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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Destruction de certains venins par la chaleur  (Lu 17181 fois)

01 février 2015 à 14:42:40
Lu 17181 fois

DEPLANQUE JOEL


Certains venins sont thermolabiles. Une augmentation de la température sur la blessure permet de les décomposer ou de les "coaguler" ou les deux actions à la fois. Tous les venins ne sont pas thermolabiles. Ceux des scorpions, raies et beaucoup de poissons ou crustacés le sont.
Les piqures de raies venimeuses provoquent des douleurs indicibles et parfois des décès par arrêt cardiaque. C'est ainsi qu'en 1993, en moins d'une heure j'ai "soigné" trois personnes dont un enfant, piquées par des raies venimeuses peu avant la tombée de la nuit au cours de leur baignade du soir. C'était sur le fleuve Maroni, exactement au niveau du saut Abounassounga.

Le matériel utilisé ?

- Un arbre de moteur hors-bord chauffé dans le feu de camp...
- Quelques chiffons...
- Une bouteille de rhum blanc en guise de désinfectant...

La technique ?

Il ne s'agit certainement pas de carboniser la zone de la plaie ! Mes "patients" s'attendant à vivre plusieurs heures de souffrances atroces étaient extrêmement stressés. Il me fallut donc les rassurer rapidement. Il me fallait quelque chose de chaud à appliquer sur les plaies et j'avisais un arbre de moteur hors bord trainant dans le camp... J'en mettais une extrémité à chauffer au feu pendant que j'arrosais les plaies de rhum blanc et les lavais. J'imbibais un morceau de vieux T Shirt à l'aide de rhum, le plaquais sur la plaie et en approchais la partie chaude de l'arbre de queue. Rapidement, la température du "pansement" devint difficile à supporter et mes "patients" grimaçaient de douleur. Au bout d'une ou deux minutes de souffrance, j'arrêtais le "traitement" et retirais le chiffon, puis arrosais largement la plaie de rhum blanc.

Quelle joie de voir la lueur d'agréable surprise remplacer la peur dans les yeux des victimes qui marchaient normalement !

Un peu "primitif" et rude comme technique certes, mais qui épargna des heures de terribles souffrances à mes patients. Et puis, comment faire autrement avec les moyens du bord et dans l'urgence ?

ATTENTION ! Si le traitement par la chaleur supprime la douleur (à condition d'être appliqué rapidement après l'attaque) la problématique de la nécrose demeure. Il convient donc de se rapprocher de la "civilisation" pour recevoir des soins adaptés. C'est ce que j'ai fait en invitant fermement mes "patients" à se rendre dés le lendemain au dispensaire le plus proche.

Bien des mois passèrent et un jour, à notre magasin de Saint-Laurent du Maroni, se présenta un homme que je ne reconnus pas immédiatement. Il me montra une petite cicatrice au niveau de la cheville et me remercia chaleureusement.

Quelques années plus tard, vivant au Canada, je reçus un courriel de remerciement de la part d'une personne de Nouvelle Zélande s'étant faite piquer par une raie et s'étant auto-soignée en appliquant cette technique qu'elle avait lu dans mon manuel. Inutile de dire que CA FAIT PLAISIR ! :up:
« Modifié: 01 février 2015 à 15:49:42 par Nävis »
Le cocktail soleil plus liberté ne doit pas être gâché par la précipitation.

01 février 2015 à 19:07:04
Réponse #1

florent.B


Technique qui marche aussi avec les piqures de guêpes et d'abeilles, à condition de le faire rapidement après la piqure, avec un briquet à même la peau. (Testé)

@Joel : Pour les scorpions, ca marche avec toutes les espèces ?

Quelqu'un a des informations pour les venins de serpent ?
Muere lentamente quien se transforma en esclavo del hábito
repitiendo todos los días los mismos trayectos,
quien no cambia de marca,
no se atreve a cambiar el color de su vestimenta
o bien no conversa con quien no conoce.
(Pablo Neruda)

01 février 2015 à 20:52:08
Réponse #2

kastor


Petit retex sur cette technique, appliquée sur moi, pour une autre bestiole : la vive.
Auter venin thermolabile, celui de la vive (espèce du sud de la France )

Ca m'est arrivé en marchant dans l'eau sur une plage des bouches-du-rhône (non surveillée).
vive (lol) douleur sous le pied en marchant sur un truc pointu. Le temps de revenir sur la plage, la douleur (très forte) commence à s'étendre au reste du pied. au visuel, ça fait plusieurs trous alignés (4 dans mon cas), d'un petit mm de diamètre, facilement différentiable de par exemple des oursins (pas de débris dans la piqure, trous alignés, douleur caractéristique) ou une seringue.
bol monstrueux, un pote présent, en thèse de bio m'assure qu'un choc thermique appliqué rapidement neutralise le venin.
Flamme de briquet à distance suffisante pour provoquer une douleur mais pas me brûler genre pendant 2 minutes, suivi par un tour dans la glacière qui pensait tranquillement finir sa journée en refroidissant sodas et brunes.
Résultat quasi-immédiat, la douleur baisse très fortement en quelques secondes.

donc voilà, my 2 cents, au cas où ça servirait...

