A partir d'environ combien d'infectés dépasse t-on le point de la courbe où l'expansion de la maladie s'accélère ?
cette épidémie dépasse en ampleur tout ce qu'on déjà connu, donc pas de base de comparaison. Faire des projections c'est déjà difficile à l'échelle d'un pays, mais là avec le côté multifocal et les grandes villes atteintes... on frise l'impossible! même si des centaines de personnes sont en train de bosser sur des projections, on ne saura qu'après coup qui avait raison! En plus ça dépend énormément de la réponse apportée, des moyens mobilisés...
Pour le "point où l'expansion s'accélère", ça sera toujours rétrospectif: ce qui ressemble à une "pente raide" de courbe peut a postériori être la partie "plate" (explosion du nombre de cas). Avec des moyens adaptés il est théoriquement possible de "casser" la courbe. Ca n'en prend pas le chemin pour le moment.
Edit: je viens de trouver une courbe sur wikipedia qui montre bien ce phénomène: la courbe d'ulf s'arrête au premier aout, regardez ce qui est arrivé à la pente
On parle de seuil épidémique pour déclarer une épidémie. Il est décidé par convention, donc un peu arbitraire. Pour les fièvres hémorragiques, ce seuil est fixé à... 1 cas confirmé!

sinon on parle couramment de "pic épidémique", après lequel le nombre de nouveaux cas commence à diminuer dans le temps. ce pic est non seulement spécifique à une maladie, mais aussi au contexte dans lequel elle se propage (conditions d'hygiène, niveau d'éducation, qualité du système de soins (en particulier taux de vaccination), densité de population, qualité de la réaction...
En général, ce pic est confirmé à postériori... et il peut y en avoir plusieurs au cours d'une épidémie!
Un outil très utilisé dans la gestion d'épidémies est également le "Taux d'Attaque"; c'est en pourcentage le nombre de cas déclarés sur le total sur la population. En cas d'agent pathogène connu, ça peut donner une estimation du nombre de cas maximum à attendre (par exemple on sait d'expérience que le taux d'attaque du choléra dépasse rarement 5%), ou à évaluer l'efficacité d'une action (taux d'attaque réel inférieur au théorique) . mais pour ça il faut délimiter le bassin de population (on ne sait pas jusqu'où ebola va s'étendre) et là encore, pas d'antécédent pour comparer.
dernier outil bien-sûr: la létalité...
