Scorpion ? Vous avez dit scorpions ?Parmi les animaux potentiellement dangereux qu’il est possible de rencontrer dans la nature, il y a les célèbres scorpions ! Les scorpions sont des créatures qui impressionnent toujours le voyageur lorsqu’on tombe nez à nez avec ce dernier, notamment au réveil d’une bonne petite sieste bien méritée après une longue journée de marche!
Dans cet article, je vais tenter de vous présenter les caractéristiques de ces petites bêtes, ainsi que les mesures à prendre pour éviter le désagrément d’une piqûre et le cas échéant, les premiers soins à apporter en cas de piqûre.
A) La bébête en long et en large !Tout le monde sait à quoi ressemble un scorpion, et je crois qu’une description anatomique façon zoologie serait quelque peu fastidieuse. Etant donné que je ne suis pas zoologiste, et vous non plus (si ?), nous allons donc faire très simple.
Note : Pour avoir plus amples informations, reportez vous dans les ouvrages spécialisés, ou sur le net.
Les scorpions appartiennent à la famille des arachnéens (la grande famille des bébêtes à huit pattes, dont font partie les araignées).
Il en existe plus de 1500 espèces, mais seulement 25 sont considérées comme mortelles à ce jour (la liste peut augmenter en fonction des découvertes zoologiques).
Description anatomique (voir photographies plus bas)-Huit pattes
-Deux belles pinces
-Une prolongation de son abdomen formant une « queue » avec un aiguillon.
-Sa couleur varie en fonction des espèces, du noir au jaune, en passant par divers marron, marron-jaune…
L’animal n’est pas agressif (sauf cas des femelles avec des petits ; ou cas particuliers de scorpions du désert), et il n’attaque que s’il n’a vraiment plus le choix. La plus part du temps, il use de ses pinces pour repousser un assaut, comme forme d’ultimatum disant « arrêtes où je vais piquer ».
Cependant, les 25 espèces des scorpions mortelles, voire très dangereux sont directement responsables de 40 000 décès par piqûres par an en moyenne et dans le monde (chiffres approximatifs OMS 2004-2005 obtenus par recoupement de sources) :
-1000 décès au Mexique
-450 décès en Tunisie
-87décès au Maroc
-200 décès en Algérie
Les scorpions les plus dangereux sont répandus dans les zones tropicales (forêts humides) ou des zones désertiques arides. D’ailleurs, les scorpions habitant les zones arides sont directement impliqué dans les 2/3 des décès constatés par piqûre. Certains chercheurs expliquent ce constat par rapport au climat et au mode de vie des scorpions du désert : la vie y est plus rude, ils sont donc plus « agressifs », leur venin plus puissant et fait plus rapidement effet, notamment à cause de la forte chaleur.
Un petit repère visuel pour identifier le type de scorpion :
Plus les pinces sont grosses, moins le venin est dangereux (Ce n’est pas une généralité, mais 90% des cas). En effet, les scorpions massifs aux grosses pinces comptent sur leur puissance pour chasser. Alors que les petits scorpions aux pinces fines et longues sont que peu armés physiquement, et comptent alors sur leur venin puissant pour la chasse ou la défense. Le venin des scorpions est de compositions différentes selon les espèces. Dans la plus part des venins mortels, il s’agit d’un venin qui neutralise l’activité musculaire et donc par la suite respiratoire et cardiaque.
