Bonjour.
Je suis sûr que vous allez dire qu'est ce qu 'elle fout là la vieille, elle s'est gourrée de forum..

J'ai lu plein de choses qui ne sont pas pour moi, mais bizarrement ça m'a aidée à prendre une décision sage, parce que comme d'autres je redoute qu 'on vive bientôt une période assez difficile.. Mais je partage des avis plein de bon sens.
J 'ai dépassé la soixantaine, je suis retraitée et ce n'est pas la peine que je me mette aux
techniques de self-défense pour survivre en ville ( bienque mon ami militaire spécialiste de la question m'ait appris des choses essentielles, comme le comportement et la psychologie après une lâche agression en ville. Mais à l'époque j'étais plus sportive. Ca ne m'a jamais servi tant mieux, car c'est stressant de devoir frapper la première, et de devoir taper très fort, car il ne s'agit pas de faire mal, ce qui aggraverait les choses. La violence ce n'est pas mon truc. Mais ça m'a permis de rester zen et de ne pas avoir peur dans d'autres situations semblables. Il m'a aussi confisqué ma bombe lacrymo, car il m'a dit : "on va te l'arracher et c'est toi qui te faire gazer". C 'est arrivé à une jeune fille à nancy, le gars furieux lui l'a vidé dans la bouche et elle en est morte. Aussi il a préféré m'apprendre une variante du chin jab qu 'on pourrait appeler nose jab.. un seul truc à apprende et répéter sachant que je bénéficie de l'effet de surprise. ).
Aujourd'hui j'ai repris un chien, un colley, mais pas pour cette raison. C'est tout de même un peu disuasif , puis j'ai adopté une règle : il vaut mieux faire pitié qu 'envie. Je sors beaucoup moins aussi qu 'à une autre époque.
Je suis arrivée dans cette ville, touristique, thermale et très sportive au pied des montagnes où des amis sur place m'ont trouvé un petit meublé au retour d'un séjour dans un pays du Nord. Un pays où on ne ferme pas la porte à clef pour aller faire ses courses. Hélas le fisc ça tape dur.
Mais ces amis vont partir en Australie dans un mois.
Et je vous assure que retraitée en France, seule, il n'est pas facile de s'intégrer.. Mais j'ai appris à vivre avec ça, si les gens font la gueule c'est leur problème.
A part les jeunes, j'ai l'impression d'habiter chez les grincheux, tout juste polis, pas aimables, avec les éternelles rivalités propriétaires locataires et entre copropriétaires. D'autre part il y a beaucoup de locations saisonnières dans cet immeuble, des gens souvent sympas, mais qui ne restent pas. Hors saison ça semble vide.
Il est donc assez difficile de se faire un réseau de solidarité. C 'est une ville relativement tranquille, mais il y a du passage, et avec l'autoroute on est pas loin de Lyon & Grenoble ( ils ont tué un flic récement dans la ville à coté lors d'un casse de magasin HIFi vidéo ). En cas de chaos, je ne doute pas qu 'on ait des visiteurs indésirables de la ville voisine assez craignosse, parce que c'est un peu friqué... S 'il faut se barricader chez soi, ça devient vite angoissant.
Survivre dans la nature, déguisée en buisson, je n'y songe même pas. Je viens de me casser deux cotes, en tombant chez moi, en ce moment je préfère ne pas être au milieu des Cévennes ( un endroit où pas mal de gens se sont retirés dans les années 70, ont envahi des villages presque déserts. mais souvent avec un chèque mensuel du papa ), un endroit que je connais bien , mais avec un relief assez inhospitalier. Le fief des camisards.
En arrivant là bas , le premier jour je me suis fait une méga entorse en descendant à la rivière. Hopital 50 bornes.
Retour à la campagne, c'est ce qu 'on aurait fait avec mes parents en 1968, si ça avait dégénéré.
Avec mon père et son patron on était allé y chercher 200 litres d'essence pour nous et d'autres qui en avaient besoin, quand les grévistes ont bloqué les pompes à essence.
Mais les choses ont bien changé, la solidarité familiale n'est plus aussi forte qu 'à l'époque où il y avait mes grands parents. On était moins éloignés aussi. Depuis il y a eu les successions et inévitablement ça pose des problèmes.
