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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Quelle attitude adopter face à des loups ?  (Lu 40968 fois)

23 avril 2008 à 10:09:22
Lu 40968 fois

Simon.


Bonjour,

Je suis dans la préparation de ma prochaine marche de cet été au Kirghizistan (en Asie Centrale). Dans le massif du Tian Shan exactement. J'ai lu que ce massif abritait "des lynx, des loups, des sangliers et des ours bruns" (quant aux léopards des neiges, il ne devrait pas en avoir là ou je vais)

Pour les lynx et sangliers, je ne m'inquiète pas trop. Pour les ours, je n'arrive pas à trouver d'infos pour l'instant (population, localisation...), je sais juste que c'est des Ursus Arctos et que l'attitude à adopter est différente en fonction des d'ours, faut encore que je me penche dessus (j'ai lu plusieurs postes déjà et j'ai un ami qui s'y connaît un peu)


Par contre pour les loups, il y en aurait 4000 dans le pays (www.ours-loup-lynx.info) et je sais déjà que je vais traverser des "territoires de loups" :blink: Je ne suis pas sûr qu'ils soient aussi sage que nos loups du Mercantour, et du coup je me pose la question, quelle attitude adopter face à eux ? Par exemple (surtout) lors d'un bivouac, s'ils rodent autour de ma tente...

Faut il plutôt :
- que je reste dans ma tente à faire du bruit... ?
- que je sorte et que montre que je suis là... ?
- que je les éblouisse avec ma frontale... ?
- que j'oriente ma frontale vers moi pour me montrer... ?
- que j'utilise un sifflet à ultra son... ?
- que... ?  >:(


Ou alors, est ce que finalement je m'inquiète pour rien ? :)


Merci.
Laisse ton esprit s'évader et tes pieds suivre tes rêves.
Carnets d'aventures : www.dubuis.net
Guide Apacheta : www.apacheta.fr !

23 avril 2008 à 10:12:36
Réponse #1

DavidManise


Tu seras là à quelle période de l'année ?

David
"Ici, on n'est pas (que) sur Internet."

Mon PATREON -
Stages survie CEETS - Page de liens a moi que j'aimeu

23 avril 2008 à 10:14:57
Réponse #2

Simon.


Laisse ton esprit s'évader et tes pieds suivre tes rêves.
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23 avril 2008 à 10:35:55
Réponse #3

Bink


Salut

J'avais lu que les loups craignent le feu. Mais c'est évident que quand tu dors, tu ne peux pas te précipiter faire du feu quand tu entend un loup. Peut-être une sorte de torche, ou alors tu prépare tout le nécessaire a coté de ta tente avant de dormir de quoi faire un feu rapidement (bois, amadou...).

Sinon moi j'avais la même question pour les ours. Et je me demandais s'il fallait agir différemment si c'était des ours de Scandinavie ou du Canada.

23 avril 2008 à 11:06:30
Réponse #4

Simon.


Salut

 :o La peur ancestrale du loup refait surface  ;)

Comme le loup est avant un animal très craintif et qu'il
s'attaque plus que très rarement à l'homme surtout si
celui ci n'est pas affaibli, je crois qu'il n'y a aucune
crainte à avoir !

Oui, habituellement ca me fait marrer, quand je parle de mes marches (aussi bien dans les Alpes que au bout du monde) à des personnes qui sont à mille lieux de ce genre de chose, le discourt est toujours le même :

- mais t'as pas peur tout seul ?
- peur de quoi ?
- bah, je ne sais pas, des bêtes ?
- quelles bêtes ? (et là je sens le loup venir)
- euh.... les loups ?

A tout les coups ca marche :D C'est vrai que la peur ancestrale des loups est toujours très présente.
(Y a aussi la question, comment tu te laves ? Qui revient souvant, mais ca c'est un autre sujet  :))

Dans l'absolue croiser un loup dans la journée, ca me fait pas peur, mais, disons que je me renseigne dans le cas où je me retrouverais avec une meute autour de ma tente la nuit parce que je serais par exemple sur leur territoire de chasse :(
« Modifié: 23 avril 2008 à 14:32:30 par Simon. »
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23 avril 2008 à 11:08:55
Réponse #5

Ishi


TAFDAC avec J.Phil
A moins que tu ai un gros pépin de santé style entorse ou pire, tu ne risques pas grand chose avec les loups.
Surtout en partant en juillet car c'est une période ou les loups ont peu de problèmes pour se nourrir.
Je dirai même que tu as de fortes chances de même pas les voir (ou du moins, si tu les voies, ce sera avec le regret de ne pas les avoir eu plus proches).
Si par contre, tu te retrouve coincé suite à un quelconque problème de motricité,  le feu est un très bon répulsif.
Steph qui marche avec les loups depuis 1967  ;)
La terre n'appartient pas à l'homme, l'homme appartient à la terre.

