Nos Partenaires

Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Alors comme ça, la stratégie n'existe pas ?  (Lu 8418 fois)

07 avril 2012 à 13:02:34
Réponse #25

François



Qu'en est il de la stratégie au niveau Tactique, tout en bas de l'échelle hiérarchique.
Suite à la réflexion en instantanée du groupe de base (les tacticiens), ils élaborent eux aussi une stratégie avant d'avancer, non ?

Webst'.

La limite entre tactique et stratégie est assez floue. Dans cet exemple, l'objet de la réflexion est limité dans le temps et dans l'espace et cela n'est pas à proprement parler de la stratégie. Je crois :-\

Pour moi, la stratégie du groupe, ou de l'individu, ce serai plutôt de savoir s'il est par principe plutôt attentiste ou plutôt doué d'initiative, ou plutôt prudent ou bien plutôt risque-tout,  par exemple. Pas que cela, mais à ce niveau de réflexion.
Espérer le meilleur, prévoir le pire.

09 avril 2012 à 22:38:53
Réponse #26

Dalz


David veut introduire du constructivisme à outrance (la stratégie n'existe pas, c'est un construit). Comme en économie ou l'intérêt de chacun finit par faire le "bonheur" de tous. Sauf que c'est pas le cas.

Après y'a plusieurs manières de voir, comme de faire de la recherche. Je pense que la chose fondamentale à prendre en compte ici c'est le contexte. Du contexte dépendra ou non la stratégie, mais de fait, comment penser le contexte sans penseur ? C'est une impasse logique.

Ce que disait David c'est qu'il faut faire confiance au gens dans la détermination de ce qui doit être fait à un moment donné selon eux. Et de fait aussi il y a un soucis de contexte. Je me rappelle de l'article sur le mec qui a passé un an pendant la guerre serbo-croate. C'est chacun qui a déterminé son propre chemin y'avait pas un penseur dans la ville y'avait qu'une organisation ancestrale de différents groupes, principalement liés à la famille et c'est tout. Est-ce que c'était la solution la plus optimale ? A posteriori je pense pas, mais le fait est là.

Est-ce que l'on revient dans ce cas à la famille + la ferme familiale qui permet de vivre heureux au détriment du modèle actuel de développement ?

Dans le cadre de la rupture paradigmatique que suggère david, on quitte les apports des lumières pour aller sur la théorie des conventions et autres (voir les travaux de Gomez http://www.em-lyon.com/france/professeurs/gomez/index.aspx) ? Dans le cadre de ma thèse j'essaye de bosser sur des formes "émergentes" de "stratégie" ou on inclut directement le "client" dans la création d'un bien / service... Mais c'est pas pour autant que je suis en rupture avec le modèle d'avant, c'est surtout une grosse évolution (ça parlera plus à certains si j'voque (mais c'est différent) les notions de crowdsourcing, de co-création et autre. Bref, y'a une vision mais elle est enrichit, modifiée, améliorée en permanence, et peut être que c'est ça la clef pour "limiter" le goulot d'étranglement (place de la délégation aussi comme il a été soulevé)

Plusieurs personnes (Weick et autres) on bossé sur la notion de sens, et comment on donne sens on fait sens quand ça part en vrille et c'est ce qui me parait intéressant au fond. La stratégie n'agit pas quand ça part en vrille, éventuellement on se fixe alors une mission, et on s'engage. Une collègue bosse la dessus sur la "crise" lié à la canicule (http://basepub.dauphine.fr/publications?value=Adrot%2C+Anouck&type=author) c'est vraiment marrant à lire et effectivement on voit la stratégie se désagréger au fur et à mesure, parce que le contexte est différent, et en fait chacun le perçoit. C'est là que c'est important.

