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Auteur Sujet: Plazen : Processus de décision en matière coutelière...  (Lu 33761 fois)

04 mai 2008 à 08:04:07
Réponse #25

Patrick


Patrick si je comprend ta critique, as tu peur que tes doigts glissent vers la lame ?

Un des avantage de la lame pile-poile alignée sur le manche est de gagner en précision, dans ce cas c'est assez explicable par la physio articulaire de toute la chaine d'orientation de la main, les différents axes de travail articulaire se trouvent alignés prono-supination surtout) et donc la lame devient vraiment un prolongement de la main, ça aide aux travaux de précision, le meilleur exemple dans ce cas est le tournevis... (je sais pas si je suis clair mais je peux scanner des schéma d'antomie appliquée pour expliquer (faudra juste que j'aille chercher mes bouquins au boulot demain))... d'ailleurs le manche du couteau choisi par Did me fait assez pensez à l'arrière des tournevis d'un celebre marques sur certains aspects... les bonnes solutions ergonomiques se retrouvent souvent.
Mon souçi c'est qu'en situation un peu agitée, les macanismes conscient s'effacent et la motricité fine avec et que dans ces cas là ou par simple manque de concentration dans d'autres, je préfère avoir une sécurité.

Toutefois, ce choix n'engage que moi, bien sur.

04 mai 2008 à 09:51:05
Réponse #26

P-H


Mon souçi c'est qu'en situation un peu agitée, les macanismes conscient s'effacent et la motricité fine avec et que dans ces cas là ou par simple manque de concentration dans d'autres, je préfère avoir une sécurité.

Toutefois, ce choix n'engage que moi, bien sur.
Ca, c'est parceque tu n'utilise pas de couteau sans rien ;D ;)
La plus part de mes couteaux n'ont pas de garde et je pense que la façon de le prendre est devenue inconsciente.
En meme temps, pour que ça marche, il ne faut pas changer de surin tous les 2 jours...  :lol:

Et puis, ça depent beaucoup de la forme du manche. Ceux d'Eric font partie de plus ergonomiques que je connaisse.

Enfin, on peu debattre durant des heures... ::)

Je file faire un surin avec une garde... ;D

04 mai 2008 à 10:39:09
Réponse #27

Anke


+1 AVec P-H. C'est vrai qu'on est souvent tenté par le machintrukchouete dernier cri ou super beau et qui coute aumoins trois roubignolles( compulsifs les achats ? Meuh non....). Néanmoins, je vous fiche mon billet qu'un mec équipé avec un bête opinel bien usé qu'il trimballe dans sa poche gauche depuis des années, est plus efficace sur le terrain que moi qui vient de m'acheter le couteau de busch en acier turlupiné et trempé à l'urine de chameau malgache. ça ne veut pas dire que ce dernier n'est pas bien, ça n'est pas restrictif. ça veut dire juste que le couteau n'est pas une fin en soi;
J'explique un peu : avant de fréquenter ce forum, j'étais branché couteau pour le couteau, feuillettait "EXcal...." ou tout autre revue tous les mois, l'objet pour l'objet. Aujourd'hui, mes genoux, j'ai bien viré de bord, j'aime toujours les beaux couteaux en tant qu'oeuvre, prouesses techniques et tout le bazar. Mais maintenant, le couteau est un outil au sesn fort du terme, qui va me permettre de réaliser quelque chose pour m'aider à me sortir d'une impasse, d'une situation épineuse, que sais-je encore( tailler un truc, ouvrir une boite de conserve, faire un baton, couper la bouffe etc...). Ce doit être amha, le compagnon que si je ne l'ai pas dans ma poche, ben il me manque quelque chose. J'ai l'habitude, je sais où il est, son utilisation est automatique à force de répétition, d'usage ( c'est ça le drill ?). Du coup aujourd'hui, je me fiche un peu des fioritures et de tout le tralala en tant qu'usager ( je ne me place pas en tant que "bricouteforgelier", où là ma posistion est différente, j'apprends et je recherche...) et mon cahier des charges est minime, le couteau est pliant manche en bois, le moins de pièces possibles, facile à affuter, lame bloquable, si j'écorne la lame, facile à réparer, si je paume le couteau j'achète le même ( en vente partout !) pour une somme dérisoire.
Bon c'est ce qui correspond à ma démarche en ce moment hein. ça ne veut absoluement pas dire que je détiens "la" vérité !

