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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Et vos enfants ?...  (Lu 2659 fois)

14 septembre 2014 à 23:24:17
Lu 2659 fois

Sorcika


Bonjour à tous,

cela fait plusieurs semaines maintenant que je parcours avec beaucoup d'intérêt toutes les sections du forum, et je me demandais : ceux et celles d'entre vous qui ont des enfants, dans quelle mesure et par quel biais leur transmettez-vous (ou pas) vos valeurs et vos compétences dans le domaine (bien plus vaste que je ne le pensais) de la survie ?

Je m'explique : j'ai une petite fille de 20 mois. Pour le moment bien sûr elle n'est que sourire, joie de vivre et confiance envers le monde entier et c'est très bien. Ma vie professionnelle me permet de passer beaucoup de temps avec elle, donc de veiller sur elle, et de lui transmettre par imprégnation (j'entends par là tout ce qu'elle me voit faire au quotidien) des savoir-faires de base. Par impératif économique puis après m'être prise au jeu, j'essaie d'être au maximum dans le fait-maison, en particulier pour la cuisine et les produits d'entretien. Je lui montre qu'un objet légèrement endommagé peut être réparé, je recouds, je recolle, je revisse, bref, des trucs de base. Bien sûr, quand nous avons besoin de quelque chose j'essaie de le trouver d'occasion ou de le fabriquer moi-même, bref tout ça à son petit niveau c'est très bien.

Mais viendra un jour (sans doute plus vite que je ne le pense) où il faudra aborder avec elle les risques inhérents au monde en général : se blesser, se perdre, être la cible d'une agression etc... Je ne souhaite pas la garder "bébé" plus longtemps que de raison (bon, mon utérus voudrait, mais mon cerveau me dit que c'est une mauvaise idée  ::) ), pour autant je ne souhaite pas non plus la rendre paranoïaque et l'empêcher d'oser aller vers le monde extérieur, faire ses expériences et ce quelles qu'elles soient. J'aimerais simplement qu'elle ait conscience des risques qu'elle peut encourir et qu'elle sache (au moins en théorie) comment y faire face.

Des idées ? Des suggestions ? Des expériences à partager ?

15 septembre 2014 à 10:17:46
Réponse #1

Arnaud


Plop,

Personnellement j'essai de les inclure dans mes activités quand c'est possible, de leur donner un exemple à suivre ou pas ;)

Les enfants apprennent par imitation et jeu plus que par le discours, pour transmettre il faut faire et refaire avec eux de façon ludique mais il faut aussi qu'ils puissent prendre confiance et exprimer leur créativité, les laisser faire seuls et/ou différemment quitte à ce qu'ils se fassent un peu mal de temps en temps, sous surveillance bienveillante et aussi discrète que possible.

Pour des sujets plus sensibles, attendre un âge ou le risque pour eux devient quantifiable et ou ils pourraient y être confronté hors présence d'un adulte, ne pas en faire trop, donner des clefs, ne pas leur communiquer nos angoisses, répondre aux questions, présenter les choses de façon objectives, éviter d'"enrober" ou de mentir... Et faire confiance: "Les mômes grandissent malgré leur parents".

Arnaud.
« When the last tree is cut, the last fish is caught, and the last river is polluted; when to breathe the air is sickening, you will realize, too late, that wealth is not in bank accounts and that you can’t eat money. »

15 septembre 2014 à 21:02:56
Réponse #2

Outdoorsman


Tout d'abord je te conseille la lecture d'un excellent texte de David :
http://stages-survie-ceets.org/lantifragilite-un-concept-qui-nous-manquait-cruellement/

Ensuite quelques retours sur mon expérience de papa assortis d'une expérience pro de 20 ans d'éducateur.

