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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: self défense hospitalière  (Lu 10192 fois)

16 octobre 2013 à 13:46:28
Réponse #25

wolf



Là où je suis plus perplexe, c'est sur ce qui semble ressortir des techniques et/ou principes proposés. Si je comprends bien, la méthode proposée consiste essentiellement à proposer des clés et immobilisations, en cherchant à éviter toute frappe et tout caractère invalidant pour l'agresseur :

Oui

Bon, je comprends évidemment les contraintes liées au fait d'être en milieu hospitalier, mais je me demande quand même si on n'induit pas avec ce genre de pratiques et de discours une fausse réassurance à base de self-défense miracle dont les techniques marcheraient toujours et sans risque pour qui que ce soit.

Les formateurs posent les limites de chaque geste .

La self-défense suffisamment sécurisante sans faire le moindre bleu ou la moindre bosse à l'agresseur, je n'y crois tout simplement pas. Dans certains cas, et en supériorité de rapport de force (supériorité numérique le plus souvent), ça peut évidemment fonctionner, et c'est tant mieux. Mais s'interdire de prendre le risque de faire le moindre hématome, sans envisager de pouvoir à un moment si nécessaire élever fortement le seuil de riposte, me semble intrinsèquement dangereux.

Les seuls bleus que l'ont est autorisé à faire sont ceux inhérents aux prises de sang.  ;). Si l'ont à besoin de relever le seuil, nous faisons appel à la Police.

D'ailleurs, l'utilisation de l'environnement apparemment justement évoquée dans la formation proposée devient ici relativement équivoque.

Si réellement on veut se servir d'une chaise comme bouclier face à un forcené menaçant et agressif, éventuellement armé, sans lui faire d'hématome, ça risque d'être compliqué.


Seulement pour se dégager d'une pièce et parer les coups.
"Be the type of person that when your feet touch the floor in the morning, the devil says: "aww shit, they're up"   Dwayne johnson

16 octobre 2013 à 14:37:41
Réponse #26

musher


Sur le powerpoint, ça ressemble beaucoup aux techniques apprises aux infirmiers psy pour maitriser les patients violents.

16 octobre 2013 à 14:55:09
Réponse #27

Bomby


Salut Wolf, merci de tes précisions.

Dans tes réponses ci-dessus, tu sembles plus évoquer l'usage de techniques permettant de se replier à l'abri le temps d'appeler la cavalerie (mais j'interprète peut-être abusivement des derniers propos).

Un peu plus avant dans le fil, tu indiquais avoir "testé à plusieurs reprises" depuis ta formation et constaté que "ça le faisait bien", notamment avec l'avantage du nombre et on peut penser que ceci correspondait plus à des scenarii plus interventionnistes où il n'était pas forcément nécessaire de passer le relais à la police...

C'est possible pour toi de nous donner un ou deux exemples pratiques de situation où l'application de cette formation a bien fonctionné, ce qui permettrait de mieux cerner son champ utile d'emploi ?

Cordialement,

Bomby

16 octobre 2013 à 16:14:52
Réponse #28

Anke


Je reste perplexe vis à vis de l'engagement physique du soignant en face d'un "excité" ou d'un "forcené". De toute façon je crois, pour ma part ( et seulement pour la mienne hein !) que devant le législateur, tenter d'immobiliser un patient violent ne tient pas le pavé, car ce n'est pas notre mission première.
En smur, par ex, si on sort sur quelqu'un de dangereux, on fait appel aux forces de police qui nous précèdent de qulelques mêtres, histoire de sécuriser l'environnement et nous permettre de faire notre travail.
Aux urgences, il est effectivement illusoire de compter sur le service de sécurité ( délai d'intervention), tout comme dans un service. Alors, on a deux solutions : soit on anticipe ( comme on le fait pour un éthylique chronique quand on craint qu'il décompense et passe en delirium) et on se prépare en préparant le patient lui aussi ( médicaments, contentions qui ne se posent QUE SUR PRESCRIPTION MEDICALE. Eh oui !), soit on se met à l'abri en donnant l'alerte et en attendant que ça se calme.( on peut interposer des objets entre le patient et soi-même pour faire un obstacle par exemple. La réaction du soignant sera interprèté comme une protection de lui-même. Au delà si l'acte est dirigé vers le patient, on nous reprochera TOUJOURS une espèce de "délit d'intention", en disant qu'on aurait surement pu faire autrement ( il suffit de tomber sur un avocat un peu malin). Bref, pour moi,soit le gars je l'enferme en fourbe, soit c'est moi que j'enferme et j'attends ( même si la pathologie du patient est grave, de toute façon, je ne peux pas l'approcher, donc je ne peux pas le soigner), qu'il tombe ( de lui-même ou que quelqu'un dont c'est le métier le maitrise). Un soignant amoché, ça ne soigne plus personne. La sécurité, c'est pas mon job, et j'y connais que dalle. On peut appliquer le concept pratiqué en self d'une manière générale : courage, fuyons ! Et restons entier histoire de soigner les autres patients que nous avons en charge.