04 mai 2008 à 10:44:41
Réponse #28

Kilbith


 :love:

Moi ce que je j'aime....c'est quand mes modestes contributions suscitent des réflexions intéressantes comme celles que vous faites!  :doubleup:

"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

04 mai 2008 à 10:53:36
Réponse #29

Berhthramm


Mon souçi c'est qu'en situation un peu agitée, les macanismes conscient s'effacent et la motricité fine avec et que dans ces cas là ou par simple manque de concentration dans d'autres, je préfère avoir une sécurité.

Toutefois, ce choix n'engage que moi, bien sur.

Merci Patrick, la réponse est tout à fait claire et je comprend mieux (j'utilise des couteaux dans des situations diverses depuis que je suis gamin et en particulier un gros Leuku Jarvenpaa (qui doit avoir 25 ans et qui n'a pas bougé d'un poil) et je n'avais jamais eu de problème mais je n'ai jamais eu à l'utiliser dans la situation que tu évoques... Pareil avec mon Dufort que j'utilise en camp, par contre celui-là c'est clair qu'il arrive souvent que les personnes qui me l'empruntent se coupent...

04 mai 2008 à 12:29:03
Réponse #30

Patrick


Ca, c'est parceque tu n'utilise pas de couteau sans rien ;D ;)
La plus part de mes couteaux n'ont pas de garde et je pense que la façon de le prendre est devenue inconsciente.
En meme temps, pour que ça marche, il ne faut pas changer de surin tous les 2 jours...  :lol:

Et puis, ça depent beaucoup de la forme du manche. Ceux d'Eric font partie de plus ergonomiques que je connaisse.

Enfin, on peu debattre durant des heures... ::)

Je file faire un surin avec une garde... ;D
Mon renardeau préféré, tu sais que je suis un grand fan de ta production et sur toutes les photos que j'ai de celle-ci il y a bien 85% ou il y a une séparation quelconque avec la lame  ;)

04 mai 2008 à 14:38:06
Réponse #31

P-H


C'est pas faux... ;D
Meme si elle ne protege pas, elle permet au couteau de "trouver sa place" dans la main...

05 mai 2008 à 18:35:46
Réponse #32

Kilbith


Bonsoir,  :)

Le choix final....chez le coutelier

Rappel : les deux couteaux.






A la fin, il ne doit en rester qu'un  :o


Après un accueil chaleureux et avant le visite de l'atelier, j'ai été mis en présence des deux couteaux. Comment choisir :

Il y a les aspects "objectifs" : qualité de l'émouture, rectitude de l'emmanchement, éventuelles tapures....Les couteaux ne pouvaient être départagés. Cela ne veux pas dire que tout était parfait, rien n'est parfait dans ce monde. Si on veux un couteau parfait, il faut s'adresser à un mécanicien et faire réaliser son couteau sur une machine à commande numérique. La perfection ultime c'est soit ch*ant, soit dangereux.

Le n°2 était un poil plus ventru de lame(c'était dans le CdCf initial) mais le manche avait un très léger nœud sur la gauche avec une fente de 1,5mm au milieu du nœud. Le n°1 avait un plus beau manche et une émouture plus attirante...mais peut être une lame pas "pile poil" dans l'axe.....Dans les deux cas plus des impressions que des défauts.

Le choix a été difficile, et c'est la main qui a été le juge final. Seule la main peut apprécier l'équilibre général et l'ergonomie du manche. Le N°1 était plus ergonomique pour moi (léger renflement du manche sur le dessus) mais l'équilibre général ne me convenait pas.....Souvenons nous de la phrase d'Anaxagore de Clazomène :

"L'homme pense parce qu'il a une main"


Après un long moment à soupeser l'un et l'autre, ne pouvant acquérir les deux, j'ai en définitive pris le n°2  : à cet instant j'étais déjà inconsolable de la perte du n°1  :(


Caractéristiques :

Poids avec étui (cuir tanné végétal apte à conserver une lame carbone + cire d'abeille, d'où les moirures) : 250gr.
Poids du couteau seul : 165gr.
Longueur totale : 23,5 cm
Longueur lame : 11,1 cm
Largeur de la lame : 3cm au ricasso.
Epaisseur : 4mm environ
Emouture quasi droite partant de 5mm du bord supérieur.


