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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Naufrage d'un paquebot en Italie  (Lu 13609 fois)

14 janvier 2012 à 14:07:07
Lu 13609 fois

Le Barbu'


Bonjour,


Vous l'avez sans doute appris il y a peu, un paquebot s'est échoué au large de la Toscane avec a son bord plus de 4000 personnes, on déplore la mort de trois personnes et 70 autres sont activement recherchés. Cela étant, dans le cas d'une croisière de ce type, que doit on faire (ou ne pas faire) en cas de naufrage ou d'avarie sur le navire ?


Vos avis et conseils sont la bienvenus.


On peut toujours se consoler en se disant qu'on ne saura même pas nous mêmes qu'on est mort.


La vie est une comédie italienne : tu pleure tu ris, tu ris tu pleurs...

14 janvier 2012 à 18:33:49
Réponse #1

jonasvoile


salut,

dans le cas d'un naufrage d'un navire de croisière, ne surtout pas paniquer (grand classique, plus facile a dire qu'a faire)
- enfiler un gilet de sauvetage, ainsi que ses proches,
- ne pas chercher a sauter a tous prix dans les canots (ce qui c'est passée en Italie (source: le télégramme) ou ne pas courir
- ne pas s'encombrer de valise, mais s’habiller chaudement (plutôt polaire, veste étanche, bonnet,  pas de talon)
- faire confiance a l'équipage (ou tout du moins suivre leur consigne)
- faire attention au autre, enfant ... (bon comme dans la vie de tous les jour.
- si possible, récupéré clé de voiture, logement, papier important (quitte a les garder sur soi le temps de la croisière)
- en conclusion que l'on soit en mer ou a terre, toujours être prêt a partir avec l'essentielle

plus d'info http://www.meretmarine.com/article.cfm?id=118423
@ + jonas
« Modifié: 14 janvier 2012 à 18:48:53 par jonasvoile »

14 janvier 2012 à 20:01:12
Réponse #2

VieuxMora


Entre autre:
Avoir toujours sur soi une lampe miniature ph*t*n ou autre,
Où que l'on soit, avoir repéré l'issue de sortie la plus proche,
Avoir des chaussures dont les semelles ont un minimum d'adhérence.
Etre prêt à abandonner sans regret ses affaires (en cabine, ou dans le restau)
Un EDC sur soi type banane discret peut être utile.

Eviter le vendredi 13... :-[

14 janvier 2012 à 23:33:19
Réponse #3

jonasvoile



Avoir des chaussures dont les semelles ont un minimum d'adhérence.


ne peut oublier que quand le bateau gite (penche) on doit marcher sur les cloison et le sol

14 janvier 2012 à 23:52:45
Réponse #4

azur


J'avais trouvé ce genre de pochette dans un magasin de rando en liquidation:



J'en avais pris deux pour mes activités craignos et je pense que peut ça faire un bon EDC discret sous les vêtements dans ce genre de situation, suffisant pour un minimum de matériel à l'abri de l'humidité (la réputation de Source n'est plus à faire!)

Question aux marins: qu'est-ce qu'on devrait y mettre en priorité?
lampe led, multitool, briquet, papiers, stylo indélébile...?
Tout le monde savait que c'était impossible... est venu un idiot qui ne le savait pas, et qui l'a fait!
------------------------------------------
Boviner, c'est contourner par le centre...

15 janvier 2012 à 07:43:21
Réponse #5

fall7stand-up8


Bonjour

Pour utiliser ce type de pochettes pour étancheifier nos radios je peux te dire que :

Leur port est désagréable alors autant la prendre la plus petite possible
Les systemes ouverture fermeture sont longs à manipuler alors ne pas y mettre des trucs dont tu as besoin souvent
Ca n'aime pas les angles vifs des objets metaliques alors le multitools sera mieux dans son etui cordura à la ceinture de ton bermuda (sauf croisieres arctiques)

