Bon, je me suis volontairement abstenu pendant au moins 24H pour ne pas relancer au risque de partir en HS et ne pas jeter de l'
eau 
huile sur le feu...
(Désolé Moleson si je réponds prioritairement à tes messages : ils sont tout à fait pertinents, mais il y a visiblement une incompréhension persistante depuis le départ qui entretient inutilement un malentendu.)
Bref je transporte toute l'eau que je peux transporter sans que se soit trop lourd, le MUL je m'en tape et les compte d'apothicaire aussi.
Nulle part je n'ai dit que mes calculs d’apothicaires MUL étaient une recommandation valable pour tout le monde : l'idée de départ était d'objectiver autant que possible la
criticité réelle de la mésaventure de Soldmac sachant qu'il n'ont pas de profil de couch-potatoes (
cf. mon message).
En reprenant le raisonnement : dans ce cas précis ils ont su faire demi-tour juste à temps pour ne pas se mettre en danger de déshydratation grave, mais s'ils avaient poursuivi jusqu'au sommet ils auraient effectivement trop joué avec les limites.
Ils n'ont pas eu de pépins à la descente : tant mieux, l'histoire se termine bien.
Et s'ils avaient eu un souci : on rentre totalement dans le domaine de la spéculation vu qu'on ne connait pas l'heure de retour, la vitesse de progression à la descente, la quantité d'eau restante, la végétation dans la descente, ... (on peut inventer des scénarios à l'infini, mais sans moi).
En résumé pour l'eau : c'est pas bien, faut pas jouer à çà... blablabla...
mangez 5 fruits et légumes par jour, fumer tue, l'abus d'alcool est dangereux pour la santé, un train peut en cacher un autre...=> Ils se sont loupés sur l'estimation pour le sommet mais ont géré la situation correctement.
En revanche d'autres erreurs déjà mentionnées ont largement contribué à la pénurie en eau : habillement inadapté (se baser sur les tenues des locaux pour ne pas trop se louper), horaires inadaptés (idem), mauvaise estimation de la durée de la rando, couverture de survie qui est restée dans le sac...
L'argument de JeanJacques est donc totalement pertinent :
"Augmenter ta quantité d'eau va simplement te permettre d'amortir tes erreurs: pas de les éviter."Et si on est incapable de transporter 8Kg en plein cagnard sans s'écrouler, faut faire autre chose comme les mots croisé ou du macramé.
Pourquoi ouvrir une discussion sur le sujet alors qu'il existe une réponse aussi simple, universelle et définitive ?
Pourtant certains n'aiment ni le macramé, ni les mots croisés, ne peuvent pas toujours emporter 8l/j/personne mais sortent tout de même en plein cagnard (et sont pourtant encore en vie) :
- p.ex. ils ne peuvent pas se permettre de
courir avec 8kg (+ matos) sur le dos sans risquer de se blesser
- p.ex. ils ne peuvent pas emporter raisonnablement 16kg de flotte sur 2 jours sans ravitaillement
- ...
Évidemment ces personnes sont censées se connaître et s'informer sur le sujet avant de partir et vont réfléchir
globalement à la meilleure stratégie (tenue adaptée, gestion de l'effort, horaires de repos, marche nocturne...).
[HS]
L'effort à vélo en montée est plus intense qu'en randonnée (quel que soit le terrain), le seul effort comparable serait de la course au cap droit dans la pente (mais en course d'orientation il est préférable de "moyenner" l'effort en trouvant le meilleur compromis pente / distance).
C'est une affirmation complètement inepte. L'intensité de l'effort étant totalement indépendant du moyen employé pour faire l'effort. Quand la pompe est à 180/min c'est relativement égal si on se crève sur un col en vélo ou si monte très rapidement un béquet. La seule différence est qu'en marche on utilise plus et d'autres groupes musculaires qu'en vélo. La majorité des personnes parvient à une intensité d'effort plus importante en marche/course qu'à vélo pour des raisons d'entrainement musculaire. Et des tests d'efforts j'en fait passer assez dans mon cabinet.
Relis bien ma phrase dans le contexte du message : il y peut-être une petite ambiguïté (rédaction rapide du message), mais son sens dans le message d'origine n'est pas celui que tu lui prête !
J'aurais plutôt du écrire : "
Mon "effort-maximum" à vélo en montée est plus intense qu'en
randonnée...", mais à part çà il n'y a rien à changer car même M. Super-Randonneur 1°/°°

(JeanJacques) ne tourne pas à 90% de FCmax, seul un
trailer (et non randonneur) peut éventuellement tourner à ce régime.
