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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Une stratégie spécifique pour les "minorités visibles" ?  (Lu 5655 fois)

15 février 2012 à 14:44:12
Lu 5655 fois

Raolux


Bon, j'ai beaucoup hésité avant d'ouvrir ce fil car, je pense qu'il est susceptible de faire déraper... Mais je pense que certaines questions méritent d'être abordées.
Alors voilà la question que je me pose : le fait d'être un étranger (ou de ressembler à) doit-il conduire o la mise en place d'une stratégie de survie spécifique en cas de gros bordel ?
En ce qui me concerne je dirais oui, car, à tort ou à raison, les étrangers deviennent fréquemment des bouc-émissaires dans ces cas.
Par ailleurs, l'un des principes du survivaliste est le "low-profil", c'est à dire se fondre dans la masse/l'environnement, pour attirer le moins possible l'attention.
Un point précis reste aujourd'hui en suspens pour moi : en cas d'effondrement éco durable, il semble préférable de vivre en espace rural ; mais étant "d'aspect louche", est-ce bien judicieux. Certes, à la campagne, il sera plus facile de trouver les ressources élémentaires, mais, trés difficile de se fondre dans la masse... donc possibilité de devenir une cible de choix pour ceux qui cherchent des bouc-émissaires.
J'aimerais bien qu'on discute de ce sujet dans le calme, la séreinité et, pourquoi pas, la camaraderie.

15 février 2012 à 15:06:43
Réponse #1

Bison


Bonjour Raolux,

Tu as eu raison d'hésiter ...
Je ne crois pas que cette discussion va dérapper.
Simplement s'enliser rapidement dans des supputations diverses et des lieux communs.

On va laisser la laisser ouverte un certain temps cette discussion, pour lui laisser le temps de me donner tort !  ;#
Un enfant qu'a pas une paire de bottes, une canne à pêche et un lance-pierre, c'est pas un vrai. (A. Gavalda)

15 février 2012 à 15:34:16
Réponse #2

Chris-C


ben fasse à la connerie on est tous égaux....
si t'as un aspect louche dans le regard de l'autre, dans une situation de crise un peu longue c'est tes compétences qui te sauveront.
Puisque par définition c'est pas en temps de crise que l'on devient ouvert et accueillant.... c'est plutôt repli.

Donc un étranger qui a un réseau social correct, des compétences et l'envie de s'en sortir ça ira. Comme pour le non étranger finalement.

Il faut bien se rendre compte que l'on est tous l'étranger de quelqu'un sans parler de nationalité.
La dernière fois en route un stage Ceets avec David on s'est arrêtés pisser en pleine campagne (je dirais pas où  :closedeyes: )
des "gens du coin" nous on regarder comme si on débarqué d'une autre planète "genre c'est quoi c'est étranger qui pissent dans nos champs"....
La même chose en temps difficile on manger la chevrotine c'est trop clair....
Bref en France j'ai souvent pris dans les dents un "rentre chez toi" non sans raison parfois, mais quand même ça remet les pieds sur terre.

Donc en gros si c'est au moment ou ça chie que tu débarques en campagne comme une fleurs tu seras toujours un étranger et se sera très dur.

Vivre ou revivre à la campagne ça ce mûri et on si prend à l'avance, on cherche une bonne terre sinon on mange du plomb...c'est la vie.


Anecdote:

un pote en couple c'est installé il y a maintenant 3 ans à la campagne. Il a plein d'histoires croustillantes, des 1er temps ou ils étaient espionnés par le voisinage. Il dit que c'est grâce au troupeau et à la santé des bêtes que l'intégration c'est bien passé. Et il a pas une gueule de banquier qui débarque à la jean de florette hein.

Les rapports humains et la propriété c'est un truc....pas évident.

15 février 2012 à 15:40:36
Réponse #3

Raolux


Effetcivement le réseau social reste déterminent.
Dans le cas de l'étranger, je pense que l'écueil à éviter est le communautarisme, même s'il peut être plus rassurant a priori.
Donc, selon toi, Plumock, il n'y a pas à proprement parler de spécificité dans la stratégie à mettre en place, mais plutôt un respect plus rigoureux des principes "universels" ... OK

15 février 2012 à 15:41:28
Réponse #4

Chris-C


Si comme tu le pense, tu peux être la cible de certain... je pense que tu sera bien plus en sécurité a la campagne.
Les gens ce connaissent, les familles sont installer depuis longtemps, rien a voir avec une ville...

L

tu fais un super raccourcie Lerodeur.  Les gens se connaissent à la campagne comme tu le dis parceque ils ont la depuis longtemps, ça veut pas dire qu'il saute de joie à l'arriver d'un nouveau, surtout en période difficile ou le prix de la terre va remonter trés vite....

