux fer pour comprendre la difficulté.
Pour faire un couteau qui dure, vaut mieux prendre de l'acier ( xc75, acier ressort etc...), mais pour apprendre, se faire la main en quelque sorte on peut prendre aussi du fer à béton ( gratos sur un chantier) ça permet de comprendre comment le métal se déplace sous le marteau

Si j'ai bonne mémoire, on demandait aux apprentis forgerons de forger une faucille à la fin de leur apprentissage avec juste le marteau et l'enclume et tout au charbon s'il vous plait. Si vous en trouvez une vieille faucille,regardez là, vous comprendrez que forger un couteau à la place, c'est de la rigolade (enfin si on veut hein, mais une faucille c'est plein d'angles à la con dans tout les sens). Et qu'on a pas de quoi rouler des mécaniques. Je parle pour moi, bien entendu ! C'est pas parce que j'ai fait trois couteaux et demi ( et pas toujours réussi du reste) qu'il faudrait me prendre pour un "cador". Et puis come je ne compte pas la dessus pour manger, je peux prendre le temps qu'il me faut. Je suis dans le domaine du plaisir, donc c'est facile ... C'est à la portée de tous. Il suffit d'avoir envie, comme pour beaucoup de choses...

cardoso5fr

Citation de: Anke le 28 Septembre 2008 à 20:19:16

Cardo : j'attendais ton avis avec impatience, tes impressions et tes conseils me sont précieux....

C'est gentil mais faut pas pousser hein :D, j'suis qu'un bricolo :D
@ + Ben (Dremeltingpote steel dust junky)

Anke

Cardo, ce qui m'interresse, ce n'est pas que tu sois un bricolo ou pas ( ça, ce n'est pas très important). C'est ton avis et ton oeil critique qui compte( cad l'expérience que tu as sur le sujet)...

romrom51

le Kodianke est trop beau pour son futur propiétaire ............. :lol:

il a déja plus de clavier ,j'espère qu'il en prendra soin ,sinon t'inquiètes pas je le récupérerais discétement ........... ;D



au fait t'as pas essayé de faire un Paranke de cou ou un Kodianke de cou , en gros le meme mais en miniature , style une petite dizaine de cm lame + manche ? pour faire comme Pics mais dans la viande................ :)
"Le capitalisme ,c'est l'exploitation de l'homme par l'homme ;le syndicalisme c'est le contraire"  Coluche
http://omegapetit.labrute.com
http://labrute.fr/team/204019

Anke

Salut à tous
"Association de malfaiteurs !"

Avec l'ami Sharky, on s'était fait le "Requin", mais je savais que j'allais rester sur ma faim ( je m'étais discipliné pour la bonne cause et pour respecter le cahier des charges ! Gros effort...) A la seule condition que je puisse me libèrer après...
De plus, le professionnel auteur du couteau "inspirateur" ( non j'ai pas dis "aspirateur " pffff...) nous ayant donné son aval pour "pomper" lachement son modèle, c'était une belle occasion de le remercier que de lui destiner le surin suivant. Il n'a pas d'autres prétentions que de dire "merci"( ça serait bien mal venu d'ailleurs, le volatille en question n'a aucunement besoin d'un " SurAnke".
Voici donc:
Forgé dans une lime, termpe à l'huile, customisation de la lame au touret et reprise de la "tox" aléatoire pour réaliser le guillochage. Pitite volute simple ( au marteau) pour accrocher le couteau à un clou ( par ex). Montage plate-semelle et plaquettes d'if.
Les dimensions : 20 cm hors tout, 8 cm de lame, 3.2 cm au plus large du tranchant, 4 mm d'ép le contre-tranchant n'est pas affuté ( faudra que le destinataire regarde de près l'affutage, faut que je fasse de gros progrès à ce sujet)
Il prend la route demain matin, en faisant un crochet par chez le gars Sharky avant de finir chez le Galinacé Grisonnant et Haut sur pattes.
Voilà, voilà.
Soyez pas avares de commentaires hein, comme d'hab.