02 février 2015 à 01:35:58
Réponse #3

DEPLANQUE JOEL



@Joel : Pour les scorpions, ca marche avec toutes les espèces ?

Quelqu'un a des informations pour les venins de serpent ?

Pour les scorpions mon avis est que ça devrait fonctionner avec tous, sinon la plupart. Ici en Bolivie, plusieurs accidents mortels sur des enfants (à cause de leur faible masse corporelle) et par ignorance de cette technique simple et très efficace !

Pour les morsures de serpents je n'ai jamais vu cette technique conseillée. A mon humble avis elle ne doit pas fonctionner. De plus je pense que la diversité des venins de serpents doit être certainement plus large que celle des scorpions. Neurotoxiques, hémorragiques, etc. Par principe je ne m'avancerai pas plus avant sur un sujet que je ne maitrise pas globalement.

Mon épouse a vérifié sur elle et avec succès l'efficacité de la chaleur d'un briquet (protège ou cache-flamme métallique qui chauffe quand briquet allumé) suite à des piqures de guêpes.
Pour ces dernières il parait que frotter avec une pomme de terre coupée est efficace (?). Si on doit maintenant se balader avec une patate...

A Kastor : OK pour les vives. Poisson et donc...
« Modifié: 02 février 2015 à 04:51:57 par DEPLANQUE JOEL »
Le cocktail soleil plus liberté ne doit pas être gâché par la précipitation.

02 février 2015 à 07:56:07
Réponse #4

fry


C'est une pratique inutile chez les serpents, le venin des espèces fréquemment croisées n'étant pas thermolabile d'une part, et l'injection par les crochets étant bien trop profonde pour être inquiétée par une source de chaleur approchée à proximité de la peau d'autre part.

En outre, approcher la chaleur entraînera une légère vasodilatation locale qui accélérera la diffusion du venin.

02 février 2015 à 13:22:04
Réponse #5

fosa


A ma connaissance tous les venins marins (poissons coquillages) sont détruits par la chaleur...
Cependant la douleur est telle qu'il y a souvent perte de conscience (douleur syncopale...)
Ce n'est qu'un traitement de première urgence pour les atteintes réellement dangereuses, Poissons tropicaux (Raies, Ptéroïs, Poissons Pierre) certains poulpes, les coquillages...
Pour les serpents je n'ai jamais entendu en Afrique, qu'on traitait ainsi les morsures... Et le bouche à oreille traditionnel est souvent révélateur d'un certain savoir.

02 février 2015 à 15:58:45
Réponse #6

Kilbith


En outre, approcher la chaleur entraînera une légère vasodilatation locale qui accélérera la diffusion du venin.

C'est un peu HS....

On lit souvent cette affirmation, sans expliquer pourquoi on aurait intérêt à "diminuer la diffusion du venin". Donc est-ce :

- Pour permettre aux secours d'arriver (avant que le venin ne se diffuse...).
- Pour limiter le choc anaphylactique (le venin arrive par petites doses...)
- Pour limiter une arrivée massive et rapide de venin dans la CG afin que les mécanismes d'élimination (s'ils existent) puisse convenablement faire leur travail avant que les organes cibles du venin soient lésés ?
- Ou bien c'est seulement pour que le blessé "reste tranquille", pour éviter d'ajouter un "sur-accident" sachant que la dose n'est pas toujours dangereuse mais la panique oui.
- Ou une autre raison?

 :)

« Modifié: 02 février 2015 à 17:36:35 par Kilbith »
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

03 février 2015 à 04:53:46
Réponse #7

DEPLANQUE JOEL


Je ne vois pas l'intérêt d'utiliser le traitement par la chaleur sur des venins non thermolabiles de type serpents par exemple !
Pour ceux qui le sont, on se fout de la légère vasodilatation ! Le but est de coaguler ou de détruire un venin qui sans application de cette technique se disperserait de lui-même dans l'organisme. Aucune hésitation donc et pas d'état d'âme !
Le cocktail soleil plus liberté ne doit pas être gâché par la précipitation.

03 février 2015 à 09:33:29
Réponse #8

fry



On lit souvent cette affirmation, sans expliquer pourquoi on aurait intérêt à "diminuer la diffusion du venin". Donc est-ce :


La diminution de la diffusion d'un venin de manière générale est de bon sens, la plupart ont un effet pro-inflammatoire local immédiat au niveau tissulaire, et tout ce qui peut aider sa propagation y compris dans les micro-capillaires n'aidera pas à se sentir mieux, pas forcément au niveau de l'envenimation générale ou du décès, mais déjà au moins au niveau local, ce qui est l'extrême majorité des cas d'envenimation. On ne parle pas de grands résultats très significatifs, mais d'effets aussi simples ( et non mesurés ) que surélever un membre oedématié par une entorse pour que ça gonfle moins et que ça récupère un peu plus vite.