15 février 2012 à 15:51:00
Réponse #5

Chris-C


Citation de: Raolux
Donc, selon toi, Plumock, il n'y a pas à proprement parler de spécificité dans la stratégie à mettre en place, mais plutôt un respect plus rigoureux des principes "universels" ... OK

Si quelqu'un en veut à ta peau, quelque soit ta nationalité, ton pays d'origine, si tu dois faire face c'est universel.
Si tu penses que ta sécu pourrait être menacée le jours où le climat social se durcit, il faut faire ce qu'il faut pour te mettre à l'abris.
Ce que je dis c'est que en avoir conscience ne suffit pas. Ce faire accepter dans un nouveau coin prend du temps et choisir ce coin encore plus. Et faire la bascule vers cette nouvelle vie n'est pas donné à tous le monde.

Bref c'est pas pour rien qu'il faut combattre l'intolérance.


15 février 2012 à 15:53:41
Réponse #6

lerodeur


Dans une telle situation... je pense que tu sera bien plus en sécurité a la campagne.

Les gens ce connaissent, les familles sont installer depuis longtemps, rien a voir avec une ville...
La chose la plus importante a mes yeux et de te faire connaitre et de participer, aider, travailler avec les gens.
Ils ont besoin de savoir que tu est quelqu'un de bien (légitime si il y a des vols).

La couleur, les origines non pas d'importance, les gens accorderons plus de valeur au petit jeune (et as sa famille) qui ce démènera, jardinera fera du bois.....bref s’intégrera qu'a une famille vivant seul.

15 février 2012 à 15:56:44
Réponse #7

Chris-C


Citation de: Raolux
Dans le cas de l'étranger, je pense que l'écueil à éviter est le communautarisme, même s'il peut être plus rassurant a priori.

Il est naturel de chercher la protection des siens, surtout si un Etat X n'est pas en mesure de faire son devoir c'est à dire proteger les citoyens quelque soit leur origine, leur appartenance...ect

c'est pour ça que je partage pas la vision de Lerodeur. Si ça chie je préfére rester avec les miens, ma communauté, pour des raisons évidente de solidarité. Partir sur la route les bagages sous le bras pour atterir dans une campagne(une autre forme de communauté)
c'est pas l'option que je retiendrais....

15 février 2012 à 16:05:27
Réponse #8

Raolux


le repli communautaire, voire identitaire,  présente effectivement une sécurité... mais peut accroître le ressentiment de ceux qui pensent que les étrangers sont la source du problême.
Dans l'idéal, l'option proposée par Lerodeur me semble bonne (intégration dans une petite société en campagne) mais sa mise en oeuvre pratique est effectivement trés (trop ?) compliquée.

15 février 2012 à 16:18:36
Réponse #9

Raiderscout


c'est pour ça que je partage pas la vision de Lerodeur. Si ça chie je préfére rester avec les miens, ma communauté, pour des raisons évidente de solidarité. Partir sur la route les bagages sous le bras pour atterir dans une campagne(une autre forme de communauté)
c'est pas l'option que je retiendrais....

TAFDAC
J'ai jamais bien compris ce concept - que j'assimile à du romantisme BOBO- de Fuite à la campagne des gens de la ville à partir du moment ou l'urbain prend feu. Je pense même que c'est la meilleur solution pour crever rapidement de faim et de froid sur une route au milieu de nul part. S'il n'y a pas une famille TRES proche qui vous y attend, dite vous bien que quand on ne peut compter que sur soi avec un état qui fout l'camp et des ressources comptés, la cohésion rime avec amitié des cons. Survivez ou vous vivez.
Et avant de faire son trou, en arrivant de nul part, faut déjà faire profil bas. la première chose que l'on vous expliquera c'est qu'avant vous on vivait très bien, et qu'après vous on sera pt'ét mieux.
J'm'emporte pas ... J'Explique  ;D

Désolé si HS ....PAVC

Christophe.
"Be Prepared !"