Sasquatch

 :salive: :salive: :salive: Dis-moi Thierry, tu as été touché par la grâce ou quoi ? Un ange était penché sur ton berceau ???
Quel talent !  ;)

sharky

 :love: :love: :love:

Il est toute beauté, je ferais une photo avec son faux jumeau avant qu'il parte rejoindre son propriétaire.

Stéphane
''what you learn in the afternoon must work for you that evening in the parking lot" Kelly Mc Cann

"despite what your mamma told you, violence does solve problems." Ryan Job

cardoso5fr

Je vais être casse .... mais t'as dit que mon "expérience" et mon oeil qui y voit pas bien peut aider.
Le travail rien à dire comme d'hab c'est original, propre et j'aime bien.
La volute pour attacher à un clou, c'est pas con. mais je trouve que cela allonge trop visuellement le manche. Ou alors ce peut être que le point de jonction de l'anneau ne concorde par avec le talon du manche. (je sais j'suis ... mais c'est juste mon opinion :D). Sinon pour savoir à quel point c'est .... de faire justement un truc rond présentable comme ça chapeau bas :D
La tox, bon vous me connaissez, donc je vais pas m'éterniser, j'aime , (en plus celle là au touret, cela fait encore plus barbare que les miennes  :o.)
Le truc qui me chagrine le plus dans ce couteau c'est l'angle que fait le manche avec la lame. Le talon du manche se trouve  plus bas que le tranchant, ce qui ne doit pas forcément faciliter la coupe en usage courant et je ne suis pas sur qu'a la longue cela soit très confortable.
Enfin je peux me tromper, c'est juste l'impression que cela me donne. Tu l'as en main tu dois pouvoir me dire :D

@ + Ben (Dremeltingpote steel dust junky)

Anke

Bien pris Cardo. Tu vois quand tu veux !
Sérieusement, tes observations sont très utiles pour la suiste de évènements.
Effectivement pour le point de jonction il faudrait revoir le travail de forge et faire une cassure plus nette.
Là en fait j'ai frappé l'acier en me servant juste de la table de l'enclume( en posant le dos du couteau dessus) pour affiner l'acier. Il faudra la prochaine fois  me servir de l'angle de la table en posant le bord du manche de façon à ce que l'acier remonte et réaliser ainsi une perpendiculaire à la ligne de ventre ( ou bien réaliser un outil qui pourrait servir à ébaucher une soie, Gil m'a montré un bidule comme ça, affaire à suivre, je te montrerais le truc quand je l'aurai fait). Du coup, le manche est effecctivement un poil long.
Pour l'angle, au départ Sharky recherchait la physionomie du couteau corse, je suis resté sur cette ligne là sans en maitriser vraiment le tenants et aboutissants...Je note bien la position du talon du couteau par rapport au tranchant que tu évoques et je vais réfléchir là-dessus.
Néanmoins; il faut voir ce couteau comme un témoignage de reconnaissance plutot que comme un véritable couteau ( oui je sais ça va à l'encontre des notions habituelles) le but est qu'il soit accroché à un clou dans l'atelier, à portée de main, pour couper un petit bidule, enlever une bavure de colle, des trucs comme ça... Le gars qui va le recevoir en fait de tellement plus beaux et tellement plus fonctionnels....
Ce couteau, c'est juste histoire de lui dire qu'on a pensé à lui...

cardoso5fr

Merci JP :), cela fait toujours plaisir quand quelqu'un apprécie un surin sur lequel on a passé du temps :D

Thierry, je voie trés bien le concept du couteau à la base, j'ajoutais seulement mon grain de sel :D.  Histoire justement de faire causer un poil (c'est le but du forum non? :D)
@ + Ben (Dremeltingpote steel dust junky)

Kilbith

#194
Citation de: Vik le 27 Septembre 2008 à 09:17:51
Merci pour ces réponses, en gros ce sont des aciers destiné a etre assez dur et souple si j'ai bien compris non?
quoique c'est vrai que la trempe joue beaucoup dans la dureté
merci pour ces (précieuses) info  :)  :up:
a+ !