Pour pinailler encore un peu, le cycliste peut monter un peu plus haut sur la durée que le trailer
sur le terrain (et non en labo ou sur ergomètre) :
- ma FCmax (mesurée au cardio sur 1 an) est supérieure d'environ 5bpm en trail qu'à vélo (FCmax réellement atteignable qui varie selon l'activité en fonction de l'adaptation musculaire)
- à vélo de route je suis en mesure de choisir précisément mon rythme indépendamment du relief grâce aux développements
- à pieds en trail (càd hors route plate), je dois m'adapter en permanence au relief et au sol
- selon la pente en montée je serais limité tantôt par mes cuisses (avec de la marge au niveau cardio), tantôt par le cardio (avec de la marge dans les jambes)
- au final la courbe du cardio à vélo est beaucoup plus régulière qu'en trail avec du coup une FCmoy plus élevée alors que je suis à fond dans les 2 cas
Le phénomène est également connu des triathlètes dont la FC monte moins à pieds bien qu'il s'agisse de la dernière épreuve (malgré la dérive cardiaque sur la durée de l'épreuve qui devrait faire plus monter le cardio).
Donc au niveau hydratation ce maximum à vélo permet d'estimer valablement ma consommation personnelle maximale à conditions équivalentes (sauf qu'il y a encore 2 petites variables qui viennent compliquer les choses mais çà reste négligeable : chaleur du bitume noir, mais refroidissement éolien un peu meilleur grâce à la vitesse horizontale légèrement supérieure dans les montées à vélo).
[/HS]
Il y a quand même sur ce fil une tendance assez lourde au "pissing contest" ou savoir qui a la plus grosse.
Et une tendance assez lourde au bashing en lisant les messages en diagonale et en essayant de décrédibiliser l'interlocuteur d'une phrase laconique mais non argumentée. (Mais il y a d'autres adeptes du MUL-bashing ou sportif-bashing facile dans ce sujet.)
Le problème c'est une information totalement inutile, une anomalie physiologique, il de ne doit pas y avoir plus de 1°/°° de la population qui fonctionne de cette manière. De même les personnes qui tiennent 1 heure à 90% de leur FCMT et autre exploits.
Je ne vois pas en quoi tenir environ 90% de la FCmax sur environ 1H relève de l'exploit : quasiment tous les coureurs de semi-marathon en font autant quel que soit le niveau (donc sur 1H30 ou plus), idem pour les triathlètes en courte distance, les cyclistes en contre la montre ou cols, les rameurs, etc, etc... Paradoxalement plus on est affuté, plus on doit forcer pour monter dans les tours : 90% de FCmax sur 1H sans plus de détails ne permet donc pas de juger de l'état de forme.
Je ne pensais pas que les sportifs en bonne condition physique (mais pas nécessairement compétiteurs ou super affutés) ne représentent qu'1°/°° de la population ! Visiblement tous les gens que je connais (échantillon non représentatif) avec un niveau très largement supérieur au mien doivent être des extra-terrestres ?

Dans ces conditions pas étonnant que des rapports suggèrent à la Sécurité Sociale de subventionner les activités sportives plutôt que les cachets que l'on surconsomme déjà allègrement en France.
Si des milliers et des milliers de km de sentiers en montagne tracé par habitude depuis des siècles ne montent pas en droite ligne, c'est qu'il y a une raison et pas que nos ancêtres étaient tous des fiottes.
Excellente remarque qui mériterait d'être creusée : une grande partie des sentiers sont hérités des sentiers muletiers et des colporteurs de vallées en vallées.
Pourtant ces 2 cas ne sont pas non plus représentatifs du randonneur actuel :
- la physiologie de la mule est différente de l'humain : avec 4 pattes et une charge lourde sur le dos il me semble plus difficile de descendre un sentier raide qu'avec 2 jambes et une charge modérée (+ bâtons optionnels)
- idem pour le colporteur dont la charge est plus proche du sherpa d'expédition que du randonneur moyen
Pour m'être amusé à comparer de nombreuse traces cardio-GPS en fonction des sentiers dans mon coin (je sais : c'est une occupation qui intéresse moins d'1°/°° des gens), mon meilleur rendement dénivelé / effort pur en montée se situe dans les portions les plus raides des sentiers. De la même façon mes meilleurs dénivelés par heure se situaient sur le GR R1/R2 de la Réunion où les pentes moyennes des sentiers sont largement supérieures aux sentiers métropolitains (relief plus tourmenté).
