HS: je tire cette notion de "marge de sécurité" d'une info sur les accidents de la route où un gendarme expliquait que le point commun de tout les accidents, c'est la diminution de la marge de sécurité qui réduit la capacité de réaction (marge de manoeuvre) quand tout part en sucette. Ça peut être à cause de la vitesse, de la fatigue, de la météo...
Bref, pour réduire le risque d'accident, maintenant je me pose toujours la question: "a partir de quel point est-ce que je me rapproche de la limite entre le petit incident et la grosse cagade?"
lu
C'est pour moi une des questions essentielles en survie et aussi dans la vie , une question à 1 000 000 d'Euros en fait !!
Si tu permets une anecdote, comme je m'intéresse pas mal aux histoires d'Alpinisme (on va dire là ou on tutoie les sommets de 8000 m) mais c'est aussi valable en Montagne ou ailleurs
cette notion prend tout son sens
A partir DE QUAND peut on dire qu'on a perdu sa marge de sécurité ? Quand franchit on le point de non retour ?
En est on réellement conscient d'ailleurs. On oscille sur le fil du rasoir, d'un côté et de l'autre sur l'arrête dangereuse du rift, jusqu'à basculer du mauvais côté définitivement....
Pour l'anecdote et pour la faire courte :
En 1972 lors d'une Expé au Manaslu, Messner
(vainqueur des 14 sommets de 8000m)était parti pour le sommet avec un compagnon de cordée
Puis le temps commença à se dégrader, son compagnon renonça au sommet et fit demi-tour
(il devait avoir estimé que sa marge de sécurité était atteinte et ne voulait pas atteindre sa limite (la mort donc)mais pas Messner qui s'était allégé au maximum
(ca veut dire le piolet seul) pour tenter le sommet.
(clairement il avait dépassé sa marge, en était il conscient ??)La tempête arriva donc, et Messner après avoir atteint le sommet commenca la descente, persuadé que son partenaire
avait atteint le camp avancé et l'attendrait avec du thé bouillant.
La descente s'avèra cauchemardesque et Messner fut rapidement désorienté
A un moment il s'assit au sol et envisagea la limite (la mort)
Pendant ce temps, le chef d'expédition du camp de base avait fait envoyer un binome de secours qui
était arrivé au camp avancé et ils ne trouvirent, ni Messner ni son compagnon
Ils s'armèrent de Thermos de thé brulant et partir dans la tempête à la recherche des compagnons
(on peut donc considérer
que leur marge étaient satisfaisantes par rapport aux 2 autres portés disparus )Au milieu de la tempête un des 2 sauveteurs s'arrêta et commenca à vouloir s'isoler de la tempête dans un trou
et attendant une accalmie mais ne put jamais repartir
Comment tout cela s'est il terminé
Un des 2 sauveteurs, est mort dans son trou (protégé du vent et de la tempête, bien habillé et en forme car il allait porter
secours aux autre) Sa marge de sécurité était plutot bonne et il ne l'avait pas dépassé car il s'était mis à l'abris, pourtant, il a trouvé
la limite et CASH !!
Le compagnon de Messner qui avait renoncé, lui aussi est mort, il avait pourtant pris conscience de sa marge et ne voulait pas trouvé la
limite !!!
Messner qui avait allègrement dépassé sa marge a SURVECU, il n'a pas trouvé la limite qui lui était promise
Il est redescendu avec le dernier (sauveteur) encore en vie le lendemain lors d'une acalmie....
Je ne sais pas si il y a une morale à voir à tout cela, toujours est il que nos décisions entrainent des conséquences, funestes ou salutaires
Des gens médiocres se hissent en haut de L'Everest et des Alpinistes de renoms tel Jean Christophe Lafaille se font piéger
