Salut,
ouaip, en bateau ranger c'est essentiel pour les raisons sus-citées, le moindre truc négligemment posé devient projectile ou malfaisant au moindre coup de gite en trop, départ au lof un peu raide ou va savoir quoi.
Mon vieux a construit un bateau en construction amateur (un Rève d'Antilles en acier) sur lequel on a ensuite navigué pendant 6 ans.
Il avait (presque) tout pensé et conçu pour sécuriser le moindre truc, tout était attachable, verrouillable.
JBC parle des planchers, je me souviens l'avoir aidé à percer les nervures d'acier qui les supportaient pour les y boulonner. Ces planchers comportaient des trapes pour pouvoir acceder aux fonds mais ces trapes avaient elles aussi un systeme de verouillage. Et plein d'autres dans le meme genre.
Sur la table à cartes, dans tout le rafiot, tout était enfermé dans des équipets ou des coffres, retenu par des filets ou des tendeurs
Dans la cuisine tout les placards était verrouillables.
Tous les angles vifs des meubles ou équipements intérieurs avaient été arrondis.
Il y avait des mains courantes tressées partout où c'était possible et nécessaire.
Chaque chose à sa place et son bout de garcette ou de sandow pour l'y garder.
1 heure avant de prendre la mer, quel qu'en soit l'état, il se mettait à gueuler de tout plier et tout remettre à sa place, et ça couinait quand il trouvait un truc pas assuré ou pas rangé.
Un truc qu'il supportait pas c'était de trouver un couteau hors de son étui avec personne au bout, le pire ça avait été un couteau lame en l'air dans le cockpit.
Il fallait quelque jours de navigation pour parvenir un peu à entamer sa maniaquerie et qu'un peu de bordel naisse, mais jamais les objets lourds, coupants, pointus, renversables n'ont trainé plus de 10 mn hors de leur poste.
Quand on prenait un coup de vent sur la gueule, il s'en foutait il était sùr de son bateau, et il avait un sixieme sens pour sentir la m*rde arriver, il savait lire le ciel et la mer et disait juste : "tiens ça va piauler un peu, on va réduire au cas où ..."
Et le "cas où" arrivait à chaque fois et il disait "on s'en fout on a réduit, ça va passer"
En 6 ans une seule fois j'ai senti qu'il était pas tranquille, on n'avait pas de météo là où on était, il avait bien vu le temps fraichir mais on a été surpris de la force.
Quand il a dit "on met le tourmentin, vent arrière, rentrez et fermez tout (à ma mere et moi) et ça s'aretera quand ça s'aretera",qu'il s'est mis à la barre avec un masque de plongée tellement la pluie cinglait, j'ai bien compris qu'il goutait pas trop la situation.
C'est en lisant des livres à lui que j'ai compris certaines choses, un bouquin de Adlard Coles et "Damien" de Gérard Janichon, dans lequel l'auteur, avec Jérome Poncet, s'est retourné plusieurs fois avec les conséquences et le bordel à bord qui s'en sont ensuivi
Ce qu'il redoutait le plus en fait, mais sans jamais le laisser paraitre, c'était davantage les atterrissages de nuit ou dans le brouillard dans des coins paumés pas balisés.
à+
Mishkin