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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Etre, et avoir été - Fred Bouammache  (Lu 3213 fois)

13 mai 2014 à 01:36:20
Lu 3213 fois

** Serge **



Cela fait quelques temps maintenant que je m'interroge sur l'utilité d'un tel blog ( http://fredbouammache.blogspot.be/ ).
Par manque de temps, la vraie vie riche et trépidante reprends ses droits et c'est en étant dans le monde réel que l'on peut tacher de s'accomplir, non pas en s'imaginant faire partie d'un monde, du monde que l'on s'invente et que l'on pense connaître et qui n'est qu'illusion.

Bon vous l'aurez compris, ce soir j'avais un peu de temps à perdre (pas pour tout le monde au regard de vos sollicitations !), et envie de me divertir (j'espère que vous apprécierez), de me délier les extrémités des phalanges après les avoir fortement sollicité dans différents types d'activités moins ludiques ;-)

Mes dernières cogitations martiales, notamment avec d'autres passionnés et passionnants spécialistes en méthodes de "combat guerrier véritable", m'amènent à penser que nous touchons actuellement le fond en terme de communication et de transmission martiale. Là où certains s'inventent des légendes et racontent des histoires ou des faits d'armes auxquels ils n'ont jamais participé, d'autres publient des articles vides de sens, stériles et très éloignés de l'essence même de la pureté des arts de combat : le pragmatisme, la pratique martiale (armes naturelles & autres) assidue, la préparation en amont, le sens du discernement (anticipation),  et de l'adaptation (réactivité, timing)...

La planète martiale transite actuellement vers un vide sidéral, heureusement que des Anciens et puristes sont encore et bien présents, œuvrant activement dans l'ombre de leur discipline, sans tapage médiatique sclérosant, ni besoin de reconnaissance égotique.


Prenez quelques instants pour lire (et relire encore & encore) les vingt préceptes martiaux (kyokuns), transmis par notre cher Henry Plée*, dans ses Chroniques Martiales, et observons l'un des adages les plus essentiel :

"Si l'on n'entretient pas le feu sous le chaudron, l'eau (de la passion, de la Tradition) se refroidit".

Autrement dit, les grands maîtres du passé dont le tumultueux Choki Motobu** faisait incontestablement parti, étaient alimentés à la "source" par ce feux de la passion. Accepter ce que l'on est (on pourrait dire naît pour faire !) et s'y consacrer toute la vie durant avec humilité, persévérance, énergie créative, constance de progression est une réalisation qui se mesure à l'échelle de toute une vie. Le maître Motobu était l'un de ces précurseurs-éclaireurs, pourfendeurs de mystifications.

La période est assez jubilatoire... Les gens sont abreuvés d'une quantité d'informations complément caduques et inutilisables, destinées à faire du "buzz", de la sensation, pour la masse de ceux qui ne savent pas trop quelle discipline choisir pour devenir (très) rapidement efficace voire invincible !

La self défense business, les arts martiaux gourou fitness et les chasseurs cueilleurs des bois de la survie semblent se rassembler en petites communautés pour tenter en cette période de récession économique, de convaincre et de faire un peu d'argent sans trop se fatiguer. La survie c'est par exemple une mère ou un père de famille au chômage qui doit continuer de payer ses charges et faire ses courses en alimentant  et élevant ses enfants dignement. Le reste c'est intéressant mais c'est de la documentation, voire du loisir ou du divertissement. Durant les deux grands conflits mondiaux que notre pays a connu, les gens ne faisaient pas de la survie, ils se contentaient de vivre du mieux qu'ils pouvaient en fonction des circonstances du moment et en faisant preuve d'un remarquable courage et sens de l'adaptation. Idem pour la défense personnelle où les situations de combat au corps à corps étaient redoutées, où l'on se s'amusait pas à se faire peur mais à développer son instinct, ses capacités pour endiguer le plus rapidement possible la violence d'autrui, la contourner ou la surmonter. A l'heure actuelle, la violence est intellectualisée, les stages de "blabla-défense" (prévoir de l'aspirine post stage!) pullulent sous toutes les latitudes, d'autres pensent enseigner des méthodes de self et n'enseignent que du "conditionnement", des exercices codifiés stéréotypés, attendus, préparés etc...Certains pensent encore que recevoir passivement des avalanches de coups à l'entraînement, permet de s'endurcir, alors que c'est tout l'opposé qui s'imprime dans l'inconscient. Baser sa pratique sur le fait de s'habituer à encaisser trop de coups est la meilleur façon de les recevoir "plein pot" lors d'un instant de vérité. Puis de s'affaiblir au fil des années de pratique, le corps s'use et la perception s'émousse à force de "ramasser". Le fameux "relâchement" à la mode rabâché à toutes les sauces, est aussi une méthode d'apprentissage au demeurant fort intéressante mais qui devient encore trop souvent une finalité dans certains styles, pour se révéler... Expliquez à une victime le relâchement, elle comprendra tout de suite qu'il s'agit d'un outil inutilisable in situ mais qui peut convenir pour se relaxer et mieux appréhender sa pratique. Pour bien apprivoiser le relâchement ne faudrait-il pas connaître des états de tension ? Varier les rythmes et les techniques, tensions-relâchements, hauteurs et vitesses d’exécution, encore un précepte-kyokun...

