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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Partages désescalade et communication.  (Lu 22670 fois)

25 avril 2025 à 16:54:20
Lu 22670 fois

Ouistiti


Bonjour à tous je repartage ici ce post que j'ai lu sur le forum, et qui a retenu mon attention de par sa qualité.

J'invite aussi tous ceux qui ne le connaîtrait pas à lire Carl Rogers, afin de mieux entrevoir et comprendre l'art de la communication entre homo sapiens sujet au combien vaste et complexe. Vous trouverez beaucoup d'articles en liens car il est étudié dans la santé par les médecins, infirmiers et autres professionnels... Savoir vous adresser à votre entourage quel qu'il soit peut vous être d'une aide précieuse, vous pouvez trouver des alliés de circonstance, désamorcer une situation conflictuelle ou apporter votre aide (victime choquée, perdue, vulnérable).

J'ajoute aussi cette interview de Laurent Combalbert négociateur du Raid :

https://m.youtube.com/watch?v=zVqs4pqVuaA&pp=ygUTbmVnb2NpYXRldXIgZHUgcmFpZA%3D%3D

Le post en question :

La définition est relativement "simple" : l'évitement, c'est l'art de ne pas se trouver à l'endroit où ça craint.
C'est un truc qui se joue uniquement entre toi et toi: ta connaissance du lieu, des moeurs, éventuellement des personnes présentes, ton analyse de la situation, et les solutions que tu mets en place.

Dès qu'une personne extérieure rentre en jeu, on n' est plus dans l'évitement, mais dans la désescalade ( si la situation est déjà tendue ) ou dans la gestion de contacts "inconnus" ( pour reprendre l'expression "Managing unknown contacts" de SouthNarc, a.k.a Craig Douglas ).
Ce qui est une démarche très différente.

Si on parle d'évitement selon "ma" définition, car c'est,  en effet, quelque chose que je prône "par défaut".

Si la situation le permet ( et on pourrait imaginer une foule de contextes qui ne le permettent pas ), il est toujours plus sage de se tenir loin des troubles plausibles, possibles ou probables.

Est-ce  la peur qui guide cette décision ?
Peut-être, sûrement même, d’une certaine façon… entre la peur de faire face à l'agression physique ( avec les répercussions corporelles, morales et sociales ) et la peur de blesser ou tuer l’adversaire, les raisons sont multiples.

Pour ce qui est de la désescalade, là les choses sont beaucoup moins tranchées.
Ce qui peut très bien fonctionner le jour A, peut se révéler désastreux le jour B, et inversement.
Un des problèmes avec la désescalade, c’est que pour bien des personnes, cela se résume à s'aplatir face à l' agresseur en espérant que celui-ci va se calmer.
Cela suppose une sorte de passivité qui  dérange profondément, raison pour laquelle  l’expression « passive stance » est inappropriée
Cette phase est tout, sauf « passive ». Elle  sert justement à prendre le contrôle de la situation, via la communication et le placement.
Contrairement à ce que l'on pourrait croire en observant la scène de l’extérieur, on ne « subit » pas l’action de l’autre, nous usons du placement et de la communication pour l’amener dans la direction qui nous intéresse.

L’autre « légende urbaine » qui énerve à propos de la désescalade : il ne s’agit pas forcément d’être « gentil » ou « arrangeant » avec son interlocuteur.
Lui faire comprendre que vous n'êtes pas un kebab tout en restant poli et en évitant de lui fournir des arguments pour vous les briser menu, c’est AUSSI de la désescalade.
Lui coller une mandale de gitan, d’entrée de jeu, avant même d’avoir prononcé un mot, ça pourrait aussi s’apparenter à de la désescalade.

Stay safe and take care.

27 avril 2025 à 10:28:20
Réponse #1

Patapon


Yo,

Au niveau de la désescalade, il semble qu'il faille préciser que l'objectif du procédé, est de remettre de la discussion, et donc de la raison (par "opposition", à l'émotion) dans une situation, afin d'éviter qu'elle ne dérive vers une agression, et donc les conséquences qui vont avec (conséquences physiques, juridique, psychiques).

Dès lors, c'est une compétence qui sera surtout utile sur de l'agressivité défensive (ou émotionnelle, selon les auteurs), où "l'agresseur" réagit à la perte d'un acquis (cf. le principe de la pyramide de Maslow).

Face à une agressivité offensive (prédation), dans la mesure où le choix de t'agresser (pour obtenir quelquechose) est fait bien en amont, avec une stratégie pour obtenir ce quelquechose, mettre en place une désescalade ne servira à rien. A la limite cela peu permettre de gagner un peu de temps, mais le temps dans ce genre d'agression ne joue pas forcément en la faveur de la victime.

Pour ce qui est de l'agressivité indéterminée, où là on parle de personnes instables psychiquement, c'est vraiment pas l'outil que je mettrais en place....

Pour ce qui est de la frappe préventive, ce n'est jamais de la désescalade, dans la mesure où ça ne permet pas d'empêcher les conséquences - physiques, juridiques - d'une altercation, en démarrant cette dernière. Par ailleurs, une frappe préventive ferme la porte à la légitime défense.

(A lire: "Neurocombat", "Anticiper & déjouer les agressions",....)
« Modifié: 27 avril 2025 à 11:11:54 par Patapon »
"Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les laissent faire"....en d'autre termes, il faut se sortir les doigts....

27 avril 2025 à 12:13:34
Réponse #2

VERDUG0


Bivouacs et cuisine des bois : https://youtu.be/IxatC2v-X2k

27 avril 2025 à 12:30:54
Réponse #3

Patapon


"Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les laissent faire"....en d'autre termes, il faut se sortir les doigts....

