Je sais …
La prudence voudrait que l’on prenne ce facteur sérieusement en considération.
Mais je viens de vérifier ce que je soupçonnais depuis quelque temps : le « remède » n’est pas de s’habiller plus chaudement, mais bien, tout simplement de se protéger du vent.
Le contexte : 2.500-2.600 m fin août, lors de la période « froide » qui a suivi la canicule. Température en statique légèrement négative, humidité relative élevée : la base des nuages frôlait la crête
Vent « grave » de 70 à 90 km/h en approchant des crêtes pour une température théoriquement ressentie de l’ordre de -15.
Je vous laisse apprécier …

On voit se dessiner un grand « rouleau » là à l’horizon, indicateur de la violence du vent.
Au sol, non ce n’est pas de la neige.
Ce n’est pas non plus de la gelée nocture (rosée givrée).
C’est du givrage « dynamique » .
Quelques heures plus tôt, les nuages étaient plus bas et leurs micro gouttelettes en surfusion venaient s’écraser sur les brindilles et se solidifier immédiatement en cristaux protubérents. Les ailes d’avion se couvrent de givre de la même manière lorsque l’on traverse des nuages vers les – 5°C.

Plus visible encore sur une structure métallique trainant au col de Mortiers :

Certains de ces cristaux étaient hérissés face au vent sur une longueur de plus de 5 cm.
Bref, il y avait un sacré vent, de l’humidité, et une température légèrement négative.
Moi, j’étais en tenue d’été, ou presque …

Comme tenue de base :
- Juste un T-shirt ML Pata relativement chaud (synthétique à la mode il y a 5 ans) porté en sous-vêtement sous ma chemise habituelle « baroudeur » D4 (une chemise en synthétique, assez épaisse, déjà un peu coupe-vent, déjà traitée déperlance).
- Des pantalons légers de ville, des botinnes légères et des chaussettes d'été.
En surcouches :
- un imper léger premier prix avec capuche, que j’utilise essentiellement contre le vent ou en statique.
- Des surpantalons tout premier prix (3€ ?) en une matière aussi légère que fragile. Le vent était tel que cette matière peu solide claquait au vent et partait en lambeaux …
- Des gants légers en fine polaire (plutôt des sous-gants que des gants)
- Deux « tours de cou » : un autour du cou en cache nez, l’autre pour couvrir mon crâne dégarni et mes oreilles. Le tout serré sous une casquette, elle-même serrée par la capuche de l'imper.
Je n’ai pas eu froid sur moi …
Juste le bout du nez rouge, et les bronches irritées par l’inhalation en abondance de cet air froid. (J’aurais été mieux avec un masque …)
Coût, encombrement et poids de cet équipement : peanuts. Je transporte normalement un tour de cou et ces petits gants dans ma bananne ; la pelure de pantalon, le second tour de cou et l’imper léger sont en fond de sac. Quelle que soit la météo …
Je ne dis pas que je n’ai rien de plus « sérieux » suivant la saison, mais ce minimum, je l’ai toujours – et il est diablement efficace !
La leçon que j’en retire : pas vraiment besoin de s’habiller plus chaudement par grand vent : juste bien se protéger de ce vent, juste bien protéger la tête et le visage.
Je reste convaincu qu’une température calculée comme ressentie de -15 pour cause de grand vent est bien plus facilement gérable qu’une vraie température de – 15.
A moins 15, j’aurais eu les mains et les pieds gelés et ce n’est pas ce que je portais sur moi qui m’aurait protégé d’une grave hypothermie …
Je pense aussi que si j’avais porté deux épaisseurs « thermique » en plus, mais rien pour couper le vent, et bien ce vent m’aurais tranpercé jusqu’à l’os.
S’habiller plus chaudement ? Non.
S’habiller plus « hermétiqement », OUI.