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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Lina  (Lu 3218 fois)

06 décembre 2013 à 01:14:40
Lu 3218 fois

Lina


Bonjour !

Je suis tombée un peu par hasard sur ce forum, très éloigné (de par son approche, et non de par son contenu) de mes recherches et références habituelles…

J'ai tout de suite été intéressée et interpellée par nombre de sujets que je connais déjà par mon cheminement :

-   mon aspiration à vivre plus en harmonie avec mon être profond (ce qui m’amène forcément à avoir des réflexions écologiques, plus en lien avec une vie en pleine Nature (je parle de la nature vivante (végétaux, animaux, énergies..) et non de la nature inerte fabriquée par l’homme (béton, goudron, plastiques..))

-   ma maternité, grâce à laquelle je revisite la base de ce que je souhaite transmettre à mes enfants  (j'ai 2 bonhommes de 3 et 6 ans), et leur donner comme référence diverses manières d’aborder la vie et pas uniquement selon l’angle officiel « normal » (métro-boulot-dodo(...)retraite)

-   ma recherche active à trouver/former une Tribu,.. détachée de ce que représente notre famille ascendante de sang, je laisse la place aujourd'hui à trouver/constituer ma vraie famille, celle de cœur, avec qui partager un mode de vie qui nous rassemble.

Je pense n’être jamais tombée sur des forum/sites/infos comme celui-ci auparavant, car je dois dire que le mot « survie » , ne m'attire pas et je ne l'ai jamais tapé dans un moteur de recherche :) Il me refroidi. C’est un terme un peu négatif (il y a le côté "danger" qui est forcément présent et mis en avant, avant même de "voir" tous les aspects positifs... comme si la nature n'était avant tout pas accueillante alors que dans le fond on est fait pour vivre dans cette nature, et les challenges qui s'y trouvent pour y vivre ne sont pas forcément à éviter).
C’est aussi ce genre de termes/de messages qui fait que les biens pensants peuvent facilement étiqueter « mauvais parents/fous/irresponsables », des parents qui souhaitent expérimenter d’autres façons de vivre que celle qu’on nous a inculqué… Ok trouver sa nourriture, préparer un abri/l’entretenir, éventuellement tenir un rythme/une organisation pour du nomadisme léger ou très marqué, se protéger,(...) demande une sacrée charge de temps au niveau du quotidien. Mais à mon sens ces actes de base "pratiques", forment justement ce qu’il y a de fort dans une Tribu, et laissent un temps considérable à la communication entre les êtres, au respect plus grand des rythmes des enfants,… à des choses plus invisibles, moins mesurables...

La vie conventionnelle métro-boulot-dodo nous déconnecte tellement de ce que l’on est au fond de nous, de la conséquence de nos actes, de la relation aux autres, de la valeur de notre travail (différences de salaires aberrantes), de la compréhension de nos actes (à quoi sert ce que l’on fait ? qui fait ce que nous ne faisons pas ?..), ..etc etc.. que c’est cette vie-là que je considère être de la survie, car cette vie conventionnelle n’est pas en reste quant au stress et dommages collatéraux engendrés, notre âme est mise de côté pour ne faire marcher finalement que notre corps, comme un outil au service de l’économie et autres conneries postulats du genre.

J’admets que nous sommes dans une période en transition d’un mode de fonctionnement à un autre, mais je dois dire que je me sens beaucoup plus proche de l’ambiance hippie/Rainbow Family ou celle des anarchistes écologistes,  que du mode Survivor. Ne me jetez pas la pierre, je le dis avec l'impatience de vous lire avec plaisir et d’ouvrir ma caboche à d’autres angles de vue :-)

Aussi c'est vraiment particulier que je sois arrivée sur ce site aujourd'hui par une recherche qui n'a rien à voir et qui concernait la randonnée... Je vous raconte ;
Cet après-midi, je suis tombée en pleurs auprès de mon fils aîné aujourd'hui pour lui dire que je suis désolée si sa vie n'est pas facile en ce moment car on est en transition totale, ce qui implique pas mal de tensions précisément ces jours-ci car on a pas mal de choses à régler de notre "ancienne vie" avant de partir pour un beau et long voyage en janvier.
En fait, on a laissé tomber notre vie conventionnelle il y a 2 ans (bel appart, bon boulot, école publique etc,) pour petit à petit vivre une vie de semi-nomades, avec beaucoup de systèmes alternatifs et non-conventionnels (récupération de nourriture, médecines alternatives et ancestrales, cueillette de plantes sauvages, freeshop, scolarisation à domicile, réduction de pas mal de technologies et d'achats matériels style jouets made in china, pas de télé, ... )).