A noter que selon la méthode - assez souvent mal réalisée - il est assez fréquent d'induire des lésions par la chaleur, que ce soit approcher une flamme ou un objet beaucoup trop chaud, qui peut induire une brûlure, ou mettre le bras entier dans une eau très chaude, ce qui induit à ce moment une vasodilatation de l'ensemble du membre concerné et non plus de la seule zone limitée de la morsure.

Pour ce qui est des venins thermolabiles, le bénéfice d'approcher la source de chaleur est effectivement bien au delà des potentiels effets délétères de la vasodilatation puisque de toute façon cette action détruit le venin et donc en limite la propagation et les effets.

Le seul élément à retenir de cette partie du débat est: ne pas tenter l'astuce de la chaleur avec des venins non thermolabiles " au cas où ", puisque ça sera inutile, et dans le principe probablement délétère ( même si encore une fois les effets sont trop minimes pour être mesurables, c'est simplement par bon sens ).

03 février 2015 à 10:13:50
Réponse #9

Oim


Citation de: fry
...
A noter que selon la méthode - assez souvent mal réalisée - il est assez fréquent d'induire des lésions par la chaleur, que ce soit approcher une flamme ou un objet beaucoup trop chaud, qui peut induire une brûlure, ...
  :doubleup:
Très vrai et j'illustre par un exemple personnel:
J'avais l'habitude de soulager les piqûres de guêpes ou d'abeille en approchant le bout rouge d'une cigarette à 1 cm de la piqûres et en faisant compter la personne jusqu'à 100 tout en tournant la cigarette sur un diamètre de 2 cm.

Un jour en vacances on fait venir les pompiers pour nous débarrasser d'un nid de frelons qui se régalaient des prunes tombées dans le jardin de la maison qu'on nous avait prêtée.
Je discute avec le pompier et il me dit qu'ils ont une méthode similaire mais différente.
Ils chauffent une petite cuillère avec un briquet et quand c'est brûlant mais supportable sur la peau de la main, ils appliquent la cuillère sur la piqûre.

2 jours plus tard ma petite dernière, qui devait avoir 3/4 ans se fait piquer par une guêpe vers la clavicule.
Je me dis "tiens je vais changer et essayer la méthode du pompier".
Je chauffe la cuillère, je l'applique sur ma main, très chaud maiis supportable, je l'applique ensuite sur elle.
Elle crie, je me dis "elle est douillette mais elle sera bien soulagée dans 1 minute".

Quand je retire la cuillère ....moment de solitude   :-[ la peau vient avec !  :'(

J'avais sous estimée la différence de sensibilité et de fragilité entre la peau de mes mains et celle, très fine, de son buste. :bang:

Résultat, plus de douleur de la piqûre, mais une belle brûlure au 2ème degrés donc eau froide, pansement gras pendant 3 semaines et une belle cicatrice pendant au moins 2 mois.

Je suis pas passé pour un héro sur ce coup là  :down:
Et la crédibilité de mes remèdes "roots" en a pris un coup pendant quelques années...

Je suis revenu à ma méthode de la cigarette car au moins la zone reste à la vue pendant l'opération et on peut détecter visuellement  s'il y a un problème.
Cette méthode est similaire à celle d'un appareil nommé Tetrapik breveté par un médecin de mon département et qui reproduit cela avec un résistance électrique. ( pour  les non fumeurs)


" The trouble with the world is that the stupid are cocksure and the intelligent are full of doubt. "  GrandMaster B.R.
"tous les survivalistes ne sont pas paranoiaques, mais b*rdel j'ai l'impression que tous les paranoiaques deviennent survivalistes..." Le taulier

16 février 2015 à 13:48:20
Réponse #10

DEPLANQUE JOEL


J'ai adoré la notion de mesure qui se dégage de ton message... :doubleup:

Lorsque je traitais les victimes de piqures de raies venimeuses sur le fleuve Maroni, j'avais le mérite de tenir compte des grimaces de douleur de mes "patients". Je ne les ai donc pas carbonisés... Même chez les hommes rudes que nous sommes il peut exister un zeste de sensibilité, voire d'écoute d'autrui. Ne désespérons donc pas de l'humain... ::)
Le cocktail soleil plus liberté ne doit pas être gâché par la précipitation.

16 février 2015 à 17:06:19
Réponse #11

Loriot


Tout pareil avec l'ammoniac pour lutter contre le venin...
Faut pas rester longtemps sur une peau d'enfant! La peau des enfants est beaucoup plus sensible que celle des adultes! (La peau se décole)
Mais c'est vrai aussi qu'on est beaucoup plus intelligent après...

C'est notament pour cela que la plupart des médicaments pour adultes ne sont pas adéquat pour les enfants! Soit ils ne sont pas testé, soit trop fort... Il faut toujours lire la notice...

Quand Pourine veut la lune tu lui baises les pieds

 


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Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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