Salut à tous, salut Kam !
Du coup je suis entrain de te lire

, le fichier epub étant toujours disponible. Premières impressions en cours de lecture : j'aime bien.
Parce que tu ne joue pas à la littérature, parce que tu racontes les anecdotes à ta manière, ce qui les rend souvent amusantes. Et quel franc parlé ! C'est un style qui me rappel Esnos ou Zyke sur certains aspects, que tu devinera facilement si tu connais les auteurs.
Mais ce même ton devient parfois un poil lourd sur la longueur. Je ne me veux pas blessant hein, seulement critique. Lourd dans le sens un peu sur-utilisé, ou sur-joué. On aimerai (enfin plutôt je, car c'est un avis totalement personnel !) qu'il y'ai de temps à autres un break dans cette joute verbale argotique.
Encore autre chose à double tranchant : le style "carnet de route". On voit bien que tu tapes avec tes notes sous les yeux, ce qui est normal. C'est agréable pour la clarté du récit, la chronologie et surtout ce qui me saute aux yeux et que j'aime, c'est l’enchaînement de haut et de bas dans une même journée, voir une même matinée. On passe du "quelle m*rde et c'est dégueu" à "qu'est ce qu'on est bien, qu'est ce que je suis heureux" (ce n'est pas une citation, seulement une schématisation du "phénomène"). J'aime beaucoup car cela reflète la Route : vivre intensément, et passer du pire sentiment de détresse humaine au meilleur bien-être que l'on puisse expérimenter, en l'espace de quelques heures. Bien souvent seulement grâce à une rencontre, un repas inattendu, un changement de décor et de météo, etc.
Le revers de la médaille c'est parfois des sentiments exprimés qui, s'ils ont toutes les raisons d'exister dans un carnet de route qui est également, souvent, le seul exutoire du voyageur, ne trouvent pas leur place dans un livre. On ne dénigre pas les gens, c'est pas bien (

), mais surtout c'est désagréable à lire. Cela donne un air, involontairement j'en suis sur, pédant au récit. On est toujours le touriste d'un autre. Et beaucoup de gens sont en fait mal polis car se sentent trompé, trahi en arrivant dans des endroits vendu comme sauvage, mais blindé de ristous. Et, contrairement à toi, ils n'ont pas souvent plusieurs années pour rattraper le coup par la suite. Alors ils sont comme toi, frustrés. On leur pardonne

.
Je te dis cela car je me suis moi même essayé à l'exercice de l'écriture il y'a quelques années, et ai publié un livre. Dedans, il y avait des choses un peu dans ce style et qui ont été mal interprété. Avec le recul et un peu plus de maturité, je comprends que cela n'apporte rien, et gâche même un peu. Cela m'avait été reproché, on parlait même parfois "de l'autosatisfaction de l'auteur", la ou il n'y en avait pas. Seulement un témoignage brut, très brut... Ca m'avait blessé.
Encore une fois, et fort de mon expérience précédente, je ne peux m'empêcher de remarquer ta rigueur d'un certain "style éditorial" et te tire mon chapeau

. Présent de l'indicatif, première personne du singulier, et roule ma poule. C'est claire et efficace, c'est le style adapté au récit effectivement. Ca parait bête, mais pas toujours évident quand au bout de quelques centaines de pages on se perd en figures de styles foireuses et concordance des temps approximative. Il avait fallût me tenir en laisse

. As-tu été conseillé ?
En tout cas, j'ai hâte de lire la suite ! Bravo et beau voyage

Mis dos pesitos hermano

EDIT : Non point ton carnet sous les yeux, mais à l'écoute de ton dictaphone alors. L'appelais-tu Diane également ?