Soustraire un enfant du danger ou de la difficulté n'est pas la bonne méthode. Le danger existe, les difficultés existent et on ne peut changer la réalité. Notre rôle de parent est de donner confiance à nos enfants, de les armer pour affronter la vie et le monde qui seront les leurs.
Les gaver de mises en garde est contre productif car cela instille l'idée que tout n'est qu'hostile et freinera l'enfant dans son envie de découvrir le monde d'aller de l'avant.
Je pense qu'il faut au contraire éveiller sa curiosité, son envie d'entreprendre, tout en lui donnant les clés pour réussir.
Ainsi, l'enfant ne se sent pas bridé et quand on lui dit "non, ça ce n'est pas de ton age, c'est trop difficile pour toi" l'enfant sait que c'est vrai car on lui aura laissé faire le reste.

Passons au concret.

Parmi mes 2 enfants, j'en ai une qui toute petite grimpait partout. A 6 mois, sans savoir marcher, elle escaladait sa poussette. Nous l'avons laissé faire et nous l'avons laissé tomber. On la surveillait et quand elle commençait à grimper, on s'approchait et on parait sa chute ; c'est à dire qu'on la laissait tomber (pour qu'elle éprouve la sensation de chute) et on amortissait le choc pour pas qu'elle se blesse.
Très vite elle a intégrer que grimper pouvait être dangereux, que descendre pouvait l'être encore plus.
6 ans plus tard, elle aime toujours grimper mais elle demande l'autorisation pour le faire et a appris à escalader que ce qu'elle pourra redescendre. Elle pêche aujourd'hui plutôt par excès de prudence et je dois l'encourager à aller de l'avant.

A 5 ans, mes 2 filles ont eu un couteau (opinel à bout rond). D'abord elles s'en sont servies à table pour manger. En ballade, elles ont demandé à pouvoir emmener leur couteau. Ok, mais pour faire quoi ? Pique niquer, tailler des bout de bois, faire comme les grands quoi ! Alors on a donné des règles précises (on n'ouvre le couteau que le temps pendant lequel on s'en sert effectivement, on ne fait pas 2 choses en même temps) et en montrant les bons gestes (pour manger, pour couper du bois, etc...). Pour l'instant elles n'ont le droit de s'en servir qu'en présence d'un adulte.

Laisser faire... L'expérience se vit, elle ne se partage pas.
Mes filles me demandent souvent "est-ce que je peux faire ça ?" Sauf en cas de danger de blessure, je leur réponds quasi systématiquement, "vas-y, essaie". Elles expérimentent, après on discute. Pourquoi ça a pas marché, pourquoi t'as eu peur, bravo t'as réussi, ...

Face à la mort.
Oui, la vie c'est beau, faut en profiter, faut la préserver parce qu'à la fin, on crève.
L'autre jour, une amie me demandait comment expliquer la mort à son fils parce que quelqu'un qu'ils connaissaient est décédé. Nos enfants ont été confronté à la mort dès leur jeune age (4 ans) : un jour autour de la maison des chiens errants ont tué 9 chevreuils. On est tombés dessus lors d'une ballade en ski. Au lieu de faire un détour, on est allé voir les carcasses qui étaient à tous les stades de consommation et de décomposition. La leçon de choses a porté sur l'anatomie des animaux, à la chaine alimentaire, en passant par la vie, la mort.
On vit, et à la fin, on meurt. C'est un cycle. C'est intégré.

Mes filles ont 6 ans et demi de ce mode d'éducation, elles ont eu plein de petits bobos mais jamais de blessures (rien de cassé, aucun point de suture). Avec toute l'objectivité que peux avoir un père  :lol: ;#, je les trouve beaucoup plus responsables par rapport au danger, à leurs actes, que les autres enfants. Elles ne grimpent pas mieux, ne courent pas plus vite, ne sautent pas plus haut, elles connaissent juste mieux leurs limites et sont curieuses du monde. Du coup, je suis pas (trop) inquiet lorsqu'elles sont seules dehors ou qu'elles ont un couteau en main.
"On a beau donner à manger au loup, toujours il regarde du coté de la forêt. " Ivan Tourgueniev
"Là où il y a une volonté, il y a un chemin" Edward Whymper
"Dégaine toi du rêve anxieux des bien-assis" Léo Ferré

15 septembre 2014 à 21:20:03
Réponse #3

camoléon


bien commencer à éduquer ses enfants à la survie?

