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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Comment former des étudiants à la protection personnelle ?  (Lu 3353 fois)

02 avril 2014 à 23:19:03
Lu 3353 fois

Coq boiteux


Bonsoir,

dans l'école d'ingé où je bosse, un nombre croissant d'agressions ont eu lieu sur le campus (5 depuis la rentrée). De nombreuses réponses sont faites : prise de contact avec la police, société de gardiennage, etc.

Mais rien du côté de la "formation" de nos étudiants à "comment éviter", voire "comment faire une fois que c'est trop tard"... Alors que nous avons déjà pas mal d'éléments de formation en matière de sécurité : premiers secours, incendie, lutte contre l'alcolisme, risque électrique, etc. Mais rien pour la sécu perso.

Dans mes rêves les plus fous, je me demandais comment faire faire à ces étudiants un stage N1 (non pas tant pour leur apprendre à faire du feu, mais plutôt leur montrer l'intérêt d'une check list, en gros), mais aujourd'hui je me demande concrètement comment organiser une formation de masse (ça représente ~600 étudiants).

Mes seules connaissances sont pour l'instant le bouquin sur la self défense de l'ACDS (voir là : http://www.davidmanise.com/forum/index.php?topic=46831.0) et ce que je lis ici régulièrement, c'est à dire pas assez pour monter un "cahier des charges", encore moins pour délivrer moi-même quoi que ce soit de valide.

Mais, dans le même temps, ces maigres connaissances m'apportent un éclairage sur les questions de sécurité qui ne me semblent pas partagées par mes collègues, loin s'en faut ! Je crains par exemple qu'on organise des cours de kung fu ou un truc dans le genre :down:, ce qui me semblerait particulièrement mal venus... (dans le cadre des activités sportives, pas mal de sport de combat sont proposés aux étudiants).

Avez-vous des idées sur la question ? avez-vous connaissance d'expériences similaires ?

Merci de vos retours en tout cas !

CB.

03 avril 2014 à 06:36:55
Réponse #1

bison solitaire


Si c'est la "masse" qui est visée, ça restera de l'information et non de la formation.
Ce sera déjà ça pour ceux qui découvrent la protection personnelle, mais entre ceux qui ne voudront pas virer "paranoïaque" et ceux qui "sauront" mais seront incapables de faire évoluer leur comportement, ça ne touchera finalement pas grand monde…
Il est plus souhaitable de faire vivre des situations pour réellement sensibiliser les gens… Et c'est pour le moins très intéressant de venir heurter les représentations que nos concitoyens ont sur le sujet...

03 avril 2014 à 07:53:47
Réponse #2

Merlin06


Tu dois pouvoir contacter les profs d'AM qui proposent déjà des cours dans le cadre du Service Universitaire des Activités Physiques et Sportives du coin et voir si l'un d'entre eux sait faire et est volontaire pour la SP/SD.

Si tes collègues ne sont pas convaincus après 5 agressions...  :blink:
Une école c'est le reflet de la société(ou d'une société...), tout le monde n'est pas "aware" et tu n'auras pas forcément gain de cause. Proposer aux volontaires c'est déjà bien. Faire une brochure et la diffuser peut aider également. Faire des mises en scène "jeu de rôle" dans les couloirs entre les cours peut-être?

Sois fort.  :up:
L'âme sûre ruse mal.
Le matin du grand soir il y aura de la confiture de bisounours au petit déjeuner.
Nous avons deux souverains, Dame Physique et Sire Temps.

03 avril 2014 à 14:32:42
Réponse #3

Bomby


Une formation et/ou sensibilisation à la sécurité personnelle sur un campus où les agressions se multiplient ?

Ça me fait tout de suite penser aux recherches et expérimentations, à la fois théoriques et pratiques, de Jean-Luc Guinot, qui s'occupe notamment des questions de sécurité pour le campus de Nanterre.

Ça fait un moment sauf erreur qu'on ne l'a pas vu par ici (et c'est d'ailleurs dommage) mais tu devrais pouvoir le contacter via son site personnel : http://defense-combat.blogspot.fr/ ou son compte facebook (apparemment facile à trouver).