Voici la bête :
















AMHA : Pas trop moche !   :closedeyes:


Il a un tranchant extraordinaire NIB (comme dirais Vivien). Je n'ai rien de comparable à l'exception d'un prototype BarkRiver en acier inox indéterminé mais vraisemblablement "à poudre", affilé par James. Mais ce proto est un couteau bien moins imposant, moins épais. Ce couteau coupe comme un rasoir et pourtant il est plus épais et n'a pas d'émouture creuse.

On ne peut pas atteindre un tel tranchant sans un grain d'acier extraordinaire. C'est vraiment sur ce point que Plazen   est incroyable.  :love:


Test :
On coupe du papier Clairalfa 80gr. à la volée. Facile. On coupe avec le poids du couteau en faisant des "S", moins facile. On coupe de petit hérisson dans le papier d'une épaisseur inférieure à la lame, pas facile du tout. On arrive à "peler" une feuille de papier dans l'épaisseur : test ultime AMHA.

Voili voili...J'ai essayé d'être précis, méthodique et objectif : j'espère que cela a été intéressant ET informatif.

did, ;)



(Aaaarghhhh ! j'entends des crissements de pneus et des claquements de portes....ce sont les sbires du NKVD_7 envoyés par BigManitouov dit "Beria" : je reconnais Maximoff, Corinoff, Patrickoff, Kartofeloff, Survivalfredoff, Fabsoff et l'infâme Bloodyfrogoff suivi de l'affreux Campoff!....ils ont même amené l'expert du domaine afin d'obtenir des aveux  particulièrement spontanés (mais quand même très très très détaillés) : l'horrible Humpfroff ! )

 :o :o :o :o
« Modifié: 05 mai 2008 à 19:22:07 par Did »
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

05 mai 2008 à 18:49:16
Réponse #33

Berhthramm


plazen est dans mes 3 couteliers préférés (avec Dufort et Delaunay), ce que tu dit de l'homme (au delà de l'artisan, c.a.d aussi le type capable de partager, de faire visiter, d'expliquer) et montres de sa production ne fait que me conforter dans mon idée : "un jour j'aurais un Plazen" (pour avoir déjà franchi le cap du couteau artisannal avec mon Dufort, je redis que c'est un moment assez unique que de concevoir, discuter et faire faire ce qui sera SON couteau)... Tu nous tiendras au courrant de la suite des tests ?

05 mai 2008 à 19:11:34
Réponse #34

Kilbith


pTu nous tiendras au courrant de la suite des tests ?

Je ne vais pas faire de test de "solidité". Ce couteau n'est pas fait pour ça. Dans un contexte "vie sauvage" il faut l'utiliser conjointement avec une hache. Volontairement le traitement thermique et le choix de l'acier font que ces couteaux sont destinés à couper. Ils ne sont pas destinés à être maltraités.

Si on veux un excellent compromis solidité/coupe il faut plutôt s'orienter vers une réalisation de ce type là : :love:



http://www.davidmanise.com/forum/index.php/topic,2756.0.html

Une superbe réalisation de Grinch en A2 (acier potentiellement très résilient mais un bon poil moins apte à faire du grain extra fin que le XC130) inspiré du design du carcajou. Grinch travail aussi, de son coté, dans le sens de l'obtention d'un pouvoir de coupe maximal, dans ce cas il utilise du 100C6 (acier à roulement). La méthode est différente, chaque artisan ayant une approche particulière de l'expression de sa personnalité par l'intermédiaire de la lame....
« Modifié: 12 mai 2008 à 14:34:29 par Did »
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

05 mai 2008 à 19:50:11
Réponse #35

Berhthramm


Did, je suis souvent un peu demeuré mais je parlais pas forcément de test de solidité, il ya plein d'autres façon pour qu'un couteau tienne ses promesses, je pensais plus à :

- est il sur le terrai bon à ce que tu avais prévus ?