23 avril 2008 à 14:31:10
Réponse #6

tsjok


juste pour le dire ; en Finlande , on te dit que si tu as de la chance , tu entendras le loup ...
donc je t'envie !!!!

23 avril 2008 à 15:28:54
Réponse #7

François


Salut

 :o La peur ancestrale du loup refait surface  ;)

Comme le loup est avant un animal très craintif et qu'il
s'attaque plus que très rarement à l'homme surtout si
celui ci n'est pas affaibli, je crois qu'il n'y a aucune
crainte à avoir !


Attention quand même, au Kazahstan voisin, il y a deux races de loups : les loups des steppes, assez semblables à nos timides loups d'Europe de l'ouest, et des grands loups dits "russes", de la taille d'un molosse et très redoutés.
Infos provenant d'un ami géologue qui a fait de la prospection par là-bas, et dont la voix tremble encore quand il raconte sa rencontre (finalement sans dommage) avec l'un de ces derniers.
Espérer le meilleur, prévoir le pire.

23 avril 2008 à 15:44:23
Réponse #8

PiR


Salut,

http://www.loup.org/spip/IMG/pdf/doc-78.pdf

La peur du loup dans nos région viens du moyen age ou les loup mangeaient les cadavres sur les champs de bataille (Il me semble avoir entendu ou lu que la viande humaine après  quelques jours de fermentation avait une odeur de viande de chevreuil)

23 avril 2008 à 15:51:09
Réponse #9

Ishi


(Il me semble avoir entendu ou lu que la viande humaine après  quelques jours de fermentation avait une odeur de viande de chevreuil)

Ahh alors bon appétit  :lol: :lol: :lol: :lol:
Steph qui n'a jamais senti de viandes humaines décomposés depuis 1967.
La terre n'appartient pas à l'homme, l'homme appartient à la terre.

23 avril 2008 à 16:44:02
Réponse #10

François


Il a fait l'objet d'une attaque ?

Il se sont retrouvés face à face par surprise en haut d'une colline. Après un temps d'observation puis un festival de grognements d'un coté et d'injures en breton de l'autre, ils sont repartis chacun de leur coté, aucun des deux n'ayant sans doute assez faim pour tenter de manger l'autre.
Espérer le meilleur, prévoir le pire.

23 avril 2008 à 17:18:32
Réponse #11

Bison


Bonjour,

Des précisions svp!

Citation de: François
puis un festival de grognements d'un coté et d'injures en breton de l'autre

Peux-tu préciser exactement quelles injures?
Ça me plaît, moi, ce genre d'attitude répulsive ...
Un enfant qu'a pas une paire de bottes, une canne à pêche et un lance-pierre, c'est pas un vrai. (A. Gavalda)

23 avril 2008 à 17:52:13
Réponse #12

botchchikii


Salut.

Alors la, je peux apporter un petit peu de mon expérience perso :)
Pour histoire, j'ai passé deux ans au Québec sur le terrtoire d'une meute, pour pouvoir les observer. Seul, sans arme.
Si y'avait un résumé à faire : j'en ai pas vu beaucoup, même si j'etais sur un territoire occupé. Les reactions des loups à chaque rencontre : ils ont toujours choisi la direction opposée à la mienne, que je sois assis, couché, immobile, mobile, en été ou en hiver. je me suis couché devant un loup blessé à la patte arrière et qui avait de serieux soucis pour se déplacer : même résultat : observation, puis retour à ses activités. J'ai vu des loups seuls, en meute (7 ensembles) à une distance allant de 2m à plus de 300. Si je les ai vu, c'est principalement parce que j'ai pris du temps pour marquer ma présence (et ce n'etait pas suffisant : j'y retourne un an de plus). Si tu ne fais que passer, je parie sur 0 loups vus.
 
Tu pars en juillet : ca signifie que la meute est occupée à élever la portée qui est née en mai (environ). Ils passent du temps à trouver de la nourriture pour les petits monstres (qui demandent pas mal de viande en juillet deja). Tu ne fais pas partie du menu.

