Posté par Demo Sensibilisé à ces questions que Langouste a soulevées, je ne peux pas m'empêcher de joindre à mon tour un petit article qui concerne plus ou moins le même sujet.
Après "ne mangeons plus de viande", voici "ne mangeons plus de poisson" (le problème ma paraît même encore plus grave car la pêche industrielle vide les océans de dizaines d'espèces
sauvages! il ne s'agit plus de bêtes d'élevage...

Qui stoppera la folie de la pêche industrielle ?
L'Expansion 22/07/1999
LES RESSOURCES DES OCÉANS S'ÉPUISENT. DES ARMADAS DE CHALUTIERS PÊCHENT TOUJOURS PLUS PROFOND DES PRISES TROP JEUNES ET EN TROP GRAND NOMBRE. POUR INVERSER LA TENDANCE, IL FAUDRA INSTAURER DES QUOTAS ET DIMINUER LES FLOTTES. AUDIT D'UN DÉSASTRE.
Après des années de surexploitation, à la fin de la décennie 80, la population de lieus noirs en mer du Nord a commencé à diminuer dangereusement. En quête de diversification pour combler le déficit de prises, les pêcheurs de Boulogne-sur-Mer se découvrent une nouvelle spécialité : la traque aux poissons de grands fonds. En lâchant leurs filets à plus de 1 000 mètres de profondeur, juste sur la cime des montagnes sous-marines, les chalutiers ont rapporté de nouvelles espèces encore jamais vues sur les étals des poissonniers. L'empereur ou hoplostète rouge fait partie de ces nouvelles cibles. Ses larges filets de chair blanche et ferme sont faciles à préparer. Quant aux consommateurs, ils se précipitent sur ce poisson délicieux en grillade.
Rapidement, la concurrence flaire le bon gisement, et les chalutiers de Boulogne croisent sur ce segment les flottes de Lorient et de Concarneau, ainsi que des bateaux venus d'Islande, du Portugal ou d'Ecosse. Au milieu des années 90, les services de renseignements américains leur facilitent involontairement la tâche en mettant dans le domaine public les cartes détaillées des fonds sous-marins. Dès lors, la pêche en eau profonde devient un jeu d'enfant pour n'importe quel chalutier doté d'un équipement de positionnement par satellite (type GPS) et de chambres de congélation bien dimensionnées. Mais l'espérance de vie de l'empereur (une centaine d'années), sa maturité tardive et ses longs cycles de reproduction sont incompatibles avec ces progrès technologiques : en quelques années, 80 % des stocks ont été détruits, selon des chercheurs canadiens. L'avenir de l'empereur s'écrit désormais en noir.
La sinistre histoire de l'hoplostète illustre la menace de la surexploitation des mers et des océans depuis la fin des années 70. Soles, morues, bars et autres baudroies, poissons de pleine eau, sont pêchés « trop fort » selon les experts. Comme les espèces d'eau profonde, tels l'empereur, le grenadier, le sabre noir ou le siki, particulièrement fragilisées par la pêche industrielle. Encore moins chanceux, la dorade rose et l'ange de mer, qu'on rencontrait auparavant en abondance au large des côtes du nord de l'Espagne et dans le golfe de Gascogne, ont aujourd'hui quasi disparu. Selon le WWF, le volume des prises a augmenté de 500 % entre 1950 et 1989. Le poisson représente aujourd'hui 16 % des protéines consommées dans le monde !
Car si l'on pêche « trop fort », on pêche aussi « trop petit ». Malgré les nombreuses réglementations, concernant en particulier les tailles minimales acceptables des espèces commercialisées, les marins, soumis à la pression de la concurrence et à la raréfaction de la ressource, accu- mulent dans leurs filets de jeunes poissons, ces « juvéniles », comme les appellent les scientifiques, dont la disparition met en danger le renouvellement des espèces.
Un banc d'empereurs. Ce poisson a été victime d'un véritable massacre organisé.
« Pendant longtemps, on s'est imaginé que la mer, c'était grand, qu'on pouvait pêcher joyeusement et que la nature corrigerait nos erreurs, souligne André Forest, chercheur à l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer). Or les capacités de capture dépassent largement les capacités de renouvellement des stocks. » L'organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) estime à environ 30 % cette surcapacité.
A l'origine de cette armada de chalutiers, ligneurs, fileyeurs et autres navires-usines, il y a le pic de la production mondiale de bateaux de pêche, vers la fin des années 70. « En France, par exemple, au nom du maintien de l'emploi, et parfois pour des raisons électorales, dans les chantiers navals et sur les zones littorales, on a abondamment subventionné la construction de bateaux », rappelle Loïc Antoine, directeur du département ressources halieutiques à l'Ifremer. Résultat : des flottes de pêche considérables se sont constituées sur toutes les mers du globe. La FAO estime que la flottille de pêche mondiale comptait « 3,8 millions d'embarcations en 1995, dont 1,2 million de navires de grosse capacité, la plupart opérant en Asie. Le nombre de bateaux de 100 tonnes et plus capables de pêcher en haute mer se situait en 1997 entre 43 000 et 45 000 unités ». Et pour rembourser leurs investissements, les pêcheurs n'ont d'autre solution que d'accroître leur effort de pêche, d'où la succession des crises de la pêche française qui, d'Hendaye à Dieppe et, bien sûr, de Guilvinec à Paimpol, ont enflammé les ports.
Ce phénomène s'est aussi diffusé sur l'ensemble de la planète. Il y a trente ans, la pêche industrielle se cantonnait au nord des océans Atlantique et Pacifique. Ces bateaux se sont ensuite attaqués au centre et au sud, puis à l'océan Indien. L'Antarctique n'est désormais plus épargné. Les stocks de legine, un poisson des mers froides très apprécié au Japon, ont été pillés ces dernières années par des flottes de bateaux battant pavillon sud-américain. Comme les gisements de krill, ces minicrevettes indispensables au régime des cétacés, qui sont aussi une merveilleuse source de protéines.
La FAO résume la situation catastrophique en trois chiffres :
- 25 % des stocks planétaires sont aujourd'hui surexploités, principalement dans l'Atlantique et le Pacifique Nord. Dans ces zones, une réduction de l'effort de pêche est indispensable ;
- 35 % des réserves sont exploités au maximum des capacités. Idéalement, il faudrait diminuer la pression dans ces zones ;
- 40 % des stocks mondiaux continuent à produire un peu plus de poissons chaque année. Mais ce chiffre, apparemment encourageant, cache deux réalités moins réjouissantes.
Désolé c'est un peu long... mais c'est justement ce qui fait que nous ferons la différence : prendre le temps de s'informer, ne pas courir au plus pressé, mais envisager les choses d'un peu plus haut. Halte à l'immédiateté, à la folie du temps présent.
Euh j'espère que je ne suis pas un troll là...

Ciao.
Benjamin.

L'article n'est pas entier. Allez donc le consulter ici :
http://www.lexpansion.com/art/6.0.125178.1.html