Posté par DavidManise Salut

Je dois dire que je trouve tout ça très intéressant. Comme j'avais trouvé intéressante aussi, Patrick, tes propos sur "toutes ces petites lâchetés" qu'on se permet trop souvent au quotidien, face au patron, à sa femme, à ses gosses, peu importe à qui... Ça m'avait bien fait gamberger.
Perso, je suis plutôt grande gueule et "dominant" de nature et j'ai plutôt des efforts à faire pour ne pas aggresser les gens. Dans la cour d'école, la loi c'était moi

--mais bon... le principe s'applique aussi bien à moi, parce qu'il m'arrive malgré tout souvent de choisir la facilité et de préférer plier plutôt que de devoir engager un combat qui n'en vaut peut-être pas la peine...
C'est là que c'est difficile, je trouve. Parce qu'évidemment il existe des situations où il vaut mieux une petite lâcheté... ou plutôt une attitude "diplomatique", qui est un choix délibéré (un peu comme la repli stratégique n'est pas identique à la fuite).
Je pense qu'un truc qui est très, très, très important pour ne pas devenir une victime, et pour être en mesure d'agir dans une situation chaude, c'est de déterminer précisément son "périmètre de sécurité". La zone dans laquelle on refuse que quelqu'un mette le pied. Dans une confrontation qui escalade, il y a toujours cette foutue "zone grise" où on sent la m*rde et où on sait qu'elle n'est pas loin (dixit Perrin), mais où l'aggresseur n'a pas encore clairement dépassé les bornes en nous forçant à nous défendre. À un moment, c'est à nous de trancher, de décider précisément où est la limite à ne pas franchir. Cette limite, évidemment, est quelque chose de personnel... mais je pense qu'il est très bon de connaître cette zone "sensible". De tracer clairement sa frontière, et de la défendre, coûte que coûte. Si on ne fait pas ça, on subit, et c'est l'aggresseur qui mène le bal.
J'ai souvent eu à faire à des gens qui sentaient très bien les "zones grises" des gens, comme ça. Un patron, notamment, qui avait tendance à humilier certains employés qui, apparemment, avaient l'habitude d'attendre le truc absolument intolérable avant de réagir. Ben le mec leur faisait subir tout sauf ça... humiliations, chantage, pression... et les autres fermaient leur gueule et enduraient. Peur de la confrontation. Peur de devoir prendre l'initiative... Des victimes.
Moi, je savais clairement ce que j'étais prêt à faire et à ne pas faire, et ce que je choisissais d'accepter de subir... et pas. Juste le fait de savoir ça avec précision avait quelque chose de rassurant. C'était déjà prévu dans ma tête : s'il va jusque LÀ, c'est une déclaration de guerre, et ça va lui péter à la gueule.
Ben le gars était tellement gentil avec moi que c'en était presque gênant... Il sentait que j'étais prêt à lui tenir tête... parce que dans les faits c'était vrai. J'étais prêt à aller jusqu'au bout. Il n'avait pas de zone grise à exploiter. C'était clairement blanc jusque là, et noir plus loin... et il est toujours resté dans le blanc. Ces mecs là savent qu'il vaut mieux ne pas mettre le pied dans la zone noire pour ne pas déclencher une réaction violente chez les gens. Ils cherchent des proies, pas la baston.
Psychologie de bottine, vous me direz... mais ça marche pour moi.
Ciao

David