Pour info également, je repars bientot pour 3 ans dans la même région (bientot la liste de matos ici). Pour le bivouac : un camp de base en toile et sinon un tarp pour les périodes de pistages. C'etait a peu pres le même principe lors des deux premieres années. Autour du camp, les animaux peuvent se rapprocher (la nuit), mais c'est surtout les écureuils qui se sont montrés invasifs (et les souris aussi) (et les moustiques surtout...). Une nuit, deux loups sont restés tout pres du camp (j'entendais leur souffle), mais ils ne voulaient pas rentrer : ils jouaient à proximité.

Un pisteur du Québec a trouvé une tanière y'a un ou deux ans. Les loups leur ont tournés autour pendant la nuit. il était super content de les entendre :D

Une règle pour ne pas etre embété (et c'est surtout pour les ours que je dis ca), c'est de ne pas stocker de nourriture la ou tu dors, ni faire la popote; En foret, stocke ta nourriture et cuisine dans un camp à part assez lojn (300-500m). Dans la pratique, moi je mange en général vers 16-17h, donc je me pose et je mange, puis je repars sur les pistes, jusqu'au soir ou la tu pose ton camp et tu dors.

C'est possible que tu vois des traces, possible meme que si tu reviens sur tes pas, tu t'apercevras que tu as été suivi par ces affreux curieux que sont les loups :D si tu en vois, dis toi que tu as une chance incroyable et profites en :)

Les dangers potentiels avec les loups sont lorsqu'ils sont atteints de la rage. Renseigne toi pour la région que tu visites si cette maladie est encore d'actualité. Cependant, comme les loups sont trsè sociaux, ils subissent en général les problèmes de la rage entre eux (décimation de la meute) sans que ca circule plus loin. L'autre danger est si tu joue au nigeaud et que tu les appates régulièrement pour pouvoir les voir : il y'a risque d'impregnation et donc perte de la crainte de l'homme)

Enfin, je dis ca je dis rien, mais bon. Les loups que je vais essayer d'observer sont pas mal costauds (par rapport aux loups d'origines italiens qui sont dans le mercantour) et franchement, je n'ai aucune crainte à fréquenter une zone peuplée de ces loups (j'y vais meme pour ca en fait ;))

Au final, si tu as toujours des craintes (c'est naturel), je te conseille un truc qui marche très bien : balades toi avec un mousqueton et des clés qui pendouillent, ou parle en te baladant : le fait de faire du bruit évitera que tu surprenne un animal (ours avec ses petits). En t'entendant, ils auront le temps de faire ce qu'ils savet faire : se mettre à distance raisonnable et t'eviter.



23 avril 2008 à 19:28:06
Réponse #13

turbovince


Effectivement, j'ai toujours entendu, de la part de gens sérieux, que le loup n'attaquait jamais l'homme...

Sylvain Tesson avait fixé une clochette à son bâton de marche pour se faire entendre des ours, lors de son périple "L'axe du Loup"
"Le préalable de l'aventure, c'est la petite flamme que l'on a en soi"
Alain Colas

23 avril 2008 à 19:40:44
Réponse #14

botchchikii


Effectivement, j'ai toujours entendu, de la part de gens sérieux, que le loup n'attaquait jamais l'homme...
Ben, il fait se méfier du terme "jamais". Il y'a toujours des exceptions, et des cas ont été prouvés d'attaques sur l'homme.
C'est rarissime (statistiquement, on a plus de chances de gagner le gros lot au loto ;))et le plus souvent dans le cas de rage ou d'imprégnation. dans le principe, il faut considérer le loup et tous les animaux comme des animaux sauvages, et donc potentiellement dangereux : C'est à nous de prendre en compte la présence de ces animaux et de se comporter correctement : pas touche aux bébés, ne pas couper les voies de fuites de l'animal et vu comme ca, tout se passe très bien :) (sinon, je n'irais pas).

23 avril 2008 à 21:06:21
Réponse #15

PlatypuS


J'avais entendu dire que l'homme avait suffisament l'air étrange pour effrayer les loups: marche sur 2 pattes, pue la charogne et autres choses étranges, peut saisir et jeter des objets... en parlant de ça, d'après ce que j'ai entendu, lancer une branche ou une pierre (en cloche, hein, pour qu'il voie bien l'objet venir) dans la direction d'un loup, ou taper sur le sol avec une branche, est suffisant pour le faire revoir ses ardeurs à la baisse (si tant est qu'il en ait jamais eu...).