 Ça implique aussi que d'ici que l'on trouve un endroit où nous poser au sein d'une tribu avec laquelle nous allons pouvoir continuer d'évoluer, nous n'avons pas vraiment de chez nous, ni de références dans notre environnement (qui change régulièrement), ni de plusieurs éléments qui qualifierait cette vie de "stable".. mais malgré tout je suis convaincue que ce que l'on offre à nos enfants actuellement a beaucoup de valeur, et que la stabilité que l'on ne leur offre pas "matériellement", est totale affectivement avec nous mais aussi avec les personnes que l'on côtoie (qui sont très "vraies" et belles de l'intérieur),... Et notre approche pour les aider à trouver leur propre stabilité en eux, en se connaissant, en exprimant leurs émotions, en apprenant à communiquer, à aimer... leur donne également des outils "stables" pour leur avenir.
Je ne sais pas si ce que j'écris est compréhensible, c'est un peu du charabia mais ça vient du cœur.

En tous cas, mon fils a tout a fait compris ce que je voulais dire, car il m'a dit qu'il n'aime pas trop ces jours-ci non plus, mais qu'il sait que ça sera bientôt fini, et il adore sa vie, il trouve génial de pouvoir organiser son quotidien à sa façon, il adore tous ces moments qu'on passe ensemble au coin du feu à lire ensemble des livres, des contes.., se coucher et se réveiller selon son rythme personnel, aller tout l'été en forêt, toutes les activités qu'il peut se permettre d'entreprendre (tir à l'arc, approche holistique et télépathique avec les chevaux, 2 cours de musique, voyages partout dans le monde qui nous attendent, etc.).. Mais il y a un truc qui lui tient à cœur et dont il me parle depuis maintenant 2 ans, c'est de vivre en Nature " VRAIMENT en nature quoi !"
Il ne comprend pas pourquoi on ne peut pas "juste" aller en forêt, construire notre abri et vivre-là (je vous raconte pas les explication déjà sur les permis de construire et autres autorisations ne serait-ce que pour poser une yourte sur son propre terrain), en chassant (à l'arc, évidemment), en cueillant (il oublie un peu l'hiver en Europe lol)etc... Cela fait longtemps qu'il revient là-dessus, et j'essaye comme je peux de lui expliquer que moi je n'ai pas reçu ces apprentissages dans ma vie, que je suis entrain d'apprendre à vivre plus simplement, mais comme j'ai pas grandis en nature, c'est pas si simple que ça,.. et en plus seuls, c'est pas si facile, que c'est aussi pour cela que je cherche à trouver d'autres personnes qui aimeraient vivre aussi comme ça, pour avoir pour lui des copains, et aussi de l'entre-aide etc etc..

Alors aujourd'hui lorsqu'il m'a dit ça, je lui ai dis que j'essayerai de me renseigner s'il serait envisageable d'aller en famille en Amérique avec Lynx Vilden, (on avait vu un reportage l'année dernière sur cette femme qui organise des étés complets en nature en partant de rien et en s'inspirant des modes de vies préhistoriques. http://www.lynxvilden.com/p/contact.html ), et il était enchanté.. alors on verra si c'est réalisable niveau budget, car c'est vraiment pas donné et je viens de déchanter en voyant les tarifs...

Aussi il sait qu'en Indonésie (voyage prévu en janvier), j'ai le nom d'un homme qui vit dans la jungle à Sumatra et que l'on pourrait peut-être rencontrer si je trouve le village le plus proche... il se réjouit vraiment,.. mais moi j'ai de la peine à imaginer si ce sera réalisable seule avec lui et mon petit de 3 ans qui est forcément moins autonome que son grand frère (leur papa ne pourra pas être présent durant le voyage :-/), et pas évident d'imaginer de telles aventures sans se préparer longtemps à l'avance (alors qu'ado je partais en stop partout et je dormais à la belle étoile sans soucis , donc je suis plutôt dans le même trip que mon aîné sauf que j'ai jamais vraiment franchis le pas de la vie sauvage).

Nous avons trouvé plusieurs communautés (style éco-villages hippies qui vivent en pleine nature et qui sont damnés à fabriquer leur propre dentifrice au jus de carotte ( :-) ),  où on pourrait construire notre propre habitat, participer à un jardin en permaculture, vivre en autonomie...) et que l'on aimerait aller visiter (dans les Pyrénées orientales mais aussi plus loin comme en Nouvelle-Zélande, au Pérou, au Costa Rica, au Brésil). Il y a aussi les Rainbow Gathering un peu partout en Europe et dans le monde qui nous permettent de toucher de temps en temps à ce mode de vie...
Voilà un peu la liste de nos projets/bonnes adresse, si ça intéresse l'un au l'autre je peux vous transmettre des infos par email

Aussi une référence de livre en distribution libre en .pdf et qui peut peut-être en intéresser certains sur ce forum :
Ishmael - L'homme une fois disparu, y aura-t-il un espoir pour le gorille ?, de Daniel Quinn ( http://frishmael.wordpress.com/ il y a une version intégrale en .pdf à télécharger)

Voilà un gros bric à brac, je n'ai pas le courage de transformer ce récit en un texte plus lisible, j'espère que ça va aller quand même pour ceux qui auront eu le courage de lire juqu'au bout :)

y'a-t-il d'autres femmes sur le forum ? et de mamans ou papas ?

