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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Relationnel au travail  (Lu 5575 fois)

24 juillet 2013 à 18:51:25
Lu 5575 fois

raphael


voilà,
j'ai eu ce matin une réunion houleuse en présence de plusieurs chef de service.

Suite à une de mes décisions, cette réunion a été convoquée (jusqu'à là rien de plus normal), j'ai rapidement été accusé d’empêcher de tourner en rond , de mettre en péril le planning et les coûts. Ah oui je suis expert technique dans le département qualité.  :closedeyes: donc c'est un peu mon rôle.

Bon j'ai l'habitude de ces joutes et c'est la vie normale dans le boulot.

C'est qui m'a beaucoup gêné c'est que deux chefs de service se sont ligués contre moi en utilisant un discours limite, limite (que je n'avais pas a m'occuper de leurs affaires ....) sur le fond et surtout sur la forme (méprisant,  autoritaire...)

Intérieurement je commençais a bouillir (l'autre partie de l'assemblé a assisté a ça sans réagir ou presque), mais j'ai su fermer ma gueule.

Du coup j'en ai gros sur la patate : je me tâte pour aller les voir un par un dans leur bureau pour dire d'homme a homme ce que je pense de leurs attitudes. et quoi dire et comment le dire ?

J'en ai parlé a ma hiérarchie mais mon chef connait les loustics et bien que compréhensif cela en restera là.

Bref comment ne pas rester avec ce gout amer dans la bouche ?
Se connaitre et s'accepter


24 juillet 2013 à 19:01:29
Réponse #1

Nihil


A part la relaxation/méditation précédée d'un bon quart d'heure dans un sac de frappe, j'ai rien trouvé. :/

Par contre, l'avantage, c'est que quand tu pratiques la relaxation (et donc la respiration ventrale), ça devient un réflexe et qui est de plus en plus efficace avec le temps. Et ça permet de stocker le besoin de sac de frappe jusqu'au moment où tu relâches la tension dessus.

Et si ça suffit pas, tu peux toujours amicalement leur faire voir une vidéo où tu défonces le sac de frappe en question. Histoire qu'ils réfléchissent un peu avant de te marcher sur les orteils.
Mais amicalement, hein. C'est à leurs neurones de piger. Sinon c'est de l'intimidation.

Avantage parallèle : ça entretient la forme.
C'est pas un peu la honte d'être infoutu de faire du feu sans briquet quand on sait faire une racine carré de tête ? Regarde le papou. La racine carré, il ignore. Mais il n'a pas de briquet.

Aucune statistique n'est 100% fiable. Surtout pas celle-ci.

Les bans, pourquoi pas, mais savoir pourquoi, c'est quand même drôlement mieux.

24 juillet 2013 à 19:50:03
Réponse #2

VieuxMora


Bonsoir Raphaël, en télégraphique et possiblement caricatural à la lecture sur un forum, mais éprouvé dans la pratique.
A rapprocher de la désescalade verbale, citée souvent dans des posts de survie urbaine.

Remarque préliminaire: Si tu vas les voir pour leur dire d'homme à homme ce que tu penses, cela ressemble à une approche agressive, donc attaque, défense, contre-attaque. C'est celui qui a le plus de pouvoir hiérarchique et statutaire qui gagne. Jusqu'au prochain round.
L'aspect positif c'est de leur éviter de perdre la face en public.

1 Quoi leur dire: liste par écrit les faits, les enjeux (pour toi, pour eux, pour la boîte) les conséquences coûts/délais, les solutions envisageables.)

2 Comment le dire: Part du principe de ce que l'on appelle l'assertivité*, un sujet classique en management. Capacité à dire à l'autre d'égal à égal un désaccord en différenciant ce que l'interlocuteur a fait de ce qu'il est en tant que personne.