Salut vik,  :)

Ce sont des aciers qui contiennent plus de 0,5% de carbone (ils "prennent la trempe" on dit martensitique) avec une bonne proportion de silicium (Si). Ce qui est important de savoir pour nous, c'est qu'avant d'être des "aciers ressorts" c'était les aciers utilisés pour la fabrication des lames européennes.

Or, n'en déplaise aux adeptes du "labas_c'est_mieux_qu'ici" les lames européennes étaient souvent équivalentes en terme de solidité et résilience voire supérieures aux armes exotiques.
C'était ce qui était important pour des armes de guerre dans la mesure où le développement des armures à plates en Europe, puis des armes à feu (disparition progressive des armures) avait modifié l'évolution de l'armement européen.
Les forgerons désormais mettaient moins l'accent sur le pouvoir de coupe. Ce qui était important c'était d'avoir des lames fines, légères, solides destinées à porter des estocades. Seule la pointe devaient rester très dure pour percer d'éventuelles protections, souvent on procédait par cémentation (carburation superficielle de la pointe).
A partir des années 1750 on assiste au retour du sabre dans la cavalerie occidentale, des armes sont là aussi produites avec de "l'acier ressort" : les lames étaient excellentes, solides et coupantes. Ceux qui sont intéressés par le sujet pourront consulter l'étude de zshokke sur les lames damas. Dans son mémoire (vers 1920 soit à la fin de l'utilisation militaire des lames) il compare des lames damas avec les équivalents européens...sans trouver les lames damas supérieures aux européennes d'un point de vue pratique (revue de métallurgie, n°11 novembre 1924).

Voici un large extrait de la préface :

MEMOIRES
Du damassé et des lames de damas
Par M. le Professeur B. ZSCHOKKE
Traduction française de M. Louis DESCROIX
Préface de M. Charles BUTTIN

PREFACE

Tous ceux qui ont approché Henri Moser et ont pu s'entretenir familièrement avec lui, savent quelle somme de connaissances cet intrépide explorateur avait rapportée de ses voyages dans l'Asie Centrale. Très modeste, et un peu froid au premier abord, il ne se livrait pas facilement ; mais quand il rencontrait un interlocuteur de mêmes goûts que lui, animé de la même passion pour l'étude des Arts de l'Orient, une communion intime s'établissait bien vite, et volontiers il déroulait, pour son auditeur enchanté, le kaléidoscope de ses anecdotes de voyage. C'était alors un exposé vraiment documentaire, parce que puisé à même la source, des
procédés et des secrets des artistes de l'Asie.
De tous les sujets si variés qu'il abordait en pareille circonstance, celui qui lui tenait le plus au coeur était le damas de l'Inde et de la Perse. Les qualités des lames forgées par les armuriers orientaux avec cette merveilleuse étoffe, les procédés employés pour la mettre en oeuvre c'était là une question sur laquelle il ne se lassait jamais. Dans une publication parue il y a douze ans, sur son
Arménie (Les ARTS, n° 121, p. 12 et suiv. – Paris, Manzi et Joyant, 1912), j'avais signalé déjà sa préférence pour les lames de damas dans l'étude desquelles il fut un peu mon initiateur, et l'extraordinaire richesse de sa collection sur ce point particulier.
Que de fois, dans nos longues promenades, autour de son Charlottenfels, nous sommes partis en discourant à ce propos, et rentrés sans que le sujet de la conversation eût changé !
Il avait rapporté d'Orient, et aussi fait copier dans les fonds de manuscrits orientaux des grandes bibliothèques de l'Europe, toute
une série de documents relatifs au damas ; il les avait fait traduire, et très aimablement il m'avait communiqué ce dossier d'un si grand intérêt.
Mais l'impossibilité de trouver un traducteur connaissant à fond les finesses du Persan et de l'Arabe des hautes époques, et, en même temps, versé dans la connaissance des armes et de la métallurgie de l'Orient, avait été un obstacle insurmontable. Les meilleurs traducteurs n'avaient pas su rendre le sens de termes techniques qu'ils ne connaissaient pas et avaient répandu sur des textes, peut-être très clairs dans leur langue primitive, une profonde obscurité. Aussi, l'interprétation de certaines phrases énigmatiques donnait lieu entre nous à d'interminables discussions d'où ne jaillissait pas toujours la lumière. Elles finissaient
cependant quelquefois par éclairer certains points demeurés obscurs dans nos connaissances communes.
Nous n'arrivions d'ailleurs pas toujours à nous entendre, surtout lorsque la conversation tombait sur les mérites comparés des damas de cristallisation et les damas de corroyage pour lesquels il avait le plus profond mépris ; mépris naturel chez un voyageur qui, comme lui, avait visité la Perse, y avait séjourné, et s'était imbu des idées persanes ; qui, de plus, n'avait jamais mis les pieds en Malaisie, dont les lames auraient peut-être modifié quelque peu sa manière de voir. Sur ce point, il était irréductible.

