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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: le viol  (Lu 115614 fois)

10 novembre 2006 à 08:21:57
Lu 115614 fois

Patrick


Soit un doublement en 10 ans dans notre pays.

Et encore les associations de victimes pensent que seule 1 victime sur 10 ose entammer une procédure.

Pour autant, y a t'il une réelle prise de conscience des victimes potentielles adultes et des parents afin d'adopter une réelle attitude de prévention et de protection.

Cette absence relève t'elle d'un souhait de ne pas "attirer le malheur" ou d'une réelle inconscience du type "ça n'arrive qu'aux autres".

Toujours aussi peu de pourcentage de filles et femmes dans les clubs de SD et toujours aussi peu d'intégration des règles élémentaires de prévention et de protection.

Les prédateurs ont encore de beaux jours devant eux.

Ce qui me calme un peu c'est la connaissance du sort qui est réservé "aux pointeurs" (violeurs) en prison par leur congénères, juste retour des choses en somme.

L'évolution et le progrès qu'y disaient........................

« Modifié: 24 novembre 2011 à 11:16:59 par Maximil »

10 novembre 2006 à 08:38:56
Réponse #1

huskbarthai


Ce qui me calme un peu c'est la connaissance du sort qui est réservé "aux pointeurs" (violeurs) en prison par leur congénères, juste retour des choses en somme.

triste realitée...

concernant le sort réservé, je crains que celà soit plutot un ticket d'accés à la casse "dur à cuire", un pass pour la caste "de ceux qui ont fait leurs preuves" j'espere me tromper mais il me semble bien que c'est ce que ce fait dans les cités...
je ne parle pas des pédophiles ici...

à plus, eric
"Moi j'aime trop mon prochain pour le laisser souffrir, sans cesse je tends la main pour l'aider à en finir..."


10 novembre 2006 à 09:29:40
Réponse #2

Diesel


Ce qui me calme un peu c'est la connaissance du sort qui est réservé "aux pointeurs" (violeurs) en prison par leur congénères, juste retour des choses en somme.
Encore faut-il qu'ils se fassent prendre. ^-^
Quand on imagine le traumatisme resentit par les femmes, la honte, la culpabilité, l'humiliation de porter plainte ...... il ne faut pas s'étonner qu'une sur dix ait le courage de porter plainte

Citation de: Patrick
L'évolution et le progrès qu'y disaient........................
Hélas et que dire des maris qui violent leur propre femme.
Bienvenue dans ce monde merveilleux le le meilleur côtoie le pire. Et parfois juste à quelques mètres de sa propre porte.  :'(
« Modifié: 10 novembre 2006 à 10:40:02 par Diesel »

10 novembre 2006 à 09:50:18
Réponse #3

DavidManise


Salut !

S'il y a bien une chose que je n'arrive pas à comprendre, c'est ce que ça peut bien avoir de bandant de faire du mal à une femme et à la dominer comme ça.  Si j'essaie de m'imaginer en train de faire ça, perso, ça me fout plutôt la gerbe...  :bheurk:

Comment est-ce qu'on peut en arriver là ?!  :(

Ça me semble être une négation tellement totale de la souffrance de l'autre que pour moi les mecs qui font ça n'ont plus rien d'humain.  En tout cas pas au moment où ils font ça.  Après, je ne nie pas que certains puissent réellement changer et se réinsérer (sans mauvais jeu de mot... ::)). 

Quoi qu'il en soit, c'est un truc qui me fait vraiment flipper pour ma fille.  Et ce qui me fait presque encore plus flipper, c'est l'idée que certaines familles ou certains groupes blament LA FILLE qui se fait violer !!! 

J'ai une pote, au Québec, qui s'est fait violer.  Elle vient d'un petit village super conservateur et encore très croyant...  la moitié de sa famille ne lui parle plus et ne veut plus la voir !!!  C'est hallucinant ça.  Le pouvoir que ça donne aux violeurs !  et re :bheurk:

Le viol est une pure aggression, et n'est PAS justifiable, point barre.  Et les victimes de viol ont le droit de conserver leur dignité, de demander que justice soit faite, et elles ont le droit de ne pas être stigmatisées.

Tout ceci étant dit, ma fille est déjà, à deux ans, en train d'intégrer tout doucement des notions telles que le respect de soi-même, la possibilité mentale de faire du mal à quelqu'un pour se défendre (la proportionnalité aussi bien sûr...).  Je ne la dispute pas pendant des plombes si un autre gamin l'aggresse chez la nounou et qu'elle lui met une tarte dans la gueule.  Je lui dis même qu'elle a le droit de se défendre.  Par contre si elle aggresse elle-même un autre gamin, ou si elle s'acharne sur un gamin qui ne représente plus une menace, là oui.  Je le gronde.

Enfin bon...  tout ça pour dire que l'éducation à la protection perso je pense que ça doit commencer très tôt, et que les "victimes" perpétuelles sont souvent le reflet de l'éducation qu'elles ont reçu dès leur plus jeune âge.

Il y a un truc qui m'horripile à fond dans notre société, c'est l'idée de la faible femme qui ne peut pas se défendre.  Cet espère de paradigme, de cadrage mental qui semble faire croire aux femmes qu'elles n'ont aucune chance contre un homme, ou que c'est en se défendant qu'on risque de se prendre un sale coup (mieux vaut se soumettre, c'est ça ???), ou qu'une femme ça doit toujours être doux et gentil.

De la m*rde, oui !!!