- le tranchant est il durable ? (ça je suis quasi sûr que oui)

- est il facile à ré afuter quand le besoin s'en fait sentir ? (c'est souvent une crainte avec les tranchant au delà des 55 HRC)...

bref tu le sais bien semble t-il est moi aussi : il n'y a pas que le wood-chopping, le batonnage et autre joyeustés mahousse dans la vie d'un couteau...

;)


05 mai 2008 à 21:00:27
Réponse #36

Kilbith


Re Berhthramm,  ;)

Je me doutais bien que tu ne t'attendais pas à du bâtonnage. Mais j'ai saisi l'occasion pour bien repréciser le contexte d'utilisation précis de ce couteau. Le gulo, que je cite, était spécifiquement conçu pour être très solide, c'était dans le cahier des charges. Et en plus il coupe vraiment bien, comme un couteau "normal". :up:

Pourles tests cela coule de source, mais il faut attendre septembre pour les tests en "situation"...
 
*AMHA, l'acier XC130  tel qu'il se présente ici, doit pouvoir s'aiguiser relativement facilement : il n'y a pas que la dureté qui interviens, surtout que de nos jours les pierres "extra dures" sont courantes. Il y a aussi l'émouture et surtout la grosseur du grain et la répartition des carbures.
*Je ne vais pas tester, mais je pense que ce couteau n'est pas si fragile que cela. Même si cela reste un acier très fortement carburé, donc structurellement très fragile. D'une part le grain fin est un facteur de solidité, d'autre part c'est un sandwich.
Enfin, le montage à soie traversante rivetée noyée dans l'araldite avec le cerclage de fer et une grosse épaisseur de buis (bon isolant thermique) inspire toute confiance. Même sans l'araldite, le montage est impeccable.

(surtout pas l'énerver, Berhthram, avec un nom comme ça....  ^-^ )


PS : ce topic a, avant tout, pour objet d'illustrer une démarche d'acquisition d'un couteau custom. Il m'a semblé que ce serait utile à certain forumeurs voulants survivre dans l'enfer du marché de la coutellerie. Ne serait-ce que pour séparer le bon grain de l'ivraie.
Le couteau en question n'est là qu'à titre d'illustration (enfin : pas tout à fait...ne soyons pas faux d*rche).
N'étant pas un couteau spécifiquement "survie" je n'en aurais pas parlé, ici, s'il s'agissait juste de faire étalage de quincaillerie.  ;)
« Modifié: 12 mai 2008 à 18:02:32 par Did »
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

05 mai 2008 à 21:33:54
Réponse #37

Berhthramm



PS : ce topic a, avant tout, pour objet d'illustrer une démarche d'acquisition d'un couteau custom. Il m'a semblé que ce serait utile à certain forumeurs voulans survivre dans l'enfer du marché de la coutellerie. Ne serait-ce que pour séparer le bon grain de l'ivraie.
Le couteau en question n'est là qu'à titre d'illustration (enfin : pas tout à fait...ne soyons pas faux d*rche).
N'étant pas un couteau spécifiquement "survie" je n'en aurais pas parlé, ici, s'il s'agissait juste de faire étalage de quincaillerie.  ;)

yep, tafdak avec toi et aussi sur le fait que ce genre de démarche pointue tu ne peux l'avoir que dans le dialogue avec un coutelier pro, bien sûr c'est en partie possible avec une lame indus, mais l'industriel prends pas ta taille de main, il discute pas avec toi de ce que tu vas faire en te conseillant éventuellement sur des choix.... personellement j'ai eu il y a 18 mois la démarche custom, je pensais que ça serait trop cher pour moi, j'ai demandé, proposé un dossier avec à la fois un cahier des charges de pièces archéo (ça je savais faire), une discussion sur l'acier, la trempe, le montage... on a adopté certains compromis moderne pour plus de praticité ou de sécurité ) on est finalement tombé d'accoird sur un ensemble de paramétres, ensuite Bruno a concretisé le projet... Je regrette pas un cents d'€ e ce que j'y ai mis etvraiment j'encourage tous ceux qui se pose la question du "et si je me faisait faire un couteau ?" de sauter le pas, c'est sans commune mesure avec le monde de l'indus... et le couteau artisannal ce n'est pas seulement (voire même surtout pas) le couteau d'art destiné à rester dans une vitrine et si compliqué qu'il n'a plus rien de l'outil, de l'arme du bons compagnon...