Si qqn a envie d'échanger (de manière assez brève car je n'ai pas vraiment accès au web sauf ce mois-ci...) c'est volontiers !
Si qqn peut me mettre en contact avec des familles qui ont les mêmes recherches que nous, ou de m'informer de lieux de vie alternatifs déjà existants en pleine nature et en collectivité c'est volontiers également !!
Ou encore si qqn a envie de nous emmener qqes jours pour vivre en forêt à partir de mai 2014, ce serait chouette de pouvoir partager cette expérience avec qqn qui s'y connait bien, et qui aurait la patience avec un enfant de 6 ans :-)

Merci et à bientôt !

« Modifié: 07 décembre 2013 à 21:45:02 par Lina »

06 décembre 2013 à 12:22:42
Réponse #1

Bison


Bonjour Lina

De la part de Bison (le même que sur RL) :  bienvenue sur ce forum ... un peu "innatendu" !

Certes, il est beaucoup question ici de survie :  survie urbaine, survie dans la nature, et même "dans la jungle ordinaire".
Mais en fait, quand on va plus en profondeur, on s'aperçoit qu'il est avant tout question de vie. Car ici, la survie est d'abord abordée sous l'angle de prévention, de la préparation.

Afin de ne pas trop se laisser piéger bêtement, ni dans la nature, ni dans la vie courante - dès que l'on quitte les environnements "protégés".

Parce que, évidemment, il y a ici pas mal de personnes :
 - qui aiment quitter les environnements dits protégés. Que se soit dans la nature ou en ville. Pour la liberté que l'on y trouve, pour la responsabilité que l'on ressent ...
 - qui sont confrontés à ces milieux de par leur profession ou choix de vie.
 - qui aiment se replonger dans un monde moins compliqué, moins interdépendant ...

Et bien évidemment, il y a les "débutants" qui aimeraient bien s'y aventurer sans risques inconsidérés.

Be prepared ! 
(Ça c'était un mec comme je les aime.)

On s'instruit, on partage, non pas dans un esprit "apocalyptique", mais avec pragmatisme et bon sens afin de ne pas se trouver en "mauvaise posture"

L'humain tient aussi une grande place dans nos échanges .
C'est pourquoi je vais me permettre de commenter ta présentation sur le plan "humain" et sur un sujet particulier qui me paraît essentiel.

Citer
Cela fait longtemps qu'il revient là-dessus, et j'essaye comme je peux de lui expliquer que moi je n'ai pas reçu ces apprentissages dans ma vie, que je suis entrain d'apprendre à vivre plus simplement, mais comme j'ai pas grandis en nature, c'est pas si simple que ça,.. et en plus seuls, c'est pas si facile, que c'est aussi pour cela que je cherche à trouver d'autres personnes qui aimeraient vivre aussi comme ça, pour avoir pour lui des copains, et aussi de l'entre-aide etc etc..

En clair :

1. Tu as transmis à ton gamin ta vision idéalisée de la vie dans la nature.

Pas irrémédiable, mais quand même un peu osé pour une maman qui n'a pas vraiment l'expérience de l'autarcie. La réalité risque d'être moins idéale, beaucoup moins.

2. Ton enfant vit déjà en dehors de la société, sans copains, et tu es pratiquement son seul "repère".

Tu es consciente que ce n'est pas l'idéal pour l'épanouissement d'un petit garçon et tu voudrais donc trouver une "tribu", hautement idéalisée elle-aussi. Est-ce bien réaliste ?

En réalité, la société que tu fuis permet tous les épanouissements possibles pour un petit garçon (et même pour les grands !).
 -  L'école n'est pas un lieu de torture, mais avant tout, pour les petits, un lieu d'apprentissage et de socialisation. Et par ailleurs, les occasions de "jouer" dans la nature sont encore nombreuses.
 - À commencer par le scoutisme, pour les enfants et les ados. Une école de vie à nulle autre pareille, même si trouver une bonne "tribu" scoute n'est pas évident.

Matière à réflexion :
Es-tu vraiment sûre que tes gamins, une fois ados ou adultes n'auront pas envie (comme la plupart des autochtones) de rejoindre la "civilisation". Seront-ils préparés ?