Les femmes ont le droit de se défendre pour survivre, et une femme avec une griffe en vaut deux.  Je pense que 5-6 coups d'une petite griffe Perrin dans les côtes ça doit faire débander n'importe quel violeur...  ;)

Soyez fortes, mesdames.

Allez ciao !!!

David
"Ici, on n'est pas (que) sur Internet."

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10 novembre 2006 à 09:53:00
Réponse #4

papa-falcon


et si on ajoute à celà, les chiffres navrants du nombre de femmes battues ou victimes de violances quotidiennes, sans parler du sujet délicat des mariages forcés, c'est en effet insupportable !  :(

Ceci étant, à titre d'anecdote, je me souvient lorsque j'étais portier à Paris être intervenu à plusieurs occasions pour séparer des femmes agressées par leurs compagnons violants et m'être retrouvé à gérer l'agressivité des deux soudain reconcilés et redoublant de virulances à mon encontre.  :down:

Je pense cependant que je referais de même car je préfere porter assistance que rester témoin passif...d'un drame.

10 novembre 2006 à 09:53:16
Réponse #5

Amarurtuuq


Comme j'expliquais dans le post "schéma d'une agression", j'ai été agressée plusieurs fois par mon ex-mari.

J'ai dû porter plainte à la gendarmerie (il a passé la nuit au trou) et bien, je me suis sentie vraiment mal, j'avais l'impression que c'était de ma faute. Et comme monsieur a besoin que les gens aient une bonne image de lui (d'ailleurs tout le monde trouve que c'est un type gentil et serviable), je ne sais pas ce qu'il a raconté mais apparemment, les gens du coin me voient comme la méchante dans l'histoire (pourtant, si les gendarmes l'ont fichu au trou, c'est qu'il y a une raison !)...

Alors effectivement, c'est difficile de porter plainte, psychologiquement c'est lourd à gérer, faut avoir les nerfs solides.

10 novembre 2006 à 10:09:42
Réponse #6

papa-falcon


Les conseilleurs sont pas les payeurs.

Le shéma psychologique que tu décris et un cheminement classique dans lequel s'enferment les victimes de toutes sortes d'agression et en particulier les femmes violées ou battues.

C'est pourquoi la moins mauvaise solution (je dit bien la moins mauvaise) est de rompre ce shéma et de riposter en portant plainte, si tu n'as pas pu ou voulu riposter physiquement.
Il n'y a pas à tergiverser. aprés il y a l'accompagnement psychologique, familial pour se reconstruire au mieux.

Et puis plus cyniquement, ne penses tu pas qu'il vaut mieux être la "méchante" en bonne santé et libérée de cette menace, que la gentille petite victime passive et honteuse (donc doublement punie dont on ne sait pas trop quoi !), condamnée à être réguliérement agréssée un peu plus à chaque fois.
« Modifié: 10 novembre 2006 à 10:21:44 par papa-falcon »

10 novembre 2006 à 10:29:36
Réponse #7

Amarurtuuq


Bah, ça ne me fait plus rien de passer pour la méchante, je me fiche pas mal de ce que pensent les gens parce que moi, je sais, je connais la vérité. Je ne me suis jamais senti aussi bien dans ma tête depuis que j'ai sauté le pas, je revis... Si les gens sont assez bêtes pour arriver à des conclusions toutes faites sans savoir, et sans prendre le temps de me connaître, alors c'est pas la peine que je gaspille mon énergie pour eux. La plupart des gens ont la sale manie de donner des avis et proclamer des jugements sans savoir, c'est un truc que je ne comprends pas et qui me dépasse...

Ca me touchait bien plus quand j'étais encore sous emprise (c'est d'ailleurs à mon avis pour cela que ça a fini par une agression physique : il s'est rendu compte qu'en partant et en ayant mon "chez-moi", j'ai repris du poil de la bête et qu'il n'avait plus d'emprise sur moi, ça l'a énervé de voir que son "bien" lui échappait des mains...)

Des fois, je me demande même si je fais partie de l'espèce humaine vu que la plupart du temps, je ne comprends pas comme fonctionne cette espèce ! C'est grave docteur ?  ;D

10 novembre 2006 à 10:33:28
Réponse #8

L'Yéti


C'est un peu HS mais bon...

Aujourd'hui dans le journal 20 minutes de Paris, un entrefilet : en gros, un homme condamné à 10 ans de prison pour viol en 2002 et en liberté conditionnelle depuis 2005 est déféré au parquet en vue de sa mise en examen pour un nouveau viol commi 20 octobre.

Comdamné à 10 ans puis relaché presque dans la foulée !!! Ca aussi c'est révoltant !

10 novembre 2006 à 10:42:18
Réponse #9

emmuel


Une petite statistique pour mettre à bas certaines idées reçues :
65% à 75% des viols sont commis par un homme connu de la victime, la plupart ayant lieu dans un endroit clos, familier de la victime, le plus souvent à son domicile. La majorité des viols étant prémédités.
Celà explique aussi pourquoi ce n'est pas si simple à enrayer. Cela déplace partiellement (mais tout de même majoritairement) le problème du domaine de la survie urbaine à celui de la survie domestique. On voit bien pourquoi, tout à coup, le mythe de la minijupe est une connerie, et pourquoi ce n'est pas parce que les femmes se cacheront, réduiront leur libre arbitre et leur liberté individuelle en prévention que le problème sera résolu. Cette statistique montre absolument et irréfutablement que le problème ne vient pas des femmes
et que le message à faire passer est :
Une victime de viol n'est jamais coupable.