:)

« Modifié: 05 mai 2008 à 21:42:20 par Berhthramm »

05 mai 2008 à 21:39:46
Réponse #38

humpfrey


Je tiens à remercier personnelement Did pour cette review... Le frangin du tien est maintenant réservé et bientôt strasbourgeois... ;D Donc il n'est pas tout à fait "perdu de vue" pour toujours  ;D ;)
« Modifié: 05 mai 2008 à 21:48:22 par humpfrey »

05 mai 2008 à 22:00:18
Réponse #39

Anke


Berthram, faudrait que tu nous montres le couteau et puis que tu expliques tes choix et tes compromis. Avec l'expérience de Did en amont ça pourrait surement apporter beaucoup, déjà qu'avec ce post on a eu pas mal de richesse et de connaissances partagées, du coup on en aurait encore plus !


Anke toujours curieux depuis 1957. ( ça y'est re-crise de Kentonïte aigue....)

05 mai 2008 à 22:03:32
Réponse #40

Berhthramm


Si Did est d'accord pour pas non plus brouiller le post, mais ça resterait dans le thème je crtois).

05 mai 2008 à 23:01:02
Réponse #41

Kilbith


Did non seulement il n'est pas proprio des lieux mais en plus il n'est pas "d'accord" : il est totalement pour  :doubleup:

M'enfin ce n'est pas pour faire de l'onanisme ce forum c'est pour ECHANGER !

 ^-^  ;D
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

06 mai 2008 à 13:01:53
Réponse #42

Berhthramm


Donc à moi de préciser la démarche qui m’a amenée au final à être le très heureux propriétaire et utilisateur d’un couteau artisanal forgé.

Pour mes activités de reconstitutions je cherchais un couteau regroupant plusieurs paramètres (par ordre croissant d’importance) :

1.   une historicité certaine ou pour le moins fort probable…

2.   la possibilité de l’utiliser pour des tâches multiples tout en ayant en tête que le couteau universel parfait n’existe pas… et la certitude que ce couteau ne me lâche pas.

3.   une esthétique qui me convienne (vu les répercussions de la démarche autant avoir au final quelques chose qui me fasse plaisir en tout point)

4.   un budget de l’ordre de 250-350€ (je reste volontairement vague mauis c'est le max que je pouvais mettre)

Une fois ces point fixé j’ai essayé d’y répondre simplement pour définir un cahier des charges :

1.   j’ai fait une compil de différentes sources existantes et finalement opté pour un seax de type II (classification de Wheeler), c’était encore à une période ou j’étais très accro aux classifications archétypiques. Le type II est relativement répandu, il est probable en Normandie (une difficulté de la reconstitution normande au XIième : les sources archéologiques ne foisonnent pas (ni le climat, ni la nature du sol ne s’y prête je crois)). C’est aussi une forme de couteau peu refaite en reconstitution moderne… Par analogie moderne ce type de forme serait maintenant appelée « sheepfoot » mais le type II est vaste on pourrait y revenir… Cette forme je l’aime bien, elle est original mais elle est aussi à mon sens très fonctionnelle pour pas mal de travaux communs en camp… Pour le montage c’était forcément un montage sur soie (y a pas de plate semelle à la période considérée).

2.   j’ai essayé de définir quelles étaient les tâches dévolues à ce couteau (hormis la marque ostentatoire de « je crâne, j’ai un beau couteau »)… il fallait donc que ce couteau soit à même de :

-   travailler le bois en bâtonnant ou en choping pour préparer le bois pour le feu, tailler des pointes facilement (emmanchage de lance, réparation de piquet de tente), graver éventuellement, écorcer facilement et proprement (bouleau)…

-   cuisiner en découpe de viande (souvent du lard) et de légumes, couper dans du gros pain large des tranches propres, etc…

-   couper du cuir sur des découpe précises (ce n’est pas sa destination cependant j’ai mes couteaux de savetier pour ça)… couper précisément pour diviser des plumes (confection de flêches, je suis pas archer mais c’est un truc qui me trotte parfois).

