Nos Partenaires

Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Tous aux abris ! (N3)  (Lu 7328 fois)

19 février 2026 à 16:52:48
Lu 7328 fois

Khee Nok


L’idée est de passer un petit 24 heures avec le « fond de poche » qu’on aurait avec soi pour une simple balade. Et notamment passer la nuit, froide et obscure, obscure et sombre.


Quelqu’un a-t-il testé la faisabilité, et l’efficacité, d’une hutte de débris ?


La solution de faire du feu + couverture de survie je sais que ça marche mais c'est beaucoup de travail (corvée de bois) et encore faut-il que le lieu s'y prête (bois mort pas trop mouillé).


Dernière option que j'envisage: faire un abri avec un "sac de secours" (bivy) et une couverture de survie XL.

L'idée étant un montage qui permette de garder une épaisseur d'air isolant (donc plus ou moins fixe) entre les deux: bivy + couverture en canadienne basse, avec un peu de tape aux extrémités pour lier les deux.

Pour le "sac de secours" D4 propose un modèle intéressant: le sac est construit avec de l'adhésif et peut ainsi se décoller pour donner une couverture de survie (pour d'autres montages) 210x180, 105 grammes.

A monter avec une faîtière pour limiter les contacts, et garder dedans une première épaisseur d'air. On peut avoir une largeur au sol de 70 cm et une hauteur au centre de 40 cm (avec du mou). Protection de l'humidité du sol (qui reste a isoler) et des courants d'air.

Pour la couverture de survie, SOL a un modèle 250x150, 91 grammes. On peut avoir une largeur au sol également de 70 cm et une hauteur au centre de 50 cm.

Ça permet de garder environ 2.5 cm (en moyenne) de distance entre les deux. Et la plus grande longueur de la couverture SOL permet de venir refermer les bouts et/ou de couvrir la tête (qui elle doit rester dehors pour limiter la condensation).

Par ailleurs le montage en canadienne fait qu'on peut toujours relever un coin/un bord pour profiter d'un feu.

Est-ce que quelqu'un a déjà testé un truc dans le genre (je vais essayer avant de partir là dessus mais comme à chaque fois le matos "réutilisable" ne l'est pas vraiment, j'aimerais autant éviter les impasses) ?
« Modifié: 06 mars 2026 à 20:29:25 par Khee Nok »

26 mars 2026 à 13:37:17
Réponse #1

Khee Nok


Comme tout le monde s'en fout ;-) j'ai testé en profitant des chouettes giboulées de mars, dans le jardin.

Conclusion : ça marche, et même plutôt bien.

J'ai un peu triché : outre le gros plan B à portée de main, j'ai utilisé un petit matelas mousse plutôt que de ravager le jardin et y passer une heure pour me faire un matelas de feuilles (le matelas ayant glissé: il ne fait pas une grosse différence sur un sol déjà herbeux & moussu). Et je n'y ai dormi qu'une partie de la nuit (ce qui manquait c'était un oreiller).

J'ai simplifié, finalement je n'ai pas lié le bivy à la micro-canadienne, craignant que ça se déchire: ce genre de matériau résiste bien à la tension, mais ça reste fragile notamment dès qu'il y a un point d'attache qui concentre les contraintes, et le duct-tape semble propice à créer cela.

3 degrés, averses, un peu de vent. Vêtements: jeans, t-shirt et sweat en coton, doudoune synthé D4.

Sensation de chaleur comparable à celle dans un lit (certes pas habillé pareil). J'ai laissé la doudoune ouverte.

La canadienne basse coupe toute la pluie et une grosse partie du vent. Et comme le sac bivy est 100% étanche le peu de courants d'air qui passent ne se sent pas.

Il y a un peu de condensation dans le sac mais puisqu'on respire avec la tête à l'extérieur (protégée par la canadienne) ça reste bien limité: juste une sensation d'humidité au toucher, voire quelques gouttes au niveau des pieds, mais pas une flaque au sol.

Par contre dès qu'il y a un contact direct ou quasi (t-shirt) de la peau avec le bivy, par exemple le sweat qui glisse, on a un point froid: sans surprise il faut une épaisseur (vêtement ou air) pour isoler.