Voici une liste des scorpions et leur localisation :
1) Mortels (piqûres mortelles rapidement) :
- Leiurus quinquestriatus (Soudan, Egypte, Arabie, Israël, Algérie, Tchad, Ethiopie, Libye, Mali, Niger, Somalie, et Tunisie)
- Centroides suffusus (Mexique)
- Tityus serrulatus (Brésil)
- Buthus tamalus (Inde)
2) Dangereux pouvant être mortels (piqûres à traiter immédiatement pour éviter les complications souvent mortelles) :
-Androctonus australis (Algérie, Tunisie, Lybie, Egypte, Soudan)
-Androctonus mauretanicus (Maroc)
- Androctonus bicolor aenas, Androctonus crassicauda (Algérie, Maroc, Tunisie, désert du sahara)
-Centroides limpidus, Centroides noxius, Centroides infamatus, Centroides vittatus, Centroides sculpturatus, Centroides exilicauda (Mexique et déserts du sud américain)
-Tityus bahiensis, Tityus trinitatis (Brésil, Argentine, Costa rica et Trinidad)
- Buthus occitanus tunetanus (Tunisie)
-Buthacus arenicola (Algérie, Egypte, Libye, Tunisie)
3) Douloureux / potentiellement dangereux (piqûres douloureuses / fièvres / vomissements / trouble de la vue…) :
-Heterometrus spinifer (Malaisie, Thaïlande, Cambodge, Vietnam, Indonésie)
-Hadrurus arizonensis (Désert sud américain)
-Pandinus Imperator (Côte d’Ivoire, Ghana, Togo, Guinée, Nigéria)
C’est bien entendu une liste non exhaustive mais assez large pour se rendre compte de la zone de répartition des scorpions dans le monde. Ici, des pays bien précis sont désignés, mais pensez que les animaux ne reconnaissent pas les frontières, et peuplent largement les zones voisines. La vigilance doit donc être de rigueur dans les zones tropicale et désertique, même non déclaré comme officiellement comme étant des zones à scorpions (et si il n’y avait que les scorpions…y’a les serpents aussi !)
Note : la troisième catégorie de scorpions est celle qu’on autorise en nouveaux animaux de compagnie…En France, n’ayez pas d’inquiétude, nous avons 5 espèces de scorpions au dernier référencement, mais aucune d’entre elles sont à priori (j’adore cette expression!) mortelles. Seule la piqûre du Buthus occitanus ou scorpion jaune vivant dans le sud de la France dans le pourtour méditerranéen est à considérer avec prudence, surtout chez les jeunes enfants et les personnes âgées. A noter cependant pour la petite histoire qu'il y a certaines espèces de scorpions en France qui ont été importé chez nous lors dans le courant du XVIième siècle, avec notamment à Bordeaux il y a quelques rares cas de Scorpion dangereux africains (ils sont trés rares).
B) La conduite à tenir pour éviter les désagrémentsEn raid dans ses zones, comme en simple excursion à la journée, il est plus que possible que vous rencontriez ces petites bêtes. Il y a donc certaines précautions à prendre, car dans ma logique, il vaut mieux prévenir que guérir, le principe de vigilance étant absolu.
En langage bourru, ça donne :
"Mortel, pas mortel, on s'en tape, on fait attention et on ne fait pas le cake". Voici la procédure à tenir en bivouac ou même en simple excursion pour éviter la rencontre piquante (ou tout autre type serpent, araignée…) :-Veiller où l’on pose ses pieds, ses mains ou bien encore ses fesses. L’endroit de la pause, du bivouac doit être inspecté avant toute pause du matériel et des individus.
-Ne jamais marcher pieds nus, en sandales ouvertes ou en chaussures légères de toile fine ou en chaussette.
-La nuit, il est préférable d’éclairer le sol.
-Ne jamais fouiller, ou retourner, avec les mains ou pieds les pierres, les feuillages, le sable…Tout inspection se fait d’abord avec les yeux (même dans les creux d’un mur !), puis avec un bâton, un coupe-coupe…et si, et seulement si pas de danger visuel, avec les mains.
-Il faut systématiquement vérifier les chaussures, les vêtements, le sac de couchage, le sac. La vérification par binôme est une bonne méthode. Inspecter régulièrement ses vêtements, à chaque traversé de jungle etc est une nécessité. Préparer le coucher au dernier moment, au moment même d’aller se coucher. Inspecter systématiquement le sac de couchage en le secouant avant de remettre ses pieds à l’intérieur.
En cas de rencontre avec la « bête »Si la bête est sur soi :-Ne surtout pas paniquer, crier ou bouger vivement (garder son calme !). Le scorpion peut prendre peur et piquer d’instinct.
-Si possible, prendre un objet, pour le repousser d’un coup bien vif au sol. Je ne peux que déconseiller le geste du « survivor à la rambo » sûr de lui qui attrape la bête par la « queue ».
Si la bête est sur le sol, devant soi, sur un meuble ou autre :-faire du bruit pour l’effrayer
-repousser le scorpion avec un bâton. Jamais avec les mains, éviter d’utiliser également les pieds !