En vain j'invoquais l'intérêt que présentent, pour nous, Européens, les damas corroyés qui sont décrits dans nos anciens textes depuis le sixième siècle, qui ont fourni les lames de la plupart des épées carolingiennes, et qui ont formé plus tard les meilleures armes blanches de Solingen, puis du Klingenthal ; il ne voulait rien entendre.
-« Pourtant, lui disais-je, les Persans ont bien été forcés d'admettre le damas corroyé pour les canons de leurs armes à feu, et les damas de cristallisation se sont montrés là très inférieurs en ténacité ».
-« Pour les armes à feu, c'est possible, répondait-il ; mais. pour les lames de sabre, c'est une autre affaire, et là, le damas des boulates reprend tous ses avantages »
-« Enfin, il est cassant, reprenais-je, et les traces de rupture de quelques-unes de vos plus belles lames sont là pour le prouver »
-« Il n'est cassant qu'entre les mains d'un maladroit qui ne sait pas donner le coup de sabre, et se sert de son arme comme d'un bâton, rétorquait Moser, et les ruptures dont vous parlez ont fourni aux armuriers incomparables de la Perse l'occasion de montrer les merveilleuses qualités de ce métal. Voyez cette lame, " signée de Kalb-Ali, fils du célèbre Assad-Oullah, d'Ispahan. Elle a été rompue par un coup porté à faux ; la soudure à été si parfaitement exécutée qu'il est impossible de la constater au toucher. Seule l'application du zag l'a révélée par un changement de teinte qui indique, sur chaque face, l'extrémité des lèvres de la cassure amincies en biseau. Aussi l'artiste qui a forgé cette soudure au XVIIIème, siècle, a-t-il mis, à côté de la signature du fils de l'armurier de Schah-Abbas sa propre signature et la date de sa réparation, dont il
pouvait être justement fier. Quelle est la lame de damas corroyé que l'on pourrait réparer ainsi ? »
Et il concluait toujours à la supériorité du damas de cristallisation. En étudiant avec lui sa collection de lames forgées de cette étoffe, j'étais forcé d'ailleurs d'admirer leur beauté, leur fini, et surtout leur aptitude à recevoir ce tranchant merveilleux qui permet aux sabreurs émérites de couper en deux, d'un seul coup, un foulard de soie jeté en l'air.
Moser au courant de mes recherches, sachant que je travaillais depuis longtemps à une élude sur «la Forge des lames », tant européennes qu'orientales, me proposa un jour d'y incorporer son dossier sur les damas. Mais ses documents, assemblés au hasard, au fur et à mesure de leur découverte, portaient presque tous beaucoup plus sur la métallurgie des damas que sur leur utilisation en armurerie. Je n'avais pas les connaissances nécessaires pour en tirer parti à ce point de vue ; M. le Professeur Zschokke, au contraire, spécialisé dans l'étude de la métallurgie qui n'a plus de secrets pour lui, était merveilleusement armé pour cela. Il avait déjà étudié au microscope et photographié à des agrandissements considérables les coupes de quelques lames persanes que Moser avait généreusement sacrifiées dans l'intérêt de la science, et la série de photographies ainsi obtenues n'était pas la partie la moins intéressante du dossier de Moser. Je pressai donc ce dernier de s'adresser plutôt à lui, ce à quoi il se résolut d'autant plus volontiers que telle avait été sa première inspiration. Le mémoire qui suit, résultat de l'étude faite en conséquence de celle décision fera faire un grand pas à la connaissance des damas orientaux ; M. Zschokke a pu déterminer, de façon précise, des points que ses devanciers n'avaient fait qu'entrevoir.
Ses conclusions sont que les lames de damas, tout en étant très remarquables, sont inférieures aux aciers que peuvent produire aujourd'hui les grandes aciéries. Les usines de Solingen ont fourni à M. Zschokke deux lames de comparaison, l'une en damas corroyé, l'autre en acier pur, et leur étude comparative avec les lames de Moser a pu fournir des renseignements précieux.
Il est regrettable que les expériences de M. Zschokke n'aient pas porté en même temps sur des lames de criss malais, presque toujours corroyées avec un mélange d'acier et de fer météorique ; car c'est à ces lames, et non aux lames persanes, que s'appliquent les récits auxquels il fait allusion au sujet de lames forgées avec du fer météorique. La comparaison eut donné sansdoute des résultats de haut intérêt, étant donnés les moyens puissants dont disposait l'auteur pour l'analyse et l'étude comparative des aciers et sa parfaite connaissance du sujet.
