Ce qui est étonnant c'est que d'après les mêmes tableaux, le toughness (résistance à la rupture/déchirement) est optimum à 60HRC et dégringole ensuite. Donc je ne vois pas l'intérêt de faire ça en fait.
58HRC à coeur
Enveloppe de 52HRC...
Il s'agit probablement ici d'une production industrielle puisque toutes les lames de chez Varusteleka ont la même dimension et que c'est seulement la longueur et l"mouture qui change.
Or le cout de revient d'une lame est secondairement impacté par l'acier. Il est impacté par le type de TT, le temps de MO, des facteurs comme le SMD et les couts variables à la production (usure des machines et bandes abrasives par exemple).
Il me semble que faire une émouture dans un acier à 58HRC est moins couteux en temps et en usure de l'abrasif que le faire dans le même acier à 60HrC. sur de grandes séries ce n'est pas négligeable. Peut être même que l'on peut se contenter d'abrasifs moins performants.
Ceci dit si tu regardes la courbe ci-dessous, la
résilience ténacité du 80CrV2 est déjà importante à 60HrC (selon Larrin Thomas : de l'ordre de 3 à 10 fois de ce qu'elle est pour du D2, S30V, 440C, O1, 1095 et autres aciers courants à la même dureté).
Elle est encore plus impressionnante à 58 HRC (on atteint probablement au moins 50 ft-lbs en Charpy test V notch dans le sens transversal). Ce qui est bien pour des outils qui doivent beaucoup subir de "bâtonnage" si on veut limiter le SAV.
Et puis il y a le facteur Marketing : en Europe : 58 HRc c'est consensuel pour les ventes ("dur mais pas trop").
Pourquoi avoir une "peau" moins dure? Probablement parce que la solidité de la lame aux contraintes transversales est encore plus grande à 52HRc.
Or, quand une lame subit des contraintes latérales elle se plie de façon élastique jusqu'à un certain point avant de rompre au delà de ce point.
C'est fonction de l'acier, assez peu de la dureté selon le TT de cet acier dans son enveloppe d'utilisation raisonnable et beaucoup fonction de l'épaisseur de la lame. Plus une lame est fine, plus elle va plier sans casser (toutes choses égales par ailleurs). Mais évidemment si elle est trop souple elle devient inutilisable (ex : fine lames pour les filets de poissons).
Ce qui entraine une rupture de lame dans les aciers sans beaucoup de carbures, comme c'est le cas ici, c'est la création et la propagation des micro fractures dans l'acier.
On peut combattre cela, pour un acier donné, en minimisant la taille du "grain d'acier". Ce qui allonge le trajet pour la propagation d'une micro fracture. c'est quelque chose particulièrement travaillé au niveau TT par les artisans qui travaillent sur les aciers "carbones" qui sont peu alliés (normalisations, trempes multiples...).
Mais on peut aussi assembler plusieurs aciers différents (acier sandwich, sans mai, acier damas composite) ou en variant la dureté des couches du même acier comme c'est le cas ici. L'idée c'est qu'une fracture aura plus de mal à se propager dans des milieux différents.
L'avantage de ce dernier procédé exclusivement thermique, c'est que la délamination des différentes couches d'acier n'est plus aussi facile que sur l'acier sandwich (j'ai eu cette mauvaise surprise sur un Helle) et que le cout doit être assez faible une fois les machines réglées.
Le système peut être simple afin d'assurer le cycle "revenu" et refroidissement rapide : on fait la trempe, puis la lame passe dans des anneaux d'induction juste assez de temps pour adoucir la surface avant de la refroidir par jet d'eau/huile ou immersion dans des sels par exemple.
Vidéo sur la trempe par induction d'une longue lame d'épée. Ici il s'agit probablement de trempe différentielle afin de laisser un corps moins dur (car moins chauffé) que l'enveloppe qui va refroidir plus vite.
https://www.youtube.com/shorts/5yGxw9OBm6UProcédé industriel courant avec trempe et refroidissement combiné.
https://www.youtube.com/shorts/pEQ1sUsbo5ADu moins c'est comme cela que je le comprends.

Fort juste remarque de Psydomos : ténacité plutôt que résilience pour traduire toughness.