En résumé succinct :
Pour vous détendre, ne pratiquez pas les arts de combat, faites du yoga ou de la rando en pleine nature.
Pour vous défouler, pratiquez un art de combat avec une âme et un  bon prof et percez ce qui se cache derrière (l'art pas le prof hein)...
Pour vous défendre, éviter de vous foutre dans la m*rde et si vous y êtes,  réfléchissez bien avant de tenter de vous en sortir, encore faut-il avoir le temps et le choix.

Mais rassurez vous, si vous cherchez, vous finirez par trouver ! Ne prenez pas ce qui est trop facilement accessible, ce qui est trop décortiqué, explicite, ce qui vous semble terriblement sexy, exotique, convaincant de prime abord...et qui va complément à l'encontre d'une quête martiale dédiée à l'efficacité et (surtout) à votre épanouissement personnel.

 Prendre l'ascendant sur son prochain n'est pas une fin en soi. l'idée serait plutôt de partir à la rencontre de soi même en s'aventurant sur des terres inconnues. Mieux se connaître pour devenir plus efficace en tout et avec les autres. "D'abord se connaître soi-même pour mieux connaître les autres" dixit un autre adage-kyokun de l'art de la main de Chine ;-)

Alors, être ou avoir été, telle est la question...

Bonne pratique à toutes et à tous et surtout, quoiqu'on vous dise, que vous puissiez lire, voir ou entendre, restez bien sur vos gardes ;-)

* Henry Plée, pionnier des arts martiaux en France, véritable homme de connaissance et transmetteur; auteur de trois ouvrages magistraux sur notre thématique favorite.

** Choki Motobu (1870-1944), maître okinawaïen célèbre pour sa vaillance et sa passion innée pour le combat, issue de la famille royale d'Okinawa, il ne cessa de valider par ses propres expériences & recherches l'efficacité sous toutes ses formes, allant à l'encontre des mystifications et détournements de l'art originel, terriblement redouté par tous ses homologues contemporains.


https://www.blogger.com/profile/15751000890524514164

Fred Bouammache © 2014
"The quality of your life is a direct reflection of the quality of your communication with yourself and others." - Anthony Robbins
http://jahozafat.com/0029585851/MP3S/Movies/Pulp_Fiction/dicks.mp3
"Communications without intelligence is noise; Intelligence without communications is irrelevant." ~ Gen. Alfred. M. Gray, USMC

13 mai 2014 à 08:55:35
Réponse #1

Djeep


Allumez le feu :-)
Donnez un titre honorifique à un clampin et il se sentira l'âme d'un petit chef !

13 mai 2014 à 09:46:05
Réponse #2

Lemuel


Il y a du vrai là dedans.
Remettre des pendules a l'heure, c'est bien.

Le ton agressif envers un public dont une partie a finalement une approche "loisir" voire "passion" des thèmes évoqués, empreinte de curiosité, ce qui est leur droit et pas plus con qu'autre chose, me chagrine un peu.
Mais la chaleur ne se contrôle pas toujours. Comme dirait l'autre Frédéric : "le juste est pareil au charbon ardent"  ::)

"la survie c'est par exemple... Le reste c'est..."
"Ne prenez pas... Personnel"

Je ne suis pas sur de comprendre ces phrases.