Exemple:
Intro. Oscar, je veux te parler de notre dernière réunion. Tu sais que je respecte ton travail, celui de ton équipe et je t'apprécie en tant que personne.
Si interruption, écouter jusqu'à ce que l'interlocuteur ait terminé. Remercier.
Séquence émotion (faisant part de la tienne) utilisant le langage"Je":  J'ai eu un sentiment d'injustice dans le cadre de mon rôle quand tu(vous) m'as dit......
Séquence information: et voilà ce que l'on pourrait faire à l'avenir dans ce type de situation: XXXXX  qu'en penses-tu ?
Séquence négociation: Bon comment on s'y prend

Il y a mille dialogues possibles derrière cela

Ce qui est compliqué, c'est de connaître les enjeux, les menaces et les craintes qui pèsent en réalité sur tes interlocuteurs. A la limite, sous stress; ils sont peut-être en plein effet chimpanzé, et si le dialogue n'est pas possible, fais des mails de sauvegarde avec copies aux décideurs.

Autres paramètres: culture de la boîte ? plutôt multinationale anglo-saxonne ? ou franco-française avec réseaux ? etc.
Droit à l'erreur ou recherche de boucs émissaires,

Bon courage,

Mes deux kopeks avant dîner.



* googelise assertivité et tu trouveras bcp de liens/
 

24 juillet 2013 à 20:21:25
Réponse #3

raphael


merci

Nihil : je viens de pousser de la fonte ca va déjà un peu mieux  ;#

Vieuxmora : plein de bonnes choses :up:
boite française : plutôt recherche de boucs émissaires  :closedeyes:

"les menaces et les craintes qui pèsent en réalité sur tes interlocuteurs" : je les connais très bien par contre

Un scène qui m'est revenue : lors d'un monologue (assez théâtrale) d'un des deux chefs de service et il s'est au bout d'un moment lui même pris les pieds dans le tapis, c'est cela qui a fait réagir un participant de la réunion qui lui a répondu "tu ne peux pas quand même dire ça". Du coup je pense que la passivité de l'assistance était peut etre un peu de stupéfaction. A creuser...

Du coup mon sentiment actuel : je laisse retomber ma colère et je bétonne mon argumentaire appuyé par des faits.


assertivité : je vais sérieusement m'y intéresser  :doubleup:
« Modifié: 24 juillet 2013 à 22:08:28 par raphael »
Se connaitre et s'accepter


24 juillet 2013 à 21:04:14
Réponse #4

Draven


Sinon y'a les méthodes vues dans American Beauty et/ou Fight Club pour s'en aller la tête haute  ;# ;# ;#
Version humaine de l'Ursus arctos middendorffi
FlickR

25 juillet 2013 à 20:28:36
Réponse #5

raphael


bon ca se complique  :huh:

Suite à la réunion, j'avais pris l'action de faire une synthèse ( un état des lieux), un des sbires d'un des deux chefs de service m'a devancé pour organiser une réunion justement pour faire cette synthèse avec d'autres personnes impliqué et mises en cause mais qui n’étaient pas présents lors de la première réunion.
 Il s'est bien sur invité et a voulu mener les débats, le voyant faire je lui ai clairement indiqué devant les autres que j'étais le porteur de l'action et que je ferai un compte rendu. A chaque fois que je notais quelque chose je lui demandais si il avait des commentaires ou des infos a rajouter. A la fin de cette réunion, il manquait des infos de sa part, je lui ait clairement demandé si j'attendais ses infos ou non avant d'envoyer le compte rendu. Il m'a  dit"je t'envois ca de suite".

Dans l'après midi, il a pris l'initiative de faire un compte rendu incomplet (c'est a dire sans les éléments compromettants) et l'a envoyé a tout le monde  :blink:

Etant absent de mon bureau, j'ai découvert ca en fin d'après midi,  >:( j'ai simplement répondu a tout le monde qu'en tant que porteur de l'action, je répondrai à mon action des que possible.


En parallèle j'ai envoyé a cette personne, son chef de service, mon chef de service et aux autres présent de la réunion du matin, que j'avais clairement indiqué en début de réunion que j’étais porteur de l'action et que je ferai la synthèse.