Il y a une nuance assez important entre une tonne d'eau, 2l pour 40km et 5-8l
T'es juste 15 étapes trop loin.
La base et elle à été donnée, elle est en fait ultra simple:
- Se couvrir
- Eviter les grosses chaleurs (tôt ou tard dans la journée)
- Connaître le terrain
- Avoir un backup, dans le cas concret de la flotte.
Personne n'a dit le contraire et tu vas voir par la suite qu'il s'agit d'une polémique stérile et que JJ n'est pas le super-héros-MUL-de-la-mort-qui-tue sur le plan de l'hydratation (désolé JJ je vais casser le mythe

).
Ce que tu propose avec la méthode dromadaire, c'est comment être encore plus performant quand on est déjà très performant, sauf que cela ne répond pas à la question du randonneur occasionnel.
Il propose juste une solution de bon sens élémentaire à la portée de la famille Michu en vacances et qui pourrait leur éviter des déconvenues, mais qui semble révolutionnaire et apparemment hautement subversive ici : boire autant que possible avant de partir

(ce que Soldmac ne mentionne pas dans son récit) et à chaque point d'eau !
(Mes réserves sur ce point sur RL portaient plus sur l'inconfort gastrique à l'effort avec l'estomac rempli comme une outre qui "glougloute" en courant, mais selon JJ inexistant en marchant.)
Et pratiquement si on reste à des allures normale, que l'on porte 3-5 ou Kg, la différence en terme de performance est négligeable. Tout change effectivement si on veut pousser son corps dans ses retranchements, là effectivement +-3 Kg va faire la différence.
Tu es trop dans ton trip compétitif. Si tu est bien couvert et que tu ne fais pas un effort intense, c'est pas +-10-20% en temps de marche qui change quoique ce soit en terme de consommation de H2O.
Bien que chaque gramme du sac de JJ ait été optimisé, il ne mentionne nulle part la
charge totale portée. Or il embarquait à chaque fois plusieurs jours d'autonomie en nourriture qui représentait la majorité du poids : rajouter 5kg n'est donc pas "si" négligeable. Passé les 15-20% du poids du porteur on compense par hyperventilation et augmentation de la fréquence cardiaque non linéaires : cf. étude de Véronique Billat (L'entraînement en pleine nature
pp101-102).
Une charge supérieure à 15%-20% du poids de corps entraîne, à vitesse égale, une augmentation de la consommation d'oxygène qui devient disproportionnée. Vous êtes obligés de ralentir bien au-delà de 15% de votre vitesse de déplacement. Par exemple pour 20% de charge, votre vitesse ne sera pas réduite de 20% mais de 30%-35% (Robertson et al., 1982).
(...)
En outre, plus longue sera la marche, plus le coût énergétique additionnel d'une charge se fera sentir (Patton et al., 1991). Un sac lourd coûte au plan énergétique de plus en plus cher au fil des heures de marche : +10%-16% pour 12km de marche entre 4 et 5,8km/h avec des charges de 31,5kg et 49,4kg soit 40% et 60% du poids du coprs. (...) Cependant cet accroissement du coût énergétique avec le temps n'apparaît que pour des charges qui sont supérieures à 30% du poids du corps (Epstein et al., 1988). Les pauses fréquentes sont nécessaires pour de telles charges afin d'éviter cet effet-temps délétère sur le coût énergétique de la marche.
(...)
Il y a donc un effet-temps mais également un effet-vitesse sur accroissement du coût énergétique pour des charges supérieures à 15% du poids de corps.
Lorsqu'on est proche de ce seuil des 15-20% (variable selon les individus : un commando de marine entraîné va réagir différemment qu'un MUL qui chasse les grammes depuis des années) la question du "surpoids" de l'eau n'est plus négligeable (mais on sort du domaine strict de la randonnée à la journée).
Par contre on peut boire trop et effectivement pisser ce qui est superflus pour garder une homéostasie.
Ceci dit, il ne m'est jamais arrivé de pisser trop clair quand je marche et qu'il fait chaud. En fait j'ai toujours un déficit hydrique, quoique je boive.
CQFD : merci !

Passé la quantité maximale admissible par l'organisme le surplus ne sert plus à grand-chose à part arroser les plantes.