-"regarde bien à gauche et à droite avant de traverser la rue..."
-"ne parles pas aux personnes que tu ne connais pas"
-"sers toi de ton sifflet en cas de besoin, selon notre code"

par exemple...

 ;)
"Pour vivre heureux (et vieux), marchons invisible et silencieux"

"Le courage est le juste milieu entre la peur et l'audace"

"Je marche au pas de Loup"

15 septembre 2014 à 23:47:22
Réponse #4

mrfroggy


J ai souvent emmené ma fille en foret. des ses 5/6 ans.
elle a dore particulièrement préparer du bois et ensuite essayer de démarrer un feu. pour le reste bof.Elle n aime pas trop la marche  :)
par contre je lui ai appris a se cacher et a marcher silencieusement. en intérieur ou extérieur. Parce que je suis fan de ça, et plutôt bon dans mon domaine. pour me trouver, faut s accrocher  ;D. Et a notre grande surprise elle est tres forte!
Il nous est arrivé plusieurs fois de ne pas la trouver dans la maison!et de commencer a flipper sérieusement d ailleurs!
J ai toujours penser que savoir se cacher et etre silencieux était un atout formidable .et pour les enfants c est super ludique!
Sinon, je pense comme  Camoléon , la route est dangereuse, et les autres aussi.
Les Hommes qui sont nés pour jouir véritablement de la vie font ce qui leur plaît, à l’heure où cela leur plaît, et ne perdent pas leur temps à prévoir l’avenir, à se garer de catastrophes imaginaires. (Alfred Capus)

16 septembre 2014 à 00:32:30
Réponse #5

Boris


Salut,

D'accord avec vous sur le fait de bien regarder avant de traverser. C'est aussi ça la survie.

Ne pas parler a ceux qu'on ne connait pas, déjà, moins d'accord.
Les autres sont dangereux ou certains autres?

C'est toute la difficulté dans l'éducation.
On grandit aussi par les rencontres qu'on fait et parfois les rencontres de personnes qu'on ne connait pas, mais qui font une petite grimace (comme je fais souvent) un petit sourire, rien de grave, juste un échange. Par ce que c'est aussi comme ça qu'on apprend a vivre ensemble.
Comment apprendre a vivre en société si on part du principe que l'autre est forcément un agresseur? Un enfoiré, quelqu'un dont on doit se méfier...?

Ça me rappelle une histoire vécue il  y a quelques années.
Des types autour d'une voiture capot ouvert, ils sont trois, moi je suis seul avec 3 copines. Ils me font signe de m’arrêter et me demandent de l'aide pour recharger leur batterie.
Il est 2 heures du mat et ils ont une sale gueule. Les filles me mettent la pression pour que je me barre. Le gars me dit, franchement avec la gueule qu'on a on comprendrait que tu partes...(tu m'étonnes...) bref, je commence à partir et je change d'avis pour les aider. Culpabilité, on était dans l'arrière pays niçois et bon, galère pour redescendre... Quand j'ai ouvert mon capot, je m’aperçois qu'en fait ils sont 6 ou 7 et que les autres aussi ont des gueules a trainer sur ce forum...gloups. Moment de solitude quand même et pas tranquille pendant 30 secondes...mais les gars étaient vraiment en panne. je regrette pas d'avoir fait confiance et de les avoir dépannés...(Par contre, je me suis fait insulté par mes copines.)

 Ce que je souhaite apprendre à mon fils: savoir réagir,  ne pas rester figé lorsqu'un adulte à des réactions qui sont gênantes, inadaptés, interdites   "crie très fort", "tape très fort" "Cours très vite" Pas forcément dans cet ordre.
Mais aussi:
Savoir aider, rendre service même quand on ne connait pas, gratuitement. S'arréter sur un accident parce que c'est ce que les citoyens font pour voir s'il y a quelque chose que l'on peut faire, appeler les secours, baliser, prévenir...
Laisser l'individualisme de coté.