10 novembre 2006 à 11:04:37
Réponse #10

Amarurtuuq


Enfin bon...  tout ça pour dire que l'éducation à la protection perso je pense que ça doit commencer très tôt, et que les "victimes" perpétuelles sont souvent le reflet de l'éducation qu'elles ont reçu dès leur plus jeune âge.

Ben moi, c'est ce qui m'inquiète : j'ai 2 filles et une des (nombreuses) raisons qui m'ont poussé à partir, c'est que mon ex avait tendance à reproduire la même culpabilisation avec nos filles (principalement le chantage affectif : "si tu fais pas ce que je te dis, je t'aime plus et je te fais plus de bisous").

Résultat: je passe mon temps à réparer les pots cassés : ma fille aînée de 7 ans passe son temps à me demander si je l'aime encore quand je la gronde, et l'autre jour (horreur !!!), elle m'a sorti (nota : quand j'ai été agressée par leur père, les filles étaient présentes  :down: ) :

"maman, c'est peut-être normal qu'il t'ait tapé dessus puisque t'es parti... Moi quand je serai grande, je dirai jamais "non" à mon amoureux " (ben on est dans de beaux draps !!!!).

J'essaie de lui expliquer que :
1) elle est seule maître de son corps
2) elle ne doit pas dire "oui" sous prétexte qu'elle a peur qu'on ne l'aime plus et qu'elle se fasse rejeter
3) elle doit se défendre si elle est agressée (à l'école, elle se laisse "embêter" et n'ose pas en parler aux adultes : elle a peur de se faire gronder)
4) quoi qu'elle fasse, je l'aimerai toujours

10 novembre 2006 à 11:28:45
Réponse #11

Diesel


J'ai une amie qui a été violé par son père.
Elle a eu droit à tout. A être traité de menteuse, d'être culpabilisé par son "père", sa famille lui a reproché de porter atteinte à cet "homme" irréprochable et c'est coupé d'elle, son propre frère ne lui parle plus depuis des années, etc ...
Et je ne parle pas des année de psychanalyse pour se sortir de l'état d'esprit ou ils l'ont mis, du procès qu'elle lui a intenté à sa majorité. Je m'arrête là Bref, là je suis très en colère d'un coup rien que d'y penser. Je risque de déraper en disant ce que je pense vraiment.

10 novembre 2006 à 11:35:48
Réponse #12

Vrorsh


Ouais ... C'est révoltant ce genre de choses  :bheurk:

Attention avec les statistiques néanmoins car il semble que, médiatisation aidant, de plus en plus de victimes portent plainte (et donc le nombre "global" de viols rapporté à la population n'est pas nécessairement en augmentation lui).
De plus ces stats incluent maintenant le "viol conjugal" (un mari qui force sa femme à des rapports sexuels) alors qu'avant on ne parlait absolument pas de ce genre de choses puisqu'on considérait que la femme devait accomplir son "devoir" conjugal.

LYéti >> C'est pas du tout HS ce que tu dis. Les peines pour viol sont scandaleusement basses en France aujourd'hui. Sans compter qu'elles sont très rarement exécutées dans leur totalité.


Je me suis toujours demandé ce que je ferais si ça arrivait à un proche ... Me demande si j'irais pas chercher un fusil ...  :-\

10 novembre 2006 à 11:39:48
Réponse #13

DavidManise


Salut Amarurtuuq,

Le point 4 de ton dernier post m'a humidifié les yeux et serré la gorge (mais bon chuis on homme, j'pleure pôs ;D)...  C'est peut-être ÇA le plus important.  L'amour de soi-même, ça s'intègre à force de voir que les autres nous aiment.  Et certaines personnes comptent plus que d'autres...  les parents, la famille proche, 1-2 "meilleurs amis"...

Les enfants doivent être persuadés tous les jours par la PREUVE que notre amour de parent est totalement inconditionnel et qu'ils peuvent faire la pire connerie de l'univers, on n'arrêtera jamais de les aimer.  Je pense que si une seule chose est importante pour le développement sain d'un gamin, c'est bien ça.  Évidemment ça ne veut pas dire qu'il faille tout laisser passer non plus...  mais il faut qu'ils sachent (donc qu'on leur explique clairement) que même si on les dispute et même si on se met en rogne, on n'arrête pas de les aimer.

D'ailleurs, et c'est bien connu, bon nombre de personnes violentes ont elles-mêmes été victimes de violence pendant leur enfance.  Et la première de ces violences, c'est justement le fait de ne pas se sentir aimés, de ne pas être sûrs qu'ils étaient aimés, etc.  Ça fout le bordel dans le développement de la personne, ça...  avec des effets divers et variés, et complètement imprévisibles. 

Mais une chose reste prévisible : les enfants qui se sentent aimés pendant leur enfance font systématiquement (et à quelques exceptions près) moins de conneries de leur vie plus tard.  Point barre.  J'ai bien dit les enfants qui se SENTENT aimés...  et de manière inconditionnelle. 

Sinon, je pense humblement que ta petite cherche peut-être à trouver une solution pragmatique pour ne pas se faire taper dessus par son amoureux à son tour, plus tard.  Ils sont logiques à cet âge.  Ils aiment trouver des solutions.  Elle pense peut-être que c'est parce que tu as dit non ou que tu as quitté le gars que tu t'es fait taper dessus.  Je pense que si elle peut être amenée à comprendre ce qui est la cause réelle de cette violence (problèmes perso/psycho du mec violent !), elle sera bcp mieux armée pour faire ses choix à elle, plus tard...  Enfin ça n'est que mon humble opinion.  Après c'est ta fille, et donc c'est toi qui gères, et moi je respecte totalement.