Le montage est assez rapide: une demi-heure, couper les branches et les assembler pour former l'armature, après c'est comme un tarp. Temps auquel il faudrait ajouter le temps de faire un matelas de feuilles.

Et une fois démonté... je dois manquer de patience mais c'est poubelle, en tout cas impossible à remettre dans quelque chose approchant le volume de départ.

Ce n'est clairement pas un substitut à un vrai système de couchage mais pour un poids et un encombrement comparable à 2 tablette de chocolat ça permet un bivouac d'urgence que j'ai trouvé plutôt confortable (donc sécurisant).

Autre avantage: entre la couverture XL et le bivy qui se déplie ça doit aller pour 2 (la perte d'efficacité du bivy fermé devrait être compensé par l'effet "bouillotes mutuelles").

A tester de nouveau ce weekend, dans des conditions complètes ;-)

26 mars 2026 à 21:05:23
Réponse #2

Racoune


Tu as fait un tarp droit type triangle ? Un montage avec 3 faîtières dans le genre de la géométrie des granges américaines ne permettrait pas d'éviter le contact de la paroi avec le corps ?

27 mars 2026 à 00:37:27
Réponse #3

Khee Nok


Tu as fait un tarp droit type triangle ? Un montage avec 3 faîtières dans le genre de la géométrie des granges américaines ne permettrait pas d'éviter le contact de la paroi avec le corps ?

Bonjour,

Oui et plutôt oui.

Je mets en image des schémas de diverses options (à l'arrache, je me suis un temps amusé à faire des dessins propres et à l'échelle mais je ne les ai pas gardés, et je ne suis pas Leonard de Vinci).

Au départ j'avais réfléchi au genre de géométries auxquelles tu penses, si je comprends bien (Schema A).

C'est séduisant (optimisation de l'espace), mais cela demande deux longues perches en plus (qui peuvent être dispo ou non). Aussi plus de brêlages donc plus de ficelle. Plus de temps. Plus de potentiel de gourage. Etc.

Donc j'ai fait plus simple: schema B.

Qui a au moins deux avantages :

- Pas de mâts centraux. Que j'ai voulu éviter, pour permettre de se glisser dans le bivy dans la longueur sans tout arracher: tout ça est exigu et fragile.

- on peut l'ouvrir sur un côté (au hasard: vers un feu et alors on retrouve l'abri "standard" CEETS)

On peut aussi faire un truc "grange" sans mât central (Schema A') mais ça rajoute encore de la complexité sur la complexité. Sur le papier ça va. De nuit, sous la pluie et en me les caillant, je serais déjà content de faire correctement la version la plus simple (je me suis planté à un moment, en faisant mon abri "simple" que je pensais avoir bien en tête, sans trop de stress dans mon jardin, alors en vrai...)

Et on peut aussi faire sans mât central, avec un toit en "grange", et ouvrable sur le côté, par exemple Schema B'. Mais je ne me sentirais encore moins d'y aller pour un truc d'urgence. Deja pour le poser sur le papier il faut réfléchir.

Par ailleurs ici on est sur des tucs dont les dimensions sont en décimètres, avec des bois forcément un peu tordus (j'ai testé avec des bambous puisque j'en avais sous la main et déjà ça vrille alors que c'est plutôt idéal), la couverture et les ficelles ça se détend plus ou moins ... donc illusoire de vouloir trop optimiser.

J'ai donc castré mon architecte intérieur et en suis revenu au principe KISS : Keep It Simple Stupid.

Par contre avec avec du temps, à tête reposée, oui je serais aussi partisan de cette forme.



Et le contact qui créait le point froid perceptible ce n'est pas au niveau du tarp en canadienne mais au niveau du contact peau/bivy. Clairement, si le "double toit" s'affale il ne sert à rien, mais inversement s'il est un peu avachi et touche par endroit, ce n'est peut être pas un si gros problème.

Ce qui changerait plus la donne c'est sans doute de bloquer l'air entre bivy et toit. Pas si évident, surtout si on veut garder la possibilité d'ouvrir sur le côté (vers un feu). Mais faisable (sur le papier, pas encore testé... peut-être ce weekend).