A toutes fins utiles, voici un aperçu ici d'une initiative dont il est à l'origine : http://tempsreel.nouvelobs.com/education/20130221.OBS9648/fac-de-nanterre-bienvenue-aux-cailleras.html. Peut-être cette approche relativement inattendue permettra-t-elle d'ouvrir l'esprit de tes collègues ou de certains étudiants en leur facilitant l'entrée dans le fond du sujet.

En tous les cas, ce pourrait être intéressant d'interroger quelqu'un comme lui, doté d'une vraie expérience opérationnelle, sur ta problématique.

Sinon, vous avez probablement sur le campus concerné des installations adaptées à l'organisation d'un stage de SP. Ce qui pourrait tout simplement être l'occasion d'en organiser un avec des coûts réduits avec un ou plusieurs bons intervenants (il y en a quelques uns sur le marché, dont certains passent régulièrement par ici)...

Avec cinq agressions depuis le début de l'année et déjà plusieurs sports de combats ou AM proposés aux étudiants, ce serait surprenant qu'un stage local correctement marketé fasse un bide...

Ça ne touchera bien sûr qu'une petite partie de la population concernée, mais ça sera un point de départ et, à partir de là, certains principes pourront se diffuser d'une personne à l'autre,...

Cordialement,

Bomby

03 avril 2014 à 14:46:25
Réponse #4

bloodyfrog


Salut,

Le guide Repères doit pouvoir être facilement ventilé par email à l'intégralité du campus.

http://stages-survie-ceets.org/reperes2_vf.pdf

Avec une petite note explicative liant l'actualité récente à cet envoi, sa lecture peut permettre d'éveiller quelques esprits, et de créer un terreau favorable à d'autres initiatives.

Cout 0, faut juste récupérer une base d'adresses mail que la scolarité doit avoir quelque part, et si à la lecture 10% des étudiants remettent en cause leurs attitudes, leurs déplacements, etc... ça ne peut pas être mauvais pour l'ambiance générale...

Manu.

03 avril 2014 à 22:30:19
Réponse #5

Coq boiteux


Merci à vous pour tous ces conseils !

Evidemment, en espérant former tout un groupe d'étudiants, ça ne se fera pas du jour au lendemain, mais informer c'est déjà ça (je note le lien vers la revue du CEETS que j'avais vu passer, mais oublié, merci bloodyfrog).

Je vais essayer de contacter Jean-Luc Guinot car ce que je lis sur son blog est vraiment très intéressant ! Merci Bomby

Je vous tiendrais au courant de ce que j'aurais réussi à convaincre mes collègues de la direction à prendre et des suites qui auront pu être données.

Pour ce qui est du résultat final, je ne crois pas beaucoup aux statistiques, mais si on peut faire un peu progresser le niveau de connaissance civique de quelques jeunes, ce sera déjà super !  :up:

04 avril 2014 à 14:50:37
Réponse #6

Kilbith


Je vous tiendrais au courant de ce que j'aurais réussi à convaincre mes collègues de la direction à prendre et des suites qui auront pu être données.

Ce sera le plus gros obstacle à surmonter.

La culture habituelle d'un établissement d'enseignement supérieur engendre une norme groupale ayant tendance à rejeter tout ce qui évoquerait une réponse violente à la violence.

Au point que l'on puisse assister à des phénomènes de négation des faits au niveau groupal, même si ce n'est pas le cas au niveau individuel. Ne serait-ce que par "désirabilité sociale". Les gens ne sont pas individuellement contre, mais en réunion on se retrouve sans "alliés".

La solution passe donc par un argumentaire utilisant la norme groupale dominante (mis au point d'un dispositif d'engagement) permettant non pas de pousser l'institution à réagir contre ses valeurs, mais plutôt de l'amener à réagir en accord avec ses valeurs.


EX :
1.la norme d'un établissement d'enseignement c'est d’augmenter les compétences de ses étudiants.
2.La norme c'est aussi de se sentir responsable de la bonne santé des élèves.
3.La norme c'est aussi d'assurer la bonne réputation de l'établissement (secteur concurrentiel).

Ce qui nous donne :

- "Il faut leur apprendre à se défendre", n'est pas recevable. Cela renvoit au fait que l'établissement est dangereux (s'oppose à la norme 2 ci dessus) et le reconnaitre c'est faire le jeu de la concurrence (norme 3 ci-dessus).