L'autre n'est pas tout le temps un agresseur...et parfois, l'agresseur est connu.
Voir par exemple les chiffres des viols de l'insee qui montre qu'une grande partie des femmes victimes de viol connaissent leur agresseur de près ou de loin...

http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=ip1180&reg_id=0#inter3





16 septembre 2014 à 05:37:45
Réponse #6

camoléon


Citer
Ne pas parler a ceux qu'on ne connait pas, déjà, moins d'accord.
Les autres sont dangereux ou certains autres?

Un de mes fils à encore l'âge de traîner dans les bacs à sable et les aires de jeux.
Il y a eu et  il y a encore des "chelous" qui y traînent à proximité et ce n'est pas que de la paranoïa, hélas. Interventions de la police et la mienne par le passé, pervers divers et variés.
Meurtre d'une jeune joggeuse la semaine dernière  à quelques centaines de mètres de là. :'( >:( :down: 
"Pour vivre heureux (et vieux), marchons invisible et silencieux"

"Le courage est le juste milieu entre la peur et l'audace"

"Je marche au pas de Loup"

16 septembre 2014 à 07:31:00
Réponse #7

Magic Manu


Voir par exemple les chiffres des viols de l'insee qui montre qu'une grande partie des femmes victimes de viol connaissent leur agresseur de près ou de loin...

http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=ip1180&reg_id=0#inter3
Lien non valide
Hope for the best, expect the worst...

16 septembre 2014 à 10:20:17
Réponse #8

Enid


Miochette a bien compris que la chose la plus à craindre, c'est la colère de maman ourse  ;#

Pour le reste, il y a les obligations dictatoriales non négociables (la ceinture de sécurité, les chaussures quand on bricole, rien que des trucs que je fais aussi), et les conseils (prend la scie par la poignée ça marche mieux).

Après, on a un chat percuté devenu borgne, qu'elle a soigné, donc la sécurité routière, c'est intégré dans sa p'tite caboche.
--> l'expérience

En montagne, c'est à moi de ne pas perdre ma fille, pas le contraire, suis un adulte responsable il parait  :lol:
Après, en campement historique ou à la campagne, il lui arrive de partir seule pour se promener, depuis qu'elle sait marcher, et elle revient toujours d'elle même au bout d'une demi-heure. Je laisse faire (ouais adulte responsable on a dit  ;# ), je marche et cours plus vite qu'elle, et si je la cherche, ben suffit que je la cherche un peu.  ::)
Elle me suit partout, son premier campement histo à 3 mois, le feu, au sol, dans un trou, sur une table à feu, elle connait, elle gère ses distances et l'alimente en brindilles, utilise le bufadou. En ça, elle ne fait qu'apprendre par imitation, prudence comprise.
Dans la cuisine, le gaz pue, donc elle ne s'amuse pas avec les boutons. Elle a joué une fois avec la plaque électrique, cf la première phrase de ce post. Le four, elle le côtoie depuis sa naissance, elle sait qu'il est brûlant quand il cuit les gâteaux, elle-même dit qu'elle n'est pas assez con pour y mettre la main.

Mais Miochette est un marcassin une oursonne très débrouillarde/indépendante/sociable/féroce/agile, du coup, c'est plus facile pour elle de faire seule la part des choses, danger/pas danger, risques un peu, pas trop, c'est chaud, code rouge. (bon, y'a la contrepartie, hein, l'est pas parfaite, et ses points faibles sont de gros points faibles).




"Personne n'interdit à qui que ce soit de vivre sa vie comme un voyage ou comme autre chose qu'il se choisit. Y'a des contraintes, mais elles sont quand-même vachement larges. Faut juste pas avoir l'ambition de prouver à belle-maman qu'on est sain d'esprit." Karto

Ancien pseudo : lourse

19 septembre 2014 à 00:20:13
Réponse #9

Boris


Bonjour,
Le lien a l'air de fonctionner pourtant...je ne comprends pas pourquoi ca ne marche pas de ton coté Magic MAnu.