27 avril 2025 à 22:01:37
Réponse #4

Khee Nok


Face à une agressivité offensive (prédation), dans la mesure où le choix de t'agresser (pour obtenir quelquechose) est fait bien en amont, avec une stratégie pour obtenir ce quelquechose, mettre en place une désescalade ne servira à rien. A la limite cela peu permettre de gagner un peu de temps, mais le temps dans ce genre d'agression ne joue pas forcément en la faveur de la victime.

Si on est dans un cas où ce qui est recherché par le prédateur est quelque chose que l'on est prêt à abandonner*, faut-il renoncer à la désescalade ?

Sachant que l'agresseur peut être passablement stressé, et qu'il n'a pas forcément une bonne appréciation du degré de violence effectivement nécessaire (donc risque d'en faire trop).

Dans de tels scénarios il me semble que ce peut être, paradoxalement, à l'agressé de rassurer l'agresseur, en donnant des signes de soumission, en lui donnant ce qu'il veut, bref en lui montrant qu'il n'est pas nécessaire de recourir à une violence excessive (sachant que par ailleurs trop de calme pourrait lui faire penser qu'il y a un loup... pas simple).

Exemple extrait du Livret sécurité des agences bancaires (qui me semble applicable si on se fait braquer à domicile, ou car jacking etc) https://www.afb.fr/uploads/2023/03/20130513_Livret-securite-2012-FBF-AFB-version-definitive-1.pdf :

Vous devez…
 Selon les consignes de votre entreprise, déclencher ou non les dispositifs de sécurité, sans prendre de risques et sans mettre en danger votre vie et celle de vos collègues et clients.
 Garder votre sang-froid, rester calme et, si nécessaire, rappeler aux personnes présentes (clients, collègues) de garder leur calme.
 Laisser les mains apparentes et éviter tout geste brusque ou ambigu.
 Obtempérer aux seules injonctions des malfaiteurs sans aller au-delà de leurs exigences. Un trop grand empressement peut les rendre méfiants et agressifs.
 Justifier les raisons de votre comportement, si nécessaire appuyez-vous sur la signalétique existante (par exemple : pas d’accès aux fonds ou pas de détention de clés). 



* pas pareil si ce qui est demandé est le larfeuille, ou quelques heures en mode médiéval dans une cave...

27 avril 2025 à 22:13:42
Réponse #5

VERDUG0


* pas pareil si ce qui est demandé est le larfeuille, ou quelques heures en mode médiéval dans une cave...

Tarantino, Willis, Katana :D  :lol:
Bivouacs et cuisine des bois : https://youtu.be/IxatC2v-X2k

28 avril 2025 à 00:17:06
Réponse #6

Patapon


Si on est dans un cas où ce qui est recherché par le prédateur est quelque chose que l'on est prêt à abandonner*, faut-il renoncer à la désescalade ?

C'est la règle du "mieux vaut" de Rory Miller: https://youtu.be/IYD5fGKblO4 . Donc ça dépend un peu de la situation de ce que tu es en mesure de faire, de ce que recherche le prédateur, de la relation coût/bénéfice, etc Si le type veut ton portefeuille et que tu risques ta peau à ne pas lui donner, peut être vaut il mieux le lui donner. Si le type veut ta peau, les possibilités de négociations vont être plus limitées.

Après, on n'a peut être pas la même définition de édésescalade".

La desescalade, pour moi, regroupe tout un tas de techniques - écoute active, reformulation, etc - qui ont pour but de permettre à l'autre de reprendre pied face à ses émotions, pour rétablir une relation basée sur la raison.

Après, là où je te rejoins, c'est que le monde n'est pas forcément tout blanc ou tout noir. Il peux y avoir des cas où quelqu'un qui était parti en mode prédation se retrouve à être rattrapé par ses propres émotions, ou inversement.

Maintenant, il faut aussi se rappeler que la majorité des cas de violence en France, sont plutôt de type émotionnel - de mémoire (et je peux me tromper) c'est autour de 8 fois sur 10. Ca ne veut pas dire que c'est moins violent ou plus excusable, etc mais simplement qu'on est dans un contexte où si on ne veut pas que ça finisse en bain de sang, il faut 1 - se gérer soit même 2 - essayer de revenir sur un mode de dialogue qui prend en considération l'autre et son problème pour réussir à trouver une issue. En tout cas, mon cahier des charges à moi, dans la self que je pratique - et chacun est libre d'en avoir un différent - c'est vraiment être en mesure de rentrer chez soi en un seul morceau, en minimisant au maximum les conséquences physiques, psychiques et juridiques (ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas aller à la maioche, mais que si on y va, c'est pour arrêter une agression qu'on a pas pu gérer autrement et c'est tout).

Une petite vidéo sur la désescalade: https://youtu.be/y1TnPLxkGOE

Tcho
"Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les laissent faire"....en d'autre termes, il faut se sortir les doigts....

28 avril 2025 à 07:24:54
Réponse #7

Tompouss


Si y'a bien un truc que j'ai retenu de ces dernières années et 2-3 bonnes embrouilles :
- regard franc
- voix calme et posée, vocabulaire non agressif
- posture "agressive" : rentrer dans la zone de confort de l'agresseur, parfois avec un contact physique (le dernier c'était une main posée sur son thorax, prête à frapper la gorge à tout moment, sachant qu'il avait déjà commencé à frapper dans la voiture de mon collègue qui conduisait)
- laisser une porte de sortie honorable (ex: on t'a pas vu, t'arrivais un peu vite aussi, chacun est un peu fautif, le mieux c'est chacun en tire leçon et se barre de son côté)

Ca marche dans mon cas, je suis loin d'être un gros gabarit mais j'ai un physique athlétique (L aux épaules, S à la taille  :lol:), le type de l'agression citée plus haut me dépassait d'un bon 15cm pourtant ce type de manœuvre l'a fait redescendre relativement vite. Le fait que durant la discussion je le dirigeais petit à petit hors de la chaussée vers un mur afin de m'en servir si vraiment cela devait dégénérer a dû aider un peu aussi.

