Posté par DavidManise Salut

Mathias : d'après ce que j'en sais, l'agriculture a d'abord dû commencer par des mecs qui favorisaient certaines espèces qui leurs étaient utiles en leur faisant de la place et en favorisant leur développement dans des environnements naturels, non défrichés. On créait ainsi de petits ilôts de telle ou telle plante, ce qui facilitait la cueillette et limitait les déplacements. Puis de fil en aiguille on a rapproché ces "proto-jardins" des "villages", et puis on s'est sédentarisés peu à peu, parce qu'on se rendait compte qu'il était possible de cultiver la terre et d'élever des proies qu'on enfermait plus ou moins et qu'on abattait sans devoir courrir après sur des kilomètres... le bétail était né. Mais ce bétail il fallait bien le nourrir... alors il a fallu faire un choix entre le potager et le nomadisme, pour suivre le bétail... ou alors plan B : faire pousser des trucs aussi pour les bêtes. Et voilà : les trois piliers de l'agriculture actuelle étaient nés : maraîchage, élevage, et fourrage.
Du fourrage, on a probablement dérivé les céréales... et de là, la population mondiale a pu commencer à croître et la densité de population s'élever.
Pour répondre à la question : Un retour à une alimentation 100% sauvage est peut-être possible, écologiquement parlant, sur une base individuelle... mais il faut être conscient du fait que des centaines de générations après l'apparition du blé et des farines diverses, nos métabolismes sont TRÈS LOIN d'être assez performants pour tenir un niveau d'activité important sans apport conséquent en glucides. Ça dépend évidemment des personnes, mais bon. Nos ancêtres subissaient une sélection impitoyable : les métabolismes moins performants et les plus gros gabarits, plus gourmands en énergie, mouraient de faim. Les mecs étaient tous taillés comme des marathoniens : petits, minces, et avec de petits muscles économiques.
Pour avoir déjà tenté le coup, je peux affirmer sans crainte que la viande et les légumes, ça va quelques semaines, mais à force ça manque de carburant raffiné : des céréales. Par contre pour avoir un corps d'athlète, rien de mieux que l'alimentation et la vie sauvage. Plus une once de graisse, et que du muscle en quelques semaines... Le cholestérol et tout ça, ça disparait... mais on découvre la fatigue, la faim, la faiblesse...
Ce sont les céréales qui changent tout.
Même si on trouve des glucides complexes, par moments et par endroits, dans la nature (châtaignes et noix diverses, certains tubercules, etc.), on est très loin du rendement et des capacités de conservation du blé, des patates ou du riz.
Bref, on a vite fait de dépenser plus d'énergie à cueillir, pêcher et chasser que ce qu'on obtient en le faisant. Et à partir de là, c'est la famine...
On idéalise souvent la vie nomade, mais il faut comprendre que les mecs bougeaient le ventre creux, avec les bébés qui hurlaient et les vieux qui crevaient... ils bougaient parce qu'ils espéraient (sans en être sûrs) trouver de quoi bouffer un peu plus loin.
La plupart des peuples dits "primitifs" (quelle connerie ce mot) pratiquent l'agriculture depuis des millénaires. Moi, je n'ai aucun problème avec l'agriculture. C'est la pollution des nappes phréatiques et les abus rendus possibles par la chimie, la mécanisation, et tout ça qui me fait gerber. Mais il faut être honnête : j'en profite aussi. Je bouffe du blé qui vient d'un peu partout dans le monde, comme vous tous, je pense.
Autre problème... on commence à être vraiment trop nombreux. C'est un fait. Trop d'humains. Mais bon je ne vais pas aller dire qu'il faudrait en buter la moitié ou les trois-quarts... seulement le fait est là. C'est un problème, et je n'ai pas de solution.
Ciao

David