J 'imagine bien la tête de mon dernier petit cousin qui a repris la ferme de mon oncle et que j'ai vu la dernière fois quand il avait quatre ans si on débarquait chez lui toute la famille " dis tu n'aurais pas quelque chose à bouffer ". C 'est normal.
Aujourd'hui les paysans ne sont même plus autonomes, ils vont tous faire leurs courses dans les supermarchés à 30 ou 60 km. Tout est axé sur la production principale : le lait et comme les vaches ne bouffent pas des patates.
Et je ne suis pas sûre qu'il y en ait un qui sache encore tuer le cochon, le découper, le transformer, le conserver sans congélateur, c'est tout un art et un savoir faire disparu, une des bases de l'autonomie, mais aussi un moment de convivialité.
En cas de pénurie de gasoil et d'électricité, j'en connais qui seront mal et ils devront eux aussi changer leur mode de vie et leur mode d'exploitation.
C 'est pas sûr qu'on soit bien accueillis, dans le Sud ils appellent les marseillais les doriphores. Lorsqu 'ils font la queue le dimanche soir pour rentrer, chacun va se servir un sac de ceci ou de celà , mais multiplié par le nombre une partie de la récolte y passe. Ils avaient du garder les caisses de patates, qui n'avaient pas pu être évacuées le samedi. J 'ai halluciné ! J 'étais allé leur en demander, pendant qu 'ils les arrachaient attitée par la bonne odeur qui se dégageait : pour 5 francs ils m'ont donné un gros sac. Dans cette région il y avait la tradition de ne pas ramasser la première rangée de pommes, c'était pour les pauvres., mais il faut aussi les respecter.
Tout ce qui se vend bien : champignons myrtilles, les gens des villes viennent faire des razzias. Ca n'arrange pas les relations ville campagne.
A moins que les paysans soient vraiment dans la m.. et qu 'ils aient besoin de main d'oeuvre et d'écouler localement leur production...
La question s'est posée, parce que la maison de mes parents n'est pas encore vendue,
elle aurait pu être la base d'une BAD à coût nul.. On a pas trouvé d'acheteurs, et on en trouvera sûrement pas, car le village est mort de chez mort . Plus de transport en commun, plus de commerces, etc... Ca fait au moins vingt ans que je n'y suis pas allée. Mon frère non voyant m'a dit quand tu traverses le village c'est comme si tu visitais le cimetière de Vassieu.
Une BAD ça se prépare, il ne s'agit pas de débarquer à l'improviste quand on ne trouve plus rien en ville, surtout en hiver, mais c'est trop éloigné et je n'ai pas de voiture.
Y partir avant ? Mais comme on ne sait pas exactement quand le big bazar va s'effondrer, au bout d'un mois on peut se demander si ça vaut la peine de galérer à vivre dans ce village, sans bagnole, isolée, alors qu'on vit toujours normalement en ville.
Puis je connais bien la vie qu'avaient mes parents et grand parents, l'autonomie on se la gagne au prix d'un sacré travail. Ce n'est pas pour rien que les gens ont déserté la campagne. On m'a aussi raconté la vie pendant ces périodes difficiles des deux guerres..
Je doute que ma motivation de conserver la BAD dure au delà du premier hiver si rien ne s'est passé.. Qu 'est ce qu 'on doit s'y faire ch*** Déprime assurée.
Bien sûr si c'est la jungle en ville, c'est différent. Et tout dépend si ça dure trois jours ou un an.
Puis une autre chose m'a fait hésiter.
On idéalise trop souvent la campagne. Dans mon village il y a toujours eu des embrouilles, des rivalités, des jalousies, du mépris pour certains, comme je ne l'ai jamais vu dans d'autres villages. Certaines viennent de la guerre, du marché noir, d'autres d' élections municipales. Jusqu 'aux gens qui vont moucharder aux impôts, au maire.. Quand ce n'est pas des trucs faux aux gendarmes. Je me souviens de deux copains d'enfance qui sont partis dégouttés et n'y ont jamais remis les pieds.
Voilà c'est mon blède ! J 'avais oublié cet aspect. Du coup ça fait moins envie.