Une de ses conclusions, indiquant que la composition chimique du damas ne lui permet pas de recevoir une trempe très brusque qui le rendrait aigre et cassant rappelle une curieuse tradition orientale, celle de la trempe à l'air de certaines lames de damas.
Sitôt après leur achèvement et quand elles étaient rouges encore, elles étaient, dit-on, emportées dans un galop furieux par un cavalier monté sur un cheval rapide. Ce mode de trempe très douce par un courant d'air, convenait probablement mieux pour les lames très riches en carbone et phosphore, qu'une trempe brusque dans de l'eau froide.
M. Zschokke conclut trop modestement que l'on ne sait pas tout sur le damas et qu'il reste encore des questions à élucider. Du moins sur les points qu'il a traités, analyse, étude microscopique, résistance à la rupture et à la flexion, plus ou moins grande tendance à s'émousser ou à s'ébrécher, on peut dire qu'il a fait la lumière complète et définitive.
Si, sur d'autres points, le damas présente encore quelques particularités à signaler, c'est qu'on ne saurait l'étudier sans envisager le point de vue «arme » un peu laissé de côté par l'auteur. C'est comme étoffe à faire des lames de sabre que le damas a conquis sa réputation. Appliqué à tout autre chose il peut perdre sa supériorité, mais on ne peut séparer l'étude du damas de l'étude des lames et surtout de l'étude de la propriété qu'il présente de prendre un tranchant extraordinaire, supérieur à celui que peuvent
recevoir d'autres aciers, fussent-ils meilleurs aux points de vue résistance, homogénéité, dureté, etc.
Celle propriété provient sans doute de l'inégalité de dureté des parcelles de métal qui se succèdent sur le fil du tranchant, inégalité qui produit un effet de scie imperceptible à l'oeil et au toucher, mais qui à mon avis, constitue la principale qualité des aciers damassés au point de vue tout spécial de leur utilisation pour les lames de sabre.
Bien que M. Zschokke n'ai pas envisagé le point de vue particulier auquel nous nous plaçons, la propriété de recevoir un tranchant merveilleux, celle particularité de la structure du damas ne lui a pas échappé et il dit, en étudiant la plus ou moins grande tendance des lames de damas à s'ébrécher :
« On peut donc concevoir que, sur ce dernier point, les lames damassées grâce à la structure particulière de leur acier (enrobement de grains durs de métal dans une masse plus tendre), possèdent moins de tendance à s'ébrécher et ont l'avantage sur un acier trempé homogène ».
Mais la conséquence de cette structure particulière constatée par M. le Professeur Zschokke n'est pas seulement, comme il le dit, une moins grande tendance à s'ébrécher ; c'est encore, c'est surtout l'aptitude à recevoir ce tranchant si remarquable qui n'est comparable à aucun autre.
Le véritable secret du damas, le voilà, et il est très remarquable que M. Zschokke l'ait trouvé, pour ainsi dire, sans le chercher, puisqu'il n'a pas étudié celle question du tranchant et n'a pas eu, par conséquent, à déduire les effets les plus importants de celle structure qu'il a cependant signalée. Cela prouve à quel point il a poussé ses recherches consciencieuses, et s'il avait étudié le damas non seulement dans sa contexture, mais dans son utilisation, il n'aurait rien laissé à dire à ceux qui voudront encore s'occuper de celle question.
Il a d'ailleurs fait observer l'habileté des Orientaux dans la façon de scier en portant un coup de taille, habileté qui permet d'expliquer certains exploits qui paraissent fabuleux et sont cependant attestés de la façon la plus sérieuse. Il n'y a qu'un. mot à ajouter à celle judicieuse observation, c'est que précisément, les Orientaux, en sciant dans le coup de taille, utilisent au maximum le tranchant tout spécial que le damas donne à leurs armes, tranchant dont, au reste, ils ne connaissent les propriétés que par empirisme, et sans s'être rendu compte de leur cause.


