Précision initiale, ce qui suit est un témoignage. Ce n'est ni un exemple, ni un mode d'emploi, juste un récit de vécu avec ses bons et mauvais choix ( et ce que l'on peut en apprendre )
Effectivement, c'est délicat.
Les techniques du Profil Pervers Narcissique (PPN) sont multiples et bien rôdées.
Il y a l'intimidation bien sûr, mais aussi la culpabilisation, l'affectif...
Le PPN en danger va user de tous les stratagèmes possibles.
Dans cette situation spécifique, ils sont principalement basés sur la déstabilisation à court terme :
- la dénaturation des événements ( ça ne s'est pas passé comme ça, tu es folle )
- la démonstration de force ( tu vois je suis violent mais je t'épargne )
- l'affect ( je t'aime mais tu me fais du mal, c'est toi seule qui fous la m*rde )
Un petit clip de prévention qui montre bien les mécanismes, c'est long mais c'est un cas d'école :
http://www.youtube.com/watch?v=wokOgLqdtf4Comment je me suis dépêtrée de mon PPN ( rappel : retour d'expérience qui n'engage que moi...)
Je précise que j'ai un enfant avec lui et que cela change la donne :
- Pour rebondir il faut toucher le fond. Il m'a fallu 7 ans, certaines sont plus réactives heureusement. Pour ma part on n'est pas passé loin de l'irrémédiable. Et je suis passée par la case "consultation chez un psy" : Un professionnel impartial et extérieur peut aider à démeler les affects et la réalité des choses.
- Se préparer mentalement : Le PPN va taper là où ça fait mal.Il l'a toujours fait.
Tu doutes de toi ? Tu as peur de la solitude ? Tu as le complexe du sauveur ? Tu as peur de sa violence ? Il va te prendre l'enfant et tu ne le reverras plus ?
Le PPN aux abois fait mouche, il va taper bas et efficace pour tenter de reprendre le contrôle.
- Devenir une savonnette : Le PPN s'accroche parce qu'il a de la prise ( de l'emprise pour être exacte )
Pour s'en débarrasser, il faut que les frappes du PPN glissent sans toucher.
- Préparer l'extraction du PPN : Plus il est installé, plus c'est compliqué.
Mais on a aussi de quoi travailler : Son PPN, on le connait, on le connait bien même.
Etre réaliste : L'extraction ne va pas être facile, ça ne va pas bien se passer, faut pas rêver. On va s'en prendre plein les ratiches, ça va être tendu. Il faut se préparer à cela.
Il faut aussi se préparer à utiliser les conjectures pour le foutre dehors.
Ensuite, les conjectures, on va les provoquer.
- Quand on est prête, taper là où ça fait mal.
Dans mon cas à moi, ça a été l'image de confiance qu'il avait de moi. Il me connaissait honnête, fidèle, droite comme la justice, sincère et incapable de lui mentir ( ce qui est vrai, je ne sais pas mentir et il l'a beaucoup utilisé contre moi.)
J'ai appris de lui la sournoiserie, la cruauté et le mensonge. J'ai bien appris.
Je lui ai donc fait très mal à son égo de mari, si mal qu'il a décidé ce soir là de ne pas rentrer.
C'était ce que je voulais : Qu'il ne rentre pas.
J'avais déjà chez moi un jeu de barillets.
1. J'ai changé les barillets.
2. J'ai regroupé ses affaires dans des sacs poubelle
3. Je suis sortie et j'ai déposé les sac chez un de ses potes ( proche de chez moi ), devant sa porte. Ensuite, une fois rentrée et enfermée, j'ai appelé le pote et lui ai indiqué le contenu des sacs.
Erreur : Je pensais faire preuve d'humanité en ne déposant pas ses affaires dehors comme ça.
J'ai oublié que mon PPN préfère perdre toutes ses affaires plutôt que la face devant un pote. Ce geste a déclenché sa colère et sa vengeance.
4. le téléphone : Le PPN est le roi de l'échange verbal, il maîtrise extrêmement bien ce terrain. Il sait retourner les arguments à son compte comme personne.
Donc j'ai limité les échanges aux discussions purement techniques comme les meubles.
Dès que la discussion dérapait, je prévenais et je raccrochais.