C'est ce qui fait notre perception qui fait la compréhension du contexte. En revanche la cognition fera qu'on ne le comprendra pas de la même manière sur certains points (déjà été dit avant d'ailleurs, culture proche = compréhension proche en gros). Je pense que c'est un problème à prendre à la renverse et de se poser finalement la question est-ce que l'action organisée d'un groupe vers un but existe ?
Et là, la réponse me paraît évidente, oui. Alors tout dépend de ce qu'on entend pas Stratégie. Mais Est-ce que c'est cette action organisée d'un groupe vers un but, ou est-ce que c'est l'action organisée d'individus ? Qu'est qui fait l'identité groupale ? En bref, vu que le Manitou et d'autres aiment bien certains penseur c'est un problème complexe (vraiment, au sens de Morin) on pourra pas faire de systémique et autre, et la conclusion c'est qu'on ne peut trouver de réponse que complexe, peut-être pourrions-nous construire un principe, mais j'en suis même pas sur. (et je suis maintenant complètement perdu...)

13 avril 2012 à 22:51:25
Réponse #27

LOKMIKAEL


Bonjour,

Comme je l’annonçais dans mon post de présentation, j’ouvre à nouveau le fil dédié à la réflexion un tantinet provocante de David Manise au sujet de la stratégie. Je propose un angle d’approche qui s’éloigne de la réflexion théorique et privilégie l’étude d’un cas historique. Je vais faire en sorte de ne pas être trop long.

Quelques membres ont évoqué à juste titre la défaite de mai/juin 40 : c’est un exemple d’effondrement particulièrement spectaculaire de l’Historie contemporaine. Son étude est à mes yeux légitime sur un site de survie, au même titre que la chute de L’URSS, de la faillite de l’Argentine, ou pourquoi pas la fin de l’Algérie française et l’exode des Pieds Noirs. Ce fut un effondrement à la fois militaire, politique, morale et économique (in fine) dans lequel le rapport à la stratégie sur un plan national/collectif fut précisément déterminant (et fatal pour l’indépendance de la France). Si j’apprécie  la citation de Sun Tzu dont s’est servi judicieusement Euburon laquelle résume en grande partie mon propos, j’espère aussi en nuancer la portée normative dans les esprits (les aphorismes : c’est bien mais faut pas en abuser, ce qui n’est pas le cas d’Euburon faut-il le préciser ;)).

C’est bien une renonciation à la pensée stratégique qui a perdu le pays. Et c’est le fruit d’une faillite intellectuelle d’une partie de l’Etat Major des Armées qui se fait jour dès les premiers mois de la Grande Guerre à la suite de l’échec du Plan 17. L’arrogance née de la Victoire et le conformisme intellectuel alimenté par la longévité aux commandes de ses concepteurs vont amplifier les effets d’une doctrine néfaste pour la sécurité nationale au cours des années 20 et 30. La conséquence la plus visible pour le grand public – et les générations postérieures – se concrétise par la construction de la Ligne Maginot, si révélatrice de l’état d’esprit dominant.  ^-^ ^-^

Ce courant de pensée, quel est-il ? Ni plus ni moins l’affirmation que la stratégie doit céder la place à la tactique, elle même tributaire de la maîtrise technique des forces armées, dont les concepts clés sont mobilisation de masse, front continu, ouvrages fortifiés, bataille méthodique, frontière du Nord-Est… C’est un certain Philippe Pétain élevé au rang de Maréchal de France après l’Armistice qui fut le maître à penser de cette école qui nous entraîna dans la catastrophe la plus terrible de notre histoire.  :o

Mais l’histoire diplomatique est complexe et pétrie de retournements sur lesquels je ne m’étendrai guère et me contenterai de schématiser. Il y a un impératif stratégique qui s’impose  en France au moment du Traité de Versailles : c’est la neutralisation durable (sinon définitive) de l’Allemagne. Comment y arriver ? Foch qui représente l’école des stratèges d’avant guerre et qui fut l’incarnation avec Clémenceau de la volonté de vaincre au cours du conflit, notamment en mars1918 lors de la grande offensive allemande où il déploya énergie et clairvoyance, préconise (outre le désarmement de la Reichwehr dont on se doute bien qu’il ne durera pas éternellement) de reconstituer une alliance à revers (les Russes devenus bolcheviques sont nos ennemis) en organisant avec Berthelot, secrétaire général aux Affaires Etrangères, la Petite Entente qui regroupe divers pays issus du démembrement de l’Empire Austro-hongrois : Pologne, Roumanie, Yougoslavie, Tchécoslovaquie.

