Je fus le cas type (quasi académique) du petit gros, torturé et mal mené durant toutes ses premières années de collège par une grosse brute. Mon bourreau appartenait à cette classe très perfide des pervers narcissiques manipulateurs violents (oui tout ça en même temps). Le genre d'individu qui n’hésitent pas à faire usage de la violence, à la fois physique et morale, pour affirmer et assoir sa supériorité et son autorité. Mais tout en prenant soin de ne jamais dépasser la limite du "supportable" afin d'éviter les "vrais ennuis". Ce qui me laisse perplexe encor aujourd'hui est qu'il y avait une relation quasi masochiste entre nous deux. Il me méprisait et me violentait, mais moi, obnubilé par sa popularité et la peur qu'il produisait, j’acceptais volontiers tout cela, pourvu que son "pouvoir" déteignait sur moi. Je me rappel surtout les coups de lattes au genou, les crochets dans le ventre, les insultes sur ma mère qui fusaient dans tout les sens. Des menaces de mort sur ma famille. Oui avec le recul c'est tristement drôle mais pour un gamin de 11/ 12 ans..
Ca c'est la petite histoire.
Il s'agit d'un forme d'agresseur qui -je pense- est très difficile à stopper et à réprimander. Contrairement à un individu qui attaque dans le but d'obtenir une récompense physique (objet ou argent à voler), il est impossible de faire valoir un préjudice quelconque, faute de véritable crime au cens premier. Aussi, le rapportage est la pire solution (pire encor que les autres cas) car il sera interprété comme un acte sans gravité dans le genre "il n’embête" et non comme du racket, prit très au sérieux. Et ne fera que conforter l'agresseur dans sa position d'oppresseur dominant.
Le risque dans ce genre de relations, est que le gamin, isolé et en recherche de lui même, ne parvienne jamais à dépasser ce stade de victime volontaire. Qui relativise et amoindri les actes de violences répétés. "C'est pas grave" répétait sans cesse un de mes camarades. Ce qui est plus grave, c'est qu'il a conservé cette attitude jusqu'à ses 20ans. Plutôt que de former des futures citoyens, on forme des loques prêtes à subir toutes les injustices. Pire, si le bourreau vient à disparaitre, il y a des chances pour que la victime, convaincu du modèle qui lui a été présenté, devienne à son tour agresseur pour donner un suite logique à son comportement.
Pour l'agresseur, ce sera la preuve que la violence est la seule façon d'obtenir ce qu'il souhaite. Il créera systématiquement des schéma dominant/dominé avec ses relations futures et n'aura aucun respect de l'autorité autre que la sienne. Enfin, il ne craindra pas d'aller toujours plus loin dans la violence et les comportements extrêmes.
Pour proposer des solutions, je suis définitivement pour rendre coups sur coups et j'assume. Pour être plus acceptable, je pense que les parents et surtout les professeurs (dans tout les cas et non seulement celui là) doivent êtres très vigilants et incarner la seule et unique forme d'autorité et de pouvoirs. Eveiller de l'admiration pour un prof chez un élève est la seule façon pour une victime de lui faire comprendre que son agresseur n'est pas invincible. Et la résolution du problème commence d'abord par une prise de conscience et d'indépendance de l'enfant. Indispensable pour le reste de sa vie.
Le sport est aussi une excellente façon de s'identifier à un groupe et s'y accrocher. En, fait, je pense que n'importe quel activité impliquant des objets ou des actes concrets sont indispensables. Jouer d'un instrument. Dessiner ou peindre. Dans tout les cas, je pense qu'il doit y avoir une production finale concrète. Dont le gamin comprenne l'utilité final. Pour ma part, j'ai découvert la travail du bois et du fer, qui a tout changé.
Voilà, c'est une peu long quand même ma ça me serre de purge aussi

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