 >:(

Doit on se faire marcher sur la gueule sans réagir ?
Se connaitre et s'accepter


25 juillet 2013 à 20:42:53
Réponse #6

Mad Max


Maintenant c'est un combat à mort, au sens Hegelien. A la fin, l'un est l'esclave de l'autre.
Pour être reconnu, l'un des sujets va accepter de risquer sa vie, préférant la mort à l'éventualité de n'être pas reconnu. L'autre, au contraire, va ressentir la peur et préférer vivre soumis. Le premier est le maître, le second, l'esclave. Le premier n'est plus soumis au travail, le second travaille pour le premier.
Voilà. Choisis ton costume.
UNPACT Member
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26 juillet 2013 à 09:45:04
Réponse #7

fall7stand-up8


Salut

Mon commentaire arrive un peu tard car la réunion en question a déjà eu lieu mais ça peut servir à l'avenir
Quand en réunion ou en entretien un individu sort du cadre en faisant des commentaires "limites-limites" comme tu le dis, Il ne sert à rien d'essayer de faire valor le bien fondé de ton argumentation car l'autre est dans la mauvaise foi.
En revanche j'ai souvent réussi à retourner la situation en mettant l'accent sur ses propres propos:
Pourquoi tu me parles sur ce ton?
Qu'est ce que tu cherches en parlant ainsi?
Pourquoi est tu aussi agressif?
Ne cherche pas à m'intimider ça n'est pas le plus virulent qui a raison

Tout de suite après il faut revenir au factuel, au professionnel et c'est toi qui passes pour le mec fiable

Cela fait sentir aux autres que sa violence verbale n'est peut etre pas le fruit d'une légitime colère mais bien quelque chose d'inaproprié et peut conduire
1/à discréditer ses arguments vis à vis des autres participants de la réunion
2/à le faire se rendre compte qu'il est allé trop loin et àbisser d'un ton

Une fois j'ai même sorti mon sifflet, j'en ai balancé un grand coup, tout le monde s'est tu et j'en ai profité pour dire que si celui qui faisait le plus de bruit avait raison alors j'avais gagné mais que ça ne faisait pas avancer le débat.

Autre avantage,à la prochaine réunion il réfléchira avant de t'invectiver

On ne m'a jamais appris ça dans les formations que j'ai suivi sur la gestion des conflits et le management mais il se trouve que ça a déjà fonctionné.

Mes deux tickets restau

26 juillet 2013 à 10:19:15
Réponse #8

sharky



En revanche j'ai souvent réussi à retourner la situation en mettant l'accent sur ses propres propos:
Pourquoi tu me parles sur ce ton?
Qu'est ce que tu cherches en parlant ainsi?
Pourquoi est tu aussi agressif?


J'utilise une petite variante:
Je trouve que tu me parles sur un ton déplacé
Je ne sais pas ce que tu cherches en parlant ainsi
Je te trouve très aggressive

C'est presque pire parce que l'autre en face est confronté à un ressenti et à une opinion (je pense, je trouve) et pas à quelque chose que tu présentes comme un fait: tu es comme çà etc...
Sa marge de manoeuvre est plus réduite, soit elle se calme soit elle pète un cable et se discrédite (testé à de maintes reprises avec mon ancienne responsable complètement à l'ouest mais à cheval sur le respect de la hiérarchie)
''what you learn in the afternoon must work for you that evening in the parking lot" Kelly Mc Cann

"despite what your mamma told you, violence does solve problems." Ryan Job

26 juillet 2013 à 10:22:27
Réponse #9

macagnaman


Bonjour Raphael,
je suis aussi manager, également dans un domaine technique et considéré comme empecheur de faire du commerce en rond (juriste en fait) et je connais ce type de mentalité, et ce genre de traquenard innaceptable ( se faire prendre à partie en réunion n'est pas très sport)...
Je te conseille deux approches qui ont fait leur preuves.

-1) Tout d'abord en tant que technicien, remis en cause sur la base de ton travail, tu dois rester TRES professionnel.
Je te conseil de rester pragmatique et de montrer ton efficacité technique, tu dois absolument être identifié comme l'expert dans ton domaine. Ainsi te remettre en cause deviendra périlleux pour tes interlocuteurs. De plus si leur approche est "affective", tu dois absolument t'en écarter et rester très factuel, tu apparaitras immédiatement comme beaucoup plus crédible. Ils se plaignent , ralent, grognent, toi tu met en avant des faits, des actes, des règlements, tu joues ton rôle de protecteur des interets de l'entreprise.