3.   pour l’esthétique, j’aime les manches en cerf poli, au-delà d’être historiquement correcte ça me plait (enfin seulement les manches en cerf poli à blanc)… je voulais un talon et une « garde » (ce n’est pas une vraie garde car elle ne dépasse pas) en laiton, légérement décorée (des points comme on retrouve sur pas mal d’objet de la période).


Et ensuite arrivé le choix de l’artisan, j’avais un premier paramètres : qu’il soit français parce que j’avais l’envie de soutenir un de ceux qui font le pari d’en vivre et aussi parce que ça faciliterait pas mal la communication surtout technique. Il y a donc trois couteliers que j’apprécie dans ce cas :

-   Duffort
-   Delaunay
-   Plazen

J’ai éliminé le dernier parce que le seax sortait un peu de sa production habituelle et pour des difficultés à le joindre (mais un jour j’aurais un Plazen c’est sûr mais pas un seax).

Delaunay a commis pas mal de très beaux seax (normal vu ses centres d’intérêts initiaux) mais avait annoncé dans un post sur forgefr à la période ou j’étais dans ma démarche d’acquisition ne plus avoir très envie de faire des montages sur soie… J’ai donc écarté Delaunay (mais un jour c’est sûr j’aurais un Delaunay et ce sera surement un seax).

Il restait donc Bruno que j’ai contacté facilement (via son mail), le choix était quand même assez naturellement tourné vers lui, non que ce soit un spécialiste du seax mais il est reconnu comme capable de produire de très bon couteaux de camps mais aussi de très bonnes répliques historiques (far-west et histoire américaine). Je lui ai exposé le projet pour lequel il a répondu ok du moment que je fournissais un croquis précis de ce que je voulais.

Les dimensions ont été définies dans un compromis raisonnable entre utilisation-poids-fiabilité-prix donc une longueur de lame de 24 cm une épaisseur importante pour pouvoir batonner tranquille donc 6 mm (j’étais partis sur plus (8mm) mais Bruno m’a conseillé sur ce compromis longueur-épaisseur et j’en suis content), avec un longueur total de 36 cm. Le poid est plutôt sur l’avant ce qui lui donne une bonne inertie en impact pour le choping.

Le choix des aciers était entre XC100, XC 75 ou 55S7, après discussion on s’est orienté sur le XC75 il correspondait bien à l’usage, la longueur de lame n’appelait pas absolument un acier ressort, je suis un utilisateur « raisonnable » (c'est-à-dire conscient de ce qu’il a en main et de ce pourquoi c’est fait), en plus Bruno est très habitué à cet acier (c’est aussi un déterminant important).

Les émoutures là je m’y perd un peu, plates, convexes, concaves, je ne sais jamais comment me déterminer et en fonction de quoi… J’ai donc laissé carte blanche à Bruno en fonction de l’utilisation prévue et de ses habitudes. Au final : emoutures plates légèrement bombées aux extrémités (tranchant et jonction avec le plat).
 
La soie est semi-traversante forcée-collée et rivetée, le rivet est pas histo (pas de trace sur les pièces archéo, mais ça c’est un compromis de sécurité au vu de l’usage prévu. Le manche est en bois de cerf (pas de l’européen cependant mais c’est pas grave) plus ou moins fossilisé (séjour long dans une atmosphère très sèche et ensoleillée (désert de l’Arizona). Les rondelles en laiton décorées sobrement…L’équilibre et la prise en main sont impec, le manche est plus large à la base qu’au cul, ça ne gène pas y compris en frappant (j’avais un peu peur qu’il m’échappe) et même avec les mains poisseuses, humides et boueuses ça tient (testé en situation en particulier sous des trombes d’eau à Eu l’année dernière)… La taille et le confort du manche n’amène pas de fatigue à l’usage, ni d’ampoule ou de conflit cutané.

Le ricasso n'est pas historique, c'est un compromis pratique et voulu sur un couteau de camp fonctionnel. Il est sensé facilité le montage (ça c’était à la limite pas mon problème, mais aussi l’affûtage)… Au départ je n’en voulait pas, au final on a opté pour un compromis minimaliste.