15 février 2012 à 17:33:07
Réponse #10

Moleson


TAFDAC
J'ai jamais bien compris ce concept - que j'assimile à du romantisme BOBO- de Fuite à la campagne des gens de la ville à partir du moment ou l'urbain prend feu. Je pense même que c'est la meilleur solution pour crever rapidement de faim et de froid sur une route au milieu de nul part. S'il n'y a pas une famille TRES proche qui vous y attend, dite vous bien que quand on ne peut compter que sur soi avec un état qui fout l'camp et des ressources comptés, la cohésion rime avec amitié des cons. Survivez ou vous vivez.
Et avant de faire son trou, en arrivant de nul part, faut déjà faire profil bas. la première chose que l'on vous expliquera c'est qu'avant vous on vivait très bien, et qu'après vous on sera pt'ét mieux.
J'm'emporte pas ... J'Explique  ;D

Désolé si HS ....PAVC

Christophe.
Durant la période d'hyperinflation en Allemagne, des gardes tiraient à vue sur les gamins qui tentaient de s'emparer de quelques pommes de terres sur les champs. Donc ça peut aller très vite et très rapidement devenir très dur.

En ce qui concerne le communautarisme, malheureusement c'est une constante dans l'humanité.
Tant qu’économiquement ça va bien, il n'y a pas trop de problèmes de se mélanger par ce que finalement c'est la qualité de l'individu qui compte et pas son appartenance à un clan quelconque.

Par contre dès que les conditions se dégradent, la collectivité prend beaucoup plus d'importance et les chances de survie en se mettant dans un clan quelconque sont nettement plus élevée, qu'en fonctionnant uniquement comme individu. Ça donne le résultat paradoxal, que l'individu est près à se sacrifier pour le clan (une action altruiste), mais dans le même temps va exclure jusqu'au génocide tout être humain qui n'appartient pas au clan. C'est quelque chose qui est imprimé profondément dans la psyché humaine, car ça a permis à l'humain de survivre avant la constitution des états et des villes.
La guerre des Balkans est un exemple très parlant. Plus près de nous, lors des émeutes de Londres, la fracture était clairement communautaire.

Ce qui est nouveau et assez unique aujourd'hui, est que le tissus social pour un très grand nombre de personne est quasiment inexistant. On fonctionne en tant que famille, voir famille monoparentale, on a des collègues de travail, mais un vrai réseau social est totalement absent.
En cas de gros troubles sociaux et économique, ça va être assez intéressant de voire comment se débrouille l'urbanite lambda et comment se débrouille l'habitant d'une cité qui a un réseaux social assez dense.

Moléson
Moléson

15 février 2012 à 19:23:03
Réponse #11

modl


Je crois que c'est un bon sujet de réflexion.
D'abord sur le "mythe" de la campagne qu'ont certains bobo effectivement, qui idéalisent bien trop les villages ruraux. En étant sorti il y a longtemps, je sais que des rancoeurs dans la communauté peuvent perdurer plusieurs générations, mais les mêmes prêts à se plomber à la chevrotine vont faire face ensemble devant tout étranger. Et quand je dis "étranger", c'est de la vraie xénophobie : l'étranger, c'est celui qui n'est pas du coin, et peu importe sa couleur, sa religion ou son pognon : c'est juste l'étranger. Chez moi, toute personne qui arrivait sans avoir au moins 7 générations au cimetière est étranger, voire pire : parisien...
Là, l'intégration n'est pas facile dans le meilleur des cas : faut participer à à peu près tout (de la kermesse au ball trap, en passant par les cérémonies du 11 novembre), faut pas faire de vague, être polis : c'est dingue le nombre de fois où j'ai entendu les vieux et les moins vieux dire "y sont pas du coin, mais y sont polis : leurs gamins disent bonjour quand ils entrent à la boulangerie...". Ben là, c'est un grand pas dans le bon sens. Ca peut paraître idiot, surfait, nostalgique, ça compte par chez moi.
En cas de pépin, dans mon cas les inondations de 1982, si l'étranger donne de sa personne, ça passera de mieux en mieux.
Mais là aussi, il faut des années, et souvent, à la moindre erreur, tout peut-être remis en cause, parce que, l'air de rien, c'est quand même pas un gars d'ici... Et le concept de réseau social, même si il n'est pas identifié comme tel, compte encore beaucoup dans les petits patelins de chez moi (voisins principalement).
Pour l'anecdote, je vous parle d'un coin du Poitou, où le patois est encore usité par quelques ancêtres. Si je ne le parle pas, je le comprends (à peu près, l'accent de chez moi est épouvantable...).
Si ça peut aider à faire avancer le truc...
Heureux les fêlés, ils laissent passer la lumière...

15 février 2012 à 20:00:36
Réponse #12

Jérôme A


Dans une telle situation... je pense que tu sera bien plus en sécurité a la campagne.

Les gens ce connaissent, les familles sont installer depuis longtemps, rien a voir avec une ville...
La chose la plus importante a mes yeux et de te faire connaitre et de participer, aider, travailler avec les gens.
Ils ont besoin de savoir que tu est quelqu'un de bien (légitime si il y a des vols).