-2) Ensuite sur le plan humain, ce que tu peux leur dire, mais en restant très calme, c'est que la prochaine fois qu'ils ont quelques choses à te reprocher tu préférerais qu'ils le fassent en apparté et non pas devant tout le monde., ce qui te permettra de leur expliquer les raisons de tes agissements et/ou de prendre en compte leur point de vue si nécessaire.

Mais n'oublie pas, l'expert c'est toi, si tu dis "ici on roule à 30km/h, que ça vous emmerde ou pas, c'est le règlement et mon métier c'est de m'assurer que vous le respectiez. Je suis souple, je peux comprendre que dans certaines occasions ça ne se passe pas bien, je peux m'adapter, mais c'est avant et pas devant le fait accompli que vous voyez ça avec moi et je vous dirai si oui, ou non dans le cas"X" vous pouvez enfreindre temporairement la règle dont je suis le gardien".
La responsabilité est la conséquence logique de notre liberté.
(J.P Sartre).

26 juillet 2013 à 12:04:26
Réponse #10

Bison


Citation de: Raphaël
Ah oui je suis expert technique dans le département qualité.

Vous avez un donc un département qualité.
Mais avez-vous un système qualité au sens moderne du terme, c'est-à-dire impliquant directement la plus haute hiérarchie?

Le principe de base dans un tel système est que la qualité de la production soit de la responsabilité directe des chefs de service, qui en répondent devant la Direction Générale, et aucunement d'un "département" ad-hoc.
Si les chefs de service manquent de moyens, il est de la responsabilité directe de la direction générale d'allouer - ou non - les budgets nécessaires.

Le Directeur Général quant à lui, fait confiance au responsable du système qualité pour s'assurer que les défaillances éventuelles ne passent pas inaperçues et que les responsables de production ne se débinent pas derrière des faux-fuyant.
 
Si on observe ce principe, il n'appartient pas à un technicien, même ultra-compétent dans sa branche, d'imposer ses vues, ou simplement de recommander quoi que ce soit, aux "opérationnels".

Constater,  analyser, expliquer ce qui ne va pas, ça oui.
Pour les solutions, c'est leur problème ...

L'arme fatale, dans le cadre d'un système de "quality management", ce sont les audits.
Audits conduits éventuellement à plusieurs personnes. C'est là qu'avoir sous la main un expert technique peut être utile ... bien qu'un béotien puisse déjà faire du bon travail en posant un regard neuf sur ce qui se passe.

L'auditeur, c'est Dieu ...

Audits réguliers d'une part, et aussi les audit de crise, initiés par le responsable du système qualité. Les rapports d'audit atterrissent directement sur le bureau du Directeur Général, qui ne peut les ignorer car ils font l'objet de réunion qualité régulières ou "spéciales" au plus haut niveau, en présence des responsables concernés. Un audit étant suivi d'un audit de contrôle, il est difficile à un responsable d'échapper à ses responsabilités ... Tout se joue "cartes sur tables", il est impossible de cacher la vérité.

Un système moderne de management de la qualité est d'abord un outil terriblement efficace à disposition de la direction générale, pourvu que celle-ci soit réellement concernée par la qualité de la production. Si elle ne l'est pas la qualité ne sera jamais durablement au rendez-vous.

Car il arrive qu'une entreprise ait un système qualité conforme, pour la frime ou pour la loi, mais que la direction générale n'en ait rien à cirer ... Alors, toi, tu n'en as rien à cirer non plus, c'est simple. Remarque que, apparemment ton chef direct n'en a déjà rien à cirer, les responsables de production n'en ont rien à cirer non plus .... Tu fais donc ton boulot gentiment sans te prendre la tête et tu consultes éventuellement les petites annonces ...

Un enfant qu'a pas une paire de bottes, une canne à pêche et un lance-pierre, c'est pas un vrai. (A. Gavalda)

26 juillet 2013 à 12:21:09
Réponse #11

raphael


j'ai pas trop de temps pour lire vos dernieres réponses   :up: mais je repondrai des que je peux a chacun des points.