L'idée que je m'en fait c'est de faire comprendre au gars en face que c'est plus honorable de s'arrêter là et que si on va au carton, je ne suis pas certain de gagner mais qu'il n'y aura que des perdants. Une totale passivité c'est le plus sûr moyen de se faire victimiser.
Everybody swears that they are solid, but ice is solid too... until you put some heat on it.

28 avril 2025 à 09:01:11
Réponse #8

Patapon


Si y'a bien un truc que j'ai retenu de ces dernières années et 2-3 bonnes embrouilles :
- regard franc
- voix calme et posée, vocabulaire non agressif
- posture "agressive" : rentrer dans la zone de confort de l'agresseur, parfois avec un contact physique (le dernier c'était une main posée sur son thorax, prête à frapper la gorge à tout moment, sachant qu'il avait déjà commencé à frapper dans la voiture de mon collègue qui conduisait)
- laisser une porte de sortie honorable (ex: on t'a pas vu, t'arrivais un peu vite aussi, chacun est un peu fautif, le mieux c'est chacun en tire leçon et se barre de son côté)

Là tu es en effet, typiquement, dans l'agressivité émotionnelle, et les outils sociaux et toute la technique assertive fonctionne assez bien là dessus.

Pour ce qui est de la soumission, encore une fois ça dépend du contexte. Sur de la prédation, s'il y a une arme dans l'affaire, ça ne vaut peut être pas la peine d'aller à la maioche pour un portefeuille. Par contre, ce n'est pas parce qu'on se soumet, que la soumission est passive; elle peut très bien être active: prendre tout les éléments qui permettront de faire une déposition, par exemple....
"Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les laissent faire"....en d'autre termes, il faut se sortir les doigts....

28 avril 2025 à 09:31:38
Réponse #9

DavidManise


Salut,

Plutôt que désescalade, qui me semble un cahier des charges extrêmement ambitieux, j'aime bien parler de prévention du passage à l'acte : mon objectif n'est pas que le mec en face se calme ou redescende émotionnellement.  C'est qu'il ne passe pas à l'action physiquement.  Pour ça, de l'apaiser émotionnellement peut être un outil.  Mais parfois la meilleure méthode sera la pure et simple dissuasion très menaçante.  Ou un mélange subtil de :

- ne pas lui donner de justification pour déclencher / être "sympa" / être respectueux, etc.
- ne pas lui donner l'ouverture ou l'opportunité tactique de déclencher avec un rapport de force à son avantage ;
- être prêt (mentalement, physiquement, techniquement, et dans la géométrie de l'intéraction / l'espace) à entamer les hostilités, mais choisir de ne pas le faire ;
- etc.

En fait, dans les intéractions violentes de ce genre, les humains sont souvent assez primaires et vont fonctionner avec un cahier des charges assez animal et instinctif, qui revient en gros à mesurer le risque et le bénéfice en permanence et en temps réel.  Exactement comme avec un chien agressif, si je m'éloigne de ce qu'il protège, ça va le calmer.  Si je lui fais face et que je réussis à lui faire peur, ça va le calmer aussi.  S'il ne peut pas se permettre de reculer, pour X raison, une tentative d'intimidation va le faire passer à l'acte.  Et si je fuis comme une proie, idem. 

Donc, en gros, il faut surfer sur une ligne étroite de "je ne suis pas une proie, et je ne suis pas une victime non plus".  Et, sur un plan relationnel, on est sur une autre ligne étroite : "je ne te fournirai pas de prétexte pour me cogner, mais je vais quand-même rester maître de moi-même et acteur dans la situation". 

La manière de gérer de Tompouss, ci-dessus, est exactement là-dedans : garder l'avantage tactique et être positionné pour pouvoir se défendre voire attaquer au besoin (signaux très clairs sur un plan physique et tactique) mais ne pas donner de justification au passage à l'acte, et continuer à parler calmement sur un plan relationnel. 

C'est ce paradoxe de "je peux te fumer et je choisis de ne pas le faire", couplé à "je te respecte et je te permets de sauver la face" qui fonctionne souvent le mieux. 

Sinon, une option toute simple est juste de quitter la zone, hein.  Ca m'est arrivé pas plus tard que la semaine dernière, avec un petit teigneux, devant ses gamins.  Je vous épargne les détails sordides de l'histoire mais en gros je lui ai dit un truc qui lui a déplu.  Il a directement escaladé en mode ultra-agressif en s'approchant à 15cm de mon nez pour m'aboyer dessus.  Le plus drôle c'est que c'est cette distance que je bosse activement et régulièreent depuis trois mois en protocoles de défense au Kung Fu, du coup sans le savoir il est rentré dans un terrain extrêmement dangereux pour lui. 

Je suis resté planté trois secondes pour bien montrer que mon action de retrait était un choix calme et délibéré, je lui ai dit "oui, ok, t'as raison, bonne journée".  Et je suis parti calmement.  Il m'a suivi en continuer de me hurler dessus que ce que je disais c'était du vent et que j'avais aucune preuve de rien.  J'ai continué de dire "oui-oui, allez salut".  Et je suis parti sans plus argumenter.

Dans ce cas-là, de rester sur zone aurait été le début d'une escalade encore plus grande.  Un moment donné il m'aurait touché, je l'aurais touché aussi pour établir un contact physique et sentir sa structure.  Il aurait vu ça comme une insulte, il aurait essayé de me cogner.  J'aurais profité de cette justification pour lui en coller une légalement...  alors qu'en réalité la meilleure option était réellement de partir pour éviter cette escalade. 

Bref, si le but est de se protéger en faisant le moins de mal possible (ce qui était mon objectif, au final), les options sont nombreuses. 