Dans le monde réel, le schema B, c'est plus approximatif ;-)


« Modifié: 27 mars 2026 à 01:05:22 par Khee Nok »

05 avril 2026 à 23:06:51
Réponse #4

Khee Nok


[Remplace le précédent post]

Retour sur le stage CEETS N3 du weekend dernier, si ça peut intéresser des qui voudraient le faire.

Avec Robin et Bertrand dans les rôles principaux. Une petite douzaine de stagiaires dans les rôles secondaires. Forte dominante masculine, se balader dans les bois avec des couteaux reste une activité genrée.

Ça se passe en Meuse, avec une bonne partie dans les terres de Sire Bertrand, ce qui a l’avantage qu’on peut y faire bien plus de dégâts que si on était dans des forêts domaniales ou privées.

Première matinée, bien pluvieuse, orientée révisions : montage d’abri, démarrage de feu, orientation.

Puis déjeuner, montage des abris de repli etc.

Préparation et revue des « fonds de poche » avec lesquels nous allons continuer le stage sur le thème « la sortie tourne mal, on est coincés, on va devoir passer la nuit sur place avec ce qu’on a sur soi ».

On parle ici des « fonds de poche en vue d’une sortie dans la nature » plutôt que ce qu’on aurait dans la poche au quotidien. Chacun est libre de prendre ce qu’il veut pour autant que ça rentre dans les poches, la règle directrice est que c’est ce qu’on prendra ensuite, pour de vrai, à la lumière de l’expérience.

La deuxième partie de l’après-midi est consacrée à la préparation des petits nids douillets dans lesquels nous allons passer la nuit.

Coup de bol, le ciel s’éclaircit, la pluie se calme puis s’arrête assez tôt.  En revanche cela laisse présager des températures négatives.

Dans la soirée, premier feedback sur les abris de fortune : on voit à quel point il est laborieux de construire un abri raisonnablement isolant et/ou imperméable. A fortiori si le milieu est relativement pauvre. Par exemple ici, en fin d’hiver, dans une forêt d’arbres caducs, on trouve du bois mort mais pas si facilement de quoi le recouvrir. Donc les cabanes font assez squelettiques.

Restent : la couverture de survie, que tout le monde avait mis dans son fond de poche, et le feu (mais ça demande du bois en quantité pour tenir la nuit).

Puisqu’on est en mode « fond de poche » il ne devrait y avoir ni eau ni nourriture mais au vu de la météo il est admis que ceux qui le souhaitent mangent. Tout comme on peut piocher dans son sac pour renforcer un « fond de poche » qui se révèlerait trop minimaliste, le but est de tester et apprendre. Autant jeûner ne m’avait pas dérangé au N2, autant là me sentais fatigué et affamé et je n’ai pas jeté ma part aux chiens (d’autres ont joué le jeu à fond).

Chacun vaque à finir son abri ou corvée de bois, et s’installe pour la nuit.

J’étais un des deux partis pour tester l’option « sans feu ». Pour ma part, en misant sur le matériel (un « bivy de secours » et une couverture de survie de bonne taille). Le camarade avait fort raisonnablement lâché l’affaire au debrief.

J’avais bien noté que je pouvais me retrouver à grelotter au milieu de la nuit, et j’ai sommairement fait un peu de bois (préférence pour des trucs aussi gros que possible, de toute façon je ne pouvais pas tronçonner faute de scie, autant laisser le feu travailler).

Je me couche assez tôt vu que je n’avais plus grand-chose à faire et que je voulais profiter de la température encore pas trop basse. L'idée était que de toute façon s'il fait nuit peu importe de ramasser du bois à 22 heures ou au milieu de la nuit (et mieux: dans le second cas ça réchauffe).
 
La première partie de la nuit se passe bien, confortablement installé. Seul problème, le bruit des types qui se baladent, cassent et scient des bouts de bois etc. Drôle de forêt.