En tout cas, je mesure à quel point ça doit être dur de rompre ce genre de cercle infernal.  Juste de sortir d'une relation "à peu près saine" c'est déjà horriblement difficile.  Dans des conditions pareilles, où on doit finir par se demander si on n'est pas réellement la source du problème dans tout ça, ça doit être extrêmement dur, et ça doit demander une volonté de fer.

Donc respect :akhbar:

Je suis pas sûr que j'aurais personnellement les c*u!lles de faire une chose aussi dûre...  voire même d'être capable de décider de le faire.  Enfin bon j'en sais rien.  Mais je ne me fais pas trop de soucis pour tes gamins, parce qu'ils ont devant eux l'exemple d'une mère qui sait faire des choix pour survivre et vivre...  et en plus qui les aime.  Ça, ça répare tout et ça vaut tout l'or du monde.

Allez ciao :doubleup:

David
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10 novembre 2006 à 11:54:53
Réponse #14

DavidManise


Maintenant si tu me dis qu'une mini jupe, un décolleté ou un ventre exposé ne seront en aucun cas des catalyseurs de pulsions qui même si elle ne conduisent pas jusqu'au viol sont sources de gros emmerdements, c'est OK pour moi.

Mais permet moi d'avoir un léger doute, ayant quand même beaucoup observé mes congènères, spécialement la nuit.

Pour moi deux choses sont claires :

1) pas mal de connards aiment un peu trop les tenues "sexy" et ça peut être l'étincelle qui déclenche une altercation verbale (souvent entre le copain de la fille à la tenue sexy et un autre mâle, soyons clairs là-dessus) ou physique...  bref ça peut être un élément déclencheur dans certains cas.

2) sachant ça, toute femme est libre de s'habiller comme elle le souhaite et personnellement je suis parfaitement prêt à prêter main forte à une demoiselle en détresse si elle choisit de s'habiller de manière aguichante...  ne serait-ce que parce qu'un monde sans jolies filles aguichantes serait d'une tristesse sans fond.  Et je ne ferai jamais reposer la responsabilité des actes malveillants déclenchés par la vue d'une tenue sexy à la fille qui la porte.  On est bien d'accord, le fond du problème ne vient pas de la tenue sexy, mais de l'attitude de ceux qui regardent...

Mais pour en revenir au viol, les psys s'accordent plus ou moins pour dire que le viol n'est pas souvent motivé par le désir sexuel, mais bien par une volonté de dominer sa victime.  Le "sa" de "sa victime" est judicieusement placé là pour indiquer le rapport de possession et de maîtrise totale qui est ce qui excite le violeur... 

Bref, le viol est surtout motivé par la volonté de dominer, et que la fille/femme soit habillée comme un sac, avec une combi de ski ou avec une minijupe, ça n'a que peu d'incidence sur le risque de se faire violer...  sauf éventuellement dans le cas d'un homme qui considère qu'une femme qui s'habille "comme ça" mérite une bonne leçon.  Mais le violeur qui violerait pour ce motif (complètement injustifié) est surtout choqué/fâché/mis hors de lui par la vue d'une femme en tenue légère, et non pas juste légèrement testostéronisé (sans pulsion violente) comme un mec normal.

Voilou...  les psys du forum me corrigeront si je me trompe.  Merci d'avance :)

Ciao !

David
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10 novembre 2006 à 12:10:03
Réponse #15

Amarurtuuq


En tout cas, je mesure à quel point ça doit être dur de rompre ce genre de cercle infernal.  Juste de sortir d'une relation "à peu près saine" c'est déjà horriblement difficile.  Dans des conditions pareilles, où on doit finir par se demander si on n'est pas réellement la source du problème dans tout ça, ça doit être extrêmement dur, et ça doit demander une volonté de fer.

Donc respect :akhbar:

Je suis pas sûr que j'aurais personnellement les c*u!lles de faire une chose aussi dûre...  voire même d'être capable de décider de le faire.  Enfin bon j'en sais rien.  Mais je ne me fais pas trop de soucis pour tes gamins, parce qu'ils ont devant eux l'exemple d'une mère qui sait faire des choix pour survivre et vivre...  et en plus qui les aime.  Ça, ça répare tout et ça vaut tout l'or du monde.

Merci ! Ca me fait chaud au coeur !! Ya tellement de fois où je me lève le matin en me disant que c'est peut-être moi qui tourne pas rond, tellement de fois où je trouve que je manque de force et que je me sens faible, que des phrases comme ça, ça me remet en selle !!
J'ai l'impression de vivre un marathon et je ne vois toujours pas la ligne d'arrivée (tout ça n'est pas fini, le divorce n'est pas encore prononcé, j'ai bien peur que ça ne prenne des années d'ailleurs !)... En attendant, je profite de chaque minute qui passe parce que la vie, elle, continue de passer !
D'ailleurs, je vais vous laisser, je pars faire une virée dans l'Aveyron pour le week-end, histoire de prendre l'air et oublier tout ce bazar !!  ;D

A très bientôt !