Juste pour vous dire que le sbire a du faire cette réponse suite a mon message disant que j'étais porteur de l'action

"OK je laisse Raphael driver l'action, à sa disposition.
Merci de me convier à la prochaine réunion."


YESSSS

j'ai rédigé et envoyer mon compte rendu après relecture avec mon chef, j'ai finis celui ci en ecrivant

"Je reste bien sur ouvert à toute discussion constructive."

Bon je pense que cela ne va pas s'arreter là
Se connaitre et s'accepter


26 juillet 2013 à 12:31:22
Réponse #12

Nihil


Non, ça va continuer, il y a formation d'une petite cabale, à voir si tu peux l'étouffer dans l'oeuf, dans ce cas tu ressors avec une position renforcée, c'est tout bénéfice pour toi.

Déjà tu te positionnes comme la personne cherchant du constructif. C'est dynamique, justement constructif, bref ça pousse les râleurs à se retrouver dans le camp des empêcheurs de tourner en rond, c'est solide comme assise. Bien joué.
C'est pas un peu la honte d'être infoutu de faire du feu sans briquet quand on sait faire une racine carré de tête ? Regarde le papou. La racine carré, il ignore. Mais il n'a pas de briquet.

Aucune statistique n'est 100% fiable. Surtout pas celle-ci.

Les bans, pourquoi pas, mais savoir pourquoi, c'est quand même drôlement mieux.

26 juillet 2013 à 19:35:13
Réponse #13

raphael




En revanche j'ai souvent réussi à retourner la situation en mettant l'accent sur ses propres propos:
Pourquoi tu me parles sur ce ton?
Qu'est ce que tu cherches en parlant ainsi?
Pourquoi est tu aussi agressif?
Ne cherche pas à m'intimider ça n'est pas le plus virulent qui a raison

Tout de suite après il faut revenir au factuel, au professionnel et c'est toi qui passes pour le mec fiable

Cela fait sentir aux autres que sa violence verbale n'est peut etre pas le fruit d'une légitime colère mais bien quelque chose d'inaproprié et peut conduire
1/à discréditer ses arguments vis à vis des autres participants de la réunion
2/à le faire se rendre compte qu'il est allé trop loin et àbisser d'un ton



 :up:

J'arrive aux mêmes conclusions: surtout ne pas rentrer dans cette spirale d'hausser le ton, il faut laisser l'autre s'isoler dans sa démarche virulente. Il va soit se prendre les pieds dans le tapis, soit se rendre compte du ridicule de sa réaction ou s'isoler l du reste de la réunion.

Pas mal le coup du sifflet  :lol:
Se connaitre et s'accepter


26 juillet 2013 à 19:41:26
Réponse #14

raphael


Vous avez un donc un département qualité.
Mais avez-vous un système qualité au sens moderne du terme, c'est-à-dire impliquant directement la plus haute hiérarchie?

Le principe de base dans un tel système est que la qualité de la production soit de la responsabilité directe des chefs de service, qui en répondent devant la Direction Générale, et aucunement d'un "département" ad-hoc.
Si les chefs de service manquent de moyens, il est de la responsabilité directe de la direction générale d'allouer - ou non - les budgets nécessaires.

Le Directeur Général quant à lui, fait confiance au responsable du système qualité pour s'assurer que les défaillances éventuelles ne passent pas inaperçues et que les responsables de production ne se débinent pas derrière des faux-fuyant.
 
Si on observe ce principe, il n'appartient pas à un technicien, même ultra-compétent dans sa branche, d'imposer ses vues, ou simplement de recommander quoi que ce soit, aux "opérationnels".

Constater,  analyser, expliquer ce qui ne va pas, ça oui.
Pour les solutions, c'est leur problème ...

L'arme fatale, dans le cadre d'un système de "quality management", ce sont les audits.
Audits conduits éventuellement à plusieurs personnes. C'est là qu'avoir sous la main un expert technique peut être utile ... bien qu'un béotien puisse déjà faire du bon travail en posant un regard neuf sur ce qui se passe.

L'auditeur, c'est Dieu ...

