La concept a aussi été exploré en science-fiction (par ursula Le Guin, me semble, ça date un peu comme lecture).
En théorie, ça tient le choc, mais le prix à payer en était la disparition du sentiment de propriété par une sorte de lavage de cerveau (non, rien du genre on te met des électrodes dans la tête, hein, on parle d'un BON auteur de SF, qui utilise ce média pour véhiculer des idées et explorer des concepts), lavage de cerveau qui commence par une refonte du vocabulaire (disparition des pronoms possessifs, ce qui mène assez loin), qui se poursuit par la disparition de la cellule familiale (les enfants étant élevés collectivement, et ne rencontrant "le père" et "la mère" qu'aux environs de 10 ans), un grand nombre d'institutions ont disparu (dont, vous vous en doutez, le mariage) et on se retrouve avec au final une société un peu triste, du moins dans le sens dynamique du terme. Pas morose mais mélancolique, où l'humain devient un vieux sage avant d'avoir connu sa première cuite (qu'il ne connait en fait pas, vu qu'il est sage, si vous me suivez).
Les humains y sont regroupés en collectivités, uniformément réparties sur le territoire, avec un quota de naissances par collectivités, un quota de nourriture, un quota de biens de conforts, etc etc etc. Les logements ne sont individuels (pas possédés, mais prêtés) qu'aux couples et aux personnes âgées, le reste, c'est dans les dortoirs, et c'est un peu pareil pour les biens et la nourriture (le non utilisé finissant au dépôt, au cas où).
Les tâches y sont réparties équitablement, dans le sens où tout le monde se retrouve à tous les postes possibles et imaginables, et la distraction principale y est l'apprentissage de nouveaux savoirs.
Pour écrire ça, l'auteur s'était basée sur les communautés anarchistes d'Amérique du Sud et sur divers expériences d'autogestion (comme cette entreprise qui fabriquait des montres, si quelqu'un se souvient du nom, là pour le coup j'ai un doute. C'était Lip, me semble).
Au final on arrivait à un monde assez statique (progrès lent, double, triple, voire quadruple vérifications de tous les résultats, mise en place lente des projets "novateurs" à moins qu'il ne s'agisse de faire face à une urgence), assez morne (l'individualité y est tolérée, pas encouragée), "malthusianiste" au dernier degré (la communauté dépassant le quota de renouvellement de la population se voyant infliger une pénalité au niveau nourriture et biens de consommation, l'argent n'ayant aucun sens dans ce cadre) et au final assez chiant.
Le bon point, c'est qu'elle (la société) transformait l'être humain en instrument de terraformation et de développement écologique assez phénoménal, avec une capacité d'adaptation à son environnement physique TRES élevée. Environnement social, par contre, c'est pas trop ça, comme le héros le constatait en se retrouvant dans un monde plus classique (une autre planète. Parce que soyons sérieux, si une telle société n'est pas à l'échelle planétaire, c'est juste foutu à cause de la contamination et de la prédation de sociétés plus adolescentes, comme de l'eau pure au milieu d'un dépotoir ou un buffle au sein d'un troupeau de hyènes). Le bon vieux principe de Pocahontas, quoi...