Ainsi obligerait-on l’Allemagne à lutter une fois de plus sur deux fronts dans une logique de guerre longue qui venait de la mettre à genoux. Le problème c’est que pour mener à bien cette stratégie il faut assumer une adaptation et une transformation en profondeur de notre outil de défense. Il s’agit de penser globalement dans un système d’assurance mutuel et d’être prêt à épauler nos alliés en cas d’agression : il faut donc être capable de projeter nos armées à l’extérieur. Exit la guerre défensive et la bataille méthodique dans un espace étriqué saturé de troupes : place à la guerre de mouvement fondé sur la combinaison des forces mécaniques et de l’aviation comme l’exposait le commandant De Gaulle. Bref, subordonner la tactique à la stratégie…   :doubleup: :doubleup:
Or, vous l’aurez compris, cette politique volontariste, susceptible d’engager des actions extérieures de grande envergure que les Ligues fascistes dénonceront comme une politique belliciste dans les années 30, se heurte au dogmatisme  du tout tactique né des convictions qui s’étaient ancrées à Verdun, la Somme et sur d’autres champs de bataille hexagonaux du 1er conflit mondial.

Un général bien en cour auprès de Pétain écrit en 1938 alors que la Tchécoslovaquie, pièce maîtresse des alliances françaises en Europe Centrale est sur le point d’être sacrifiée aux appétits de Hitler que « [nul] ne pourra plus imposer sa volonté à l’une de ces nations privilégiées auxquelles le front continu est accessible parce que cette nation sera bien trop sûre de son invulnérabilité pour se laisser influencer par une pression diplomatique. »
L’éloge de l’isolement diplomatique fondé sur une théorie militaire érigée en vérité intangible (dont effectivement la réalisation fut purement théorique et donc illusoire, le front continu exigeant la mise en œuvre de moyens titanesques pour avoir une chance d’être efficace – il faut que les défenses soient de valeur et de densité équivalentes partout – ce qui ne fut jamais le cas et de ce point de vue la percée de Sedan en donna une preuve dramatique) impliquait que les possibilités techniques commanderaient le choix des alliances et la politique extérieure du pays. En clair, on ferait ce que l’Allemagne nazie attendait qu’on fît. Un tel état de désintégration morale (j’utilise à dessein l’expression du général André Beauffre), de régression intellectuelle, est le signe que l’ennemi, certainement bon stratège, a déjà gagné avant même d’engager la bataille.  :blink:

Maintenant il est temps de retourner la problématique : si les français renoncent à la stratégie fondée sur l’action diplomatique et les traités d’alliance et se complaisent dans des théories fumeuses qui introduisent une irrémédiable discordance entre politique extérieure et politique de défense ; que se passe-t-il en Allemagne ?

Tout l’effort de la nation allemande placée depuis 1933 sous l’emprise du régime totalitaire hitlérien est tendu vers la réalisation des objectifs stratégiques du chef qui est hanté par la revanche militaire à prendre sur la France (c’est clairement exprimé dans Mein Kampf), son idéologie raciale, et sa soif d’espace « vital » à l’Est. La guerre d’agression est donc au centre du projet de Hitler qui d’ailleurs a réussi la (re)-militarisation de la société allemande. Celui-ci en accord avec les stratèges allemands de l’après-guerre a compris qu’il devait préparer une guerre courte sur un seul front.

