Posté par kartoffel Ouais

"...tout ça pour un composant à $2 qui a lâché..."
Pour en finir avec la culture G sur les avions, les airbus sont gérés par des ordinateurs 10 fois redondants. (ou 9, selon comment on compte une "redondance" 8-))
En fait, il y a deux batteries de cinq ordinateurs. Les dix ordinateurs assument le même rôle, à l'intérieur d'une batterie les cinq sont strictement identiques, et les deux batteries sont constituées respectivement de modèles différents, conçus par des équipes différentes et sans relation l'une avec l'autre, et avec des outils (langages de programmation etc...) différents.
Ca reste des ordinateurs, donc c'est "moyen fiable", mais on en arrive quand même à un niveau de fiabilité où ce n'est plus une source de crashs... sauf si on met dans la balance la complexité de l'interface
homme-machine.
C'est la fameuse histoire de l'Airbus qui s'était écrasé à Habsheim je crois. Une démonstration en vol avec des journalistes à bord. Il était prévu que le pilote fasse un passage à basse vitesse, roues sorties, près de la piste.
Une fois le passage terminé, quand il a voulu remettre des gaz et reprendre de la hauteur, l'informatique s'est dit :
"train sorti, volets sortis, basse vitesse et on est au dessus de la piste ? et le pilote met des gaz ? non, il a dû laisser tomber un truc sur la manette, ou la ligne de transmission est défaillante ! je décide qu'on était en train d'atterrir, et on va atterrir !!" L'ordinateur a donc ignoré l'ordre de remise des gaz, et a tâché de poser l'avion. Le pilote, comprenant au bout d'un moment ce qui se passait, au lieu de laisser l'engin s'immobiliser sur la piste et rater sa présentation, a déconnecté l'ordinateur et remis franco les gaz. Mais avec tout le temps écoulé, il ne pouvait plus que se manger les arbres en bout de piste... Incendie, plusieurs morts.
Cette anecdote illustre un type de problème qui a tué plusieurs fois, en vol d'essais, en démonstration, mais aussi sur des vols commerciaux. Quand l'ordinateur reprend la main de force, c'est en général pour le bien de l'avion et de ses passagers, mais c'est tellement peu naturel à un pilote qu'il réagit de travers et plante le coucou.