[Remplace le précédent post]
Retour sur le stage CEETS N3 du weekend dernier, si ça peut intéresser des qui voudraient le faire.
Avec Robin et Bertrand dans les rôles principaux. Une petite douzaine de stagiaires dans les rôles secondaires. Forte dominante masculine, se balader dans les bois avec des couteaux reste une activité genrée.
Ça se passe en Meuse, avec une bonne partie dans les terres de Sire Bertrand, ce qui a l’avantage qu’on peut y faire bien plus de dégâts que si on était dans des forêts domaniales ou privées.
Première matinée, bien pluvieuse, orientée révisions : montage d’abri, démarrage de feu, orientation.
Puis déjeuner, montage des abris de repli etc.
Préparation et revue des « fonds de poche » avec lesquels nous allons continuer le stage sur le thème « la sortie tourne mal, on est coincés, on va devoir passer la nuit sur place avec ce qu’on a sur soi ».
On parle ici des « fonds de poche en vue d’une sortie dans la nature » plutôt que ce qu’on aurait dans la poche au quotidien. Chacun est libre de prendre ce qu’il veut pour autant que ça rentre dans les poches, la règle directrice est que c’est ce qu’on prendra ensuite, pour de vrai, à la lumière de l’expérience.
La deuxième partie de l’après-midi est consacrée à la préparation des petits nids douillets dans lesquels nous allons passer la nuit.
Coup de bol, le ciel s’éclaircit, la pluie se calme puis s’arrête assez tôt. En revanche cela laisse présager des températures négatives.
Dans la soirée, premier feedback sur les abris de fortune : on voit à quel point il est laborieux de construire un abri raisonnablement isolant et/ou imperméable. A fortiori si le milieu est relativement pauvre. Par exemple ici, en fin d’hiver, dans une forêt d’arbres caducs, on trouve du bois mort mais pas si facilement de quoi le recouvrir. Donc les cabanes font assez squelettiques.
Restent : la couverture de survie, que tout le monde avait mis dans son fond de poche, et le feu (mais ça demande du bois en quantité pour tenir la nuit).
Puisqu’on est en mode « fond de poche » il ne devrait y avoir ni eau ni nourriture mais au vu de la météo il est admis que ceux qui le souhaitent mangent. Tout comme on peut piocher dans son sac pour renforcer un « fond de poche » qui se révèlerait trop minimaliste, le but est de tester et apprendre. Autant jeûner ne m’avait pas dérangé au N2, autant là me sentais fatigué et affamé et je n’ai pas jeté ma part aux chiens (d’autres ont joué le jeu à fond).
Chacun vaque à finir son abri ou corvée de bois, et s’installe pour la nuit.
J’étais un des deux partis pour tester l’option « sans feu ». Pour ma part, en misant sur le matériel (un « bivy de secours » et une couverture de survie de bonne taille). Le camarade avait fort raisonnablement lâché l’affaire au debrief.
J’avais bien noté que je pouvais me retrouver à grelotter au milieu de la nuit, et j’ai sommairement fait un peu de bois (préférence pour des trucs aussi gros que possible, de toute façon je ne pouvais pas tronçonner faute de scie, autant laisser le feu travailler).
Je me couche assez tôt vu que je n’avais plus grand-chose à faire et que je voulais profiter de la température encore pas trop basse. L'idée était que de toute façon s'il fait nuit peu importe de ramasser du bois à 22 heures ou au milieu de la nuit (et mieux: dans le second cas ça réchauffe).
La première partie de la nuit se passe bien, confortablement installé. Seul problème, le bruit des types qui se baladent, cassent et scient des bouts de bois etc. Drôle de forêt.
Mais ensuite ça se gâte, à partir de deux heures du matin je sens le froid monter du sol. J’avais fait un pauvre matelas d’herbes mais le matériau étant rare c’était léger (un autre stagiaire ayant déniché un « gisement » plus riche s’en est fort bien porté mais je constate que suis généralement assez mauvais en collecte).
Finalement, sur les conseils de Robin et d’une envie de pisser je me décide à bouger. Et en sortant de mon abri je réalise qu’il a bien gelé et que oui, j’ai froid.
J’ai donc allumé un feu. Ce qui a pris un peu plus de temps que prévu : pour être sûr de mon plan B, j’avais, avant de me coucher, préparé et allumé un premier feu avant de l’éteindre, histoire d’avoir du bois un peu carbonisé et bien sec, facile à rallumer sur un coup de briquet. Trop facile : mon tas de bois était trop prêt à l’allumage. Mal éteint il avait repris feu, et comme j’étais plutôt endormi, engoncé dans mon abri, au chaud et donc confiant pour la suite… je l’avais laissé brûler.
Donc je rallume un feu et retour sur du classique : feu + réflecteur = chaud. Avec un abri aux ¾ fermés, juste un petit feu.

La veste pliée en isolant de sol, la doudoune du côté opposé au feu, ça réduit l’effet trop chaud devant et froid derrière. Et un feu à réflecteur limite la consommation de bois : pas besoin de chauffer la forêt. Donc ma modeste provision de bois a suffi.
A l’aube, le bazar recommence, cette fois-ci ce sont les oiseaux qui se croient chez eux et mettent le boxon. Donc lever, et heureuse surprise : tout le monde a survécu, malgré une température relevée sous abri -3, les tarps de repli avec de la glace dessus etc.
Le lendemain a été sur un rythme assez cool pour tenir compte d’une nuit pas forcément très reposante.
Matin, visite des divers abris pour échanger les expériences, regarder ce qui a marché ou pas etc.
Puis atelier « feu par friction » . Bilan des courses, sur une douzaine de stagiaires un a réussi a faire du feu, un a sorti une braise, un autre n’était vraiment pas loin. Epicétou. Ceci malgré le recours à du bois de qualité amené par les gentils organisateurs (celui trouvé sur place pour les plaquettes ne nous laissait pas trop d’espoir). Moralité, qui était le sens de l’exercice : avoir de quoi faire vite et bien du feu c’est précieux, les moyens « primitifs » sont beaucoup trop aléatoires.
Puis manger.
Puis un atelier sur la recherche de protéines animales (chasse, pêche, nature et traditions par Bertrand) suivie d’une séquence tout à fait ludique : tir au lance-pierres. Apparemment c’est un truc qu’a (re)découvert le manitou récemment.
Distribution des élastiques et fabrication des engins. Top. Ça m’a replongé dans mon enfance. Et ça ne s’oublie pas trop, à 20 pas sur une poêle, la séance de « plinking » a été très satisfaisante. De là à dire que je me verrais chasser avec, il y a un monde.
Et puis retour au réel. Démontage des abris, nettoyage en mode « pas de traces etc » etc.
Conclusion :
- Expérience intéressante pour tester les limites de ce qu’on peut faire comme abris.
- D'où l’intérêt d’avoir de quoi se mettre à l’abri. Le bivy d’urgence D4 me semble intéressant, on a la fonction bivy plus facile que de s'entortiller dans une couverture, et sinon on peut le défaire pour obtenir une couverture/tarp de 180x210. Pour pas plus cher ni lourd.
- L'importance d'isoler le sol (oui je sais c'est pas une découverte...).