Audits réguliers d'une part, et aussi les audit de crise, initiés par le responsable du système qualité. Les rapports d'audit atterrissent directement sur le bureau du Directeur Général, qui ne peut les ignorer car ils font l'objet de réunion qualité régulières ou "spéciales" au plus haut niveau, en présence des responsables concernés. Un audit étant suivi d'un audit de contrôle, il est difficile à un responsable d'échapper à ses responsabilités ... Tout se joue "cartes sur tables", il est impossible de cacher la vérité.

Un système moderne de management de la qualité est d'abord un outil terriblement efficace à disposition de la direction générale, pourvu que celle-ci soit réellement concernée par la qualité de la production. Si elle ne l'est pas la qualité ne sera jamais durablement au rendez-vous.

Car il arrive qu'une entreprise ait un système qualité conforme, pour la frime ou pour la loi, mais que la direction générale n'en ait rien à cirer ... Alors, toi, tu n'en as rien à cirer non plus, c'est simple. Remarque que, apparemment ton chef direct n'en a déjà rien à cirer, les responsables de production n'en ont rien à cirer non plus .... Tu fais donc ton boulot gentiment sans te prendre la tête et tu consultes éventuellement les petites annonces ...

Oh que oui il y a tout ca et meme plus: je bosse dans un grand groupe du spatial donc la regle n°1 c'est la qualité.
Se connaitre et s'accepter


26 juillet 2013 à 19:56:03
Réponse #15

raphael


Mon rex :
pendant la réunion
savoir encaisser l'attaque, noter ce qui est dit (ce qui permet de se calmer par la prise de note et de pouvoir répondre point par point plus tard), surtout ne pas rentrer dans la confrontation verbale. Oublier son égo

après la réunion
signaler a son n+1, ce qui s'est passé en étant le plus objectif possible : cela permet aussi de voir les failles possibles de mon argumentaire, attitude ...

Le plus rapidement possible mais après avoir bien analysé les tenants et aboutissant, re-convoquer une réunion/ faire un compte rendu et rester le plus professionnel possible. En parler avec son n+1, fréquentant les autres chefs de service il peut etre de bon conseil. Important : laisser le dialogue possible et ouvert.

Sinon : plein de bons conseils donnés dans vos messages précédant  :doubleup:
Se connaitre et s'accepter


31 octobre 2013 à 04:47:31
Réponse #16

Jean-Yves


Bonjour,

Pas de conseils en plus de ceux cités sur ce qui s'est passé, je les trouve bons car positifs.

D'une manière générale, ce que j'ai appris du monde du travail « dans les bureaux » et qui peut servir à ceux qui sont interpellés par le sujet :

RÈGLES MÉTHODOLOGIQUES À RESPECTER ABSOLUMENT

1. Ne jamais, jamais transmettre un brouillon inachevé.

Les gens qui voient un livrable en cours de réalisation le jugent comme un travail fini, même s'ils savent que c'est un brouillon, et stigmatisent sans pitié le travail et la personne : « Quel design pourri, il ne sait pas utiliser les ombres sous Photoshop! », « Quel rapport honteux, c'est plein de fautes, il y a des répétitions et il manque plein d'infos! », etc. (je ne l'ai jamais vécu, je l'ai souvent vu).

Je parle bien de « brouillon inachevé » et ce n'est pas un pléonasme car il existe des « brouillons achevés », c'est-à-dire :
- un esquisse propre et parfaitement présentable, bien identifiable par tout le monde comme un première vue du projet (esquisse de design ou esquisse d'interface, au crayon ou au marqueur);
- un teaser de ton rapport (comme un teaser de film), c'est-à-dire un rapport incomplet avec une table des matière quasi-finale (le plan de ton rapport qui montre ce qu'il y a dedans... pense à enlever les numéros de page!) + quelques sections incluses elles aussi relues et quasi-finales (tu dois en être satisfait).