La vraie survie, en tous temps, cela a été de se préparer au mieux à affronter les difficultés de la vie, pas à les fuir ...

C'était le quart d'heure de Bison ...
(Avec toute la sympathie d'un grand père pas vraiment conventionnel)


« Modifié: 06 décembre 2013 à 14:03:57 par Bison »
Un enfant qu'a pas une paire de bottes, une canne à pêche et un lance-pierre, c'est pas un vrai. (A. Gavalda)

06 décembre 2013 à 12:44:38
Réponse #2

bilbo78


Bonjour et bienvenue !  :)

06 décembre 2013 à 14:50:24
Réponse #3

Pouçot


En réalité, la société que tu fuis permet tous les épanouissements possibles pour un petit garçon (et même pour les grands !).
 -  L'école n'est pas un lieu de torture, mais avant tout, pour les petits, un lieu d'apprentissage et de socialisation.

Certainement plus. Je vais éviter tant bien que mal de tomber dans le domaine politique, mais puisque ta phrase l'est un tantinet, je me permets quand même de partager ma vision des choses.

Les jeunes sont les plus touchés de nos jours, c'est un fait. L'école est devenue un lieu de torture, et ce n'est pas le petit Pouçot qui le dit. J'en veux pour preuve le nombre de suicides d'enfants directement imputables à l'école, ces derniers mois, chiffre qui ne fera qu'augmenter.
Touchés dans leur représentation du monde, par le biais de l'éducation qui leur est octroyée (je ne reviendrai pas sur les méthodes d'apprentissage de la lecture et autres fadaises, qui, notons le, ont accouché d'une génération totalement coupée de la pensée pour tomber dans l'affect permanent : mort au logos, longue vie au pathos), ou plutôt, imposée.
Un exemple parmi tant d'autres, maintenant. La section européenne de l’Organisation mondiale de la santé vient de pondre un document intitulé Normes pour l’éducation sexuelle en Europe qui prescrit d'enseigner « la jouissance et le plaisir » entre 0 et 4 ans. Tu peux trouver le document en question ici. On enseigne aux gosses la sexualité, plus seulement dans le cadre de ces bonnes vieilles SVT, et donc, dans une fonction objective qui se trouve être la reproduction, mais dans la recherche du plaisir. Clouscard doit faire des sauts de carpe dans sa tombe, parce qu'il n'est pas utile d'être très malin ni grand intellectuel pour comprendre la finalité de l'action.
Bref, arrivé là dans ce que je voulais être un exposé, je m'aperçois finalement que je serai tout bonnement incapable de respecter la charte du forum en poussant plus loin le raisonnement, aussi, je vais la fermer.
Mais je laisse ce post pour contester ta prise de position, totalement décalée des réalités sociales actuelles.

06 décembre 2013 à 15:15:11
Réponse #4

Bison


Mes réalités, ce sont :

 - trois enfants et leurs conjoints pas trop mal dans leur peau, pas trop mal dans leur métier; leur éducation n'a pas toujours été un long fleuve tranquille ...
 - huit petits enfants raisonnablement épanouis à l'école
 - une bonne centaine de leurs petits copains que je vois chaque semaine pleins de vie et d'entrain, épanouis dans des activités extérieures.

Alors, l'école lieu de torture, je laisse cela aux journaleux en mal de gros titres ...
Bien conscient qu'il y a toujours eu, et qu'il y aura toujours des enseignants névrosés, pas à la hauteur.

Amha, ce qui fait que l'école est bien ou mal vécue, c'est avant tout l'environnement familial, l'amour et le bon sens des parents.
Un enfant qu'a pas une paire de bottes, une canne à pêche et un lance-pierre, c'est pas un vrai. (A. Gavalda)

06 décembre 2013 à 15:31:45
Réponse #5

Bomby



Amha, ce qui fait que l'école est bien ou mal vécue, c'est avant tout l'environnement familial, l'amour et le bon sens des parents.

Citer
Pouçot a dit : Les jeunes sont les plus touchés de nos jours, c'est un fait. L'école est devenue un lieu de torture, et ce n'est pas le petit Pouçot qui le dit. J'en veux pour preuve le nombre de suicides d'enfants directement imputables à l'école, ces derniers mois, chiffre qui ne fera qu'augmenter.
Touchés dans leur représentation du monde, par le biais de l'éducation qui leur est octroyée (je ne reviendrai pas sur les méthodes d'apprentissage de la lecture et autres fadaises, qui, notons le, ont accouché d'une génération totalement coupée de la pensée pour tomber dans l'affect permanent : mort au logos, longue vie au pathos), ou plutôt, imposée.