La trempe est différentielle par chauffe sélective.

J’ai pris l’option sans étui, d’une part parce que je préférais mettre mes billes financière sur le couteau, d’autre part parce que je travaille le cuir et tertio parce que les étui de seax c’est un peu particulier et en dehors de ce que fait Bruno usuellement…

Une fois tout cela bien défini on a aussi précisé le niveau de finitions qui était aussi un des postes ou gagner un peu de budget était possible (il y a par exemple une grosse différence de temps passé pour le coutellier entre un poli miroir, un satiné sans trace ou un satiné au 600 avec des légères traces de forge (mon option au final parce que j’aimais bien cet aspect là aussi)).

En définitive voici le résultat de notre démarche :










L’étui que je lui ai fait :



Dans la pratique c’est un excellent couteau surtout pour tout ce qui est bois, la pointe permet aussi des découpes précises un peu comme ce que l’on aurait avec un cutter et bien plus que ce que l’on a avec une pointe classique… Pour la cuisine je dirais que pour ce que je lui demande c’est sans soucis, petit bémol en ajoutant que si le tranchant descendait un poil plus bas que la ligne du manche ça serait plus pratique mais ce n’est pas historiquement correcte et à la base ce n’est pas un pur couteau de cuisine non plus… il est très efficace sur les jambons secs un peu durs ou ce genre de chose… Pour manger bien sûr cette taille de lame n’est pas des plus pratique mais pour ça j’ai un petit puukko. Avec ce type de manche on ne batonne pas non plus au cul du couteau, ce n'est pas du tout adapté (le laiton c'est pas top pour prendre des coups) mais ce n'est pas dans mes pratiques de toutes manières.

Pour l’affûtage c’est du XC75 bien traité par un très bon pro (c’est mon avis) c’est donc un affûtage facile et rare, le fil bouge en fait très peu même sur des usages poussés.

Je ferais quelques photos ou video de test...



« Modifié: 06 mai 2008 à 14:11:49 par Berhthramm »

06 mai 2008 à 13:16:00
Réponse #43

Kilbith


 :)

C'est vrai que les scramasaxe, les angons et les francisques cela me trotte dans la tête depuis un moment....  ::)


Je trouve la réalisation bien belle, et l'étui fantastique (respect). J'aimerais avoir ton avis sur deux points :

Pourquoi un montage de type soie dans les couteaux de cette époque ?
Pourquoi un simple emmanchement en force ?

C'est réputé moins solide...pourtant les gens de l'époque étaient plus des utilisateurs que des collectionneurs. C'est étonnant cet aspect cheap des emmanchements, alors que les étuis sont super sophistiqués !

"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

06 mai 2008 à 13:54:59
Réponse #44

Berhthramm


on retrouve les deux emmanchements : forcé ou traversant, d'ailleurs là comme on est pas sur une soie traversante on est assez dans l'entre-deux, mais il y a aussi tellement de niveau différents de finitions et de richesses sur les seax retrouvés depuis le pur utilitaire ou couteau de prestige, bien que pleinement fonctionnel, (avec incrustations d'or (rare car trés peu prisé) ou d'argent ou de cuivre, parfois avec des ME FECIT extremmement prestigieux... C'est un outil, une arme mais aussi la signature ostentatoire d'un statut (celui d'homme libre)... La qualité et le soin d'ensemble est donc aussi en rapport avec ceci : du trés élevé au trés bas, fait à la maison et emmanchés rapidement, au besoin sur des materiaux de récup (une lame cassée n'est pas jetée, ça c'est un concept moderne, elle est reconditionnée en lames plus courtes (pas mal d'exemple là dessus)...

Par contre on retrouve trés peu (voir 0 à ma connaissance) plate semelle : trop consommateur d'acier, pas confortable par temps froids sans gants (ça c'est une supposition)...

Pour le reconditionnement des choses usées ou usagers c'est une importante caractéristoque du MA, surtout chez les gens modestes (mais pas seulement) : on ne jette rien, ou du moins tout est reconditionné et réutilisé (pas forcément par le proprio initial d'ailleurs)...