Mon conseil pour se préserver de tous ces maux : passer moins de temps sur certaines niches de l'Internet. Le "tapage médiatique" ne résonne pas jusque sur France Inter, ni sur Ouest France, pas même sur Yahoo news.

Pour le reste : oui faut bosser pour avoir ce qu'on veut. Encore faut-il le savoir.

GROS BISOUS
« Modifié: 13 mai 2014 à 10:41:30 par Lemuel »
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13 mai 2014 à 10:04:47
Réponse #3

Camaro


Dans ma pratique du Budo, on m'a inculque le principe que "lorsque l'arme sort du fourreau, c'est pour tuer".
C'est evidemment une metaphore du principe selon lequel on ne fait pas demonstration ni usage de son art martial en vain, et lorsque l'affrontement est inevitable on jette toutes ses forces dans la bataille.

Mais comment combiner ce principe avec celui de l'efficacite maximale ?
Si je ne teste jamais mes capacites en situation reelle, comment savoir quels sont les points a ameliorer ?
S'entrainer au dojo ne suffit pas car les partenaires n'auront jamais la hargne et la determination d'un adversaire reel.
Choki Motobu etait un sacre bagarreur et il provoquait des affrontements pour tester ses techniques.
Y aurait-il des situations qui justifient des infractions au principe enonce ci-dessus ?
Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort ... mais parfois ca fait vachement mal.

13 mai 2014 à 15:46:24
Réponse #4

Bomby


Plein de choses intéressantes dans cette sorte d'éditorial... Merci à l'auteur qui, pour ceux qui ne le connaîtraient pas, est réputé bien connaître son sujet, apprécié de beaucoup ici, et a notamment été un des deux co-rédacteurs de l'ouvrage Protegor.

J'en retiens pour l'essentiel et pour ma part une invitation implicite à se méfier des effets de modes dans l'univers AM-SD et peut-être plus encore des modes de pensée univoques assez fréquemment proposés dans ces contextes.

Je serais plus réservé sur ce qui peut paraître comme une dénonciation d'une certaine conceptualisation de la violence :

Citer
A l'heure actuelle, la violence est intellectualisée, les stages de "blabla-défense" (prévoir de l'aspirine post stage!) pullulent sous toutes les latitudes (...)

mais je suppose que Fred Bouammache cherche ici non pas tant à dénoncer l'utilisation de concepts et d'explications que mettre en garde contre l'illusion qu'expliquer suffit et contre celle d'une simplification théorique qui ne peut finalement pas grand chose face à une réalité toujours complexe à surmonter et qui demande un incontournable investissement personnel.

C'est le sens, à mon avis, en lien avec le précédent passage cité, de la référence qu'il fait à une "quête martiale personnelle".

Je trouve très utile, vraiment, le rappel que fait l'auteur des travers de certaines approches, consistant en substance à donner une trop grande portée à de possibles passages pédagogiques, de façon illusoire ou préjudiciable...

Par exemple illusoire pour le "relâchement" :

Citer
Le fameux "relâchement" à la mode rabâché à toutes les sauces, est aussi une méthode d'apprentissage au demeurant fort intéressante mais qui devient encore trop souvent une finalité dans certains styles, pour se révéler... Expliquez à une victime le relâchement, elle comprendra tout de suite qu'il s'agit d'un outil inutilisable in situ mais qui peut convenir pour se relaxer et mieux appréhender sa pratique

Et, toujours par exemple, préjudiciable pour l'habituation à recevoir des coups :

Citer
Certains pensent encore que recevoir passivement des avalanches de coups à l'entraînement, permet de s'endurcir, alors que c'est tout l'opposé qui s'imprime dans l'inconscient. Baser sa pratique sur le fait de s'habituer à encaisser trop de coups est la meilleur façon de les recevoir "plein pot" lors d'un instant de vérité. Puis de s'affaiblir au fil des années de pratique, le corps s'use et la perception s'émousse à force de "ramasser".

Globalement en tout cas, un texte à mes yeux riche, qui ouvre pas mal de pistes à la fois (trop peut-être ?) et mérite probablement du coup d'être consommé et digéré par morceaux...