Les amis, parlez-vous vraiment de la même école ?

Je ne pense pas que vous ayez en vue les mêmes systèmes éducatifs et, s'il y a certes pas mal de similitudes entre la France et la Belgique, tout ce que je peux souhaiter à nos amis belges, c'est de continuer à se garder des défauts majeurs du système éducatif français...

Parlez-vous ensuite de  la même chose ?

J'ai l'impression que Bison vise la fonction de socialisation permise aux enfants par le fait de fréquenter une école, et que Pouçot pourfend (avec fougue mais à mon avis non sans raison) le considérable gâchis dispensé par une certain système éducatif (plutôt donc typiquement français).

Cordialement,

Bomby


06 décembre 2013 à 16:29:43
Réponse #6

Phil67


Quelques nuances en essayant d'éviter de tomber dans le hors-charte :

Les jeunes sont les plus touchés de nos jours, c'est un fait. L'école est devenue un lieu de torture, et ce n'est pas le petit Pouçot qui le dit. J'en veux pour preuve le nombre de suicides d'enfants directement imputables à l'école, ces derniers mois, chiffre qui ne fera qu'augmenter.
"Directement imputables à l'école"... ah bon ? Source ?

Ces enfants vivent hors de la pression sociale extérieure à l'école, n'ont pas de parents qui les surinvestissent à l'école ou dans le sport pour compenser leurs propres frustrations, ne vivent pas entourés de "copains" tellement bien dans leur peaux qu'ils doivent se regrouper pour trouver un "mouton noir" à harceler histoire d'exister, ne sont pas bombardés en permanence d'une sous-culture débile, dégradante (y compris pour soi-même) et consumériste ?

Une partie du travail de l'école est justement de protéger les enfants de cet environnement général délétère mais elle ne peut pas totalement s'en extraire. Il y a donc effectivement une défaillance de l'école sur ce point, mais paradoxalement parce qu'elle devient trop perméable à l'extérieur.

Ces TS me semblent plus liées au vécu individuel et au contexte global qu'uniquement à l'école. AMHA le lien entre échec scolaire et TS risque d'être difficile à établir d'autant plus que certaines TS concernent des élèves brillants sur le plan scolaire.

(Je fais évidemment abstraction du système ultra-élitiste après le collège qui finit par favoriser la résistance à la pression par rapport aux compétences personnelles.)


Mes enfants ont la chance énorme de pouvoir poursuivre leur scolarité dans une petite ville française tranquille, dans des classes favorisées bilingues FR/DE qui vont rester ensembles quasiment de la maternelle au BAC en permettant à certains de catégories sociales moins favorisées d'"échapper" à la carte scolaire.

Il s'agit globalement des classes de "semi-bobos" (mais pas pour tous) dans un milieu privilégié surtout sans surenchère consumériste (les portables -même basiques- sont encore minoritaires en 4ème, peu de fringues de marques, etc.) et volontairement déconnectés des dernières tendances alakon. Ils passeraient pour des has-been complets en ZEP et n'y survivraient pas 1 trimestre malgré une excellente adaptation au système scolaire !

Pourtant à les entendre ils vivent un enfer quotidien (ben oui : qui préfère l'école à l'absence totale de contrainte ;#).

L'école n'arrive plus à compenser toutes les autres défaillances sociales et culturelles.


Citer
Un exemple parmi tant d'autres, maintenant. La section européenne de l’Organisation mondiale de la santé...
Il y aurait de quoi écrire des encyclopédies entières avec toutes les recommandations alakon qui tombent dans les oubliettes.
Nous avons deux vies, la seconde commence lorsqu'on réalise qu'on en a qu'une.

06 décembre 2013 à 16:49:32
Réponse #7

Loriot


Salut Lina

Bienvenue et bonne suite.  :)



(en tout cas ta venue ne passe pas inaperçue...)

Quand Pourine veut la lune tu lui baises les pieds

06 décembre 2013 à 18:19:19
Réponse #8

Bison


Citation de: Bomby
Les amis, parlez-vous vraiment de la même école ?
Citation de: Phil67
Mes enfants ont la chance énorme de pouvoir poursuivre leur scolarité dans une petite ville française tranquille, dans des classes favorisées bilingues FR/DE qui vont rester ensembles quasiment de la maternelle au BAC en permettant à certains de catégories sociales moins favorisées d'"échapper" à la carte scolaire.
Je dirai que le système dans lequel évolue et a évolué la famille Bison (en Afrique et en Belgique) est quasi identique à celui décrit par Phil67 - en France. 
Des copains de la maternelle au bac :doubleup:
 ... mais c'est aussi une question de stabilité de la famille.