La clé reste de se rappeler qu'on n'a pas la possibilité de faire l'éducation de tous ces blaireaux à deux pattes... et qu'on n'est pas là pour ça.

Le bisou !

David
"Ici, on n'est pas (que) sur Internet."

Mon PATREON -
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28 avril 2025 à 11:40:46
Réponse #10

Khee Nok


Après, on n'a peut être pas la même définition de désescalade.

La desescalade, pour moi, regroupe tout un tas de techniques - écoute active, reformulation, etc - qui ont pour but de permettre à l'autre de reprendre pied face à ses émotions, pour rétablir une relation basée sur la raison.

OK. Je partais sur une définition plus proche de celle de David: ce qui permet d'éviter ou de limiter la violence, à partir du moment où une forme de relation potentiellement ou directement conflictuelle existe (si on peut éviter la relation c'est encore mieux).

De ce point de vue que la personne en face soit revenue à la raison (c'est mieux), ou qu'elle soit fumasse, l'important est qu'elle abandonne ou limite la violence.

28 avril 2025 à 12:11:11
Réponse #11

Patapon


Yo,

En faite, AMHA, le gros intérêt de nommer les différentes tactiques (que se soit la désescalade, l'intimidation, le recadrage, la fuite, la soumission active etc E.Quequet en a dénombré plus d'une 20ène) c'est de pour les entrainer spécifiquement. Au final, ce ne sont que des outils. Avoir le bon outil, pour le bon problème donne des cartes en plus pour se sortir des problèmes quotidiens.....

Un exemple: sur un poste de secours, on récupère une personne alcoolisée qui est tombée, a saigné du nez et à donc du sang plein les mains, qu'on essai du lui faire laver dans l'évier. En me parlant, elle essaie de me toucher le bras, je fais une fermeture de garde pour éviter qu'elle me touche, avec un pas de côté et lui qu'elle n'a pas besoin de me toucher avec ses mains pleines de sang. Ce simple recadrage ferme sans agressivité lui a fait prendre conscience - en parti peut être, vue son état - de la situation, mais aussi a élevé le niveau de vigilance des autres secouristes....et elle est allée se laver les mains...

Tcho
"Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les laissent faire"....en d'autre termes, il faut se sortir les doigts....

29 avril 2025 à 10:54:52
Réponse #12

Mary


Yohan m’a dit au revoir, agacé par le marchandage. Mary tu te rends compte que tu discutes pour 2 euros ? Oui et alors. On est pas tous agent immobilier, excuse-moi, et ce n’est pas seulement une question d’argent mais de principe, je déteste qu’ils nous prennent pour leurs pigeons. Il se barre et me laisse avec le chauffeur qui déclarait timidement avoir peur du noir et du silence.

On se met enfin d’accord pour 30 pesos. On démarre. Trajet de nuit sur sentiers forestiers. Ça roule une trentaine de minutes. Il s’arrête, il coupe le moteur.

Le chauffeur est jeune, mais ils ont toujours l’air vieux. Il ne se retourne pas, me scrute dans le rétro, je ne le vois pas bien.

- Regarde autour de toi. C’est l’obscurité et le silence. Tu vas payer 70 pesos.

Il attendait un coin paumé et désert.

- Pardon ? Tu peux répéter ?

Il est très calme et son culot ne colle pas avec sa voix tranquille. Il se retourne de trois quarts.

- Silencio… el silencio…mira a tu alrededor.

Je dérape. Je parle français, espagnol, anglais. Il me faut de longues secondes pour être sûre de la situation. Ce fils de p*te ne sait pas que je connais le village de San Roque et situe très bien où nous sommes. Je bondis du véhicule.

J’ai trois sacs — ce qui n’arrive jamais mais ça devait tomber sur cette nuit, dont un cabas contenant des aliments et du thé. Je l’incendie. Je cherche à traduire le mot « traître ». Je grince des dents. Il s’en va.

Je repère un large portail en métal noir à ma droite, à l’angle du sentier. Disculpa ? Buenas noches ! Des chiens hurlent. Je me met par terre, essaye de ranger mes affaires. Porter trois sacs c’est risqué, j’ai une priorité, je dois au plus vite libérer mes mains.

Le chauffeur, évidemment, fait demi-tour. Je vais lui apprendre que s’il est prévisible, lui, moi je ne le suis pas.
Il me demande de monter. Il tient à terminer son travail, comme convenu me déposer à San Roque.

- Trop tard. Tu n’auras pas un sous. Rien. Zéro. Nada. Never.

Il me supplie de remonter. Il joint les mains et prend une petite voix. Doctora Maria, per favor….Doctorita.

Je le sens inquiet. Je ne sais pas à quoi il joue. J’insulte. Je blasphème. Sur le Coran, sur la Thora, j’irai nulle part avec toi, tu n’auras pas un centime de mes mains, sur la vie de ma mère, je ne m’appelle pas Mary si je cède.

Il est encore plus statique. L’air abattu. Je suis en feu. Ses phares m’aveuglent, je me lève, je suis accroupie, je me relève, bastardo no hablar con me. Il est debout à 1 mètre. Je suis en difficulté, des trucs tombent au sol, la fermeture en zip de mon military bag lâche. Je garde un œil sur ses mains. Je m’attends à tout. J’évalue son poids de gros lard. Trop de skinny-fat dans ce pays.

Je lève la voix pour le faire reculer. Ça ne marche pas. Il se rapproche. Il n’a pas peur. Il se trouve que moi non plus. Je m’éloigne, les sacs entre les doigts et sur le dos, j’essaie avant tout de supprimer cette asymétrie humiliante (lui debout, moi accroupie, sac éventré. Lui serein, moi rouge).

Je trouve enfin ma lampe-torche. J’hésite à sortir la ceinture, il n’a pas l’air méchant mais on ne sait jamais. Je n’ai pas les idées claires et je suis visiblement plus agressive que lui. La ceinture pourrait me servir à l’étrangler en cas de besoin. Je renonce à sortir le reste.

