Bonjour,
je profite des longues nuit d'hiver pour vous écrire quelques lignes sur une randonnée qui aurait pu mal finir.
Cet été et comme la plupart des étés depuis 12ans je suis aller passer quelques jours de repos au soleil sur une île grecque où ma famille possède une maison de vacance.
J'ai déjà fait plusieurs fois le tour de l'île ainsi que les différentes activités "touristiques" (on ne peut pas vraiment dire qu'elle est connue pour son tourisme et tant mieux!) et je commence à tourner en rond : plage, bronzette, sieste, apéro, dodo ça parait "idyllique" pour certains mais pour d'autres (comme moi) c'est lassant.
Cela fait plusieurs années que je vois le sommet de l'île, différentes photos de chutes d'eau magnifiques perchées quelque part là haut et que je rêve en secret d'aller m'y promener.
Et cette année, enfin, je me suis décidé, avec Julie (ma copine), de monter pour avoir une vue d'ensemble de l'île.
C'est donc un matin, levé à 8h je prépare le sac, Julie "se prépare" et comme c'est une précieuse, au lieu de partir à 8h30 on démarre à 10h. Pour ce qui est de l'itinéraire, pas de carte de l'île, a vrai dire pas besoin, c'est pas compliqué il n'y a absolument aucuns chemins ni point de repère, et puis il suffit de faire un 180° et on est face à la montage.
On démarre, on sort du village et rapidement on arrive devant une petite forêt d'arbre qui font 2 à 4m en forme de buisson, assez rugueux mais pas très dense. C'est là qu'un grecque nous interpelle mais malheureusement je ne parle pas grecque

(honte à moi 12ans que je vais là bas et je baragouine que quelques mots). Finalement, je ne sais toujours pas ce qu'il me voulait mais si j'avais compris peut-être que ça m'aurait évité les ennuies qui vont suivre.
On passe vite la forêt où se baladent des κατσίκες (chèvres) pour arriver face à la montage, brute et aride. Des énormes pierriers la ceinture, obligé de passer au travers, avec beaucoup appréhension : est ce que les blocs sont stables, n'y a t'il pas de serpent caché dans les interstices des roches.
On progrès, on cherche un chemin sûr, ça monte fort, on arrive devant un abrupte, on trouver un moyen de le passer, enfin la partie la plus dure est passée.
On s'arrête un moment à l'ombre, on mange un biscuit, on a déjà consommé beaucoup d'eau pour le peu de chemin parcouru. On observe le paysage, le terrain a changé, moins de bloque et plus de sol/végétation.
Les heures passent, ça continu de monter (normal c'est une montagne

), les heures passent, le soleil monte dans le ciel, il commence a faire chaud! A cette époque là (Juillet - Aout) la température à l'ombre est de 35 - 37°C mais sur la montage il n'y a pas d'ombre, en plus il y a de la roche partout qui emmagasine la chaleur il devait bien faire 40 - 45°C. On s'hydrate, on s'hydrate et on s’hydrate encore et l'eau diminue, diminue et diminue encore, c'est la que je commence à comprendre que ca sens le patté! Sans parler que Julie commence à fatiguer et qu'on ne vois toujours pas de "sommet", mais on décide de continuer.
On continu, Julie à vraiment chaud, moi ca va, je prend l'initiative (sans le dire à Julie) de limiter mon hydratation pour que qu'elle puisse s'hydrate correctement, je trempe un t-shirt et lui met sur la tête sinon elle va faire une insolation, et c'est un peu déçu qu'on décide de redescendre. Nous somme quand même monté à 1000m en démarrant à 450m et le sommet est à 1500m.
C'est là que les vrais emmerdes commences. La monté avait été dure mais la descente allait être un enfer, Julie ayant sous estimé la randonnée et malgré mes multiples avertissements elle avait décidé de mettre des baskets, erreur fatale! Elle n'a fait que glissé (la fatigue n'aidant pas), certains passages obligé d'être à 4 pattes, c'était long et très dangereux.
La descente paraissait interminable, le soleil continuait de taper et on a fini par être à court d'eau!
Julie était KO, elle commençait à perdre les pédales et avoir certaines incohérences. Je l'ai donc rassuré en lui disant qu'on allait arriver, je l'ai soutenue moralement en l'encourageant mais aussi physiquement en la "portant" (elle s’appuyait sur moi pour pas tomber) tellement elle était épuisée.
On est arrivé à l’escarpement, je crois que c'est la partie où j'ai eu le plus peur pour Julie, pas moyen de trouver un passage, pas le choix on doit faire un peu "d'escalade" (coller contre une paroi, trouver les prises pour descendre sur quelques mètre), j'avais peur qu'elle tombe surtout dans son état de fatigue et d'incertitude.
Arrive le pierrier géant, je savais qu'on arrivait mais je commençais moi aussi à tourner de l’œil, mes jambes commençaient à trembler. Pour ce qui est de Julie, l'idée d'arriver, a switché son cerveau en mode "terminator". Plus question de savoir si le pierrier était stable, on la dévaler en quelques minutes à coup de grandes enjambées. Assez dangereux mais efficace.
Enfin, la petite forêt en vue et bientôt la maison. Une fois rentré je pense qu'on à bien bu 1L d'eau d'une traite. Nous avons tout de même marché 7h - 8h.
Les erreurs qui ont contribué à cette mésaventure :
- partir trop tard, ce qui nous à obligé de marcher pendant la période la plus chaude de la journée
- partir avec trop peu d'eau, 5L pour 2, la prochaine fois on partira avec 10L
- partir sans couvre chef
- partir avec des baskets pour ce qui est de Julie
- ne pas vouloir faire demi-tour alors que je présentais le drame
Peut-être avez vous d'autres remarques, erreurs à soumettre.
Enfin on n'a quand même eu un magnifique point de vue sur la moitié de l'île :
Je pense recommencer la même rando mais en ayant apprit de nos erreurs. Julie à tout de même apprécié la rando (moi aussi), enfin la 1er partie mais elle préfère définitivement la plage

.
J'ai put observer le comportement d'une personne dans une phase de "survie" si on peut dire. J'ai aussi apprit a gérer quelqu'un qui n'a plus toute sa tête ni toutes ses compétences physiques, c'est vraiment pas évident, il faut faire attention à soi mais aussi à l'autre! Pour le coup je sais pas si c'était mieux de partir à deux ou seul (sachant que seul, si jamais il y a un bug ben on est seul pour le régler).
Je voulais aussi insister sur le fait qu'il faut vraiment encourager, rassurer, soutenir son partenaire quand il a un moment de mou, j'ai vraiment ressenti que Julie se nourrissait de ça pour continuer.
En espérant que cela serve à d'autres.