Si tu es en présence d'un loup qui se montre agressif, les premières questions à te poser doivent être:

_est-il blessé?
_est-il acculé? peut-il s'enfuir sans avoir à se rapprocher de moi?
_Y a-t-il un louveteau collé sous ma semelle? ou présent pas loin?

Mon expertise à 2 balles ::)
« Laeti vescimur nos subacturis. »
« Le savoir est fait de succès. La sagesse est faite d'échecs. »

23 avril 2008 à 21:27:53
Réponse #16

wolf


En tout cas continue à nous faire partager tes voyages  :love:
"Be the type of person that when your feet touch the floor in the morning, the devil says: "aww shit, they're up"   Dwayne johnson

23 avril 2008 à 21:33:50
Réponse #17

Simon.


Merci pour vos réponses :) Et si j'ai tout bien compris, il faut surtout que je m'arme....................... de mon appareil photos ;D

Promis, si j'arrive à en photographier un, je posterais la photo ici ::)
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23 avril 2008 à 22:38:21
Réponse #18

Nävis


La bonne attitude? Tout faire pour se donner une chance de les entendre, et peut-être de les voir! Parcequ'eux sauront où tu es sans même que tu sentes leur présence.

En juillet, les petits sont encore jeunes et ne peuvent pas suivre les adultes. Ils attendent au site de rendez-vous. A certaines heures (surtout en début de nuit) il est parfois possible de les entendre. C'est plus des bruits doux que les classiques hurlements.  :love:

Si ils sont laissés seuls au point de rendez-vous, les plus débrouillards partent parfois explorer les environs, et sont nettement moins prudents que les adultes! Sur un sentier avec des traces fraîches d'adulte, ne pas faire trop de bruit, et garder ses yeux grands ouverts... :love:

Dans les zones où il y a des loups et des éleveurs, il y a aussi des chiens sacrément maousses, agressifs, et souvents seuls; et eux n'ont vraiment pas peur de l'homme. Le danger il est là! :o
Et les vaccinations contre la rage sont rarement à jour... 



31 mai 2008 à 20:46:31
Réponse #19

grominet88


tu ne risque rien des loups , ils sont par nature craintif.

il n'y a que dans les contes où ceux ci mangent les hommes.

31 mai 2008 à 23:30:30
Réponse #20

jeremy


Bonjour,

Je coupe colle ici mon intervention sur l'autre fil. Comme ça me mets les nerfs j'essaie de me convaincre ainsi que j'ai pas trop perdu mon temps finallement.
Je conseille une lecture attentive de ce document à toutes les personnes qui prennent les loups pour ce qu'ils ne sont pas.

http://www.lactualite.com/shared/print.jsp?content=20031209_153126_2168&

Hélène Jolicœur, coauteure avec Michel Hénault du rapport Les loups au Québec: meutes et mystères (daté de 2003), dit :

Autre croyance erronée, l’idée relativement nouvelle qu’en Amérique du Nord les loups ne s’en prennent jamais à l’homme. Certaines attaques bien documentées sont relatées dans Les loups au Québec: meutes et mystères. Par exemple, à Notre-Dame-de-Pontmain (dans les Hautes-Laurentides), en 1974, deux travailleurs forestiers ont été grièvement blessés par des loups.

Voici le document :
http://www.fapaq.gouv.qc.ca/fr/publications/faune/loup/meutes_mysteres_loup.pdf

Et une citation :

Citer
7.2.1 Attaques contre des humains
Malgré la peur que suscite le loup auprès de plusieurs personnes, force est de constater qu’au Canada, les accidents mettant en cause des loups agressifs et des humains sont rarissimes et se soldent rarement par des blessures sérieuses (Mech 1993). Lorsqu’il détecte la présence de l’homme, le loup évite habituellement de le croiser et de se manifester à lui mais il peut aussi éprouver de la curiosité à l’égard de la personne et s’approcher d’elle pour mieux l’identifier (voir encadré page 107; figure 39). À l’occasion, il lui arrive de surmonter cette retenue et de se montrer agressif à l’égard des humains (figure 40). La rage, la peur ou la surprise peut pousser l’animal à adopter une attitude inhabituelle. En 100 ans (1900-2000), seulement 28 cas d’attaques de loup ont été répertoriés dans l’ensemble des provinces et territoires canadiens (Linnell et al. 2002; présent rapport), alors qu’en Europe, en Asie et au Moyen-Orient, on dénombrait, au cours du même siècle, 1 843 attaques dont 556 se sont avérées mortelles (Linnel et al. 2002). La rareté des attaques en sol nord-américain est probablement due à la faible fréquence des rencontres loups-hommes, ce qui a contribué à préserver leur caractère méfiant (Fritts 1993). Ces dernières années, on a cependant noté une recrudescence de cas au parc Algonquin en Ontario (The Friends of Algonquin Park 1999a).