Mais ensuite ça se gâte, à partir de deux heures du matin je sens le froid monter du sol. J’avais fait un pauvre matelas d’herbes mais le matériau étant rare c’était léger (un autre stagiaire ayant déniché un « gisement » plus riche s’en est fort bien porté mais je constate que suis généralement assez mauvais en collecte).

Finalement, sur les conseils de Robin et d’une envie de pisser je me décide à bouger. Et en sortant de mon abri je réalise qu’il a bien gelé  et que oui, j’ai froid.

J’ai donc allumé un feu. Ce qui a pris un peu plus de temps que prévu : pour être sûr de mon plan B, j’avais, avant de me coucher, préparé et allumé un premier feu avant de l’éteindre, histoire d’avoir du bois un peu carbonisé et bien sec, facile à rallumer sur un coup de briquet. Trop facile : mon tas de bois était trop prêt à l’allumage. Mal éteint il avait repris feu, et comme j’étais plutôt endormi, engoncé dans mon abri, au chaud et donc confiant pour la suite… je l’avais laissé brûler.

Donc je rallume un feu et retour sur du classique : feu + réflecteur = chaud. Avec un abri aux ¾ fermés, juste un petit feu.



La veste pliée en isolant de sol, la doudoune du côté opposé au feu, ça réduit l’effet trop chaud devant et froid derrière. Et un feu à réflecteur limite la consommation de bois : pas besoin de chauffer la forêt. Donc ma modeste provision de bois a suffi.

A l’aube, le bazar recommence, cette fois-ci ce sont les oiseaux qui se croient chez eux et mettent le boxon. Donc lever, et heureuse surprise : tout le monde a survécu, malgré une température relevée sous abri -3, les tarps de repli avec de la glace dessus etc.

Le lendemain a été sur un rythme assez cool pour tenir compte d’une nuit pas forcément très reposante.

Matin, visite des divers abris pour échanger les expériences, regarder ce qui a marché ou pas etc.

Puis atelier « feu par friction » . Bilan des courses, sur une douzaine de stagiaires un a réussi a faire du feu, un a sorti une braise, un autre n’était vraiment pas loin. Epicétou. Ceci malgré le recours à du bois de qualité amené par les gentils organisateurs (celui trouvé sur place pour les plaquettes ne nous laissait pas trop d’espoir). Moralité, qui était le sens de l’exercice : avoir de quoi faire vite et bien du feu c’est précieux, les moyens « primitifs » sont beaucoup trop aléatoires.

Puis manger.

Puis un atelier sur la recherche de protéines animales (chasse, pêche, nature et traditions par Bertrand)  suivie d’une séquence tout à fait ludique : tir au lance-pierres. Apparemment c’est un truc qu’a (re)découvert le manitou récemment.

Distribution des élastiques et fabrication des engins. Top. Ça m’a replongé dans mon enfance. Et ça ne s’oublie pas trop, à 20 pas sur une poêle, la séance de « plinking » a été très satisfaisante. De là à dire que je me verrais chasser avec, il y a un monde.

Et puis retour au réel. Démontage des abris, nettoyage en mode « pas de traces etc » etc.


Conclusion :

-   Expérience intéressante pour tester les limites de ce qu’on peut faire comme abris.

-   D'où l’intérêt d’avoir de quoi se mettre à l’abri. Le bivy d’urgence D4 me semble intéressant, on a la fonction bivy plus facile que de s'entortiller dans une couverture, et sinon on peut le défaire pour obtenir une couverture/tarp de 180x210. Pour pas plus cher ni lourd.

-   L'importance d'isoler le sol (oui je sais c'est pas une découverte...).

06 avril 2026 à 09:47:48
Réponse #5

Merlin06


Merci pour le Retex. J'aime beaucoup le montage de ton abri et note de l'essayer à l’occasion.
PS: on dirait que tu es plus sonore que visuel. ;)
L'âme sûre ruse mal.
Le matin du grand soir il y aura de la confiture de bisounours au petit déjeuner.
Nous avons deux souverains, Dame Physique et Sire Temps.

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


Soutenez le Forum

Les dons se font sur une base totalement libre. Les infos du forum sont, ont toujours été, et resteront toujours accessibles gratuitement.
Discussion relative au financement du forum ici.


Publicité

// // //