Il s’avance et se montre plus ferme.


- Tu vas me payer et ensuite je partirai.

- Fils de put**n, cette fois je ne le répéterai pas : c’est toi ou moi ce soir, sur la tombe de ma grand-mère.

Un indigène sort de la nuit, flegmatique, il longe le sentier, tel un escargot, fusil sur l’épaule. Il nous ignore royalement. En même temps, je n’insiste pas, je serais incapable de lui expliquer ce qui vient de se passer, l’abus de confiance, le chantage.

Je crois qu’il va me falloir trois heures au moins pour sortir de là. Je me remets en marche, une poche externe déchirée, j’ai l’air d’un pantin de bascule.

Il me suit. Il commence à être menaçant. Il m’éblouit de ses phares. Je l’imagine me renverser. J’envoie une note vocale un peu amusée à ma petite sœur en Suisse; je feins d’être en conversation. Je n’ai plus de batterie.

Un nouveau moto-car survient, il déferle. Je lui barre la route. Un très jeune homme, une demoiselle, un bébé, une couverture. Je leur demande de bien vouloir me déposer à San Roque, je tâche de ne pas montrer que potentiellement je suis en danger. Le chauffeur escroc descend très lentement et s’appuie à l’avant du tuktuk. « Elle me doit 70 pesos. Elle refuse de payer. Molesta ».

Attends, tu as dit quoi là ? Je te dois combien ? À combien on avait fixé la course ?

70 pesos qu’il dit.

Répète voir ? À combien ?
70 pesos. Il ose.

Je me mets une grosse gifle. Je lui demande de répéter à nouveau.

Je m’inflige une seconde grosse gifle.

Le voir persister dans le mensonge, yeux dans les yeux, et raconter ce qu’il veut aux autochtones me rend hystérique. Je mourrai cette nuit s’il le faut mais la déloyauté n’aura gain de cause.

Je repars de pied ferme. Sans me retourner. Je n’ai peur de rien ni de personne. Et surtout pas de la Selva. Je marche telle une flèche, torche au front — brindille luminescente — un mélange coupable d’insultes et de sermons, des gros mots et des serments. L’immensité verte qui m’entoure.

29 avril 2025 à 11:30:46
Réponse #13

Shirokuma


Citer
Je cherche à traduire le mot « traître ».
“Traidor”

Tu l'as échappé belle.
« Modifié: 30 avril 2025 à 12:01:16 par Shirokuma »
“L'expérience est une bougie qui n'éclaire que celui qui la porte.” Confucius

29 avril 2025 à 11:58:34
Réponse #14

Patapon


Yo,

Yohan m’a dit au revoir, agacé par le marchandage.....

Tu vois que tu as des trucs intéressant à partager ;) Merci! :)

Quand je me déplaçais à l'étranger, je faisais pareil: je négociais le prix avant départ. Après, comme j'étais rarement seul, je n'ai jamais été ennuyé (selon les coins, être plusieurs ne veut pas forcément dire grand chose).

Par contre, je note l'idée d'avoir ton (tes) sacs avec toi; perso je gardais mon sac à dos avec mon matériel pros pour éviter les vols dans les coffre, mais pas ma valise. C'est une bonne idée si tu dois t'extraire rapidement. :)

Maintenant est ce que 70 pesos valaient la peine de risquer sa peau? Je ne sais pas; est-ce qu'une fois les 70 obtenus, ton gresseur n'aurait pas chercher à en avoir encore 30 de plus, etc Je ne connais pas du tout le contexte dans lequel tu étais.

Tcho
« Modifié: 29 avril 2025 à 13:20:04 par Patapon »
"Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les laissent faire"....en d'autre termes, il faut se sortir les doigts....

29 avril 2025 à 17:58:38
Réponse #15

Neibaf


Bonjour,
A titre informatif, je me permet de signaler ce livre sorti en 2022 : Désarmez la violence
https://www.librairiesindependantes.com/product/9782263178672/

Plus d'infos sur le site Protegor : https://protegor.net/2022/02/desarmez-la-violence-le-nouveau-livre-de-self-defense-moderne/

Je viens de le commencer, j'essaierai d'en faire une synthèse pour ceux qui le souhaite.

A +
"Qui veut faire quelque chose trouve un moyen, qui ne veut rien faire trouve une excuse"

29 avril 2025 à 18:26:38
Réponse #16

Aleksi


[...]
Salut, ça ce lit bien ton compte rendu  :)
Pourquoi as-tu cherché à cacher que potentiellement tu étais en danger ? Très sûrement ils t'auraient sortis de la sans te demander quoi que ce soit ni demander son avis au chauffeur, surtout avec une femme latine à bord qui connaissent mieux que quiconque la situation dans laquelle tu te trouvais et les bobards du chauffeur.
J'ai passé plusieurs années sur la route en autostop en Amérique Latine, et la situation que tu décris m'est arrivé à plusieurs reprises, même si je faisais toujours bien attention avant de monter dans la voiture d'expliquer que je fais du stop, ce qu'est le stop. Ceci dit je n'ai jamais eu à me défendre physiquement dans ce contexte. C'était toujours des tentatives médiocres. Aussi et c'est injuste mais le fait d'être un homme décourage les minables.
L'important c'est que l'histoire ce soit bien terminée   :up:. Quelle leçon en as tu tiré pour l'avenir en terme de désescalade ?
@Patapon  ;) : oui, toujours avoir son sac à ses pieds ! Raison de plus pour rester raisonnable et condenser.
A plus !

30 avril 2025 à 15:01:40
Réponse #17

Mary


Coucou les gens,

Merci beaucoup Patapon et Aleksi.