Avec beaucoup de maestria il démolit méthodiquement, par « actions successives », par la recherche de « l’exploitation des lignes de moindre résistance », le réseau d’alliances des Français en Europe Centrale et s’arrange avec un art consommé de la séduction pour qu’une part influente de l’opinion en France (milieux d’affaires, Ligues, une partie des hauts cadres de l’armée et du monde politique) consente ou pousse au sabotage des traités (Tchécoslovaquie, URSS). Simultanément, on met sur pieds une armée mécanisée (partiellement), une aviation puissante et on expérimente en Espagne les tactiques qui permettront la rupture du front le moment venu. Il finit par écraser la France en un laps de temps ridicule. Ceci est largement connu, ce n’est point la peine de développer plus longuement. J'ai limité volontairement l’analyse aux seuls rapports franco-allemands.

Ce qui est moins connu c’est que le plan initial de Hitler (Mein Kampf toujours) postulait le découplage précoce de l’Angleterre, alliée de la France, au profit de l’Allemagne. C’était la condition fixée à l’hégémonie continentale allemande. Or, ni Hitler ni son fondé de pouvoir Von Ribbentrop ne purent entamer sérieusement l’entente franco-britannique. En 1935, Hitler est contraint de choisir l’alliance continentale avec l’Italie (lors de l’affaire d’Ethiopie) : c’est la naissance de l’Axe. En 1936 Edward VIII, souverain anglais pro-nazi, abdique. De 1938 à 1940, malgré les manœuvres de Lord Halifax et de Chamberlain, toujours prompts au compromis avec les Nazis, c’est finalement le camp de Churchill qui l’emporte. L’Angleterre devient alors l’ennemi implacable du régime nazi et au terme d'une lutte sans merci finit par le vaincre (avec l’aide américaine et russe ;)).

Si la stratégie de Hitler (Wehrpolitik) lui permit de grandes réussites elle contenait en germe les causes de l’échec final. L’incapacité à rallier la Grande Bretagne à ses vues aurait dû inciter le Fürher et son Etat major à plus de retenue et de souplesse dans l’exécution de leurs plans. Au demeurant le rapprochement avec l’Angleterre avait quelque chose de profondément irréaliste : en dehors de quelques illuminés (dont Edward VIII), la perspective du militarisme, de l’antisémitisme comme religion d’Etat et de son corollaire le culte de la race des seigneurs, enfin de la dictature ne séduisait guère les foules britanniques… Or c’était la raison d’être du régime nazi qui ne pouvait se réformer pour plaire aux Anglais… Pourtant les Allemands ont appliqué leur stratégie comme s’ils avaient été exemptés de chercher une solution au problème posé par l’Angleterre.

Les stratèges ne devraient jamais fantasmer le monde car ils risquent de s’enfermer dans le monde comme si, celui du déni… Parfois pour le plus grand bonheur de tous. ::)


 

From each according to their ability, to each according to their needs

14 avril 2012 à 08:51:17
Réponse #28

polartux


J'apporte un peu d'eau au moulin sur le terrain que je connais (ou je suis total à coté de la plaque  ;# )
Amha, il s'agit du modèle organisationnel utilisé dans l'open source ( dans la pensée de david).
Ce modèle pourrait très bien est appliqué à un groupe d'individu, alors oui, ça fonctionne car il y a les moyens de communications nécessaire pour rapidement partager. Quel que soit la théorie elle dépend totalement des moyens de communication.

Mais je pense que quelque soit la théorie, l'organisation dépend avant tout des moyens de communication disponibles.
Dans le cas d'un mode dégradé, le seul moyen restant sera à mon avis le QRP: http://qrpfr.free.fr

Des liens pour comprendre la philosophie:
http://gesd.free.fr/forayz.pdf
http://adonnart.free.fr/doc/catbazar.htm
http://www.tice.ac-versailles.fr/logicielslibres/spip.php?article102

14 avril 2012 à 09:09:55
Réponse #29

azur


Mais je pense que quelque soit la théorie, l'organisation dépend avant tout des moyens de communication disponibles.
Dans le cas d'un mode dégradé, le seul moyen restant sera à mon avis le QRP: http://qrpfr.free.fr
Dans l'armée, on considère qu'il y a 3 fonctions essentielles à toute action:
- le commandement (un chef, une hiérarchie et surtout, surtout les moyens de communication indispensables du haut en bas de la chaine)
- le renseignement (appelée "connaissance et anticipation" au niveau stratégique)
- la logistique (les moyens d'accomplir l'action)
Sans ces trois fonctions, toute action est impossible, et je pense que c'est également valable pour n'importe quelle projet, qu'il soit civil ou militaire...
Tout le monde savait que c'était impossible... est venu un idiot qui ne le savait pas, et qui l'a fait!
------------------------------------------
Boviner, c'est contourner par le centre...