Le message est finalement celui-ci : il n'est pas nécessaire de s'enfoncer à l'autre bout du monde pour fournir à ses enfants une scolarité privilégiée - ou simplement normale.
Un coin tranquille de province, pas trop loin d'une petite ville avec un lycée pas trop prestigieux.  À la limite, un exil en Alsace, voire en Belgique ...  ;)
Un enfant qu'a pas une paire de bottes, une canne à pêche et un lance-pierre, c'est pas un vrai. (A. Gavalda)

06 décembre 2013 à 18:36:06
Réponse #9

Lina


Coucou !!

Alors c'est clair que sur un forum on ne peut pas exposer tous les tenants et aboutissants d'une histoire de vie ; Ici j'ai parlé uniquement d'un moment précis de ma vie et qui met donc en exergue - faussement- un coup de blues du moment.
Des coups de blues il y en a aussi chez les parents scolarisant dans le public, il y a des enfants délaissés, asociaux, dont les besoins ne sont jamais respectés ni dans leur rythme en classe, ni dans leur dignité, ni leur compétences, compétitivité est leur maitre mot etc. Y'en a beaucoup !!
même si une partie en sort épanouis (et encore, en voyant le nombre de gens depressifs et autres maladies, ou qui se sentent mal au boulot, ou qui sont autant rattaché à du matériel, j'en doute qu'ils soient très nombreux les jeunes sortant stables et épanouis de leur enfance et l'école en est une partie), sans esprit de compétitivité à tout prix.
Mon fils a été scolarisé, puis déscolarisé, car lui-même ne voulait clairement plus aller à l'école, et que nous avons vu en qqes mois un vraie dégradation de son épanouissement justement.

aussi :
1) Mes enfants ne sont de loin pas seuls, On vit dans une maison collective avec d'autres enfants, et on se rencontre très régulièrement avec d'autres enfants scolarisés à domicile. Mon fils a aussi plusieurs activité qu'il adore, et où il rencontre régulièrement des personnes référentes et d'autres jeunes.

2) mes enfants ont le temps de développer leurs compétences, à leur rythme, et avoir tous les jours plaisir à travailler, à apprendre des choses... je n'ai pas besoin de les punir ni de les évaluer pour que qqch entre dans la caboche.

3) je ne suis de loin pas la seule référence de mes enfants, bien au contraire justement ! car on a le TEMPS de voir d'autres familles, de lier de vraies relations avec les enseignants "parascolaire", etc. etc..

4) je ne les rends pas asociaux, au contraire se sont des enfants qui vont volontiers aller demander au cordonnier, à la vendeuse, au fauconnier, au contrôleur de train, à l'ouvrier de chantier etc etc, comment ceci ou cela marche, pourquoi ils font ce qu'ils font etc. Nous lisons aussi des livres qui sont actuels et ils rencontres des personnes de tout bord,.. Sûrement plus qu'un enfant qui a le temps le matin que de s'habiller et partir souvent au pas de course à l'école, ensuite rester assis à écouter car on a décrété que tous les enfants sont plus concentré à telle heure le matin et que 25 enfants vont apprendre en même temps, et au même rythme un apprentissage précis, en faisant totalement fit des besoin et dynamiques de chaucun, puis à telle heure ils sont enfin libérés pour aller faire des devoir, manger, dormir avec qqes extras par-ci par là..
 et ceci durant au moins 10 ans, C'est clair que cette vie prépare à notre société d'entreprises,.. et cela ne me dérange pas que mes enfants puissent s'écouter et développer leur compétence non en fonction de ce que l'on attend d'eux, mais de ce qui les aspire réellement.

C'est plus au niveau matériel et habitat que nous sommes clairement très instables pour le moment, mais comme je l'ai dis plus haut, il y a des choses très positives qui ressortent de cette expérience semie-nomade.

Bon je dois dire que mon post n'était pas dans le but de faire un débat de l'école à la maison ou pas, je pense que c'est un sujet qui est très mal connu et difficile d'en discuter "comme ça", car forcément la référence est l'école publique et que mine de rien difficile de sortir des références
Moi-même je trouve que ce que je viens d'écrire ne correspond pas à un 10ème de la réalité ni en école publique ni en école à la maison, car chaque voie a ses avantages et inconvénients
Par contre je connais plusieurs références de livre pour ceux qui seraient intéressés et qui expliquent bien justement de manière plus complète ce choix de vie.

En ce qui concerne la collectivité, nous ne sommes pas dans l'idéalisme, pas du tout, nous vivons justement déjà en petite collectivité, on a déjà pu prendre le temps de vivre dans un éco-village, et nous savons déjà comment évoluer dans ce sens et avec qui, nous sommes déjà 5 familles à avancer depuis plusieurs mois ensemble et là encore, ça ne correspond pas à des références conventionnelles, ce n'est pas pour autant qu'elles sont mauvaises, bien au contraire.

