Après, il y a l'aspect légal, et ce qu'on peut faire "en vrai" sur le terrain.
Car pour que la légitime défense soit reconnue, il y a quand même cette notion de proportionnalité de la riposte qui est importante.
Et rester proportionnel en utilisant une arme non autorisée, c'est assez difficile. Surtout sous stress. Surtout si c'est un couteau.
Donc après, gaffe aux choix fait en amont : ce n'est pas parce que "ça peut passer" légalement qu'il faut s'engouffrer dans la brèche, surtout si une solution plus légale / moins potentiellement létale existe...
My 2 cents,
Djé
Tout à fait d'accord avec ça...
Pour revenir par ailleurs sur la question initiale, dans la situation décrite (port ou détention d'une arme prohibée, usage de cette arme dans un cadre supposé de légitime défense), il y a en réalité deux infractions qui s'ajoutent l'une à l'autre :
- celle relative à la détention ou au port illégal;
- celle relative à l'usage qui en est fait.
Seule la seconde est susceptible d'être effacée par un état de légitime défense, si celui-ci est reconnu. Pas la première.
Mais pour la première on parle bien d'un port illégal ou d'une détention illégale. Pas de l'usage sur la voie publique d'une arme dont le port est prohibé (lacrymo ou baton, par exemple) mais avec laquelle on serait sorti de chez soi pour porter assistance à son voisin en train d'être agressé devant chez lui, par exemple... Dans un tel cas, qui relève à mon avis grandement de l'hypothèse d'école, il n'y a pas véritablement de port et la seule détention de l'arme n'est pas illégale, pas plus que son usage en lui-même s'il reste dans le cadre de la légitime défense.
Peut-être est-ce notamment à ce genre d'hypothèses que se référaient les propos rapportés par Bois San.
Par ailleurs, il faut également avoir en tête qu'existe en France le principe de l'opportunité des poursuites. Selon ce principe, le Ministère Public peut, à sa discrétion, choisir d'engager ou de ne pas engager des poursuites malgré la réalisation d'infractions (la victime présumée peut par ailleurs forcer à l'ouverture d'une instruction pour les crimes et délits, mais ceci est un autre sujet).
Or si la légitime défense apparaît comme suffisamment établie au stade de l'enquête ou de l'instruction, il n'y aura pas de poursuites devant un tribunal contre la victime du fait de la seconde infraction et souvent il apparaîtra inopportun de la poursuivre sur le fondement de la première infraction.
Supposons qu'une femme ait pu échapper à son agresseur en se servant d'une lacrymo qu'elle portait sur elle, ceci dans un cadre tel que la légitime défense apparaît suffisamment établie, quel bénéfice social le Ministère Public aurait-il à la faire citer en correctionnelle pour le port prohibé d'un tel engin ?
C'est peut-être aussi à ce genre d'hypothèses que l'intervenant évoqué par Bois San se référait...
Ne faisons en tout cas pas dire aux plus éminents membres de l'ADAC ce qu'ils ne disent pas : il n'est certainement pas dans leur objectif d'inciter tout un chacun à se promener en permanence avec des armes prohibées, encore moins si elles sont une capacité létale élevée (couteau par exemple)...
C'est une "maison" suffisamment sérieuse pour qu'on puisse leur faire crédit de donner des conseils au moins à peu près appropriés à la situation de leurs interlocuteurs et avec une approche raisonnablement prudente prenant en compte les pratiques policières et judiciaires actuelles...
Cordialement,
Bomby