Salut xzh,
Je suis sincèrement désolé de ce qui est arrivé à ta sœur. Vraiment.
Mais ceci étant dit, plusieurs choses m'interpellent dans le récit de ce qui lui est arrivé, et il me semble que tu ne te poses pas forcément les bonnes questions.
A te lire, ta sœur sort du métro, et donne son portable à la première personne qui le lui demande (aucune menace à ce stade de l'histoire). Suis-je le seul que cela choque ?- Il y a peu de chances que "l'agresseur" soit tombée du plafond... Pourquoi n'a t-elle pas pu la repérer avant ?
- Pourquoi a-t-elle donné son téléphone, sans broncher ?
- Pourquoi s'en est-on pris à elle, plutôt qu'à un(e) autre passager(e) (métro d'une grande ville à une heure de forte affluence) ?
- Pourquoi n'a t-elle pas pas pu repérer le groupe de mecs derrière, et le manège qu'ils faisaient avec leur "éclaireur" ?
- Pourquoi n'a t-elle pas eu le réflexe de demander de l'aide ?
- etc.
De mon point de vue, il me semble que quelqu'un qui nous aborde dans la rue :1) A moins d'être
totalement inattentif à son environnement, on le voit venir, à minima de quelques mètres, et on dispose donc d'une poignée de secondes pour avoir un premier feeling de la situation.
2) Suivant ce premier feeling, et de ce que la personne en face nous dit, on peut :
- Pratiquer la technique du
"je ne m'arrête pas" en s'excusant platement (je suis vraiment désolé, je suis déjà en retard, j'ai un cours, je suis mal garé etc.)
si l'on ne "sent pas" la situation.- S'arrêter et prendre le temps de répondre à la demande,
tout en prenant le maximum d'infos sur l'environnement immédiat. (individu dans son état normal ? alcool ? autre(s) personne(s) derrière l'inconnu ? derrière soi ? Où sont ses mains ? éléments laissant penser que la situation est foireuse ? etc.)
3) Si l'on me demande d'utiliser mon téléphone,
et que j'estime que c'est justifié (situation d'urgence), alors je le sors, je compose moi-même le numéro, je demande son nom à la personne et j'appelle pour elle.
4) Si l'on ne peut pas/veut pas répondre à la demande,
on s'extrait de la situation et on s'éloigne rapidement, retour à la technique du "je ne m'arrête pas",
en vérifiant que l'on n'est pas suivi(e). On est beaucoup moins vulnérable lorsqu'on est en mouvement.
5) Si l'on est effectivement suivi(e), on rentre dans un commerce/bar/endroit où il y a du monde et on demande de l'aide ("un mec bizarre/agressif/bourré me suit, j'ai peur, aidez-moi svp").
Personne n'a dit que nous devions souffrir seuls, et en silence.
Ces quelques conseils mis en œuvre, simple bon sens pour certains, bases de la Protection Personnelle pour d'autres, (être attentif à l'environnement, privilégier l'évitement et la fuite) seront en l'état et à mon humble avis bien plus profitables à ta sœur, que l'inscription à un quelconque cours de self-défense, (les écoles instruisant la Protection Personnelle étant toutes à ma connaissance, et à mon grand regret inaccessibles aux mineurs) auquel elle n'aura pas envie d'aller, qui lui coutera cher, et qui pourra potentiellement être anxiogène pour elle, ou dans le pire des cas lui donner un faux sentiment de sécurité car on lui aura montré la clef de poignet magique qui ne marche que sur les partenaires d'entrainement.
Ceci dit, tu as près de chez toi ce qui à mon sens se fait de mieux dans la francophonie en matière de PP, à savoir l'ACDS Belgique, et rien ne t'interdit de te former TOI, pour pouvoir conseiller ta sœur.
Donc voila que conseilleriez vous pour qu'il n y ai pas de conséquence du genre peur d'aller au metro seule,
Ayant vécu une situation traumatisante, il y a aura probablement des conséquences de ce genre, au moins pendant un temps. A elle de se servir de cette expérience pour changer les quelques petites choses dans sa vie de tous les jours, afin que ce genre de situation ne se reproduise pas. Et à toi de l'y aider/guider/encourager.
Cordialement,
Meven