RENCONTRE INOUBLIABLE
Lac Stubbs, 6 mars 1975. La marche était pénible. Je devais faire des poses régulièrement pour enlever la neige collante qui s’accumulait entre mes bottes et mes raquettes. Depuis le début de l’hiver que je suivais des pistes de loups à la recherche de carcasses de cerfs et d’excréments, j’avais appris à doser mes efforts. Reprenant mon souffle appuyée sur un arbre, j’entendis tout à coup un cri lancinant. Un cri anormal. Le genre de cri qui doit précéder la mise à mort d’une bête. Je restai figée un long moment à essayer d’identifier la nature de ce cri quand soudain, je vis à quelques mètres de moi, des buissons s’agiter au bord d’un petit ravin. Avant même de réaliser ce qui se passait, trois loups surgirent à 3-
4 m de moi. Toujours immobile et silencieuse, et absolument fascinée, je les observai s’avancer dans ma direction. Ils marchaient côte à côte d’un pas nonchalant en reniflant le sol. Il fallait vite que je manifeste ma présence pour ne pas les surprendre et les mettre ainsi dans une situation d’autodéfense. À peine eus-je ouvert la bouche et émis un son qui ressemblait plutôt à un croassement que les loups levèrent la tête, m’aperçurent et détalèrent en catastrophe dans la direction opposée. Déçue de la fin abrupte de cette rencontre extraordinaire, je m’élançai à leur poursuite en suivant la trace des immenses bonds qu’ils avaient laissés dans la neige lourde. En vain, ils avaient disparu. Ce court moment me procura une telle joie que j’en fus transportée pour le reste de la journée. Curieusement, la neige
lourde et mouillante ne me dérangeait plus dans ma progression. Je flottais littéralement et je n’avais qu’une hâte, partager au plus vite cette expérience unique. Hélène Jolicoeur Figure 39. Loup méfiant s’approchant tous poils dressés pour identifier un nouvel arrivant (Photo : Pierre Bernier).

En 12 ans (1987-1998), ce territoire a été la scène de cinq attaques de loup. Les bêtes impliquées dans ces interactions avec les humains avaient, selon les autorités de ce parc, un comportement d’abord familier, fréquentant les abords des terrains de camping avant de passer à un comportement plus « agressif ». Sauf une exception, les activités des animaux fautifs s’apparentaient plus à des jeux (e.g., un vol d’oreiller et d’un sac de couchage).

Depuis quelques années, les contacts répétés et inoffensifs avec les humains, tels ceux vécus dans les
parcs, poussent les loups à une trop grande familiarité et audace, ce qui peut entraîner des incidents déplorables (Photo: Fred Klus). Au Québec, quelques incidents isolés impliquant des loups et des chasseurs ont été aussi rapportés. En 1831, Charles Archambault témoigne devant la chambre de l’Assemblée de la province du Bas-Canada que : « l’été dernier, une famille résidant dans les concessions de Beauharnois, a eu un enfant que l’on suppose avoir été emporté par les loups près de leur cabane ». Taylor (1937) rapporte qu’en 1847, un jeune homme aurait été poursuivi par une meute de loups dans le canton de Brome

(comté de Shefford) le forçant à trouver refuge pour la nuit sur un rocher. En 1899, deux chasseurs du nom de Dr Shield et M. Moore, à Lac-Saguay dans le comté de Labelle, sont « attaqués par une meute de ces animaux féroces (loups) et ils n’ont dû leur vie qu’à leur agilité. Ils sont demeurés près de trois heures dans les arbres » (Guay 1983). Une attaque plus grave, bien documentée cette fois-ci, s’est aussi
produite en 1974 à Notre-Dame-de-Pontmain dans les Hautes-Laurentides. Deux travailleurs forestiers ont été mordus par deux loups, vraisemblablement atteints de la rage, sans qu’ils n’aient été provoqués de quelque façon (Constantineau 1984; voir encadré page 110). Plus récemment, à l’hiver 2002, à Valcartier en banlieue de Québec, des skieurs de fond ont été suivis et menacés par un loup solitaire qui se tenait en bordure de la piste (N. Saindon, comm. pers.)12.