Quelques pistes de réflexion :

1.   La notion de dépendance. Evidemment, l’autonomie permettrait d’éviter ce type de situation. C’est sur ce levier précis (ma dépendance à son véhicule et à son bon vouloir) qu’il a voulu s’appuyer. Et sur des craintes ancestrales : le mot silencio est chargé de sens. Un sens péjoratif. C’est tout à la fois : solitude, pénombre, ténèbres, jungle, péril. Il ne disait pas « selva » mais « silencio ».

2.   Ce n’est pas un hasard si ce chauffeur m’a choisie. Déjà, il a assisté à l’embrouille avec mon pote Yohan. Et il a dû penser : elle se fait lâcher par son mec, c’est cuit, elle est livrée à elle-même. Il croyait assister à une scène de ménage (mdr). De surcroît, pour les sacs : une personne encombrée = une personne touchable.

3.   La portée dissuasive de mon comportement. Je me suis mise en colère puis il y a eu un certain calcul. En l’occurrence, je n’avais hell aucune crainte pour ma vie ; sinon j’aurais tout donné sans hésiter. L’imprévisibilité m’a rendu nerveuse et c’est en vérité plus la situation ultérieure qui me cassait les pieds. C’est à cette précarité subjective que je ne voulais pas céder : j’avais un rendez-vous super important le jour-même à 8h du matin, j’avais intérêt à être ponctuelle et présentable. Je voyais déjà se faufiler la nuit blanche et le résultat sur ma peau, un teint blafard et des cernes.

4.   L’opiniâtreté inutile : j’aurais pu me débarrasser des sacs en plastique et réorganiser rapidement le reste. Thé, oignons, conserves, ce n’est pas une perte phénoménale. Mon côté minimaliste fait que je ne veux rien gâcher. Ça peut devenir absurde et contre-productif, en vraie situation de survie.

5.   Se montrer agressif, choqué, indigné, sur ce coup, c’était la meilleure manière de lui signifier que j’étais intouchable. Ma rage était authentique. Et j'allais lui prouver, jusqu'au bout, le fait que si, lui, n’était pas un homme de parole, moi, j’étais une femme de parole.

6.   La problématique du milieu social jouait un rôle déterminant à mon avantage. Le fait que je portais des signaux de « supériorité », le rendait moins intrépide, paradoxalement. Parce qu’il avait conscience, en effet, que son acte pourrait provoquer de sales répercussions (sur sa réputation, sur sa famille) si par la suite je décidais de contacter l’Ambassade et déposer plainte aux autorités.

7.   Toujours prendre en photo la plaque d’immatriculation.

8.   La communication fallacieuse avec ma sœurette. Je mentionne à voix haute - ostensiblement - le nom de l’établissement clos. Le décalage horaire fait qu’elle dort et dans tous les cas, elle ne pourrait strictement rien pour moi. Or, lui, ignore tout cela. La tactique sert à lui faire croire que je fournis ma géolocalisation à quelqu’un qui est susceptible d’intervenir à tout moment.

9.   Il n’y avait pas un chat sur la route. Et pas de lampadaires. Le second motocar est survenu environ 45 minutes après une sorte de course-poursuite avec le malhonnête. La présence du nourrisson vient sécuriser la situation pour tous. Personne ne le mettra en danger. L’escroc de passage est immoral mais il n’est pas assassin. Ma priorité est d’être cru par ces jeunes. Ils ont l’air sceptiques. Ils me posent des questions stupides. L’autre leur bourre le crâne. Je cesse très vite de me justifier et je clôture les échanges : être 1h30 du mat, gringa avec sacs, devoir rentrer à pied. Je vous laisse avec votre conscience. Le couple se permet même une leçon : « fallait fixer le prix avant ». La grosse blague. Bref.

10.   Instinctivement, je ne tiens pas à divulguer outre-mesure le fait que je suis coincée, parce que je n’ai pas confiance en eux. Et il est hors de question que je remette mon destin entre leurs mains. Avant tout, je dois impérativement rester cohérente devant le chauffeur; je dois maintenir, sans faille, une ligne de conduite, afin de ne pas perdre la face, ne pas fragiliser ma posture.

11.   Point intéressant et inattendu : le couple me rattrape 2 kilomètres plus loin. Je ne sais pas trop quelles discussions ils ont tenu avec ce monsieur qui représentait un travailleur normal. C’est un sentier étroit, en zigzag. Ils s’arrêtent, sourire aux lèvres, et me font signe de monter. C’est alors un autre discours qui les anime : « l’autre est un voleur, on est désolé » ; en fait, ils craignaient ce qu’il aurait pu leur infliger, donc ils ont fait mine d’être de son côté; par souci de solidarité compatriotique aussi. En réalité, ils savaient que j’étais de bonne foi et ils m’ont dit : tu vas rentrer avec nous et nous on te fera rien payer. J’ai rétorqué que leur récompense est auprès du Seigneur.

12.   Dans l’incertitude, toutefois, vis-à-vis du retournement de situation généré par ce duo, j’indique sans tarder le centro comunitario où je me rend. Et je mentionne, un à un, le nom des habitants que je côtoie. C’est une stratégie préventive là-aussi : « je connais du monde là-bas, on m’y attend, soyez droits ».

13.   Le jeune papa se retournait constamment en conduisant. Pour vérifier qu’il n’était pas suivi. Lorsqu’ils m’ont déposé aux abords du village (300 habitants) tout le monde dormait. j’ai veillé à être la plus discrète possible. J’ai scruté autour et patienté un peu avant de pénétrer la résidence, puis j’ai bien refermé la porte, sans allumer les lumières.

