C'était un moment divertissant et rafraichissant sur la TV. Et puis la vision donnée de la survie était plutôt "flatteuse" à destination du grand public. J'ai regardé une partie, pas l'ensemble.
Cela reste de la télévision, avec les raccords, la mise en scène et l’équipe autour. Le chef qui "prend juste un petite trousse" est maquillé durant tout le tournage, les mais sont toujours propres, l'abri se monte bien vite, il m'a semblé que le sac de couchage évoluait entre les différentes journées...Mais ce sont des concessions obligatoires.
Sur le fond...
- Un sac énorme et rempli comme un patate pour 3 jours : l'assurance d'avoir un mal au dos et aux épaules pour des gens normaux. A moins que le sac soit surtout volumineux (parce que l'on n'a pas vu beaucoup de matériel à part une gamelle, un sac de couchage, une toile/poncho, et peut être une corde).
- On voit beaucoup la Bushshirt de chez Swanndri. J'aime ce vêtement, mais c'est lourd et peu isolant ni très résistant à l'eau pour le poids.
- Un abri en appentis sommaire en bois flotté protège mal du vent et pas du tout de la pluie. On peut se demander l'intérêt.
- Se coucher sur les rochers à proximité de la mer : c'est beau, mais c'est bruyant, venté et souvent humide. La pierre ce n'est pas très confortable. On peut aussi avoir des moustiques (la malaria était endémique en méditerranée par le passé).
Sur le coté nourriture :
- On est en bord de mer : un des seul endroit ou je me sentirais en capacité de me nourrir convenablement indépendamment de la saison...
- Pourtant on constate, et c'est conforme à ma réalité, que la cueillette c'est essentiellement pour aromatiser. Sauf à être expert, à la bonne saison, au bon endroit, passer en premier et y passer sa journée.
- Pour mémoire, à part les deux oursins (seulement deux oursins?) quelques mini bigorneaux et quelques baies il n'ont rien collecté. La poisson a été "donné" par un pécheur et les pâtes viennent du sac.
Sur le coté survie :
- J'ai un doute sur la capacité d'un filtre avec trois centimètres de charbon de bois, trois centimètre sable non tamisé et pas propre le tout posé dans une bouteille sur un mouchoir en ce qui concerne l'élimination suffisante des "hydrocarbures et polluants" se trouvant dans l'eau....Mais on moins on insiste sur le coté filtrage avant de faire bouillir l'eau.
-Manger du poisson en carpaccio sans cuisson, étalé sur une pierre à la propreté douteuse...me semble discutable. Il faut reconnaitre que John C. est inquiet à ce sujet.
- Dans la réalité c'est tout coupé dans la gamelle, cuisson au bouillon : on mange tout ce qu'on peut et on boit le bouillon. De cette façon on récupère le maximum de la nourriture, on limite les problèmes gastro et ce type de cuisson augmente nos capacité d'assimilation sans rien perdre.
- On ne parle pas de permis de pêche ou autre (je n'ai pas tout vu). On fait du feu sans problème et on dort sur le domaine maritime...Il va encore y avoir des gens dans les villes qui vont penser qu'on peut tout faire dans la nature car ce n'est pas réglementé.

Sur le coté matos :
- Sac lourd, pas étanche, pas confortable (cela ne m'empêche pas d'en avoir un de taille plus modeste, mais il faut en connaitre les limites).
- Un gros leuku inox (Brussletto ????) porté en "porte c*u!lle". bof. On sait que les gendarmes en Corse ne sont pas regardant, mais je ne conseille pas en bord de mer tout de même.
- Bushshirt chemise flanelle coton et toque en mouton : pour 3 jours en bord de mer en corse du Sud : bof. Dans la Taïga pourquoi pas mais là...
Quelque soit l'instructeur, c'est clair qu'il doit composer avec les exigences de la Télé : se faire un look survival gentil/roots, avoir un coté mike gyver, montrer que c'est super sympa de dormir sur les rochers et très "ressourçant"...c'est la loi du genre. tout en essayant de distiller quelques conseils pour faire "pro".
Je trouve que ces contraintes ont été bien géré.