"Ce qui ne nous tue pas, nous rend plus fort"

10 novembre 2006 à 12:26:19
Réponse #16

emmuel


Je crois qu'il y a une différence entre culpabiliser une femme dans un crime aussi odieux que le viol ou les violences (parfois les deux) et conseiller qu'une vêture plus sobre sera de nature à moins titiller les esprits faibles ou tordus.
Oui.
Je ne faisais pas l'amalgame désolé si j'ai pas été clair.
Ensuite il y a une différence de niveau dans ce que tu dis. D'un coté on a la culpabilisation (après) et de l'autre, le conseil (préventif). Ca biaise. Conseiller une vêture plus sobre en prévention, (ce qui me semble être une chose censée, même si je trouve déplorable d'en arriver là) et dire "tu aurais peut être dû mettre un truc plus sobre" après, même très gentiment, même avec les meilleurs intentions du monde, c'est pas du tout la même chose, et surtout du point de vue de la victime.
C'est pour ça que je dis que le message à faire passer c'est : une victime de viol n'est jamais coupable.

Maintenant si tu me dis qu'une mini jupe, un décolleté ou un ventre exposé ne seront en aucun cas des catalyseurs de pulsions qui même si elle ne conduisent pas jusqu'au viol sont sources de gros emmerdements, c'est OK pour moi.
Non je ne le dis pas. C'est évident. C'est lamentable mais c'est un fait.
Vu dans le metro un mec et une fille "ben pourquoi tu t'habilles comme ça si tu veux pas qu'on vienne te parler".
Ce que je voulais dire c'est que ce n'est qu'une partie du problème, la plus visible, mais pas la plus grosse.
La plupart des viols ne sont pas liés à des pulsions, mais sont prémédités.
Ce qui ne signifie pas qu'il ne faille pas la régler, au contraire. Je me suis mal exprimé la dessus.
Je voulais juste révéler un aspect de ce problème horrible qui a tendance a être occulté. Parce que ça dérange, parce que tout à coup c'est plus si facile de pointer les méchants grâce à des catégorisations bien visibles et manichéennes. Ca peut aussi être le mec a qui on sert la main tous les jours qui traîne pas dans la rue avec ses potes à picoler ou à faire ch**er son monde.



10 novembre 2006 à 15:47:35
Réponse #17

Ezekiel


Citer
1. exemplarité de ceux qui nous gouvernent et il n'y a qu'à voir quand une femme se "mêle" de leur carré réservé la réaction histérique qui s'en suit.
Pour!!! Mais à un million de pourcent!!! Et dans tous les domaines. Des gamins de quatre ans se tiennent mieux que nos "chers élus". J'hallucine quand ils se mettent à hurler dans leur hémicycle et qu'ils tapotent leurs couvercles de pupitre. Et c'est eux qui nous dirigent????  >:(

Citer
2. éducation y compris sexuelle pour une sexualité respectueuse et épanouissante

3. projet de société avec un constat, des objectifs et un plan d'action pour y parvenir
Peut-être aussi qu'un vrai retour au respect de l'autorité (parents, profs...), des autorités, des autres, de soi serait bénéfique. Sans non plus fantasmer certains régimes politiques mais un simple rappel des règles de savoir-vivre en société...

Mais quand j'entends un collègue dire: "c'est normal qu'il y ait des viols quand tu vois comme elles sont habillées" (avant de se prendre une soufflante d'un quart d'heure par deux bonshommes remontés par tant de bêtise), je me dis que c'est pas gagné dutoutdutout.  :'(

Au même titre que tout le monde devrait connaitre ses gestes de premiers secours, toutes les femmes devraient être en mesure de placer un genou ou un doigt de façon stratégique. Non?


Allez zou, je me sauve, faut que j'aille coller de l'affiche pour un stage de krav-maga.

10 novembre 2006 à 16:05:21
Réponse #18

kazar


Le message à faire passer c'est : une victime de viol n'est jamais coupable.

Je suis calme et je le reste.

> culpabilité
(nom féminin)
Etat d'une personne coupable.• Sentiment d'être coupable.


> coupable
(adjectif et nom commun)
Qui a commis une faute, un crime.• Digne d'être puni.



Ok. Une victime (de viol ou quoi que ce soit d'autre) est coupable vis à vis d'elle-même. Elle a été vicime d'un acte d'aggression contre lequel elle n'a pas su se défendre. Sa responsabilité individuelle est de s'auto-préserver. La culpabilité éprouvée par une victime, ou un perdant, est la réponse naturelle de notre être qui nous dit :"plus jamais ça!".

Ce que pensent les autres c'est un autre sujet.

Chaque être vivant (animaux, être humains, homme, femmes, jeunes, adultes, personnes agées) ont, non pas le droit, mais le devoir de se défendre pour survivre. C'est un besoin biogénétiquement inscrit en nous. La culpabilité est le rappel de cette Loi, de cette Rêgle Naturelle.

La souffrance qui caractérise la culpabilité auto-produite par soi-même ("soi-m'aime") est porteuse d'une excellente nouvelle : celle que l'on a survécu à l'aggression et que l'on se prépare à être mieux adapté en cas de récidive. La Joie et le bonheur de vivre sont le signal que l'on respecte les rêgles de l'existence, la récompense de la Vie en nous.

Oui Amarurtuuq, "Ce qui ne nous tue pas, nous rend plus fort".