Dans tous ces cas, la rencontre avec un loup s’est soldée par plus de peur que de mal. Malheureusement, en ce jour du 24 septembre 1963, il en fut autrement. Un bambin de 4 ans qui jouait dans la cour d’un chalet au millage 110, à proximité du chantier du barrage de Manicouagan 5, a été attaqué par une louve, traîné en forêt et dévoré par celle-ci non loin du chalet (Allo Police, 6 octobre 1963). La cause et les circonstances du décès ont été certifiées par M. Léon Verreault, policier au
chantier de Manicouagan 5, et par le docteur Jacques Beaumont, coroner pour le district du Saguenay. Cet accident reste inexplicable car la louve, de toute évidence, n’était pas atteinte de la rage et n’agissait pas, en apparence, pour défendre sa vie ou celle de ses petits. C’est le seul cas de mortalité attribuable au loup que l’on connaisse.
Ces évènements ne devraient pas inquiéter outre mesure les québécois et les empêcher de fréquenter la forêt car leur incidence est très faible en regard de l’activité humaine qui s’y déploie annuellement. En effet, seulement en 1999, près de 395 millions de jours ont été consacrés à des activités reliées à la nature (FAPAQ 2000), dont un grand nombre passés dans le milieu forestier, sans qu’il n’y ait d’incident impliquant des loups. L’industrie forestière maintient également près 12 Société de la faune et des parcs du Québec de 13 000 emplois annuels en forêt (MRN 2002). Les raisons qui inciteraient un loup à devenir familier ou agressif envers les humains ne sont pas claires. Les louves à la recherche de partenaire lors de la période d’accouplement pourraient se montrer très agressives, une attaque ayant été rapportée dans ces circonstances (Jenness 1985). Le croisement entre des loups et des chiens pourrait aussi expliquer quelques comportements délinquants attribués à tort à des loups (Sloan 1991, Gipson et Ballard 1998).


ATTAQUÉS PAR DES LOUPS1
Je crois que ce récit mérite attention. Il n’y a que deux cas semblables dans toute
l’histoire de la province de Québec, cas vérifiés par des enquêteurs du gouvernement. Cette histoire date de 1974, dans les premières années où je commençais à m’installer sur un petit terrain acheté de Florian Cloutier. Rosaire, fils de Florian, qui demeurait chez ses parents à cette époque, travaillait pour la
Compagnie James Maclaren, au camp 27, dans la région du lac Serpent. Il formait équipe avec Marcel Larocque : il conduisait la « garette » et Marcel bûchait. Comme Marcel avait manqué d’essence pour la scie mécanique, Rosaire, tout près, alla lui en porter avec sa machine. À peine reparti, un loup sauta sans avertissement à la cuisse de Marcel qui cria très fort à Rosaire de lui apporter la hache. Ce dernier me raconte que Marcel, aux prises avec le loup, avait essayé de faire fonctionner sa scie mécanique en toute vitesse mais dans l’énervement il n’avait pas réussi. Rosaire arriva donc avec la hache, mais il fut
incapable de frapper le loup agité sous Marcel qui essayait de lui ouvrir la gueule. Quand le loup aperçut Rosaire, il lâcha prise et recula d’une vingtaine de pieds tout en restant aux aguets. Marcel prit la hache que Rosaire lui apporta pour se défendre et lui « hurla » de se sauver rapidement dans sa machine, à une distance d’environ 75 pieds (22,5 m) du lieu de l’attaque. Rosaire courut vers sa « garette ». Dans sa surexcitation, il trébucha dans un tas de branches fraîchement coupées. En tombant, il fit face
en même temps avec un deuxième loup qui, sans même prendre le temps de grogner ou encore de montrer les dents, sauta d’un bond pour mordre Rosaire dans le haut de son bras droit que ce dernier avait soulevé pour protéger sa figure. Il avait eu à peine le temps d’éviter ainsi une morsure au cou qui
aurait pu être fatale. Rosaire cria à s’époumoner. Marcel arriva vitement pour aider son compagnon sans
défense, le loup lâcha prise lorsqu’il vit Marcel arriver avec une hache. Le loup se retira d’une cinquantaine de pieds (15 m) pour rester là immobile, sans bruit, regardant ses deux proies.
Marcel décrocha les billots derrière la « garette » pour retourner au camp afin de panser les blessures et sûrement faire part aux autres de l’incroyable mésaventure. Rosaire a dû subir une série de quatorze
piqûres au cas où les loups auraient eu la rage. En me racontant cette histoire, il me montre les traces de dents qui paraissent encore sur son bras. Marcel a, lui aussi, des marques de cette attaque inattendue, hors de l’ordinaire. les spécialistes de la faune ne comprennent pas le comportement bizarre
de ces loups. Rosaire me dit que les deux loups avaient des poils de porc-épic plantés autour de la gueule et que même un de ces pics s’était logé dans sa barbe lors de la bataille avec le loup.
Le lendemain matin, lorsque Marcel retourna sur les lieux, les loups étaient encore là. Claude St-Amour, le mécanicien de la compagnie, qui passait dans les environs avec son camion, fit face au loup qui sauta
sur le véhicule pour se prendre la gueule entre l’aile et le pare-chocs. Également des travailleurs en train de charger un camion de gravier non loin de là furent attaqués par ces mêmes carnassiers. Ils durent sauter dans la boîte du camion et leur lancer des pierres pour s’en défaire. Rosaire se souviendra longtemps de cette rencontre quelque peu inusitée et peu rassurante avec les loups du
camp 27.
1 Tiré de Constantineau (1984).

