Au dessus de quasi tous mes bivouacs en Forêt, je tends une tyrolienne. Facteur sécu ne Jungles, ça l'est tout autant par chez moi ou les branches ont une facheuse tendance à percuter le sol pendant eET après les "coups de vent". Ce montage peut être asocié à n'importe quel type de bivouac, mais il est parfait pour tendre une bâche et monter un hamac.
Le danger … peut aussi venir du ciel :

Photo 1 : La plupart des grosse branches mortes se trouvent ici à mi-hauteur, pèsent une quarantaine de kilos, sont difficilement identifiable de nuit.
Si dans des circonstances « normales » la chute d’arbre sur un bivouac reste un épiphénomène, la chute de branches n’est pas rare et peut être dangereuse. En effet, c’est un risque difficilement prévisible mais probable, notamment dans les cas suivants :
- En cas de coup de vent : dans des régions éloignées des côtes et dans des zones peuplées de résineux ;
- Toutes saisons sous de grands feuillus ;
- A l’issue de tempêtes ou des branches fragilisées tombent bien après le coup de vent.
Enfin, en cas d’installation de nuit, ou quand la tête des arbres et verte, il est difficile de discerner les branches dangereuses. Quand il y a un doute, il n’y a pas de doute…et on cherchera toujours à privilégier une installation 1 heure avant le coucher du soleil.
L’installation d’une faitière au dessus du couchage est alors une mesure de précaution nécessaire et parfois indispensable. On parlera d’ailleurs plutôt du triptyque « Tarp + faitière + hamac ».
I. Montage de la Faîtière (D)
Différentes techniques sont envisageables. Je retiens celle de la Tyrolienne simple horizontale.
Cette technique, rapide et fiable est aussi utilisée pour équiper un point de franchissement ou une ligne de sécurité au dessus d’une coupure sèche ou humide : « Tyrolienne simple horizontale ».

Photo 3 : la faitière (le mou de corde est ravalé
au niveau du nœud de tension à droite)
Matériel indispensable : une corde, si possible statique et entre 9 et 11 mm de diamètre. 20 mètres me semble être un bon compromis, car :
- l’espace entre les arbres est en moyenne de 5 à 10 mètres dans une forêt ;
- la largeur moyenne d’une coupure humide en Europe est de 9 mètres se présentant - toujours en moyenne - tous les 900 m.
Il est aussi utile de se soucier du rapport « poids/utilité » ; ce dernier doit rester acceptable.
En déplacement, la polyvalence d’une corde est un compromis entre :
- le poids,
- la longueur
- les caractéristiques techniques d’utilisation (résilience et résistance à la traction, élasticité, « rusticité » ou longévité).
La corde choisie doit pouvoir répondre à de multiples usages : rappel, tyrolienne, brelage, dans l’eau comme à terre, etc.) et les limites d’emploi doivent être connues et impérativement respectées, marge de sécurité déduite.
En plus de la corde, certain accessoires peuvent être utiles : ce matériel n’est pas indispensable mais facilite grandement la tache, tant pour le montage que pour le démontage. Il permet aussi d’optimiser la durée de vie de la corde en limitant les frottements. Il s’agit :
- de la manille ou du mousqueton servant de renvoi pour le nœud de tension.
- Du « martyr », simple bout de bois sec épluché, qui permet de donner du jeu à un nœud lors du démontage, même si ce dernier est soumis à de fortes tensions en milieu aquatique !
Installation de la faitière par étapes :
1. point d’amarrage
- Environ 2 m de hauteur (presque à bout de bras) ;
- Nœud de cabestan : ce nœud très facile à exécuter, à la particularité de se serrer sous la tension et de se desserrer aisément quand cette dernière se relâche ;
- Fermer ce dernier avec des demi-clefs ;

Photo 4 : nœud de cabestan + demi-clés
2. Nœud de tension
- à environ une brassée de l’autre tronc, faire une ganse.
Elle servira de renvoie pour le reste de la corde après avoir fait le tour de l’arbre. Utiliser un nœud de huit ou de neuf, plus facile à défaire et proscrire le nœud de plein point. Pour ces neoud il plus que recommandé de mettre en place un « martyr ». Ce dernier, en bois sec et épluché, dépassant largement de part et d’autre, donnera le jeu nécessaire pour défaire aisément le nœud de renvoi. L’on peut aussi se servir d’une autre corde (1 m) et mettre en place un nœud autobloquant type Prussik ou Français. Pour éviter une usure prématurée de la corde et facilité la tension, le mousqueton entre en jeu.

Photo 5 : Nœud de tension (Nœud de Huit + « martyr » équipé d’un mousqueton) ;
le renvoi est dans la main, prêt pour la tension.

Photo 6 : Nœud de tension ; la corde à été souquée, le renvoi est dans la main, prêt à être arrêter par un tour mort autour de l’arbre puis par un souquage en huit sur le dispositif de tension. .

Photo 7 : Nœud de tension ; souquage en huit sur le dispositif de tension, que l’on arrête par une ou deux demi clé. Ces « huits » permettent de resserrer
encore les deux brins et de rajouter encore à la tension de la tyrolienne.
Christophe;