Cordialement,

Bomby



« Modifié: 13 mai 2014 à 22:08:13 par Bomby »

13 mai 2014 à 16:18:14
Réponse #5

Bison


Citer
S'entrainer au dojo ne suffit pas car les partenaires n'auront jamais la hargne et la determination d'un adversaire reel.

T'as jamais vu ma grande fille en rogne ...  ;#

Ouaip ... elle avait été mordue, et transformée illico en furie.
Un bras allait casser ...

Merci à l'arbitre d'avoir tout compris dans la seconde ...
(Il connaissait son petit monde, l'ami "Plomb" ...)
Un enfant qu'a pas une paire de bottes, une canne à pêche et un lance-pierre, c'est pas un vrai. (A. Gavalda)

13 mai 2014 à 21:20:56
Réponse #6

Lemuel


Bonjour,

Ceci est mon message suicide  ;#
Papa, maman, je vous aime.

Après mise au calme, il y a des choses dans ce texte avec lesquelles je suis pas d'accord.

Pour ne pas me disperser :

Quand je lis "la survie c'est par exemple une famille qui galère pour joindre les deux bouts et le reste c'est de la branlette", passé l'approximation logique de la formulation, je vois bien ce qu'il veut dire. C'est utile de rappeler ça quand on est au cœur au dessus de certains microcosmes de temps à autre.

Sauf que la survie du quotidien, c'est aussi par exemple la gestion de l'eau potable, et pas que pour les salopards de bourgeois qui peuvent se payer des vacances dans le tiers monde, merci pour le reste de l'humanité, y compris en France. Personnellement,  je n'ai pas l'impression de voir des gens jouer à la survie quand ils utilisent la méthode SODIS, et pourtant il y a encore dans le monde des gens qui crèvent de ne pas l'employer. C'est un exemple du reste ?

Que outre la survie du quotidien, la survie c'est aussi des individus en pleine possession de leurs droits et de leur libre arbitre qui s'impliquent dans des activités à risque qui peuvent engager leur existence. Je n'aurais pas eu l'humour de classer dans le reste l'exercice de la liberté individuelle ou, mettons, la question de l'hypothermie comme dans le cadre de cet autre exemple  : http://tinyurl.com/kvg3lbs

Sans remonter à la seconde guerre mondiale, je connais des savoyards, de ceux qui se montent les lozes eux même sur la charpente pour faire leur toit, qui allaient chercher du feu chez le voisin en hiver quand ils étaient gamins, avec un remarquable courage aussi, probablement. Eux non plus, ils ne jouaient pas à la survie. Par contre, ça les intéresse vachement d'apprendre à faire du feu, sûrement en mémoire du bon vieux temps ou on ne manquait certes pas de "sens de l'adaptation" mais peut-être d'un peu de "documentation" ?

Je me souviens avec émotion de ce sympathique stage de survie branlette auquel je participais en septembre 2011 (?). Un week-end magnifique. J'avais probablement enseigné des notions de base sur la gestion de risque et la thermorégulation. Pendant ce temps là une coureuse d'ultratrail était en train de crever d'hypothermie dans les Pyrénées espagnoles.
Je sais pas pourquoi, mais mon petit doigt me souffle que si la coureuse en question avait pu assister à ce stage ou je me suis probablement fait -30 euros et sans me fatiguer en distillant des informations caduques et inutilisables elle serait encore en vie.

À part ça je suis un escroc.

Peut-être sais-je tord de le prendre pour moi et pour la structure dans laquelle j'enseigne. Peut-être que Fred parle des autres, des méchants, des rêveurs, de ceux qui font du tapage médiatique (??).

Peut-être. Dans ce cas ça me semble un peu léger d'évoquer le gouffre de communication martiales. Je ne comprend pas ce ton "qui n'a pas l'air d'y toucher" mais met tout le monde dans le même sac, à part pour les "vrais qui savent".

C'est quoi l'intérêt dans ce cas ?
De rester entre guerriers véritables ?
De faire croire à "ceux qui n'ont rien de mieux à foutre dans la vraie vie" mais qui lisent quand même entre les lignes qu'ils font partie de la famille ?