La couleur, les origines non pas d'importance, les gens accorderons plus de valeur au petit jeune (et as sa famille) qui ce démènera, jardinera fera du bois.....bref s’intégrera qu'a une famille vivant seul.

Pourquoi la campagne serait moins dangereuse que la ville?

Mise à part le faite  que ce soit dans les villes ou ça pète le premier (si c'est la tienne pas de bol) mais une fois que c'est fait, c'est une ambiance général...

Parce que je suis un paysan/campagnard, je ne défendrai pas les miens et ce qui nous appartient ?  oulalà pas sûr ...

Il y a peu être plus de ressources ou de place, mais ça ne t'appartient pas, et dans les cas ou ça craint vraiment, je pense (car je ne l'ai pas vécu) , mais j'imagine devenir trèèès territorial et pas vraiment ouvert aux nouvelles rencontres...

c'est aujourd'hui que je m'occupe de l'image de ma famille et de nos valeurs auprès de notre réseau car si ça craint(mais pas seulement hein!) , ça ne sera pas de trop ...
 

Pour moi l'endroit ou tu vis est surement l'endroit le plus safe car si comme tu le dit :

 "Ils"  :glare:(les paysans?!) ont besoin :glare: de savoir :glare: que tu es quelqu'un de bien :glare: ...

Évertue toi  à être cette personne à l'endroit où tu vis car être quelqu'un de bien est un choix que tu auras  fait depuis longtemps j’espère,  car sinon il sera surement trop tard pour te pointer la gueule enfariné à la campagne ...

Pourquoi vouloir détruire en t'exilant un réseau social que tu aura mis plusieurs années/décennies à construire ?

Sauf si comme je l'ai dit plus haut c'est dans ta ville où ça part en live et là j'imagine(toujours) , que c'est sauve qui peut, après faut s'organiser ... mais maintenant c'est mieux

mes 2 grains d'blé ...

Des membres on vécu des coups durs comme ça, ou l'exode était une nécessitée ? leurs avis m’intéressent vivement ...


EDIT:

+1 avec raiders et modl qui ont posté avant moi ...

je suis du Poitou et je me reconnais tout à fait dans ce que dit modl  (même si j'en suis pas toujours fier, mais les chats ne font pas des chiens hein !)

C'est dur et intransigeant tout comme la terre ...

Mémé train/tracteur et Pépé train/tracteur m'ont trop aimé pour aller contre ça :

 La famille d'abord, Les amis ensuite, et après on verra...

  

multiple edit pour les corrections orthographiques et de syntaxe ... désolé
« Modifié: 15 février 2012 à 22:23:45 par Jérôme A »
Si vous vous sentez impuissant...
Aidez quelqu'un .

18 février 2012 à 23:05:09
Réponse #13

thorgaal


Coïncidence, je viens de terminer un excellent roman qui colle parfaitement avec ce sujet : Le Rapport de Brodeck de Philippe Claudel. Je vous le recommande chaudement.  :up:
Tant dort le chat qu'à la fin il s'éveille.

06 juin 2012 à 20:20:02
Réponse #14

Campeur


(...) Alors voilà la question que je me pose : le fait d'être un étranger (ou de ressembler à) doit-il conduire o la mise en place d'une stratégie de survie spécifique en cas de gros bordel ?
(...)
Un point précis reste aujourd'hui en suspens pour moi : en cas d'effondrement éco durable, il semble préférable de vivre en espace rural ; mais étant "d'aspect louche", est-ce bien judicieux. Certes, à la campagne, il sera plus facile de trouver les ressources élémentaires, mais, trés difficile de se fondre dans la masse... donc possibilité de devenir une cible de choix pour ceux qui cherchent des bouc-émissaires.
(...)

tu sais celui qu'a une sale g***e à la campagne, c'est celui qui participe jamais à rien, celui qui n'a pas le respect de son voisinage, qui râle , qui peste, qui met pas ses gamins à l'école du village, qui se la pete avec sa grosse caisse en se croyant sur un circuit de f1 dans les rues du village, celui qui fait pas vivre les commerces du coin , qui n'échange pas à la boulangerie, qui dit jamais bonjour...

bref celui qu'on supporte pas et qui risque de servir de bouc émissaire le moment venu, c'est l'a-social !

si tu es humain et ouvert, ils t'intègrerons... si en situation dégradée, tu restes le même humain aidant de compatissant, tu feras partie de leur communauté !

Salut
"Posséder les arts de la paix mais non ceux de la guerre, c'est un manque de courage...posséder les arts de la guerre mais non ceux de la paix, c'est un manque de sagesse" Wang Yang Ming (1472 - 1529)

 


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Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

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avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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