5. Les rencontres de visu : Il semblait calme et prêt à coopérer pour récupérer ses meubles, je le connais assez pour savoir que ça pouvait vite dégénérer.
Je me suis préparée à cela :
La possibilité d'une baffe dans la gueule contre la possibilité de le voir sortir de ma vie ? J'ai pris le risque.
6. Le PPN est violent mais pas idiot : Une attitude inattendue ( car il prévoit tout ) peut arrêter la situation.
Evidemment il y a eu confrontation entre nous, ce déménagement de meubles ne pouvait tourner autrement. Je me suis donc retrouvée agrippée par les cheveux d'une main avec le visuel de son poing tendu de l'autre coté.
Mon PPN une armoire normande qui pratique les sports de combat (full contact et viet vo dao ) depuis plusieurs années, je connais sa force physique.
Mais j'étais préparée et déterminée.
Je n'ai pas paniqué et je n'ai pas cherché à me libérer, je suis restée calme et je lui ai dit :
-" Vas y. Vas y j'attends que ça. Frappe-moi et dans 10 minutes je suis à XXX ( le nom du commissariat central ). Frappes-moi et tu perds tout."
Ça l'a calmé, il m'a relâchée. Réaction innatendue, détermination et menace réaliste.
Voilà comment il est sorti de chez moi.
Les choses n'ont pas été simples ensuite, il s'est vengé.
Petit conseil : Attention aux comptes bancaires ( ceux des enfants aussi ), procurations et comptes-joints. Votre banquier qui vous connait depuis des années n'est pas forcément au courant de votre situation ( et le mien a salement merdé ), donc si vous avez des parents/famille chez qui transférer vos économies le temps que la situation soit balisée, faites-le.
Mais plaie d'argent n'est pas mortelle.
Pour la suite :
Les confrontations et les menaces peuvent devenir monnaie courante quand on a un enfant en commun.
1. Ne pas oublier : Etre une savonnette
2. Taper là où ça fait mal :
Soyons clairs, les autorités ne bougeront pas ou trop tard.
Mon principal soucis est de voir notre enfant être enlevé puis emmené dans le pays d'origine de mon PPN.
Il le sait et il en a souvent joué pour tenter de reprendre de l'emprise.
Jusqu'à ce que je trouve l'argument qui fasse mouche :
" Si tu emmène notre enfant là-bas, je prends le premier avion pour XXXX, j'ai les économies pour cela exprès, donc je prends le premier avion, ensuite je prends un taxi et dans les disons...4 heures je suis chez ta mère et je lui casse la gueule. La grille de 2,5 mètres (qui clôture la maison ), je l'ai déjà escaladée je te rappelle, et là tu touches à la chair de ma chair.
Donc tu prends l'enfant, je trouve et je défonce ta mère."
C'est un exemple de caractéristique ( enfant en commun ) qui était une faiblesse ( il va me le prendre, je vais obéir ) et qui est devenu une force ( si t'es assez con pour me faire passer en mode Louve, tu vas le payer )
Ceci est mon histoire personelle. Je pense qu'il n'y a pas de bonne ou de mauvaise méthode avec un PPN.
On sait si on a bien fait qu'après...
Les valeurs que l'on peut avoir ( raison, respect, honnêteté, droiture ) doivent parfois être oubliées pour réussir à s'en sortir.
Pour ma part j'ai utilisé les armes propres à mon PPN ( manipulation, intimidation, menaces ) et ça a marché. Je n'en suis pas fière.
Par contre je suis fière de m'en être sortie. Ca m'a couté très cher et les années qui ont suivi la séparation ont été difficiles.
Avec le recul, je sais que j'ai eu bon pour cette méthode mais que mon erreur a été de sous-estimer ses capacités de rebond ( pour faire bref, il a réussi à vider nos comptes )
Les scrupules : J'en ai eu après coup. Puis avec le temps, les langues se délient ( triple vie, il faisait construire avec N°2 pendant que j'étais enceinte de lui et N°3 était en phase de fiancailles au pays...entre autres... ). Depuis, j'ai compris que les scrupules n'engagent que celui qui les a. Lui n'en a pas.
Et la plus grande leçon que j'ai apprise de lui c'est que la fin justifie les moyens...