16 octobre 2013 à 18:15:06
Réponse #29

Zecrow


...... je crois, pour ma part ( et seulement pour la mienne hein !) que devant le législateur, tenter d'immobiliser un patient violent ne tient pas le pavé, car ce n'est pas notre mission première.
Je ne suis pas juriste, mais mon bon sens me souffle que si quelqu'un s'en prend à toi violemment et soudainement, tu n'es plus simplement un soignant dans sa mission, mais avant tout un humain ayant le droit légitime de se défendre, et dans ce cas immobiliser l'agresseur n'est qu'une des possibilités - et pas forcément la plus probable.
Ce qui ne veut pas dire que je condamne la démarche d'éviter le clash, bien au contraire.
« Le secret du bonheur ne consiste pas à rechercher toujours plus, mais à développer la capacité d'apprécier avec moins. »
Dan Millman

J'y travaille ! :-)

16 octobre 2013 à 18:42:00
Réponse #30

Anke


Hmm Zecrow, sur notre lieu de travail, nous restons tout de même dans " l'exercice de nos fonctions". On nous demandera obligatoirement des comptes en tant que professionnels de santé. Nous véhiculons parfois une image un peu lourde ( les premières inf furent des bonnes soeurs) à porter, néanmoins, nous restons au Service du Public, cela veut juste dire que notre intérêt individuel passe après. Devant un juge, cet argument ne peut pas tenir ( je crois). En revanche, mettre en avant que nous n'avons pas qu'une personne à soigner mais trente et que notre talent est au service des tous et pas d'un seul et que nous devons finir notre quart, je crois que ça peut "faire la diff". Donc en résumé et seulement pour moi, rester "entier" non pas pour garder mon intégrité physique ( d'un point de vue individuel bien sûr que si !), mais pour pouvoir continuer à remplir ma mission. Tout le pb va être de mettre en oeuvre les moyens à ma disposition pour y parvenir ( d'un point de vue légal s'entend ...) sans verser dans la "disproportion".
Imaginons un exemple :
l'Ours y vient aux urg pour se faire racommoder le doigt, parce qu'il a joué avec son ceet'smuk ( pfff le boulet !) et pis il attend trois plombes, parce qu'il y a des trucs compliqués à gèrer en "dechoc'" et qu'on ne peut pas s'occuper de lui. Il me pique une crise de nerf dans la salle d'attente, en furie il commence le "big bordel"... Je me protège avec une chaise, mais ce trouduc, il vient s'embrocher la panse dessus...
Dites donc Mr Anke, vous l'avez entendu s'exciter ? Oui. Et vous n'avez pas essayé de le calmer en lui donnant des nouvelles, des promesses ? Pas eu le temps. Et en le voyant furibart, vous avez ouvert la porte ? Vi. Et comme il se jetait sur vous, vous avez interposé une chaise levée vers lui pour vous protèger ? Oui. Et il s'est embroché la paillasse dessus ? Oui.

Pourquoi avez vous ouvert la porte ????
Et hop, Anke il est baisé.... Manque d'analyse, pas d'anticipation, réaction à l'emporte pièce, pas professionnel. Dossier classé.

16 octobre 2013 à 19:08:14
Réponse #31

Zecrow


Hmm Zecrow, sur notre lieu de travail, nous restons tout de même dans " l'exercice de nos fonctions". On nous demandera obligatoirement des comptes en tant que professionnels de santé.
Ouais... C'est la même chose à l'école, mon milieu de travail. Les réactions - certes regrettables mais humaines - de certains enseignants (qui craquent et mettent une gifle ou ont un mot malheureux, voire se suicident dans leur école, cas concret) sont condamnées sans hésitation par le pékin moyen qui aurait pété les plombs pour 10 fois moins que ce que l'instit' subit depuis des mois ou des années. Un professionnel doit être un surhomme  ;)

l'Ours y vient aux urg...
Evidemment, en clinique vétérinaire...  ;#

Je me protège avec une chaise, mais ce trouduc, il vient s'embrocher la panse dessus...
Se protéger n'est pas agresser. Des témoins attesteront de ton attitude.

Tu me sembles assez pessimiste et je comprends qu'à force d'en voir des vertes et des pas mûres, on arrive à cet état d'esprit. Mais y a-t-il des exemples de soignants condamnés dans l'exercice de leurs fonctions, juste pour s'être défendus ?
« Le secret du bonheur ne consiste pas à rechercher toujours plus, mais à développer la capacité d'apprécier avec moins. »
Dan Millman

J'y travaille ! :-)

18 octobre 2013 à 17:39:31
Réponse #32

wolf


Bon j'ai du mal m'exprimer.
Maîtriser une personne peut revêtir plusieurs formes:
-Les patients atteints de troubles mentaux ou ayant ingérer des toxiques
-Le patient qui vient pour consommer des urgences et qui a autre chose à faire que de perdre sont temps en salle d'attente
-certains accompagnants  qui confondent urgences, hall de gare et pour qui les notions de secret médical, politesse et respect des autres ne font pas parti de leurs vocabulaires.


Pour les 2 derniers cas, la police est la pour les cas désespérés.

Pour le 1 cas le patient peut être un adulte, un enfant ou une personne âgée.
Les techniques vont être différentes suivant le patient que l'ont a face à nous. La priorité est de protéger le patient de lui même.
Je ne suis pas la pour frapper ou pour blesser mes patients. L'application de cette méthode permet de protéger le patient et l’équipe sans que personne ne soit blessé.
tout est question de proportion.

Bien sur si le patient est armé je l'isole et je fais appel à la Police. La ca dépasse mes compétences.
« Modifié: 18 octobre 2013 à 17:52:15 par wolf »
"Be the type of person that when your feet touch the floor in the morning, the devil says: "aww shit, they're up"   Dwayne johnson

 


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Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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