Vik, le lecteur attentif que tu es constatera  qu'il faut nuancer mon propos en ce qui concerne le pouvoir de coupe des lames damas sur les matériaux tendre (par exemple le fellah en rébellion au sujet des taxes envers son suzerain...). Mais, il n'en est pas moins vrai que les lames en acier homogène européenne sont excellents, résilientes, facile à produire en quantité....grâce à la maitrise de la composition et des traitements thermiques.

En résumé : pour des lames destinées à servir par le choc, l'acier ressort est excellent, surtout si le traitement thermique permet d'obtenir une dureté qui est autour de 52 à 55 HRc.

En gros et pour le plaisir:  "Qui accroche la lime et tinte délicieusement sur l'enclume tout en ayant de la nervosité dans le manche."  :love:

Did, ;)

"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

Anke

Bern oui, Benjamin ! C'est le but.;; Si c'est juste pour dire :" oooohh Il est bo le kouto", ça n'a aucun intérêt ( si celui de se pignoler un peu !).
Moi ce que j'aime bien, c'est justement qu'on cherchouille ENSEMBLE, qu'on se refile les idées, qu'on se fait les critiques qui vont bien, bref qu'on avance ! Avec en plus un Did qui ( par derrière, Vil Chacal !) nous refile plein d'infos, on atteint le but du bidule : diffuser et recevoir du "signal" ( même si je n'aime pas trop le terme, mais ça on s'en fout) et que tout le monde en profite ( acquisition de savoir, déclencement d'envies voire de passion !)
Bref, je suis content !

Pics (Vincent.D)

#196
Anke...
Bien reçu!!!





Il est magnifique,et point de vue puissance/encombrement, je pense que si la perfection n'existe pas,bein là on en est fort proche quand même!!
Je vais te le tester dans tout les sens et je reviens vers toi.