14.   Quand je peux refuser de lâcher mon bébé dans le coffre ou sur le toit, je refuse et argumente, mais ce n’est pas gagné d’avance. Il faut parfois insister... Les bus sont pleins à craquer dans certaines contrées; c’est à juste titre perçu comme un manque d’altruisme d’occuper plus d’espace que prévu et je culpabilise du côté individualiste-je-fais-ce-que-je veux-alors-que-je-suis-chez-vous. En l’occurrence, un tuktuk n’a pas de coffre à proprement parlé. Il y a un large porte-bagage à l’arrière muni de cordes en polypropylène. Nouer, dénouer, défaire le truc, ça prend du temps. J’évite au max. Même en ville, peu importe le moyen de transport, le backpack est placé à côté de moi, toujours une main dessus (bretelle de préférence) ou un bras autour.

15.   Être attentif aux portes. Entrées/sorties. Afflux. Jamais installée de dos.

16.   On parle d’une somme modique. Ce trajet coûte initialement 10 pesos. Le triple parce qu’il fait nuit, que je suis une gringa, et qu’il ne bénéficiera pas, il est vrai, de voyageur pour le trajet de retour. 70 pesos ne représente rien. C’était une pure question de principe. C’est également un choix très personnel. On marche tête baissée ou on meurt debout. Après, sans grande surprise, c’est un tas de facteurs combinés qui permettent d’agir aussi librement (confiance en soi, expériences croisées, aptitudes aux combats) à commencer par les limites dudit chauffeur. Je crois que c’était un poltron. Il n’aurait pas attenté à mon intégrité physique. C’est un truc que tu évalues dans le regard et la voix. Et puis, très honnêtement, on était à proximité d’une région agricole (je ne veux pas la citer) où la criminalité est statistiquement basse, la population connue pour son flegmatisme ; les étrangers courent très peu de risques.

17.   En règle général, je déconseillerai d’agir ainsi. En revanche, c’est en disant « non » une fois, qu’on peut se dire « non » dans d’autres cas. Et c’est précisément cette force négative que les prédateurs perçoivent, en amont de leur approche. Je pense que les malveillants qui pressentent que tu as le « non » développé en toi, ceux qui flairent ça – à l’image des requins flairant à des kilomètres le sang du « oui », et bien ils ne s’aventurent pas. Ou ils s’aventurent moins. A mon sens, c’est plus souvent le « non » interne et profond qui forge (et pas la parlotte ni les démonstrations de force). Un « non » ferme du fort intérieur, écho serein, impassible. Et ce « non », invisible mais bien réel, t’accompagne et te protège contre d’éventuels abus, tel un reflet éblouissant de la prédisposition à ne pas se laisser faire. Inutile d’ajouter que ce n’est pas une immunité mais une voie pour s’en approcher un tant soit peu.


30 avril 2025 à 15:17:26
Réponse #18

Shirokuma


Et puis, très honnêtement, on était à proximité d’une région agricole (je ne veux pas la citer) où la criminalité est statistiquement basse, la population connue pour son flegmatisme ; les étrangers courent très peu de risques.
Région agricole.
Trouver un magasin d'outillage. Se procurer la petite lame locale / machette / serpette qui va bien dans les champs / bois du coin.
L'avoir à portée de main.  8)
“L'expérience est une bougie qui n'éclaire que celui qui la porte.” Confucius

30 avril 2025 à 15:26:19
Réponse #19

Mary


“Traidor”

Tu l'as échappé belle.

Merci bien, Shirokuma également, je n’avais pas vu ton message.

30 avril 2025 à 22:29:00
Réponse #20

Patapon


Yo,

Région agricole.
Trouver un magasin d'outillage. Se procurer la petite lame locale / machette / serpette qui va bien dans les champs / bois du coin.
L'avoir à portée de main.  8)

C'est le genre de trucs à "double tranchant"  ;#

Plus sérieusement, il y a plein de coin dans lesquels je préférerai lâcher 3 balles plutôt que de me retrouver en taule pour avoir menacé (ou pire) quelqu'un....vraiment. Il y a quelques pays dans le monde dans lesquels les occidentaux sont juste tolérés, et penser qu'on aura gain de cause devant un tribunal me parait un peu hasardeux, selon...

Après, ça ne veut pas dire qu'on doit se laisser faire, mais une gazeuse ou une canne en bois me paraissent préférables, si elles conviennent au contexte légal local.

Citer
14.   Quand je peux refuser de lâcher mon bébé dans le coffre ou sur le toit, je refuse et argumente, mais ce n’est pas gagné d’avance.

Juste, pour qu'il n'y ai pas de quiproquo malencontreux, quand tu parles de ton "bébé" il s'agit de ton backpack? ;)

Citer
Après, sans grande surprise, c’est un tas de facteurs combinés qui permettent d’agir aussi librement (confiance en soi, expériences croisées, aptitudes aux combats) à commencer par les limites dudit chauffeur. Je crois que c’était un poltron. Il n’aurait pas attenté à mon intégrité physique. C’est un truc que tu évalues dans le regard et la voix. Et puis, très honnêtement, on était à proximité d’une région agricole (je ne veux pas la citer) où la criminalité est statistiquement basse, la population connue pour son flegmatisme ; les étrangers courent très peu de risques.

Amen! Les outils vont dépendre du contexte et de ton état à toi (ta préparation, ton état physique et psychique, etc). Là, de ce que j'en analyse, tu as joué de l'intimidation sur un prédateur, truchant ainsi son rapport coût/bénéfice. Concrètement, si le type avait eu un besoin vital de ces 70 pesos, la donne aurait été différente, car le rapport coût/bénéfice aurait été différent, mais là, ça a plutôt bien fonctionné. Ca a été un acte délibéré de ta part ou tu as fait ça de façon instinctive (ou un peu des deux), tu dirais?

Tcho
"Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les laissent faire"....en d'autre termes, il faut se sortir les doigts....

01 mai 2025 à 17:49:45
Réponse #21

Mary



Plus sérieusement, il y a plein de coin dans lesquels je préférerai lâcher 3 balles plutôt que de me retrouver en taule


Idem.