Pour moi, en mer il faut à tout prix se signaler donc Sifflet et LED avant tout.
Apres tu peux rajouter ton passeport car d'après ce que j'ai vu aux infos ce matin, les naufragés débarqués à marseille sont en galère de papiers
Un double des clefs de la maison mais ça ne craint pas l'eau alors tu peux avoir une banane ou une pochette maxpé dans laquelle rentreront plus de trucs et ne reserver la pochette étanche qu'a ce qui craint vraiment l'eau

15 janvier 2012 à 08:48:24
Réponse #6

François


Un peu la même réponse que fall7stand-up8 :)
Les trucs utiles devront être hors de la poche étanche : lampe (réellement étanche, l'eau salée cela ne pardonne pas), sifflet, PLB et VHF si on en a, couteau, 2 ou 3 m de cordelette, une gourde avec de l'eau potable éventuellement. Je passe sur les vêtements chauds et le gilet de sauvetage tellement c'est évident.

Dans la poche :
téléphone portable, même dans la poche étanche il peut sauver la vie (voir mésaventure de Florence Arthaud)
et ce qui sera utile une fois à terre : papiers, carnet d'adresse, argent, CB. Et briquet et clops pour les fumeurs ;D
Un jeu de piles pour la lampe, peut être aussi.
Espérer le meilleur, prévoir le pire.

15 janvier 2012 à 10:46:45
Réponse #7

philippe12


bonjour a toutes et a tous
toutes mes condoléances aux familles et bon courage aux blesses

ces bateaux sont de vrais immeubles ca doit etre flippant quand ca part en vrille.. 4229 personnes qui paniquent  :o
et le commandant qui se barre avant toi qui attend sagement  avec ta smalla sur ton pend de mur apres avoir suivi les conseils de jonasvoil et fall7stand-up8:
-  avoir pris la mesure de la situation
-  t'etre mis en sécurité (oui monsieur je préfère prendre les 5 gilets de sauvetage et j'attendrai vos ordres)
-  avoir rassemble ta tribu avec tout ton barda ( vestes chaudes ou couverture bouees ou gilet sde sauvetage)
pour etre évacué par des gens sérieux
- récupere dans la salle de resto ( eau et vivres dans une nappe.. vous avez jamais vu des films de naufrages?)

car tu as bien vu les lumières du port et qu il y  avait une ile a 100m..donc t'es  calme .. et tout est sous controle.. temps moyen .. 5h d' attente..certains au bout de ..10h..les derniers sont encore dedans .. je souhaite bon courage a eux et aux sauveteurs qui font un max.

pour moi   leçon a retenir.. ne pas se précipiter vers les canots de sauvetage .. on sait pas de quel cote l 'immeuble va se casser la gueule
et un immeuble ca coule pas en 5 mn ..  :-[  quoique avec un trou de 75 m dans la coque >:(

@Francois
je me vois mal aller au bal avec un petit sac a main de survie ;#
cela s 'est passé pendant le repas.. donc en tenue de soirée.. les gens se mettent sur leur 31  8) .. c'est la fete .. apres on va danser :doubleup:

et la plouf .. l inorganisation totale ( attendre les ordres de l 'equipage ? )
la panique - retourner dans sa cabine??  un couple de coreen l' a fait ils viennent de les retouver vivants la cabine etait .. du bon cote

@Azur
pas mal la pochette étanche -
papier - yes
un peu d'argent .. voir le temoignage de la dame qui est alle attendre dans  un cafe... que la situatin devienne controlable
telephone - Yes - voir arthaud
cles? bof elles vont percer la poche si on se fait secouer ..
je donne mes cles  de maison au voisin quand je pars .. et les cles de bagnole?? si elles prennent l 'eau aussi apres on changer la pile..

j'ai systématiquement un poche en coton sur moi avec une petite poche étanche pour les papiers -fric
separement j'ai une poche étanche accessible pour le telephone.. j'ai teste en baignade RAS .. tout est utilisable apres .