C) Conduite à tenir en cas de piqûreSi malgré toutes les précautions prises, on venait à se faire piquer, il y a une procédure précise à suivre :
-Ne pas céder à la panique soi même et affoler la victime. La victime doit rester calme, pour ne pas accélérer la diffusion du venin.
-Ne pas faire de garrot.
-Ne pas procéder à une aspiration à la bouche du venin, au risque de s’empoisonner aussi.
- Immobilisez la région piquée, pour éviter la diffusion rapide du venin et appliquez si possible de la glace, quelques choses de froid pour lutter contre la douleur. Le paracétamol (Type Eferalgan, Doliprane est recommandé). Si vous avez un aspi-venin, faites en usage immédiatement (alors là, les avis divergent : nécrose, pas nécrose*...)
- Appelez les secours les plus proche et si c’est possible d’identifier le scorpion incriminé pour faciliter le travail du médecin. Notez que l’injection de sérum ne peut être efficace que si celle si est faite dans les 60 minutes maximum après la piqûre.
-Si la victime n’est pas prise ne charge par un centre anti-poison, un hôpital, ou un médecin, veillez sur la victime qui doit rester immobilisée durant au moins 24 heures. Une mort intervient à coup sûr dans les 24 heures au plus dans les cas de piqûre mortelle. Une fois ce délai passé, la victime peut s’estimer sauvée. Il est important de surveiller que la victime ventile correctement régulièrement.
Les types de piqûre sont classés en « grade » et selon 4 niveaux par la médecine (C'est un classement international pour tout ce qui piques, brûle, ou mort et possède du "poison") :
Grade 0 : piqûres dites « blanches » (uniquement douloureuse / pas de venin)
Grade 1 : piqûres très douloureuses / inflammation de la zone piquée (douleurs et engourdissement. La douleur s’atténue dans un délai de 24 heures)
Grade 2 : manifestations cliniques générales (douleurs vives à l’endroit de la piqûre, fièvre, nausée, vomissement, spasmes, trouble de la vision…) ne mettant pas en jeu la vie de la victime piquée (ou mordue) avec cependant un risque d'évolution vers un grade 3 1/5 des cas, c'est-à-dire chez les jeunes victimes (enfants de moins de 8 ans), chez les personnes âgées ou les personnes particulièrement sensibles (allergie)
Grade 3 : Complication dû à la piqûre (ou morsure). Les complications sont souvent du type œdème, problème respiratoire, étouffement, cyanose (la victime devient tout bleu violet), trouble cardiaque (irrégularité), trouble musculaire (crampes, spasmes), trouble interne (hémorragies digestives, diarrhées, vomissements). Ces cas peuvent devenir mortels.
Grade 4 : Cas mortel aggravé des manifestations mentionnées ci-dessus. Dans tous les cas, l’évolution se fait de manière continue et directe.
Amical partage, SanjohnUn site intéressant et complémentaire :
http://www.astrium.com/les-envenimations-scorpioniques.htmlPs : Je ne suis pas un expert en la matière et pas infaillible. Par conséquent si quelqu'un a des éléments à apporter ou à contredire, n'hésitez pas! ( David?

des choses à redire?) Je vais mettre des photos prochainement.
* Bon alors ça, c'est le dilemme habituel des
médecins : un jour, un truc est génial ;10 ans plus tard c'est de la m*rde, et 15 encore plus tard, ça revient à la mode! On a tous pu le constater avec le truc des bébés qui dorment sur le ventre. Et puis on a dit non, alors "dodo sur le dos", puis retour sur le ventre...etc etc.
Pour en revenir avec l'aspi-venin in situ, avec une piqure de scorpion potentiellement mortelle dans un vraie situation de survie où il n'y a pas d'hôpital dans les 200 bornes,
moi perso, je préfère la nécrose que l'arrêt cardiaque par empoisonnement.

Et puis la nécrose n'est pas constatée sur tous les cas qui ont subi l'aspiration d'un aspi-venin / par contre, je ne parierai pas sur la survie d'un gars seul dans la cambrousse piqué par un Leiurus quinquestriatus sans faire usage d'un aspi...
Edit : j'ai corrigé la coquille.