(On peut se permettre sur une journée de pisser moins que d'habitude tant que çà n'est pas répété trop fréquemment : les reins n'apprécient pas à long terme. Reste à voir la remarque judicieuse de Maximil : "l'eau qui part directement par la vessie a peut être aussi un rôle dans le refroidissement du corps... ?").
On retombe donc au point de départ : connaître approximativement sa capacité maximale d’absorption, estimer la quantité d'eau en conséquence (avec une marge de sécurité) et
doser l'effort en conséquence. En situation extrême il est de toutes façons impossible de compenser les pertes hydrique en "temps-réel" : on refait les niveaux avant et après l'effort.
Pour autant on ne se met pas en danger imminent de mort en gérant intelligemment sa "sous-hydratation" :
1° Effets de la déshydratation sur le poids et ses effets sur la performance:
Le pourcentage Effets sur la performance Perte pondérable
De 0 à 2% Baisse de l’endurance près de 1,4 kg
De 2 à 4 % Baisse de la puissance près de 1,4 à 2,7 kg
De 4 à 6 % Début de surchauffe près de 2,7 à 4,5 kg
Plus de 6% Coup de chaleur plus de 4,5 kg.
2°Conséquence sur l’organisme et la performance en général.
Niveau de déshydratation Durée de l’exercice Les effets
- Mineur 1 heure Pas d’effet mesurable
- Impression de soif De 2 à 3 hres Soif, inconfort, perte d’endurance
- Baisse de performance De 3 à 4 hres Malaise, perte de la puissance, baisse de la vigilance et de la dextérité
- Crampe de chaleur De 4 à 5 hres Crampes, mal de tête, sensation de très grand malaise.
- Épuisement De 5 à 6 hres Sensation de fatigue extrême
- Coup de chaleur 7 hres et plus Effondrement, inconscience.
J'ai gardé le meilleur pour la fin de cette trop longue tartine !
Pour éviter les pinaillages sur les considérations "sportives" (qui semblent hérisser certains) : http://www.didac.ehu.es/antropo/18/18-8/Lefevre.pdf (pp. 90-91)
Economie métabolique touarègue
En effet ce sont des coeurs d'athlètes qui habitent les Touaregs: malgré les sollicitations des
efforts physiques et thermorégulateurs, leurs fréquences cardiaques sont maintenues à un rythme
assez normal (76/minute) et régulier, même aux heures les plus chaudes de la journée (Lambert,
1968). La thermorégulation est chez ces nomades le meilleur révélateur de leur hyper adaptation :
confrontés chaque jour à des écarts de température au sol de 60°, ainsi qu'à cette
évapotranspiration diurne et nocturne que nous avons citée, leur sudation reste étonnamment
faible (2 à 3 litres/jour) et évacue peu de sel alors qu'un Européen transplanté au Sahara perd 6 à 7
litres par jour de sueur dont la concentration en sel atteint 7 gr/1 (équivalent de son propre plasma
sanguin). La réduction de la diurèse à 500 cc par jour et la baisse de la température centrale à tout
moment complètent cette image de «camelisation» parfois utilisée pour stigmatiser un
métabolisme si original.
En conséquence la perte et le besoin en eau et sel sont très réduits, les vêtements larges et
drapés qui permettent également la ventilation du corps et les voiles, améliorent aussi ce
processus d’économie (Fig. 4).
Les Touaregs peuvent être actifs avec 3 litres d'eau ou de lait et seulement 2 grammes de
Clna par jour là où un Européen boit 10 à 12 litres et doit trouver 7 grs de sel dans ses aliments
(ou prendre des dragées de sel).
JeanJacques a écrit sur RL :
J'ai passé des journées à 8, 10L d'eau consommée mais ramenée au temps de marche cela fait une consommation de 500 à 600ml/h.
Donc non seulement JJ (qui fait partie de l'élite de la crème des sportifs de pointe représentant moins d'1 pour 1000 de la population mondiale) retombe sur des chiffres similaires à l'européen moyen mais en plus il est battu à plate couture par M. Djibril El Michou touareg ménager de moins de 50 ans pouvant se contenter de 3l par jour tout en étant actif dans les mêmes conditions !
=> Peace and love : l'élite sportive à 600ml/h ne diffère quasiment pas du vulgum pecus européen en comparaison d'un touareg ! 
Désolé JJ pour la révélation de la triste vérité qui se cache derrière le mythe ! 
AMHA, pour être (vraiment) libre, il faut pouvoir faire des choix "éclairés". 