Pour l'aspect martial et self, j'y connais pas grand chose.
Mais je pense que les pratiquants de systema ou de daxuan seront ravis d'apprendre qu'ils sont des pigeons et que leur pratique ne leur permet pas de mieux se connaître et de s'épanouir.
Que les stagiaires survie/acds se sont fait avoir.
Et que toutes ces personnes ne sont pas dans une démarche qui leur permet d'entretenir le feu.

Don't watch the tool, the work it can do
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13 mai 2014 à 22:29:22
Réponse #7

Oim


Je trouve que le texte de Fred à le mérite de poser des bonnes questions même si l'on est pas forcément d'accord avec les réponses qu'il suggère plus que n'assène...

Ce qu'il dit sur les Arts martiaux et la self n'est pas forcément aussi catégorique que tu sembles le croire Lemuel et cela rejoins ce que disent certains instructeurs de systema ou d'arts chinois.
Ceux qui n'enseignent le relâchement que pour aller vers de plus en plus de molesse ou le tai-chi comme une gymnastique purement énergétique pour retraité s'éloignent peut-être de ce qui a présidé à la création de ces arts?
Mais ils augmentent certainement leur clientèle.
Et c'est la self-business qui comme la survie-business semble la source principale de son irritation.

Et je trouve que son invitation à chercher par soi-même et à éviter "ce qui est trop facilement accessible, ce qui est trop décortiqué, explicite, ce qui vous semble terriblement sexy, exotique, convaincant de prime abord..." rejoint que ce qui est, souvent, professé ici-même en matière de techniques adaptées à la vie dans la nature.
" The trouble with the world is that the stupid are cocksure and the intelligent are full of doubt. "  GrandMaster B.R.
"tous les survivalistes ne sont pas paranoiaques, mais b*rdel j'ai l'impression que tous les paranoiaques deviennent survivalistes..." Le taulier

13 mai 2014 à 23:54:05
Réponse #8

Lemuel


Salut Oit  :)

Je trouve au contraire que ce message ne pose aucune question (même si il en suscite), mais qu'il est assertif de manière très assumée.
Effectivement , je m'enflamme peut-être pour la partie martiale. D'autant plus qu'il s'agit d'un billet d'humeur plus que d'un "texte", avec les défauts que l'exercice comporte.  J'ai, de plus, une vague culture martiale qui sort essentiellement de ma très très modeste pratique de club, de ce forum et de kwoon, mais concrètement mon opinion sur le sujet vaut que dalle.

Nous sommes tout à fait d'accord sur l'aspect moyens / objectifs. Néanmoins il y a de nombreux aspects assez obscurs pour moi dans ce texte.

Mais la partie survie n'en fait pas partie.

Bonne soirée !
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14 mai 2014 à 02:16:33
Réponse #9

Ulf


Citer
À part ça je suis un escroc.

Non, il y a des bons. Enfin, des discours de bon sens, simple et carré (comme dans ton exemple)...

Dans mon périmètre géographique, je peux te lâcher 2-3 noms (en privé) de... de... de mecs qui font payer des "stages de survie".

Mon premier cuit ses saucisses à la flamme, comme tout bon trappeur qui se respecte :lol:

Mon second propose aussi des stages de magie des runes  :doubleup:

Et ils ont des clients, c'est ça le plus fort dans l'histoire !!!

Citer
Mais je pense que les pratiquants de systema ou de daxuan seront ravis d'apprendre qu'ils sont des pigeons et que leur pratique ne leur permet pas de mieux se connaître et de s'épanouir.

Moi non plus je n'y connais pas grand chose en SD. Cependant, que penser des stages 3J mêlant survie/bushcraft/systema (idem exemple en privé, je ne suis pas là pour basher).

Je n'y suis jamais allé mais je trouve que la combinaison des trois donne un effet marketing qui tire sa force du pire de chaque discipline (survie "couteau", self defense "musclor" et bushcraft "pièges de vietcong" pour être précis.)
« Modifié: 14 mai 2014 à 02:26:54 par Ulf »

14 mai 2014 à 09:19:53
Réponse #10

Kilbith


Moi non plus je n'y connais pas grand chose en SD. Cependant, que penser des stages 3J mêlant survie/bushcraft/systema (idem exemple en privé, je ne suis pas là pour basher).