Il est normal que tes clients ou supérieurs veulent savoir où en est ton travail, et c'est pour ça qu'avant de commencer tu dois t'arranger pour offrir une esquisse ou un teaser tout à fait présentables. Ne cède jamais. Et protège tes Word par un mot de passe  ;#


2. Toujours se couvrir quand on sent qu'obéir à une décision client ou hiérarchique est une erreur

Ça, on l'a tous vécu! Sauvegarde des courriels, notes en petit dans les documents Word l'historique des changements et les noms/dates de ceux qui les ont demandés (en petit pour que personne ne les lise... mais que ce soit bien là), minutes de réunions, etc. etc. Les plus paranos feront des copies papier ou sur clef USB personnelle.


2bis. Se protéger en faisant valider son travail en cours de route par un supérieur (en respectant bien la règle 1), pour éviter de se faire descendre en flèche par la suite.


RÈGLES SOCIALES, À SUIVRE SI ON LE PEUT

3. Toujours valoriser les bons coups de ses collègues, même des collègues type « alpha » ou « influenceur » (car ce sont ceux qui ont le plus besoin de renforcement positif) et même des collègues cons (car si, on peut en faire quelque chose).

Et il faut le faire sincèrement (pas de félicitations hypocrites ni emphatiques), en se disant que soi-même on aime bien être félicité quand on réussi quelque chose.


4. Si on est plutôt du profil introverti, s'asseoir en réunion à côté d'une personne influente (grande gueule, boss,...). Ça permet de montrer qu'on existe et ça force à contrer sa tendance naturelle à se faire oublier tout au fond de la salle et à ne rien oser dire de la réunion.


Après, malheureusement ça fait partie de la culture de bien des entreprises : se défouler sur le consultant ou le junior, privilégier l'incompétence (tu montes dans la hiérarchie jusqu'à ce que tu ne puisses pas aller plus haut, à chaque étape tu perds un peu de compétence et tu t'arrêtes au sommet de ton incompétence), surcharger les employés pour les rendre dociles en oubliant qu'ils sont trop épuisés pour être efficaces, prendre des décisions-clefs par acclamation dans des réunions de 20 personnes qui somnolent et ne savent pas de quoi on parle...

05 novembre 2013 à 14:52:52
Réponse #17

Cheyenne


Ma réponse ne plaira sans doute pas - si besoin est, virez la.

A force de faire du "politiquement correct" on étouffe tout et partout.
Il faut le dire : IL Y A des SALES CONS.
Quand c'est dans la rue, etc, je suis d'accord, on essaie de désescalader, ça ne vaut pas la peine.
Mais quand c'est au boulot, donc tous les jours, et que ça pourri la vie, il faut parfois "faire pêter" plutôt que de finir camé au médocs.

Mon exemple n'a rien à voir ni par le genre de boite, ni par l'époque.
Graphiste dans une imprimerie, boite à l'ancienne: le Patron =Dieu, droit de cuissage, j'en passe et des meilleures.
J'étais peinard, mais j'avais un chef, grand c°n, défendu par la direction
Exemple même connerie: remontrance pour lui, et pour moi trois jours de mise à pied. Et il continuait à me faire chier au point que j'ai déprimé et pris des medocs pendant un bon moment
Payé à coup de lance-pierre, j'en faisait donc un minimum, et je m'en foutais un peu, ce qui l'enervait encore plus.
Un jour il vient me brancher une fois de plus. Je crois que le prétexte était la clope fumée en cachette.
Et oui à l'époque pas de pause autorisée par la loi, c'était interdit dans la boite POINT. Sauf les chefs qui avaient une tolérance.
La machine à café etait là pour prendre un café et retourner à sa place, surtout pas rester à discuter.
Bref, pour finir, j'écrase la clope et on commence à s'engueuler
Et là, je descends du tabouret, et de plus en plus à bout, du haut de mon mètre soixante douze (il faisait du rugby et avait le gabarit correspondant) Tu es peut-être plus costaud, mais maintenant on sort dans la cour et on s'explique.
Quand il a vu que j'étais prêt à tout, c'est lui qui s'est dégonflé.
Et après j'ai eu la paix.
Comme quoi la diplomatie n'est pas toujours la panacée.

Ensuite je suis parti dans un meilleure boite, ou je partais au boulot AVEC PLAISIR.
Eh oui, ça existe aussi !

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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