Juste, pour qu'il n'y ai pas de quiproquo malencontreux, quand tu parles de ton "bébé" il s'agit de ton backpack? ;)


Il s’agit du petit Brayan, 2 ans, que je trimballe avec moi sur les routes et qui est une imitation pas trop déconnante du Tasmanian Tiger base pack 52L  ;D


Là, de ce que j'en analyse, tu as joué de l'intimidation sur un prédateur, truchant ainsi son rapport coût/bénéfice.


Absolument.


Ca a été un acte délibéré de ta part ou tu as fait ça de façon instinctive (ou un peu des deux), tu dirais?


Je pense qu’il ne s’attendait pas à une réaction aussi immédiate et brutale, susceptible d’entraîner chez le scélérat un état relativement proche de la sidération.

Il n’a jamais vu une blanche se foutre à elle-même une paire de tartes dans la gueule.

Il a revu ses prétentions à la baisse (avant l’arrivée du couple grâce auquel il a repris du poil de la bête). Il avait finalement renoncé au 70 pesos. En faisant demi-tour pour quémander, c’était pour les satanés 30.

Voilà une transition embarrassante…parce qu’en refusant net, c’est moi qui passe pour une voleuse. Du coup c’est lui qui se sent légitime à me poursuivre mordicus pour obtenir son dû.

Il cherchait à renouer le dialogue. Je demeurais sur ma ligne de conduite.

Tu n’as pas voulu me déposer à San Roque, maintenant tu vas le payer.

En plus, le type s’était fait passer pour un trouillard devant tout le monde, sur l’agora, à côté des autres chauffeurs alignés : « silencio me fait peur, c’est chaud la nuit, je flippe trop, besoin d’une compensation ».

En fait, c’était pas vrai. Il y avait une amorce de manipulation.

Et qu’il décide de s’arrêter dans un lieu stratégique. Au beau milieu de la forêt. Le culot ahurissant.

En soi, c’était un énorme coup de pression. Lui était du coin. Lui maîtrisait l’environnement. Lui n’était pas chargé. Lui détenait le véhicule. Lui seul était censé connaître le chemin.

Sa domination était « matérielle ». Ma suprématie était morale.

Tcho.

01 mai 2025 à 19:46:12
Réponse #22

Ouistiti




En soi, c’était un énorme coup de pression. Lui était du coin. Lui maîtrisait l’environnement. Lui n’était pas chargé. Lui détenait le véhicule. Lui seul était censé connaître le chemin.


Je pense que tu as bien réagis. Il y a certains points qui selon moi auraient pu être mieux maîtrisés mais c'est facile de le dire à froid sans avoir été acteur et sans être une femme moi même.

On ignore tout de la dangerosité de l'individu en question, dans un autre contexte, sans témoins par exemple, il aurait pu aller plus loin, ou pas.

Te mettre des gifles et pour le moins surprenant, cela peut te faire passer pour une personne psychologiquement instable qui peut être imprévisible ou dangereuse. J'ai lu que c'était une technique utilisée par certains détenus pour se protéger dans des environnements durs et hostiles (prisons américaines).

Ce type de situations se produisent aussi sur le territoire national depuis la fin du monopole des taxis pour le transport de personnes en véhicule léger (BlaBlaCar, Uber)...

https://actu.fr/ile-de-france/paris_75056/paris-une-jeune-femme-de-19-ans-accuse-de-viol-un-chauffeur-vtc-pendant-une-course-de-nuit_62510361.html

https://www.leparisien.fr/faits-divers/paris-une-femme-de-30-ans-accuse-un-chauffeur-vtc-de-lavoir-violee-01-08-2024-UB6O574XABBSBMEQJF5TTJYV3E.php

https://www.leparisien.fr/faits-divers/a-paris-une-touriste-accuse-de-viol-un-chauffeur-uber-non-declare-20-01-2025-7CM7ELE7EVCR7LHRRE6557LPUM.php

Traitement plus global du fait de société par RMC :
https://rmc.bfmtv.com/actualites/societe/transports/il-m-a-propose-de-la-cocaine-des-femmes-temoignent-d-agressions-dans-les-vtc_AV-202405220491.html

Problématique connue dès le lancement de l'activité Uber en 2015 :
https://www.lemonde.fr/pixels/article/2022/07/14/uber-files-quand-l-entreprise-s-inquietait-qu-une-tentative-de-viol-perturbe-sa-campagne-de-lobbying_6134748_4408996.html

BlaBlaCar :
https://www.lefigaro.fr/faits-divers/viol-d-une-etudiante-pendant-un-trajet-blablacar-l-accuse-condamne-a-8-ans-de-prison-20240213

https://m.youtube.com/watch?v=zQ-kbiJcWeM

Stay safe.

01 mai 2025 à 20:43:42
Réponse #23

Patapon


Il n’a jamais vu une blanche se foutre à elle-même une paire de tartes dans la gueule.

Je te rassure, ce n'est pas pas le seul  :lol:

Et niveau contexte, si tu avais du te taper le sprint de ta vie, tu te retrouvait paumer dans une zone civilisée ou ça allait être la galère au milieu de nulle part?

Merci pour tes retours!
« Modifié: 02 mai 2025 à 07:24:41 par Patapon »
"Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les laissent faire"....en d'autre termes, il faut se sortir les doigts....

02 mai 2025 à 01:49:53
Réponse #24

Mary



Et niveau contexte, si tu avais du te taper le sprint de ta vie, tu te retrouvait paumer dans une zone civilisée ou ça allait être la galère au milieu de nulle part?
!


The mess in the middle of nowhere.

Obscurité complète et pas âme qui vive à moins de trois heures de marche.

10-15 kilomètres. Dénivelé en montagnes russes.

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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