Je n'y suis jamais allé mais je trouve que la combinaison des trois donne un effet marketing qui tire sa force du pire de chaque discipline (survie "couteau", self defense "musclor" et bushcraft "pièges de vietcong" pour être précis.)

Sur ce point précis....

Personnellement, je trouve que l'idée de stages combinés est plutôt intéressante.

Il me semble qu'il n'est pas bon de segmenter les différentes approches. Au contraire, un peu comme pour l'équipement il faut aborder les choses de façon globale.

"Survie couteau" : Le couteau c'est notre plus vieil outil. Ceux qui ont précédé notre espèce l'utilisaient bien avant la découverte du feu, la domestication du chien, l'invention de l'arc ou du propulseur, la poterie et l'utilisation du métal. Et nous sommes là.
Potentiellement avec un simple couteau on peut bâtir un monde humain. C'est en cela qu'il a une place à part dans mon esprit. Même si en randonnée j'emporte rarement plus qu'un petit SAK. Mais la randonnée est une activité artificielle.

"Self defense musclor" : Pour le peu que je connais du systema, c'est assez éloigné de la SD musclor. Le Sytema est une approche systémique. Certes, il y a un coté "spetnatz" dans le systema, mais AMHA c'est l'arbre qui cache la forêt. C'est avant tout une approche holistique de la survie, orientée défense personnelle, mais pas exclusivement.
La coordination, l'équilibre, la spontanéité, sont au moins autant travaillé que la force. Et l'on travaille des chaînes musculaires, pas des groupes isolés dans le but de les faire artificiellement saillir.
Et là ce n'est que l'aspect  purement physique. On travaille aussi la respiration, l'attention, la maitrise de soi au moins autant que le reste. La spiritualité n'est certainement pas absente de certaine école, et cela ne devrait pas plus choquer que de les pratiques chamanistes ou animistes que l'on trouve fréquemment dans les AM orientaux*.

Buschcraft "piège de vietcong" : Honnêtement, là je ne sais pas. Mais même dans l'AF on travaille les "pièges à con". Pas tant pour leur efficacité opérationnelle, quasi nulle, mais plutôt pour travailler la vigilance....et aussi pour faire comprendre que dans les conflits le matériel est secondaire c'est avant tout un combat de l'esprit.

Quel est l'intérêt de combiner ces trois aspects?
Peut être justement, d'apprendre à faire les liens. Je pense sincèrement, et professe, que le tout est plus que la somme des parties.

Sur un plan purement SD...dans ce type de stage, bien mené, on travaille exactement dans le sens de l'article du post récent de Serge : http://www.davidmanise.com/forum/index.php/topic,64995.msg512509.html#msg512509

L'outil, la technique, l'esprit s'aiguisent conjointement dans des contextes différents. C'est leur synergie qui ouvrent de nouvelles possibilités. Normalement cela devrait être l'objet de ce type de stage.


* ...qu'habituellement nous n'assimilons pas à des pratiques religieuses, c'est dire notre ethnocentrisme!
« Modifié: 14 mai 2014 à 09:34:58 par Kilbith »
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

14 mai 2014 à 10:07:09
Réponse #11

Bomby


(...)

Je trouve au contraire que ce message ne pose aucune question (même si il en suscite), mais qu'il est assertif de manière très assumée.
Effectivement , je m'enflamme peut-être pour la partie martiale. D'autant plus qu'il s'agit d'un billet d'humeur plus que d'un "texte", avec les défauts que l'exercice comporte.  J'ai, de plus, une vague culture martiale qui sort essentiellement de ma très très modeste pratique de club, de ce forum et de kwoon, mais concrètement mon opinion sur le sujet vaut que dalle.

Nous sommes tout à fait d'accord sur l'aspect moyens / objectifs. Néanmoins il y a de nombreux aspects assez obscurs pour moi dans ce texte.

(...)

Intéressant, cet échange entre Lemuel et Oim... On entre pratiquement dans la critique littéraire du texte proposé.

Je pense que ce décalage de points de vue tient beaucoup au style de communication de l'auteur, qui permet une perception relativement équivoque selon les points de vue.

Je crois surtout, plus encore, que Fred Bouammache a beaucoup lu (et probablement également fréquenté Henry Plée) et que ça se ressent nettement dans un écrit comme celui-ci.

