bonjour,
pour commencer quelques ordres de grandeur :
au quotidien la plupart des freinages se font entre 1 et 2 m/s2.
Pour une décélération de 3m/s2, tous les passagers insultent copieusement le conducteur.
Sur de nombreux véhicules équipés d’Aide au Freinage d’Urgence, on allume les warnings lorsqu’on atteint une décélération de 7m/s2.
Quand on se met debout sur la pédale de frein, on atteint 9 à 10m/s2.
Donc quand on a besoin de freiner… on freine !
Freiner par à coup ne sert qu’à augmenter la distance d’arrêt. Les plaquettes montent moins vite à leur température de fonctionnement optimal. Et même si on croit freiner fort, ben on peut surement freiner encore plus fort. Tout est une question de motivation.
Faire clignoter les feux stop c’est une gentille idée, mais on a rajouté un 3eme feu il y a quelques années. S’il faut une guirlande de Noël, un gyrophare ou un rayon laser pour attirer l’attention du conducteur suivant…
Dans le code de la route celui qui est derrière à tous les torts en cas de choc. Ouais, c’est pas élégant, mais la distance de sécurité avec celui qui nous suit, on ne peut rien y faire.
Pour tordre le cou à l’idée de surchauffe : les disques de frein encaissent plus de 700° sans perte d’efficacité. Pour atteindre cette température, on charge un véhicule au PTMA (Poids Total Maximum Autorisé) et on enchaine 10 freinages de 100km/h à 0, debout sur la pédale de frein.
Ce test a été inventé par le journal allemand AutoMotorundSport (AMS), et c’est devenu un standard dans l’industrie automobile.
Quand on fait une descente de col, toujours en pleine charge, on peut arriver à cette température de disque, mais faut pas avoir froid aux yeux !
Enfin certains, aux capacités de pilote de rallye, peuvent dépasser les 800° et atteindre la zone de déformation des disques. Le voile de disque provoque des vibrations dans le volant, qui doivent inciter un conducteur sain d’esprit à consulter rapidement.
Donc les disques portés au rouge, les plaquettes qui fument et la voiture qui explose, on va laisser ça aux films hollywoodiens.
Pour le blocage des freins, en fait ça dépend des conditions d’adhérence (bitume, pluie, neige, verglas) : quand le couple de freinage est plus important que l’adhérence du pneu sur la route, alors la roue se bloque et glisse sur la chaussée.
C’est pour cela que l’on a inventé l’ABS, en série sur tous les véhicules depuis de nombreuses années.
Sans ABS effectivement il faut relâcher la pédale de frein dès qu’il y a glissement d’une roue, puis freiner à nouveau, puis relâcher,… c’est pas facile, c’est subtil, c’est pas à la portée de tous.
Et c’est probablement depuis cette époque que traine l’idée de freiner par à-coups.
Une remarque en passant : l’ABS ne réduit pas les distances d’arrêt. Enfin si, pour ceux qui ne sentent pas le glissement et qui ne savent pas relâcher les freins (i.e. la majorité des conducteurs). Non l’intérêt de l’ABS c’est qu’il permet de garder la dirigeabilité du véhicule. Et ça c’est bien !