Autre source:
http://www.cyberpresse.ca/article/20060907/CPACTUALITES/60907007/0/FRONTPAGE

Citer
Brenda Wright et sa famille profitaient de leur dernière journée de vacances pour faire un pique-nique à Katherine's Cove, une crique située au coeur du parc provincial du Lac Supérieur. Soudain, une «sorte de chien noir» a surgi pour foncer vers eux, et mordre à la cheville le neveu de Mme Wright, Jake, et son fils de 12 ans, Casey. «Ma première réaction a été de crier: à qui appartient ce satané chien?», a raconté hier la dame de 44 ans, jointe à sa résidence de Sault-Sainte-Marie.

La mère de famille s'est vite aperçue qu'elle avait à affaire à un loup et non à un chien. «Il s'est précipité vers moi pendant que je criais aux enfants d'aller se réfugier dans l'eau. Il (le loup) a mordu ma main et a failli arracher mon doigt», a expliqué Mme Wright, une consultante en décoration.

L'Ontarienne a voulu s'enfuir pour échapper au loup, mais l'animal de 33 kg l'a aussitôt mordue à nouveau, cette fois à la cheville.

Après avoir lâché prise, le loup s'est ensuite jeté sur la fille de 14 ans de Brenda Wright, Emily, qui observait la scène, paralysée par la peur.
Une violente lutte s'est amorcée entre le loup et l'adolescente. Celle-ci a été mordue au visage et aux bras. «Il (le loup) a mis ses mâchoires sur sa tête pour l'attirer dans l'eau, j'ai eu peur qu'il la noie», a confié Brenda Wright.
L'adolescente a eu plusieurs points de suture.

Après cette attaque, des vacanciers armés de bâtons ont volé au secours des Wright. Le loup est revenu un peu plus tard pour fouiller dans le pique-nique de la famille. «Il a même fait une sieste sur notre couverture», a indiqué Brenda Wright, encore sous le choc.

Les Wright n'ont pas été les seuls à tomber entre les griffes du loup ce jour-là. L'animal a mordu au bras une fillette de 3 ans qui se trouvait sur la plage dans le même secteur. Le loup a tiré la bambine sur plusieurs mètres.

Enfin, une autre femme aurait rapporté avoir été mordu par le loup dans les environs le même jour.

Vers 18h, un garde-chasse a abattu le loup sur une autoroute située en bordure du parc provincial.

Après examen, l'Agence canadienne d'inspection des aliments a déterminé qu'il n'avait pas la rage.



7000 loups



Le Québec abrite environ 7000 loups, la quatrième population en importance en Amérique du Nord. Ici comme ailleurs, les loups ont peur des humains. Mais depuis quelque temps, on observe un phénomène nouveau: la familiarisation du loup. «Le loup s'approche des gens dans les campings ou parcs nationaux, un peu comme les ours», a remarqué Hélène Jolicoeur, biologiste à la direction du développement de la faune, au ministère des Ressources naturelles, de la Faune et des Parcs du Québec.

Selon cette responsable des animaux à fourrure et des gros carnivores au ministère, il faut réhabituer les loups a avoir peur de nous. «Avant, les balles sifflaient près de la tête d'un loup à découvert», a-t-elle illustré. Pour expliquer le phénomène, la biologiste montre du doigt le comportement délinquant de certaines personnes qui jettent de la nourriture aux loups. «On ne lui rend pas service, sa place est dans le bois et pas dans notre cour, la tanière de l'humain», a résumé Mme Jolicoeur.