Camoléon: je ne peux qu'être d'accord avec toi sur la probabilité de tomber sur des prédateurs, des agresseurs, et d'autres personnes peu recommandables.
J'ai des exemples comme toi et dans mon métier, ca m'arrive de travaailler avec des sales types horribles que j'ai envie d'éclater...
 Ca me fait forcément réfléchir au fait que mon gosse pourrait rencontrer des mecs comme ça. je serais pas forcément derrière lui. Comment peut il se protéger de ces types là. (Y a quelques femmes aussi, c'est pas que des mecs...)
Les types chelous près des bacs a sable, c'est aussi aux citoyens de faire le ménage t'as raison, en parler aux autres parents qui trainent dans ces bacs à sable pour qu'ils soient vigilants, prévenir les flics ou prendre les choses en main si possible.

Si je lui dis de ne parler qu'a des gens connus...et à ne faire confiance à personne, pourra t il aller demander de l'aide à d'autres adultes?


Note que je comprends ce qui est derrière, "ne pas parler aux inconnus..." J'aurais tendance à penser comme toi, mais l'inconnu, ça peut être juste un citoyen respectable avec une sale gueule, ou un citoyen qui parait respectable mais qui ne l'est pas...

Après, en terme pratique, en ce moment on apprend:
-ne pas tourner les boutons de la gazinière: même si c'est marrant quand ca fait psshiiit...
- OK, tu aimes les motos (MOTOS!) Mais inutile de traverser la route pour lui faire un calin...

A +



19 septembre 2014 à 10:45:47
Réponse #10

Tekkel


My two cents,

Je suis complètement partiale sur le sujet ^^.

Pour éviter de le répéter à chaque fois, je vais noter maintenant la mention :
-Evidemment accompagné d'un adulte, observateur et protecteur si nécessaire.

Les compétences de savoir-être :

- Conscience de son propre corps, ses capacités, ses limites.
L'apprentissage par l'expérimentation aide l'enfant à développer et affiner son schéma corporel. Ca commence dès les premiers mois avec l'acquisition du port de tête, la possibilité de se retourner...
Les séries de test-erreur-test-réussites font partie de l'acquisition de la confiance-en-soi : Je sais ce que je peux faire et ce que je n'arrive pas encore à faire. J'apprends à maîtriser mon corps à mon rythme et chaque acquis sur le plan physique devient un socle mental solide.

- Les émotions sont justes et justifiées.
Le petit enfant est égocentré (logique vu qu'il construit son ego). Le temps qui passe est une notion inconnue puis abstraite pour lui. Il ne possède pas encore la capacité mentale complexe de se maîtriser pour tempérer un désir ou accepter la frustration. L'émotion, liée à la frustration, l'habite et l'engloutit, chagrin et/ou colère. C'est l'époque des crises de rage, des hurlements et...des grands moments de solitude parentale.
Si l'expression est disproportionnée, reste que l'émotion est correcte :
L'enfant s'exprime férocement contre ce qui va à l'encontre de son bien-être.
Il ne le "sent pas" et il le fait savoir.
On peut essayer de canaliser cela, au lieu de l'inhiber, car ça lui sera très utile pour le reste de sa vie.
Je pense là aux situations de dangers complexes comme le gentil tonton aux mains baladeuses : Un enfant qui sait reconnaitre et le dire quand "il ne le sent pas", qui sait que son ressenti est correct malgré la parole de l'adulte, c'est déjà ça de gagné.

- L'apprentissage des règles et la vision de l'adulte.
L'enfant a besoin de cadres, de règles et de structures pour pouvoir continuer à développer sa confiance-en-lui dans son exploration : Je ne suis pas seul, on veille sur moi. J'explore un espace/une situation à la taille de mes capacités, donc je m'y sens bien. Cela n'empêche pas de ne pas être d'accord et de l'exprimer.
Passer une matinée à expliquer une règle et vérifier que l'enfant ( en age de comprendre ) comprend pourquoi on l'impose ( voire la négocier avec lui ) c'est la voie de l'autodiscipline.