Stéphen.
« Modifié: 10 novembre 2006 à 16:28:21 par kazar »

10 novembre 2006 à 17:27:21
Réponse #19

emmuel


Kazar,
je dois partir là donc je dois faire vite même si c'estpas une bonne idée.
Mais je reviendrais.
Citer le dictionnaire c'est bien.
C'estparfait.
Sauf que tu fais un léger glissement de sens là.
Culpabilité : le dictionnaire donne deux sens et ça ne veux pas dire que les deux sont interchangeables.
C'est ou l'un, ou l'autre, ou les deux, mais ce n'est pas la même notion.
Toi tu passes allègrement de culpabilité (sentiment) à culpabilité (fait d'être coupable).
Ce sont deux choses extrêmemnt différentes. Le fait d'avoir un sentiment de culpabilité n'inclut en rien le fait d'avoir commis une faute ou un crime.
Et jusqu'à preuve du contraire être plus faible physiquement qu'un agresseur, ou le ressentir comme tel n'est pas un crime ni une faute.
Et jusqu'à preuve du contraire un besoin ou un instinct n'est pas un devoir non plus. Et entre nous, heureusement.



10 novembre 2006 à 17:50:48
Réponse #20

kazar


Les définitions servent de bases, non pour soutenir ce que j'écris, mais pour rappeler les sens communéments admis des termes.

Je maintient ce que j'affirme : le fait d'éprouver un sentiment de culpabilité indique le fait d'avoir commis une faute avant tout vis à vis de soi-même. Maintenant je parle d'un sentiment de culpabilité en tant que signal "sain" et non pas morbide.

La Vie est soumise à sa propre Légalité naturelle. Être introspectivement conscient de cela est l'effort évolutif exigé à l'être humain par lui-même.

L'involution, allant dans le sens contraire du sens de la Vie est le principal danger qui menace l'espèce humaine. Un viol est une des multiples manifestations de ce processus morbide dans lequel la conscience est limitée, et la culpabilité refoulée.

Stéphen.
« Modifié: 10 novembre 2006 à 17:54:17 par kazar »

10 novembre 2006 à 20:19:09
Réponse #21

bison solitaire


Je ne suis pas sûr non plus qu'il soit très sain de nier le sentiment de culpabilité ressenti par la victime. Mais cela doit se faire en marge, totalement en marge, de la procédure judiciaire dont le but est bel et bien de désigner le coupable de l'acte. La victime a souvent besoin de savoir, de sentir que son coupable est désigné comme tel par toutes les instances.

Note: des femmes se sont amusées à déposer plainte pour viol juste pour emmerder un ex: non seulement c'est immonde mais elles portent préjudice à toutes les "vraies" victime... C'est encore plus courant pour les violences sur conjoints... Heureusement que cela reste ponctuel.

10 novembre 2006 à 20:35:16
Réponse #22

guillaume


Ce qui me calme un peu c'est la connaissance du sort qui est réservé "aux pointeurs" (violeurs) en prison par leur congénères, juste retour des choses en somme.

Pas dut tout. En taule, on ne dit pas pourquoi on est là  ::).

Citer
Pour moi deux choses sont claires :

1) pas mal de connards aiment un peu trop les tenues "sexy" et ça peut être l'étincelle qui déclenche une altercation verbale (souvent entre le copain de la fille à la tenue sexy et un autre mâle, soyons clairs là-dessus) ou physique...  bref ça peut être un élément déclencheur dans certains cas.

2) sachant ça, toute femme est libre de s'habiller comme elle le souhaite et personnellement je suis parfaitement prêt à prêter main forte à une demoiselle en détresse si elle choisit de s'habiller de manière aguichante...  ne serait-ce que parce qu'un monde sans jolies filles aguichantes serait d'une tristesse sans fond.  Et je ne ferai jamais reposer la responsabilité des actes malveillants déclenchés par la vue d'une tenue sexy à la fille qui la porte.  On est bien d'accord, le fond du problème ne vient pas de la tenue sexy, mais de l'attitude de ceux qui regardent...

Mais pour en revenir au viol, les psys s'accordent plus ou moins pour dire que le viol n'est pas souvent motivé par le désir sexuel, mais bien par une volonté de dominer sa victime.  Le "sa" de "sa victime" est judicieusement placé là pour indiquer le rapport de possession et de maîtrise totale qui est ce qui excite le violeur...

Bref, le viol est surtout motivé par la volonté de dominer, et que la fille/femme soit habillée comme un sac, avec une combi de ski ou avec une minijupe, ça n'a que peu d'incidence sur le risque de se faire violer...  sauf éventuellement dans le cas d'un homme qui considère qu'une femme qui s'habille "comme ça" mérite une bonne leçon.  Mais le violeur qui violerait pour ce motif (complètement injustifié) est surtout choqué/fâché/mis hors de lui par la vue d'une femme en tenue légère, et non pas juste légèrement testostéronisé (sans pulsion violente) comme un mec normal.

Voilou...  les psys du forum me corrigeront si je me trompe.  Merci d'avance {$default_smiley_smiley}

Ciao !

David

Pas dac du tout! Mais alors pas du tout.

Vous oubliez de considerer d'autre facteur comme la psycologie...