Au Québec, les attaques de loups n'arrivent toutefois pratiquement jamais. «C'est rarissime et on a vraiment dû fouiller dans la littérature pour trouver des cas», a expliqué Mme Jolicoeur.

La dernière attaque remonte à 2002, alors que des chasseurs de caribous avaient été pris à partie par quelques loups dans leur camp de la Baie James.

bien à vous,
I see in your eyes the same fear that would take the heart of me. A day may come when the courage of Men fails, when we forsake our friends and break all bonds of fellowship, but it is not this day. This day we fight!

01 juin 2008 à 00:04:11
Réponse #21

grominet88


des témoins extérieurs? était-ce bien des loups?

Les loups attaquent pour manger, si c'étaient bien des loups, comment expliquer que ses proies leurs échappent aussi facilement? A moins qu'ils protégeaient leurs petits ?

il y a forcement une explication rationnelle à tout cela et non un mystère énoncé dans un article.

Il y en a en europe : tu dois avoir d'autre exemple.( inutile de sortir l'histoire du berger qui a échappé  en courant 200m , pour échapper à un loup lancer à pleine allure juste dérrière lui.)

01 juin 2008 à 01:09:08
Réponse #22

jeremy


inutile de sortir l'histoire du berger qui a échappé  en courant 200m , pour échapper à un loup lancer à pleine allure juste dérrière lui.)
En effet, c'est inutile. J'ai eu mon lot d'histoire foireuse pour les 30 prochaines années.
http://en.wikipedia.org/wiki/List_of_fatal_wolf_attacks

Un article vraiment bien fait et très instructif dont je conseille la lecture à ce qui s'intéressent de près à la question. Moi, j'y ai appris plein de trucs.
http://www.wolf.org/wolves/pdf/wolfattack_nina.pdf
Dedans il y a également une partie sur les biais, si ça intéresse quelqu'un.

Bien à vous,
I see in your eyes the same fear that would take the heart of me. A day may come when the courage of Men fails, when we forsake our friends and break all bonds of fellowship, but it is not this day. This day we fight!

01 juin 2008 à 01:12:57
Réponse #23

grominet88


Voilà un autre lien  qui peut intérresser :

http://www.loup.org/spip/IMG/pdf/doc-32.pdf


C'est plus instructif et donne les 3 causes d'attaque du loup sur l'homme ( rage, défense, prédation ). Cette fois , il n'y a pas de mystères.

Et cela relativise aussi les attaques des loups par raport aux autres animaux et aussi par rapport au chien.

De plus , on peut voir que le nombre d'attaque ne se monte pas à 1843 dont 556 tués en europe au vingtième siécle mais beaucoup moins.

Et il y a aussi quelques conseils en fin d'article ( faire ou ne pas faire en présence de loups).

Le loups attaque qu'en il est enragé , pour se défendre ou par  prédation ( exceptionnel car l'homme ne fait pas partie de ses proies). Les attaques qu'il y a du avoir au canada doit être du au même problème que l'ours (conclusion personnelle suite à la lecture d'article parlant d'attaque d'ours au canada) : les touristes laissent de la nourriture dans la nature et les animaux font le lien entre cette nourriture et l'odeur humaine qui l'imprègne. Ou alors leurs donne à manger.


Je n'ai pas changé d'avis sur le loup , cela me confirme juste que je ne fais pas partie de son garde manger. Il faut juste se méfier de ceux qui habite près de hommes ( voir comment ceux ci se comportent avec les loups) . Ils sont quand même beaucoup moin dangereux que les chien errants , qui eux, font beaucoup plus de dégats car ils connaissent l'homme.
« Modifié: 01 juin 2008 à 01:36:32 par grominet88 »

01 juin 2008 à 01:39:07
Réponse #24

grominet88


En effet, c'est inutile. J'ai eu mon lot d'histoire foireuse pour les 30 prochaines années.
http://en.wikipedia.org/wiki/List_of_fatal_wolf_attacks

Un article vraiment bien fait et très instructif dont je conseille la lecture à ce qui s'intéressent de près à la question. Moi, j'y ai appris plein de trucs.
http://www.wolf.org/wolves/pdf/wolfattack_nina.pdf
Dedans il y a également une partie sur les biais, si ça intéresse quelqu'un.

Bien à vous,

tiens c'est le même article ue moi mais en anglais.

 


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Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
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