1. Quelle légitimité donnons-nous (ou pas) à la violence dans l'éducation apportée à nos enfants ?
Ça semble a priori assez facile de leur expliquer que la violence peut être parfois légitime, parfois pas. Ce qui est plus compliqué, c'est de proposer à des enfants des critères relativement simples pour savoir quand c'est légitime ou pas.
Sur ce point, l'éducation à "la violence" passe déjà par la façon de sanctionner les désobéissances de l'enfant.
Il y a ceux qui laissent tout faire et ne sanctionnent rien par refus catégorique de la violence. A de rares exceptions près, on sait où cela mène...
Il y a ceux qui sanctionnent sans discernement et sans placer de hiérarchie dans les fautes commises par l'enfant. c'est tout aussi dommageable pour l'enfant qui va avoir le sentiment d'être pris dans un carcan dont il se sera tenté de se libérer, avec des conséquences parfois désastreuses (l'envie de tout envoyer promener)
Personnellement, j'ai ramassé un certain nombre de fessées, gifles, coups de pieds... mais à chaque fois, je savais parfaitement pourquoi que ramassais, et j'avais parfaitement conscience de les avoir mérité: on transgresse la loi de l'autorité (en l’occurrence, les parents), donc on mérite d'être sanctionné si on est pris. D'ailleurs, je n'ai pas souvenir que mes parents aient pris plaisir à me sanctionner, et pourtant, ils l'ont fait, et je les en remercie.
Ce seul comportement est déjà une bonne éducation à l'usage de "la violence" car l'enfant est à même de comprendre rapidement pourquoi il a mal, et a bien conscience que cet usage de la violence est légitime!
D'ailleurs, l'usage de la violence légitime est intimement lié à l'équité
Ceci ne concerne pas ceux qu'on appelle "enfants battus" qui subissent, eux, les accès de colère de leur autorité sans aucune justification. cela donne souvent des enfants violents ou à l'inverse complètement renfermés sur eux-mêmes
Dans ce domaine, il y a encore une analogie avec l'équitation (ou avec le dressage de n'importe quel animal, en fait): un animal qui a transgressé la loi du dresseur ne se rebellera jamais contre une sanction, aussi dure et violente soit-elle, s'il a compris pourquoi il est sanctionné.
En revanche, celui qui s'avise de frotter l'animal alors qu'il n'a rien fait de mal peut, et même doit, s'attendre à un brusque retour à la réalité!
Jean d'Orgeix (cavalier, guide de brousse, champion de voltige aérienne, navigateur...) en parle admirablement dans son ouvrage "
une approche psychologique de l'équitation"
La conclusion: pour éduquer à l'usage légitime de la violence, il faut déjà une grande rigueur dans son propre comportement, et surtout un référentiel clair connu des "deux parties en présence".
Ce référentiel peut avoir pour base la "loi naturelle": le respect de la vie et de l'intégrité d'autrui.