06 mai 2008 à 14:00:19
Réponse #45

Kilbith


o

Par contre on retrouve trés peu (voir 0 à ma connaissance) plate semelle : trop consommateur d'acier, pas confortable par temps froids sans gants (ça c'est une supposition)...


Peut être aussi un problème de transmission des vibrations....?
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

06 mai 2008 à 14:09:38
Réponse #46

Berhthramm


peut-être mais je crois vraiment que la problématique consommation d'acier reste primordiale : l'acier est cher, autant l'utiliser à de l'utile et étirer une soie à la forge c'est assez basique, d'autant que le forgeron part d'un lopin (alors qu'en concept moderne on part souvent d'un plat)... la rareté de l'acier conditionne d'ailleurs pas mal la typologie de l'armement du clampin de base (ce que je reconstitue à peu de chose prés (je me suis plutôt sur du "moyen de gamme") : la lance (peu consomatrice de métal, terriblement efficace, assez facile à apprendre), le couteau ou la petite hache (le plus souvent en back-up et bien connu parceque déjà des outils), aprés d'autres trucs sont des armes de spécialistes (l'épée, la grande hache danoise)... éventuellement même pour le clampin basique, civil qui vient remplir son devoir,  l'équipement est trés codifié (et fait l'objet de loi)... oups mais je m'éloigne un peu du sujet.

06 mai 2008 à 14:35:20
Réponse #47

lambda


Salut!  :)
Tout d abord, behrthramm, ton "processus de decision" est vraiment clair et on percoit bien:
- primo: une belle association entre tes connaissances historiques pointues et le souci de faire revivre l outil pas seulement en representation ou illustration d un epoque revolu, mais aussi fonctionnellement, en tenant compte de tes vrais besoins.
Chapeau!  :doubleup:
- secundo: ton souci de faire bosser les gars de chez nous et de mettre en valeur leur boulot, tout en montrant que le futur client d un coutelier forgeron n est pas forcement passif, et que finalement c est un travail d equipe quelque part. double chapeau!  :doubleup:  :doubleup:

Pour la rarete de l acier a l epoque, je crois que c est aussi pour cette raison que les techniques de Sandwich et tranchants rapportes etaient bien presentes a l epoque ...

a+,
Lambda
"I want to live in a society where people are intoxicated with the joy of making things." William S. Coperthwaite

06 mai 2008 à 14:48:03
Réponse #48

Berhthramm



Pour la rarete de l acier a l epoque, je crois que c est aussi pour cette raison que les techniques de Sandwich et tranchants rapportes etaient bien presentes a l epoque ...



yep, c'est en particulier le point de naisance du "pattern welding" (qui n'est pas du damas à proprement parlé et j'ai pas le terme français pour ça (à force de trainer avec des gens d'horizon multiples (anglais, hollandais, polonais, allemands, aùéricains)  pour qui l'anglais devient la langue universelle on arrive à plus pouvoir-savoir bien parler la sienne).... mais au XIième la technique sans être perdue devient désuète et les lames homogènes sont les plus courrantes (peut de trace de lames composites sauf sur des lances je crois et là c'est surement du pur décoratif et ce sont des lances de prestiges).

ça me plairait justement beaucoup cette affaire de Pattern-Welding et tranchant rapporté, ça fera surement parti d'un autre processus de décision coutelière... la question étant ensuite oserais je l'utiliser à plein, parceque si c'est pour faire joli je trouve ça super dommage pour l'artisan, pour le couteau, pour le concept... un peu comme une belle voiture qu'on laisserait au garage pour pas risquer de la salir ou de l'user... (bon mais j'aime pas les voitures moi... c'est juste un truc utile parfois).


12 mai 2008 à 14:29:42
Réponse #49

Kilbith


Bonjour,

Une petite précision venant du "fournisseur" concernant le montage de ses couteaux : je rectifie.

Extrait du Mail de Monsieur Plazen : "Bonjour... la virole n'est pas noyée dans l'Araldite, il n'y a pas un pet de colle ou de résine dans mes couteaux ...."

Excusez-moi   :-[
« Modifié: 21 octobre 2009 à 08:16:26 par kilbith_2 »
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

 


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avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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