14 avril 2012 à 19:06:09
Réponse #30

psion


Citer
Pour moi, une troisième voie existe.  Et il s'agit de l'intelligence collective, qui émerge de l'intéraction d'acteurs décentralisés qui peuvent être vaguement coordonnés par un objectif commun plus ou moins clair, une idéologie, une identité, un algorythme quelconque... 


ça marche même assez bien , Al Qaïda fonctionne comme ça, une idée sous licence en quelque sorte, après chacun adhère et s'organise comme il veut, quand il veut, dans des actes isolés qui bout à bout font des constructions collectives,

souvent cette stratégie absente ou très peu marquée se retrouve dans des réalisations en dehors ou contre le système occidental classique dominant

14 avril 2012 à 20:08:19
Réponse #31

azur


ça marche même assez bien , Al Qaïda fonctionne comme ça, une idée sous licence en quelque sorte, après chacun adhère et s'organise comme il veut, quand il veut, dans des actes isolés qui bout à bout font des constructions collectives,

souvent cette stratégie absente ou très peu marquée se retrouve dans des réalisations en dehors ou contre le système occidental classique dominant
Ce système fonctionne si tout le monde adhère à une idée commune et s'attache à la servir avec intelligence... ce qui n'est pas applicable à une nation où, de fait, tout les avis ne convergent pas et où la loi remplace l'idéologie!
Tout le monde savait que c'était impossible... est venu un idiot qui ne le savait pas, et qui l'a fait!
------------------------------------------
Boviner, c'est contourner par le centre...

14 avril 2012 à 20:23:18
Réponse #32

** Serge **


ce qui n'est pas applicable à une nation où, de fait, tout les avis ne convergent pas et où la loi remplace l'idéologie!

Les deux mandats prestés par George W. Bush tendent à infirmer cette proposition.

Une nation, où l'on a fait converger ( momentanément ) les avis et où l'idéologie a forgé la loi et l'esprit de la loi.

Citer
intelligence collective, qui émerge de l'interaction d'acteurs décentralisés qui peuvent être vaguement coordonnés par un objectif commun plus ou moins clair, une idéologie, une identité, un algorythme quelconque... 

Nous retrouvons complètement ce qui a prédominé sous ces mandats, avec l'émergence radicale des think tanks et l'agressivité du lobbying.

Ceci pour nous rappeler à tou(te)s que non, non, même un samedi soir, nous ne pouvons déroger à la règle : pas de politique  ;)
Donc, recentrons-nous tou(te)s sur le sujet initial. Merci d'avance. Et Mea Culpa, comme disait l'autre.


                                                           
"The quality of your life is a direct reflection of the quality of your communication with yourself and others." - Anthony Robbins
http://jahozafat.com/0029585851/MP3S/Movies/Pulp_Fiction/dicks.mp3
"Communications without intelligence is noise; Intelligence without communications is irrelevant." ~ Gen. Alfred. M. Gray, USMC

25 avril 2012 à 06:10:32
Réponse #33

jeanjacques


Lokmikael, ton rappel historique est extrêmement intéressant et particulièrement instructif. C'est un condensé lumineux pour mettre en parallèle stratégie et tactique sur un sujet bien concret.

Ne t'arrête surtout pas à 2 messages ;)
Adhérent Unpact.

25 avril 2012 à 20:14:11
Réponse #34

LOKMIKAEL


Je te remercie JeanJacques pour cette appréciation élogieuse. J'ai moi-même adoré un certain compte-rendu de HRP particulièrement jubilatoire dont tu es il me semble l'un des co-auteurs. Mais c'était sur un autre forum...  8)

Je te rassure : je m'efforcerai d'intervenir encore sur le forum de David Manise dès que les topics s'y prêtreront.

