J'ai eu l'occasion de passer quelques temps en Centrafrique dernièrement. Mad nous a déjà parlé des forêts du sud-ouest, ici ou sur RL, je ne sais plus. Moi, j'ai plutôt été vers l'est, à la limite entre forêt et savane.
Je n'ai donc pas vu de gorilles

. Pas vu beaucoup d'animaux d'ailleurs, à part les écureuils de terre ... et les moustiques. J'étais trop pressé sans doute, car j'y étais pour raisons professionnelles et plutôt pour voir les gens et les cailloux.
C'est un pays attachant, la République de Centre Afrique. Les gens y sont vraiment sympas. C'est le royaume de la débrouille (voir de la combine) et du do-it-yourself. Les nostalgiques de l'ère pré-industrielle y retrouveront des savoir-faire qu'on a perdus, mais la vie est dure et ils le payent d'une espérance de vie très limitée (42 ans, à ce qu'on m'a dit). Néanmoins, pas de misère comme on peut en voir au sahel. Les habitations, en bois et en briques crues ou cuites au feu de bois, sont solides, presque étanches et confortablement meublées.

Les villages sont d'une propreté maniaque et souvent fleuris. Les gens sont plutôt bien habillés, et semblent correctement nourris.
Les champs sont petits et cultivés à la main, au bâton à fouir et à la houe. Heureusement, le climat chaud et humide est favorable et la nature est généreuse. Le réseau routier est embryonnaire. A l'est de Grimari la RN2 se réduit à un mauvais chemin de terre, assez trialisant à la saison des pluies. Il n'y passe que quelques 4x4 et quelque(s) camion(s) par jour. La plus grande partie du transport se fait à « dos de vélo ». Des vélos fiables et réparables avec des moyens de fortune : mono-vitesse, jantes en acier, commandes de frein à tringles. Et SOLIDES. Je me suis laissé dire que certains les chargeaient à 300 kg. Ce qui est sur, c'est que j'en ai vu un chargé avec un fut de 200 l de diesel + un gros sac de 50 kg. Impressionnant !
Une seule infrastructure se développe :
le téléphone GSM, qui s'implante dans tous les gros villages.

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Quelques paysages :

La savane, sur les plateaux.

Et la forêt galerie dans les talwegs.

A la limite entre savane et forêt équatoriale.

Pour finir, la forêt dense.

... souvent inondée
J'avais avec moi une équipe de choc :

Cinq layonneurs : le premier se faufile dans la végétation, cherche le meilleur passage, effraie les serpents, évite les nids de guêpes et de « mouches qui piquent », le second taille un passage, le troisième l'élargit, les deux autres se reposent et portent les sacs de leurs copains en attendant de les relayer. Rien ne leur résiste. Et les « patrons », le géologue et moi, avaient parfois du mal à les suivre.
Et l'instrument magique : le GPS.
Avec lui, on n'hésite pas à faire un détour, il recalculera le cap pour aller droit au but.

Quand la forêt est trop dense et que le GPS perd le contact avec les satellites, on cherche une éclaircie et quand le GPS se récupère, cap à la boussole.
Là, le trésor de Rackam le Rouge n'est plus qu'à 359 mètres, plein sud