Plée, particulièrement dans les inépuisables "chroniques martiales" qui ont nourri les réflexions de beaucoup, ici et ailleurs, est souvent agaçant : son ton paraît (ce n'est pas forcément volontaire, je ne sais pas) sentencieux, régulièrement à la limite de le condescendance, les points qu'il soulève paraissent facilement partir dans toutes les directions, et régulièrement encore, ce qu'il évoque reste relativement confus au non-initié (donc, par hypothèse, au simple lecteur)...

Globalement, on peut avoir l'impression d'un "poseur", qui nous montre avec une certaine complaisance à la fois l'étendue de son savoir et celle de notre ignorance.

Ouais. Bon. Il n'empêche : je crois qu'on est vraiment nombreux à avoir énormément appris avec lui, ne serait-ce qu'en lisant et en essayant de comprendre ces fameuses chroniques, et qu'on a au passage recueilli un certain nombre de perles de grandes valeurs.

Et bien ici (et de façon peut-être plus générale dans le style des billets de Fred Bouammache), j'ai l'impression qu'on est un peu dans une sorte de style similaire... Le ton apparemment sentencieux peut par exemple s'expliquer par une certaine lassitude vis à vis de l'aveuglement obstiné de pas mal d'acteurs et pratiquants de la sphère AM-SD. Le mode d'expression, parfois très clair sur certains points, elliptique voire obscur sur d'autres, est évidemment très subjectif, mais révèle aussi probablement au passage la difficulté de rendre explicites un certain nombre de notions.

Alors, au final, que l'on pense que le texte pose des questions ou qu'il les suscite ne me semble pas très important.

L'important, pour moi, c'est plutôt d'identifier les questions et de se les poser pour, une fois de plus, se remettre en question de façon constructive.

Cordialement,

Bomby

14 mai 2014 à 12:00:44
Réponse #12

Lemuel


Pour le coté analyse littéraire, oui et non. Nous sommes dans un cadre de transmission d'information. De ce fait on peut séparer le fond et la forme sans problème, jusqu'à un seuil critique : celui ou la forme EST le fond. Ce seuil on l'atteint dès qu'on sort du "style".

Peut-être aussi que ce texte ne s'adresse pas à moi, tout simplement.

Mais pour être constructif, les questions que je dégage de ce texte :

Pourquoi s'engager dans une pratique ?
Quel engagement consacrer à une pratique en fonction de son désir ?
Comment maintenir la flamme après 20 ans de mariage pratique ?

Pour quelle raison faire des stages liés à la survie (self ou survie) ?

Comment choisir un enseignant ?

Prendre des coups dans le cadre d'un entraînement self est-il utile ? Jusqu'à quel point ?
Et à l'échelle du travail martial d'une vie ?

Le relâchement est-il utile dans un cadre self efficient  ?
Et à l'échelle du travail martial d'une vie ?

Qui suis-je ?

Les okuden et la vague du tout numérique : la surfent-ils ou la subissent-ils ?

Comment sait-on que "ce coup-ci c'est bon" ? Et si comme Alexander on pense que l'on ne peut pas fier à notre ressenti, quel est notre miroir ? http://fr.wikipedia.org/wiki/Technique_Alexander
« Modifié: 14 mai 2014 à 12:17:23 par Lemuel »
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14 mai 2014 à 12:27:05
Réponse #13

Kilbith


Comment maintenir la flamme après 20 ans de mariage pratique ?

Toujours pratiquer.  ;#

Et, par le fait même de la pratique, l'essentiel de ce que l'on est peut indéfiniment progresser.

Par exemple, s'initier au tir à la fronde à l'occasion d'un sortie, que l'on pourra améliorer pour les 80 ans à venir. Et ainsi de suite.  ;)

"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

14 mai 2014 à 13:06:28
Réponse #14

Lemuel


Je vois deux autres pistes  de réponse :

- Certains complexifient leur pratique en ajoutant des accessoires, des pratiques, des rituels. D'autres l'enrichissent en raffinant certains aspects sans quitter une simplicité volontaire.

- Le partage. C'est souvent une autre manière d'enrichir sa pratique.

 ;D

Question suivante.
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