Et si tu veux David, on en parle par mail  :down:.

a+

10 novembre 2006 à 21:06:23
Réponse #23

French Cat


Citation de: Huskbarthai
concernant le sort réservé, je crains que celà soit plutot un ticket d'accés à la casse "dur à cuire", un pass pour la caste "de ceux qui ont fait leurs preuves" j'espere me tromper mais il me semble bien que c'est ce que ce fait dans les cités...
je ne parle pas des pédophiles ici...

en fait, c'est plutôt l'inverse: une fois violé, la prisonnier devient la "p*te" de la prison, quelqu'un de faible qui sera de service à chaque fois que quelqu'un aura une grosse envie à satisfaire.

dans les pénitenciers US, à propos, un prisonnier ayant une femme tatouée dans le dos n'est pas un dur à cuire: le tatouage, c'est pour que son violeur puisse avoir un truc agréable à regarder...

au sujet des pédophiles, en France ils sont placés, comme d'autres détenus qui risquent gros s'ils sont mélangés avec le reste de la population carcérale (policiers, gendarmes, etc.) dans le "quartier VIP", séparés ainsi des autres prisonniers

 



Citation de: David Manise
Il y a un truc qui m'horripile à fond dans notre société, c'est l'idée de la faible femme qui ne peut pas se défendre.  Cet espère de paradigme, de cadrage mental qui semble faire croire aux femmes qu'elles n'ont aucune chance contre un homme, ou que c'est en se défendant qu'on risque de se prendre un sale coup (mieux vaut se soumettre, c'est ça ???), ou qu'une femme ça doit toujours être doux et gentil.

il y a plusieurs siécles de ça, à Sparte, les femmes étaient entrainées à combattre et tuer, pour qu'elles puissent protéger leurs petits.

une pratique politiquement incorrecte qui se perd... une vraie mère doit être en mesure de tuer pour sauver ses enfants.


Citer
Mais pour en revenir au viol, les psys s'accordent plus ou moins pour dire que le viol n'est pas souvent motivé par le désir sexuel, mais bien par une volonté de dominer sa victime.  Le "sa" de "sa victime" est judicieusement placé là pour indiquer le rapport de possession et de maîtrise totale qui est ce qui excite le violeur...

tout à fait exact, on retrouve ça dans le discours du leader des "Black Panters", groupe extrémiste et raciste Afro-Américain, qui prônait le viol des Blanches en vue de les posséder, qu'elles soient à sa merci.



Citation de: Patrick
On touche là un rapport à la femme en général et à la sexualité qui est en train de se dégrader où les jeunes n'ont pas de réelle éducation sexuelle et glissent volontiers vers le porno pour établir leur référentiel.

c'est déjà fait... les viols collectifs commis par des mineurs sont directement liés à cette "vision" de la sexualité inculquée par la pornographie, là encore plutôt que de laisser les choses dans le flou, une preuve de responsabilité de la part des pornographes serait de réaliser des films éducatifs à destination des pré-ados et ados comme c'est le cas aux USA, afin d'expliquer clairement que toute femme n'apprécie pas forcément d'avoir plus d'un partenaire à la fois.


Citation de: Patrick
2. éducation y compris sexuelle pour une sexualité respectueuse et épanouissante

cf le fameux exemple Hollandais dans ce domaine ;)


Note: des femmes se sont amusées à déposer plainte pour viol juste pour emmerder un ex: non seulement c'est immonde mais elles portent préjudice à toutes les "vraies" victime... C'est encore plus courant pour les violences sur conjoints... Heureusement que cela reste ponctuel.

tout comme certaines ont poussé leurs enfants à parler d'attouchements de la part du pére, un mensonge complet, en vue de mettre leur mari dans la m*rde la plus noire (parce qu'une fois qu'une rumeur est lancée, bon courage pour l'arrêter et rétablir la vérité) et de gagner le divorce.

je passe sur les femmes militaires ayant porté plainte pour viol juste par vengeance envers un collégue masculin, etc...

bref, que prudence soit de mise lors de tout jugement



Citation de: Amarurtuuq
Ben moi, c'est ce qui m'inquiète : j'ai 2 filles et une des (nombreuses) raisons qui m'ont poussé à partir, c'est que mon ex avait tendance à reproduire la même culpabilisation avec nos filles (principalement le chantage affectif : "si tu fais pas ce que je te dis, je t'aime plus et je te fais plus de bisous").

je me permets: cet homme est un sale enc**é.

c'est le genre de choses qui me font enrager, c'est ni plus ni moins que de la maltraitance psychologique.

ceci mis à part, si tant est que ça puisse l'être, concernant tes filles, peut-être devrais-tu discuter directement de l'agression avec elles, puisqu'elles en ont été témoins, et:


1- leur expliquer que leur père est très méchant puisqu'il a frappé maman alors qu'elle ne lui avait rien fait (en insistant sur le fait que chacun a le droit de faire ce qu'il veut tant que cela ne nuit pas aux autres, en prenant ton cas comme exemple) et qu'elle voulait juste ne plus le voir parce qu'il était méchant déjà depuis longtemps


2- expliquer que papa a profité du fait que tu ne savais pas te défendre pour te frapper, en insistant sur l'importance de savoir se défendre et de se défendre, autrement les personnes méchantes comme papa en profitent pour faire du mal et ensuite font plusieurs fois du mal (je crois que tu devrais si ce n'est déjà fait leur détailler toute l'histoire, en enlevant les détails qui pourraient les choquer mais en n'épargnant rien de ce qu'à fait leur enflure de père)

10 novembre 2006 à 21:14:04
Réponse #24

sharky


Pour répondre à Guillaume:
effectivement, si tu es un pointeur, mieux vaut ne pas dire pourquoi tu es en prison mais une prison est milieu très clos (par définition) où tout se sait très vite.
Voilà le sort des pointeurs:


La double sanction des « pointeurs »