Et pour finir, en ce qui concerne la vie en nature, je n'ai rien insufflé à mon fils d'un truc que je ne maitrise pas, c'est venu vraiment de lui, car oui nous sommes énormément en nature depuis toujours,... et lorsqu'on y est, forcément les enfants se sentent chez eux et imaginent bcp de choses, lorsque nous ne sommes pas dans une vie conventionnelle, je t'assure que les enfants ont des idées tout à fait réalisables et il ne me viendrait pas à l'idée de dire à mes enfants : "non, nous n'habiterons jamais en nature car ce n'est pas permis/car c'est trop dangereux".. Non ma réponse a été : "Ben tu sais, moi aussi j'aimerais bien, mais ça peut pas se faire du jour au lendemain", et c'est ainsi que les idées se développent et un vrai projet de changement de vie se fait dans l'échange et dans le partage ensemble. Au fond de moi je sais que je fais partie de cette nature et qu'elle n'est pas hostile, que des risques il y en a aussi en ville et dans les villages.. et oui la seule différence c'est que ces environnements-là, on les connait, on en connait les codes ! c'est tout !! En 2 ans j'ai appris tellement de choses que je sais que bientôt je ne serais pas en mode "survie" en nature, bien au contraire, là je peux déjà sans soucis vivre à court terme, je sais construire un abri, pêcher, une 30ème de plantes comestibles et les plantes toxiques de ma région, je sais trouver des champignons, m'orienter, les cycles lunaires, un peu de géobiologie (ressentir des lieux et leur énergie), trouver et utiliser de l'amadou, sécher le lierre pour le feu, comment monter un campement, quel arbre choisir et couper des perches etc etc.. enfin bref en gros je suis loin de ne rien connaitre, mais je ne suis pas née dedans et je pense que c'est une grande différence. Mes fils sauront bien plus vite que moi vivre en nature en rendant leur milieu accueillant, ils savent déjà allumer un feu par exemple, moi j'ai appris ça à 17ans ! ils savent utiliser une serpe, moi je viens de l'apprendre,.. etc. etc. le grand a déjà beaucoup de bases que je n'ai pas et le petit est né dedans par contre, il ne sait pas ce que c'est qu'un radiateur par exemple mais sait comment utiliser un poêle à bois, ce qu'est une éolienne et un panneau solaire, un four solaire, l'organisation d'un jardin en permaculture, l'utilisation de certaines plantes... Ca les prépare je trouve plus que jamais à la société d'avenir.
Par contre je pense que de vivre en nature est bien plus réalisable en petite tribu, ce n'est là encore pas un idéalisme, mais une évidence pour tout ce que la collectivité apporte. Vivre en nature pour moi c'est aussi en total accord avec les avancées de notre société ACTUELLE et non de celle d'il y a 50ans :-)

Notre environnement actuel, ne correspond pas à nos aspirations de vie, c'est un fait et non un délire utopique. Il y a qu'à voir dans notre village le nombre de fois où les gens se parlent vraiment et prennent du temps à s'entraider, à discuter, à s'inviter, à s'exprimer réellement sur ce qui se passe en nous, parler d'autre chose que de la pluie et du beau temps,...
Nous cherchons en ce moment un endroit où nous pourrons nous poser, tout comme qqn chercherait à déménager conventionnellement dans une autre région pour toute une tonne de raisons. :) Les expériences que nous avons eu ces derniers mois nous confirment  bel et bien que le chemin nous correspond bien plus (et non "parfaitement", car rien ne peut être parfait).
C'est une question de choix et de savoir ce que l'on souhaite dans la vie, et non une question de fuir quelque chose.

Voilà je crois que j'ai fais le tour des sujets qui m'ont interpellés et que je ne peux laisser sans réponse :-)

Merci pour tous vos messages amicaux !! Coucou Bison, rigolo de te retrouver ici !
A bientôt et au plaisir de vous lire davantage !



« Modifié: 06 décembre 2013 à 21:01:45 par Lina »