- L'adulte n'est pas Dieu, l'adulte est faillible, l'adulte peut être remis en question et parfois il se trompe.
Prendre cette voie éducative amène pas mal de galères au quotidien ( et pourquoi-ci ? et pourquoi ça ? ) et des moments où notre égo de parent en prend un coup quand on doit effectivement reconnaitre de s'être trompé.
Et pourtant...Comment connaitre sa valeur d'humain, d'enfant, si on a en face de soi cet immense adulte tout puissant à qui on doit obéir sans réfléchir ?

Pour moi, c'est l'objectif :

- Reconnaitre cette sensation de " Je ne le sens pas ".
- Se donner le droit de réfléchir quand "On ne le sent pas.".
- Avoir appris à le dire,  avec la certitude que cette sensation est adéquate, juste et justifiée, pour contrebalancer la peur du jugement.
- Savoir qu'on va être écouté parce qu'on sait que l'on peut tout exprimer. Même si on est un enfant et qu'on a un adulte en face.
- Comprendre que si cet adulte là n'écoute pas et bien il faut aller vers un autre, jusqu'à ce que le message passe.

Ces objectifs de savoir-être deviendront des outils ensuite pour gérer les situations dangereuses complexes comme :

- Je suis grimpée tout en haut de la balançoire, je voulais sauter mais là "je ne le sens plus", je devrai peut-être appeler papa plutôt...
- Mon copain me dit de grimper sur le transfo électrique et que si je ne le fais pas je suis un nul, mais moi je ne le "sens pas".
- Ce  tonton a beau être gentil, il voudrait que j'obéisse pour avoir des bonbons et me dit que maman serait d'accord mais ce n'est pas ce que j'ai appris et "je ne le sens pas".
- Je suis peut-être plus âgé maintenant, mais ce pote-de-potes avec sa voiture et son air bourré qui veut me ramener, bah "je le sens pas".

19 septembre 2014 à 16:40:09
Réponse #11

Nemorale


Merci pour ces partages.

Citer
- Se donner le droit de réfléchir quand "On ne le sent pas.".
Est-ce aussi le fait de dire "tu as le droit d'avoir peur" et de changer d'avis (redescendre du toboggan comme tu donnes dans l'exemple) ?

20 septembre 2014 à 23:36:26
Réponse #12

Cocoeau


Apprendre aux enfants à écouter leur ressenti est important. J'ajouterais : écouter son corps l'est aussi.

Petite, j'ai eu plusieurs infections rénales suite à des cystites mal soignées. Ca se finissait aux urgences, puis une semaine d'hospitalisation, et ça s'est reproduit 14 fois en un an. A la fin de cette année infernale (de mes 9 à mes 10 ans) j'avais appris à reconnaitre les signes précurseurs, ce qui empirait la situation et ce qui l'améliorait.
En gros, avant, je ressentais une grosse fatigue, l'impression de trainer un poids mort dans le ventre. J'avais appris des médecins que les aliments acides étaient un moyen de prévention, ainsi que de boire beaucoup. Et j'avais remarqué que manger certains trucs me faisait me sentir plus mal.
Dès que je ressentais ces signes, hop : jus de citron dilué à longueur de journées, et j'évitais certains plats. Ca n'évitait pas toujours la crise mais ça l'évitait parfois, ce qui est déjà pas mal, et dans le cas contraire ça en diminuait beaucoup la gravité.
Aujourd'hui il m'arrive encore d'avoir la même chose. Et je me remet comme une fleur en une journée. Cette journée, je la passe KO dans mon lit avec du jus de citron et une belle grosse fièvre, mais je vais beaucoup mieux le lendemain.
C'est à la foi l'illustration de l'antifragilité décrite par David et de l'idée d'écouter son corps...

Dans la même veine, quand on fait du sport, il faut savoir reconnaitre les signes de fatigue, d'hypoglycémie, etc...

J'avais ouvert un fil sur le sujet, ici. Ca parle d'une expérience avec une préado de 11 ans mais plein de trucs intéressant ont été dits sur ce post, entre autres par Hurgoz, qui peuvent s'appliquer à tous les âges.

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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