Qui sont les « pointeurs » ? A priori les détenus condamnés pour « affaires de mœurs ». Dans la hiérarchie informelle des détenus, ils représentent la catégorie la plus basse et la plus méprisable. Les autres détenus, lorsqu'ils sont en présence d'un tel prisonnier, tendent à appliquer leur propre loi, et se chargent de lui faire payer une nouvelle fois son délit. « Un pointeur ne survivrait pas devant un jury de prisonniers », dit-on parfois. Les « pointeurs » sont des sortes de parias de l'univers carcéral, des individus infréquentables. Entretenir un minimum de relations avec eux expose à un soupçon de contamination, pour parler comme Goffman : il ne faut ni leur parler, ni leur serrer la main, ni intervenir en leur faveur lorsqu'ils sont agressés, sous peine de se voir soi-même considéré comme « un des leurs ». En fait, les « pointeurs » ne sont pas considérés comme des hommes « véritables » par les autres prisonniers : « un pointeur, vu ce qu'il a fait, c'est pas un homme », nous disait un ancien détenu. Pour ces raisons, les personnes coupables de tels délits sont — officiellement tout au moins, et lorsque la configuration de la prison le permet — isolées afin d'être protégées d'éventuelles violences provenant des autres détenus.

Les « pointeurs » sont en permanence exposés aux insultes, brimades, agressions ; ils sont fréquemment rackettés, deviennent les cibles de passages à tabac collectifs, ne peuvent sortir en promenade avec les autres ni bénéficier des activités collectives (sport, atelier…) sous peine de violences, ou bien vivent dans la terreur que la nature du délit qui les a menés en prison ne soit découverte. Mais, surtout, aux dires de certains de nos informateurs, le marqueur du rejet, lorsqu'il y a confrontation entre les uns et les autres, peut parfois prendre la forme du viol, et ce parfois de manière collective. Un tel viol n'est pas considéré par les autres détenus comme tel, mais comme une forme de rançon du délit de mœurs commis. Violer un « pointeur », ce n'est pas devenir soi-même un violeur, ni même un « pédé », c'est infliger physiquement et symboliquement une sanction négative, lui faire subir ce que lui-même a fait subir, et imposer une marque de distinction et de discrimination. « Punir le viol par le viol » semble être la devise ainsi mise en pratique.

Un autre phénomène tend cependant à relativiser cette règle d'ostracisme contre les « pointeurs » : n'est pas « pointeur » n'importe quel violeur, et « il y a pointeurs et pointeurs ». Chaque fois, les témoignages ou discours de justification de l'ostracisme insistent sur les viols de femmes âgées, d'enfants (garçons et filles), d'handicapé-e-s… commis par les « pointeurs ». Ceux-là sont les « vrais » violeurs, ceux que l'on peut légitimement brimer et agresser. Mais que la victime soit en âge d'avoir des rapports sexuels, ni trop jeune, ni trop vieille, qu'elle soit en outre « belle », et voici le viol prêt à être disqualifié dans les représentations carcérales. Conformément au discours masculin classique de légitimation des agressions sexuelles, il est considéré qu'il n'y a pas eu véritablement abus ni contrainte, et que la victime a largement « provoqué » l'homme qui n'a su résister à ses « pulsions » (19). La figure du « pointeur » dessine comme en creux l' « idéologie masculine » distillée par la maison-des-hommes qui autorise tout homme, du moins tout « vrai » homme, à s'approprier une femme en âge et en situation de l'être (20). Ceux qui trahissent cette règle implicite sont relégués dans le groupe des « autres », des « sous-hommes », et ils doivent être punis comme tels. Le « pointeur », ou plutôt leur mode de désignation, souligne les frontières entre appropriation sexuelle légitime des femmes et abus inacceptable. Le traitement social des « pointeurs » par les détenus redessine le normal et l'anormal, redéfinit ce qui peut être légitimement qualifié ou non de viol.

Extrait de l'article :Les abus dits sexuels en prison : une affaire d'hommes

rédigé par:Daniel WELZER-LANG - Lilian MATHIEU

consultable sur :http://www.traboules.org/text/txtpris.html



Tafdak avec Manitou.
Pour les violeurs, leurs victimes ne sont que des objets qui sont là pour assouvir des pulsions qu'ils n'ont pas appris pour différentes raisons à maitriser.
Une partie de mon boulot est de faire de la prévention auprès d'ados déficients mentaux concernant les agressions sexuelles et une autre partie de signaler à la justice les situations où la prévention n'a pas marché bref les situations où les ados ont été agressés.
J'ai eu dans ce cas là à "écouter" des "présumés" agresseurs, c'est une expérience assez particulière. Sans généraliser, ces personnes n'avaient aucune once de remords pour ce qu'elles avaient faits et elles avaient une façon de parler des personnes qu'elles avaient agressées du genre "c'est pas de ma faute, c'est elle qui le voulait ".

C'est peu être un peu hors sujet mais c'est comme la sécurité perso, il faut faire plus de prévention auprès des enfants (futurs adultes) à la fois au niveau des pouvoirs publics mais aussi tout a chacun au quotidien.
Je suis entrain de bosser depuis quelques temps sur une sorte de "REPERES" destinés aux ados et aux enfants concernant la prevention des agressions sexuelles, je vous ferai signe quand il sera fini si cela interesse quelques uns.
A +

''what you learn in the afternoon must work for you that evening in the parking lot" Kelly Mc Cann

"despite what your mamma told you, violence does solve problems." Ryan Job

 


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Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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