06 décembre 2013 à 19:09:56
Réponse #10

Lina


ah et juste encore un truc : vivre sans école, n'est pas vivre sans contraintes (!) : la vie de famille, prendre le temps de vraiment se connaitre, ne pas se bastonner tout le temps entre frère mais se comprendre et s'entraider, faire sa place et rentrer en contact avec les copains (et oui même sans école il y en a !), apprendre à reconnaitre ses limites, celles de ses parents et des autres, comprendre les règles sociales (car oui on ne reste pas enfermé à la maison toute la journée), passer du temps en nature, construire une cabane et autres idées dont les règles sont régient par la nature elle-même (gravité, conditions météo etc.), participer aux activités des uns et des autres, organiser ses activités (et oui ! on ne peut pas tout faire, ni laisser tout désordonné après l'activité choisie, ..)etc etc.. Tout ce que l'on fait au quotidien, a des contraintes.. mais s'en sont d'autres !!
Et je peux vous dire que mon fils aîné (puisque il a un certain recul et la comparaison possible entre les 2 modes de vie différents qu'il a pu expérimenter), a beaucoup plus de facilité a accepter ces contraintes-là car il les comprend réellement. Il ne comprenait pas pourquoi il devait aller à l'école et toutes les contraintes en découlant. Moi non plus je ne savais pas pourquoi il devait y aller d'ailleurs,... d'où notre choix de vie :-), pas plus mauvais que celui qui aurait été de rester scolarisé si j'avais été convaincue de ce choix-là.


Je pense que le principal est d'être réellement en accord avec soi-même, et pouvoir être le plus cohérent possible pour soi et pour ces enfants que l'on accompagne

« Modifié: 06 décembre 2013 à 21:21:11 par Nävis »

07 décembre 2013 à 01:35:09
Réponse #11

Arnaud


Bienvenue Lina,

Tu as l'air d'avoir la tête sur les épaules, je te souhaites bon courage pour tes projets.

Arnaud (papa d'une petite Léa et d'un petit Noé).
« When the last tree is cut, the last fish is caught, and the last river is polluted; when to breathe the air is sickening, you will realize, too late, that wealth is not in bank accounts and that you can’t eat money. »

07 décembre 2013 à 09:12:15
Réponse #12

Vef


Bienvenue à toi :)

07 décembre 2013 à 09:37:04
Réponse #13

Outdoorsman


Bonjour Lina,
je ne trouve pas étonnant que tu retrouves sur ce forum, ne l'oublions pas, créé par un ours  ;)

En voulant se rapprocher de la nature ou en voulant se prémunir d'une défaillance des services publics, un bon nombre de membres de ce forum questionnent la vie dans notre société et n'y trouve pas tout à fait leur compte.

Certains font le choix d'un mode de alternatif, d'autres se contentent de parenthèses de week end ou de vacances mais au fond l'impression d'être pas tout à fait dans le moule, un peu/très différent de l'archétype est répandue ici.

Le corollaire positif est que les gens se sentent en confiance et se livrent plus facilement, ce qui à mon avis contribue à la richesse des échanges sur le forum.

Bienvenue parmi les ours (gentils)  :D
"On a beau donner à manger au loup, toujours il regarde du coté de la forêt. " Ivan Tourgueniev
"Là où il y a une volonté, il y a un chemin" Edward Whymper
"Dégaine toi du rêve anxieux des bien-assis" Léo Ferré

07 décembre 2013 à 21:37:36
Réponse #14

Axiome


Bienvenue !

Bonne route et c'est tes enfants hein ,la vie te les a confiés donc tu sauras toujours mieux que quiconque ce qui est bon pour eux !  ;#

Axiome .


08 décembre 2013 à 01:01:35
Réponse #15

Lina


kovaks oui je suis tout à fait d'accord avec toi, comme je l'ai écris  :-)
(...) j'en doute qu'ils soient très nombreux les jeunes sortant stables et épanouis de leur enfance et l'école en est une partie)

En tous cas, j'aime bcp ta conception de la cueillette :-)

Outdoorsman : effectivement ce soir j'ai pris le temps de découvrir le reste du site, et des vidéos du créateur, c'est un monde d'ours ouaip ;-) En tous cas j'ai vraiment apprécié ses écrits, et également le site des communautés-résilientes, ça correspond tout à fait à mes aspirations et à nos projets actuels. Mais ce n'est plus très actif apparemment. Merci pour ton mot !

Axiome merci aussi, t'as tout à fait raison d'ailleurs héhé. J'ai pris connaissance aujourd'hui de tes avancées pour vivre sous tipi, très intéressant merci pour ce partage !
Ici lorsque l'on a monté un tipi avec des amis, on est aussi rentré en "communion" avec, pour la pose des perches, les directions, les éléments, c'est vraiment fort, je comprends ton engouement. Dans nos projets pour notre futur habitat, on opte a priori pour un kerterre, cela se fera évidemment aussi selon le terrain, mais la connexion à ce "tout" nous invite également à l'intégrer dans notre construction. Si tu as écris ou des infos à ce propos c'est volontiers !

Arnaud merci aussi, parfois je me sens un poil paumée, mais je sais ce que je veux et peux, ça aide beaucoup :-)

hello Vef et aux autres bienvenues, c'est sympa.

 A++
« Modifié: 08 décembre 2013 à 02:41:18 par Lina »

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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