Le village à coté , beaucoup plus petit, s'en sort mieux, il est plus attractif pour les touristes, eux ils ont un boulanger, pourtant le maire , un copain d'enfance est un simple petit paysan, mais ouvert d'esprit, gentil et dynamique, toujours de bonne humeur..
Les fermes isolées ne manquent pas dans ce département défavorisé, mais elles ne sont pas vraiment en état, pas beaucoup de terrain autour sinon c'est trop cher.. On est aussi plus vulnérable. Pas très envie de vivre avec un fusil de chasse à portée de la main et de le prendre dès qu'une voiture s'arréte la nuit.. Pour le coup on risque de devenir parano.
Puis finalement en parcourant les annonces dans une petite ville de 4 000 habitants très à l'écart des grandes agglomérations à qq kilomètres du cantal et de la Lozère, j'ai vu des petites maisons de ville rénovées, à louer pas trop cher. Donc une ville assez autonome, et avec des activités, contrairement à celles plus proches d'une grande ville qui a tout aspiré. Marché deux fois par semaine. Une gare SNCF, sur une grande ligne secondaire, Paris direct.. C 'est pas le TGV, mais bon.
Avant que le bronx arrive là, il aura coulé de l'eau dans l 'Allier. On a le temps de voir venir.
C 'est pas forcément nécessaire d'aller se cacher dans les bois ( sachant qu 'on en a toujours la possibilité ) pour se mettre en sécurité, surtout que ce n'est pas sans danger avec les sangliers, vipères.
Ca répond à 95 % au besoin. Ne pas se trouver dans un lieu potentiellement dangereux, qui peut le devenir soudainement et dont on ne pourra peut être pas partir.
Ca me semble réaliste compte tenu de ma situation.
Puis en attendant , c'est vivable, confortable, on peut avoir un minimum de relations sociales et de services de santé ( ce n'est pas un désert médical )
Après bien sûr il faut faire son stock de patates, de pates, de conserves, de gaz, pour le cas où il y aurait des problèmes d'approvisionnement. Mais je pense qu'on trouvera plus facilement à bouffer dans ce coin car c'est resté très rural, contrairement à ici où fleurissent les chalets résidences secondaires hors de prix et les citadins plus nombreux. Après les supermarchés, les quelques producteurs régionaux où je me sers seraient vite dévalisés.
J 'y pensais , car l'année dernière on a eu deux jours consécutifs de neige en bas et des magasins n'ont pas été livrés. Huit jours de grève générale, on a plus rien à bouffer.
Ici il y a beaucoup de choses que je n'utilise pas en fin de compte : les sports nautiques, le ski, le Casino, le TGV et la proximité de grandes villes comme Genève ou Lyon et la rando parce que ça grimpe beaucoup trop, déjà en sortant de chez moi..
Une offre intéressante m'est passée sous le nez hier matin : une petite maison de ville avec une petite cour et un petit garage ( 400 €). Celle qui restait ( 3 chambres 350 € ) n'en avait pas : rien pour garer mon vélo électrique et la remorque. J 'ai préféré attendre d'autres offres, je vais rester branchée..
Je pense le faire début octobre. Si je n'ai pas trouvé je prendrais un petit apparte en attendant.
Mais je crois bien que c'est la solution, et ça fait un loyer pas trop cher si jamais on se fait étriller par les impots dans pas longtemps, ou si les retraites baissent..( menace réelle avec de fortes probabilités ). C 'est pour ça que je n'ai pas cherché plus grand ici, car on tape dans les 750 €. C 'est aussi plus isolé, désert en hiver et en pleine saison c'est le bazar tous les soirs. On me l'a déconseillé.
Je n'ai pas vraiment d'attaches ici, un peu comme tous les gens qui ont connu la mobilité à outrance pour des raisons professionnelles ou autres. Puis en location si ça va pas, ou si ça va plus, on change. Ikéa on ne déménage pas, on brade sur le coin coin, on donne. Le reste en bagages accompagnés et colissimo.
Puis aujourd'hui, on ne va pas faire tout le tour de Lyon pour acheter le truc qu'on ne trouve pas sur place, sacrée galère : commande sur Internet.
Au lieu d'aller chez brico machin en vélo ou en bus sous la pluie, c'est ce que je fais.
Merci de m'avoir lue et merci pour les conseils qui m'ont aidée à faire ce choix.