Ta question initiale: "Comment former les étudiants à la SP" est encore moins recevable. Elle s'oppose aux normes précédentes et en plus elle renvoie à une solution violente. Ce qui n'est pas une compétence désirable pour une institution enseignement supérieure.

- "Leur apprendre à évaluer les risques", est (peut être) recevable (norme 1, améliorer les compétences).
Une fois cette première étape acquise, par phénomène d'engagement (pied dans la porte) éventuellement avec l'appui des collègues chargés d'enseigner sur le plan académique le "gestion des risques" (on les lient au dispositif d’engagement) on pourra améliorer le dispositif pour faire glisser les choses vers
- "leur apprendre à gérer les risques." etc...

Ce n'est pas facile.  ;)

NB: en l'état, tu ne poses donc pas la "bonne" question.
« Modifié: 04 avril 2014 à 15:04:50 par Kilbith »
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

04 avril 2014 à 20:08:25
Réponse #7

bison solitaire


Oserais-je…  :-[
http://www.davidmanise.com/forum/index.php/topic,63479.0.html

Vu qu'on est dans le registre "comment former…"…

N.B: avis aux modo, si c'est pas correct, faut virer hein...

04 avril 2014 à 20:15:01
Réponse #8

Copper Jack


...
+1

Je rajouterais même que laisser les étudiants faire le lien entre ton projet et une quelconque forme de violence, ou pire de "paranoïa" est un gros handicap pour la pérennité de ton projet.
Je vois deux grandes options :
-laisser traîner les adresses du forum, du CEETS, de Protegor... en te disant que ceux que VEULENT se défendre efficacement pourront y trouver de quoi leur rendre service. Et tant qu'à faire en évitant d'y associer ton nom, pour pouvoir adopter la stratégie qui suit.
-jouer la comm en proposant une "formation" édulcorée au possible, valorisante pour ceux qui la suivent, en trouvant un moyen de parler de violence sans en avoir l'air. Et ne donner des informations complémentaires qu'à contre-coeur, à ceux qui viennent te voir en fin de séance, en mettant en garde contre ""ces paranos de survivors"" histoire de ne pas griller ta "couverture".

Après t'as des dizaines de solutions plus subtiles, que t'es seul à pouvoir juger puisque toi seul connaît ton établissement. Et t'as toujours l'espoir de pouvoir faire doucement glisser l'une de ces deux solutions vers quelque chose de plus satisfaisant.

08 avril 2014 à 22:48:32
Réponse #9

Coq boiteux


- "Il faut leur apprendre à se défendre", n'est pas recevable. Cela renvoit au fait que l'établissement est dangereux (s'oppose à la norme 2 ci dessus) et le reconnaitre c'est faire le jeu de la concurrence (norme 3 ci-dessus).

Ta question initiale: "Comment former les étudiants à la SP" est encore moins recevable. Elle s'oppose aux normes précédentes et en plus elle renvoie à une solution violente. Ce qui n'est pas une compétence désirable pour une institution enseignement supérieure.

- "Leur apprendre à évaluer les risques", est (peut être) recevable (norme 1, améliorer les compétences).
Une fois cette première étape acquise, par phénomène d'engagement (pied dans la porte) éventuellement avec l'appui des collègues chargés d'enseigner sur le plan académique le "gestion des risques" (on les lient au dispositif d’engagement) on pourra améliorer le dispositif pour faire glisser les choses vers
- "leur apprendre à gérer les risques." etc...
effectivement...

Merci Kilbith de cet éclairage ! Ca me fait un peu mieux comprendre pourquoi c'est pas tout simple ...

Si je comprends bien, on ne peut pas (dire qu'on cherche à) leur apprendre à se protéger. Je ne sais pas bien comment ça va se passer... Déjà c'est pas mon job, en terme de compétence. Mais en plus ce n'est pas ma place dans l'institution et je me retrouve entre secrétariat général et prof de sport (ex du GIGN, si j'ai bien compris) à essayer d'apporter une autre parole plutôt nouvelle dans la place  :-\

A suivre...

CB

 


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