Les derniers développements du fil abordaient des aspects politiques. Je sais que c'est toujours délicat d'introduire la question politique sur un forum : on a toutes les chances que cela parte en eau de boudin. Toutefois, on ne peut dissocier la question stratégique d'un projet politique lequel soulève également la question morale, celle de la fin et des moyens. Dans les années 30  la plupart des hommes politiques français en vue (je ne cite aucun nom pour ne pas incommoder le concierge ;)) n'avaient aucune ambition politique en dehors des combinaisons qui leur permettaient d'accéder ou de se maintenir au pouvoir à la Chambre, ambiance typiquement Troisième République. On avait plutôt tendance par commodité et paresse intellectuelle à réduire la vie de la nation (et de l'Empire colonial) à une addition d'intérêts particuliers - antagonistes ou proprement opposés à l'intérêt général - que l'on servait, surtout les plus gros... Impossible dans ce cas d'avoir une vision politique d'ensemble digne de ce nom et d'élaborer une stratégie pour la faire aboutir.

Je peux conseiller quelques ouvrages pour ceux qui voudraient approfondir ces questions : 

Introduction à la stratégie du Général André Beauffre (un must constamment réédité à 3 francs 6 sous ; Beauffre était l'un des plus jeunes officiers du GQG, en 1939 il participa à la mission de négociation avec les Russes qui comme chacun sait s'est soldé par un échec cuisant et mérité)

L'étrange défaite de Marc Bloch (idem, observations et réflexions à chaud d'un des meilleurs historiens français du 20ème siècle - en fait un médiéviste  fondateur de l'école des Annales - sur l'effondrement de Mai 40)

Les fossoyeurs de Pertinax (pseudonyme d'André Géraud, directeur du service étranger de l'écho de Paris, plus difficile à trouver : éditions d'époque 1943)

@+ donc  :D
From each according to their ability, to each according to their needs

27 août 2012 à 08:59:39
Réponse #35

Dalz


Alors, finalement, existe t elle ou n'est elle qu'un construit ?

Peut importe finalement.

Imaginons nous 30 000 ans en arrière et une troupe de sapiens sapiens en manque de bouffe, ne peut on pas raisonnablement penser que, en voyant certains détails des peintures rupestres y'avait pas une once de stratégie (pour caricaturer fin) dans les chasses ou n'était-ce que de la tactique (pour caricaturer moyen) ?

Désolé, mais je doute que la stratégie soit un construit, l'être humain de part se conscience et sa faiblesse relative (sans moyen) a de très longue date du
1 se regrouper
2 se démerder ensemble pour boire / se chauffer / bouffer

Bref, la stratégie à, amha, toujours existée, mais elle fut si proche de la tactique (manger = tuer de la bête en rentrant vivant = si je trouve qu'un troupeaux d'aurochs, bah on bouffera de l'oiseau...) que je ne pense pas qu'on puisse réellement la "séparer". Sauf peut être dans l'idée que toute la troupe est d'accord sur la stratégie, mais le chef mènera la tactique, peut importe les désaccords ?

En bref, une stratégie commune et admise par tous = faut qu'on trouve à bouffer. Et les moyens de décisions et tactiques totalement dédiés à cette mission sont autonomes.

Mais ça c'était avant, l'histoire magistralement résumée par LOKMIKAEL a donné quelques exemples sympa.

Mais pour finir, je pense qu'on peut dire que, au sens de cette histoire imaginaire, la stratégie existe et elle doit nécessairement dépendre du contexte et être autonome (localement inscrite et capable) pour rendre la tactique efficace...

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


Soutenez le Forum

Les dons se font sur une base totalement libre. Les infos du forum sont, ont toujours été, et resteront toujours accessibles gratuitement.
Discussion relative au financement du forum ici.


Publicité

// // //