@Bientôt
KISS

vz

Salut !!

un peu de bruit pour dire que j'ai découvert hier la gamme des "paranke" et j'en suis  :love: :love:

une petite question pour anke  .... euh c'est combien un bébé de cette gamme ??

Pourquoi j'ai pas d'amis couteliers  :'( :'(  ;D  ;D
"Timéo danaos et dona férentes"  Laocoon

Anke

Salut, les gars...
Vz, une fois de plus le prix que ces machins là coutent : J'en sais rien !
Le prmier Paranke, on l'a fait avec Pics, c'était un super projet, un vrai défi. Pour moi, la découverte qu'un gars me faisait suffisamment confiance pour faire un surin !
Le second, je l'avais mis en vente et ça commencé à se barrer en c*u!lle dès qu'on a commencé à causer de sous. ça m'a énervé j'ai mis fin à la vente publique, j'ai envoyé le schlass à un mec que j'aime bien sans rien lui dire, comme on fait une surprise, du coup j'étais content ( enplus il m'a renvoyé des infos et des conseils dont j'avais vraiment besoin) !
Le troisème a été fait pour Jean-Mi, pour m'acquitter de l'écot( essence et péages) que je lui devais pour m'avoir transporté dans le Vercors.
Le quatrième part chez un gars qui en a besoin après avoir cassé un couteau custom fraichement acquis.
Tu vois, à chaque fois c'est que l'on met dedans le couteau qui fait sa vraie valeur.
Les matières premières ne me coutent rien ou si peu ( un sac de charbon de bois = 5 euros).
Je ne suis pas coutelier, j'apprends, je me fais plaisir, avoir une commande me met la "pression" et m'oblige à être rigoureux et puis.... ça me fait plaisir, j'en tire une fierté non dissimulée !

Mais les mecs, pour un vrai couteau fait par un vrai coutelier, faut vous tourner avec un Ramstein ou un Monnet, pour ne citer que ceux là ( qui sont mes références !)
ça ne veut pas dire que mes surins ne sont pas sympas ou que je n'y met pas de la sueur, ça veut dire que demander 200 euros pour un surin ( par ex) ça me fait suer ! Avec 200 euros on mange combien de temps ? Le smic est à combien déjà ? Et je n'ai pas besoin de ces sous là pour manger, j'ai déjà un métier.
Mais je l'avoue, je n'aime pas les rapports de pognon entre les gens en comprenat que c'est plus facile de passer par un billet que par le troc ( c'est plus lèger à la poste !).
Donc voilà Vz, tu connais ma démarche.
Je reste ouvert à la discussion en public ou en privé.
Donc voilà ma démarche

vik

#199
Salut Anke!  :)
je suis en génral d'accord avec toi, seulement toi tu troc ect tes couteaux mais ce n'est pas ton métier, tu ne vis pas de ca, ca te permet de remercier/faire plaisir , ce qui en soi-meme est génial
Aprés on ne vas pas comparé ta maniere a celle d'un P-H, d'un Tony ou d'un Grinch  ;) , puisque eux c'est leur métier, je ne sais pas si c'est leur unique profession ou si ils vivent uniquement de cela, mais ils les font pour les vendre (enfin je crois ;) ) et c'est un véritable métier,
aprés au sujet du prix de ces couteaux, ceux qui ont le SMIC, personne ne les oblige d'acheter , seulement je pense que beaucoup seront d'accord sur ce point la, c'est toujours plus agréable d'avoir en main un custom que un mora non? Bref oui ca coute chere, je ne sais pas quel est le revenu moyen d'un forgeron seulement, c'est leur salaire le prix de leurs couteaux, alors moi je prefere largement mettre la meme somme d'argent pour un custom que pour un tom borwn tracker (en dehors de l'aspect technique/esthétique)

voila juste mon p'tit grain de sel  :)
enfin on va eviter de polluer ce fil pour cela, avant que ca ne parte en cahouète  ;)

[EDIT] Pierrot :  :lol:  :lol:  :lol: