La laine utilisée est du tissu foulé. Quand la veste est à la bonne taille la mobilité est bonne. A cette époque les tailleurs pouvaient adapter les vêtements.
Le tissu vadmal est relativement coupe vent pour de la laine. En dehors des bois, un coupe vent est nécessaire par mauvais temps.
A cette époque l’uniforme en laine était le vêtement de guerre. On le portait 24/24 par quasiment tous les temps. Dessous seulement une chemise de flanelle de coton.
Par temps froid on ajoutait un manteau de laine. On pouvait ajouter un pull fin de laine dessous. Le caleçon long de flanelle était courant. Au dessous de -10c on utilisait la peau de mouton retournée.
Armée suédoise 2GM avec le chapeau d'hiver

Finlandais équipés à la suédoise avec l'ancêtre de chapka. Notez les bottes lapones retroussés pour les ski.

Encore des Finlandais durant la guerre d'hiver...

Le vêtement étroit induisait une isolation supplémentaire par l’extérieur lors des arrêts ou par grand froid. On n’est pas dans le système trois couches mais pas si loin du système le plus moderne : action/inaction et très mauvaises conditions.
Un exemple d'équipement pour les situations statiques.

Manteau suédois, équipant les finlandais et largement repris :

L’idée globale était d’éviter le plus possible l’accumulation d’humidité durant l’activité. Donc peu de tissu coupe vent à port quasi constant. La pluie abondante gérée par de la toile résistante à l’eau et exceptionnellement par un tissu réellement imperméable.
Confrontés en Décembre 41 aux rigueurs de l'hiver russe, les allemands constatent que l'uniforme de drap de laine (et viscose) et le manteau de laine sont insuffisants. Même accompagné du pull léger de laine, du tour de cou de laine, du chapeau rabattable, des chauffes oreilles et du chauffe rein.

Dans l'urgence on développe des ersatz de camouflage :

Ils vont développer en 1942 le "winteranzug" qui est un surtout consistant en deux couches de tissus renfermant un molleton de laine recyclé de faible densité. L'enveloppe coupe vent peut être en laine mais plus souvent en coton et en mélange coton viscose du fait de la pénurie de laine et de coton.
Un article en anglais :
http://www.dererstezug.com/winteranzug.htmC'est coupe vent (grosse innovation testé longuement en soufflerie) et réversible blanc/camouflage. Ce n'est pas imperméable mais c'est traité intégralement avec un déperlant chimique innovant (opanol) ce qui offre une certaine résistance à l'humidité. C'est accompagné d'un masque et de surmoufles. Des bottes de feutre avec une base de cuir sont aussi développés (équivalent valenki+galoche).
Evidemment il n'y aura pas de ce matériel innovant pour tout le monde...
Par exemple (à droite)

En action le blanc restait rarement blanc.




Il existe de nombreuses variantes, par exemple ici le tissu est quilté.

Avec aussi plein de camouflages différents à partir de 1943

A la fin de la guerre les armées de l’ouest adoptent les solutions US Army.
Les américains ne pouvant produire assez de laine avaient utilisés leurs abondantes ressources en coton et en pétrole.
C’est donc la fin des vêtements de combat en laine à l’ouest. Ils ne subsistent longtemps que chez les neutres, particulièrement les suédois.
Pour les mêmes raisons les camouflages vont longtemps disparaître dans les armées OTAN.
Les évolutions ne sont pas toujours basées sur des raisons fonctionnelles ou tactiques.
Photo 1 : Votre serviteur en tenue M59 et casquette Stormy Kromer avec au dessus un gilet de laine semblable à des la peau de mouton retournée (moins lourd mais sans l'effet coupe vent). C'est un tissu français (Jules Tournier?), courant dans les Pyrénées, qui est l'ancêtre du "pile" en polyester.
Photo 2 : Luronne en Pantalon M59, chemise de flanelle de laine, gilet de laine et dessus le lourd manteau de fourrure et la chapka ushanka (adopté par les russes à la suite de la Guerre d'Hiver). Les bottes sont des modèles typique de chasse allemands. Elles sont dérivées du modèle allemand 2GM, la tige est en mouton retournée plutôt que de feutre. Ces mêmes bottes sont dérivées des bottes Valenki des soldats russes.
Photo 3 : Luronne en pantalon M59, chemise de flanelle, gilet de laine et dessus un capuchon de berger en feutre de laine dérivé du cucullus antique. Carburant.