lampe? yes ca je rajoute ..avec dynamo.. je me vois bien avec le telephone  a la main pour m 'eclairer alors qu il ya tout dans le telephone (adresse code etc..et bientot paiement)

sifflet .. y en a un sur le gilet de sauvetage ..  >:( j 'arrive  pas a y croire les gens n' avaient pas de gilet ??
j'en mets un sur les cles de bagnole

j 'ai pas de smoking etanche a la james bond... >:(

amicalement

 
« Modifié: 15 janvier 2012 à 13:26:56 par philippe12 »
la joie est dans vos valeurs, ..contenez vous , soyez contents et conscients .. c'est cela la joie

15 janvier 2012 à 13:05:00
Réponse #8

fall7stand-up8


En effet comme le dit philippe certains naufragés n'avaient pas de gilet.......
Sur la majorité des gilets on trouve:
- un sifflet
- Une lampe à éclats qui s'active au contact de l'eau

Le sifflet est de pietre qualité et ne supporte pas la comparaison avec un fox40
La lampe est a eclats et indissociable du gilet ce qui est bien pour le reperage en mer mais moins bien pour se guider dans les coursives pendant l'évacuation (la perte de l'éclairage a ete un des premiers effets decrits par les naufragés) qui plus est la lampe ne fonctionnera qu'une fois dans l'eau

Donc une petite led étanche qui possede un mode strobe (presque toutes aujourd'hui) et un fox40

Une fois à l'eau si pas de chaloupe ni de débris suffisant pour y monter ou s'y accrocher (configuration dégradée+++ mais c'est ce qui s'est produit)
1 Nager pour s'éloigner un peu de l'épave encore en surface car si elle coule il y aura un phénomène d'aspiration contre lequel vous ne pourrez pas lutter
2 Se regrouper à plusieurs et s'attacher par les gilets pour faire ancre flottante (et gagner en assurance grace au soutien du groupe) si en plus vous etes le seul à posseder un moyen de reperage vous sauverez la vie aux autres
3 adopter la position HELP (heat escape lessening position) à savoir assis genoux repliés sur la poitrine bras autour des genoux. Cette position comme son nom l'indique limite la deperdition de chaleur car c'est le danger majeur qui vous guette une fois la noyade évitée

Bon dimanche

16 janvier 2012 à 16:52:24
Réponse #9

nésurlo


Je trouve que les derniers conseils de  fall7stand-up8 sont ok.

J'ajoute:
Vous montez à bord d'un immeuble flottant, réflexes immédiats à développer:
- plan du navire à intégrer (vous verrez, c'est affiché de partout) + vérifier en les suivants les accès vers l'extérieur (depuis sa cabine, etc). ça permet de se dégourdir les jambes et c'est très important en cas de problème (où il y aura d'autres choses à gérer).
- Lieux où sont stockés les gilets (brassières). En retenir plusieurs.

Perso, c'est ce que je fais systématiquement.

Après je me suis toujours dit que je n'attendrai pas les instructions d'évacuation pour réagir. Je suis résolument pour agir immédiatement, quitte à ce que ça soit une fausse alerte (mot anodin choisi avec ma femme qui lui signifie :code rouge = tu fais immédiatement ce que je te dis, je t'explique dès que possible). Ce moment où les autres sont indécis, c'est le seul moment où l'on peut circuler encore sur le bateau et être libre d'aller où on veut.

1) prendre juste le nombre de brassières (le plus discrètement possible) nécessaires à moi + mes proches (pas + plus pour ne pas désorganiser les procédures, ni pour en proposer autour afin de ne pas créer une panique que je ne saurai gérer).

2) je prends si possible (si possible cad si pas encore de mouvement de panique = je peux encore circuler sans bousculades) de quoi pas claquer de froid et de quoi me signaler, de l'eau pour boire ... bref mon sac à dos EDC. Mais je suis sûr que ce n'est pas une priorité absolue dans bien des cas car même avec un gros trou, ça ne coule pas vite et les secours sont rapides. donc priorité à ma liberté de mouvement (aller où je veux sur le bateau).

3) Je monte avec ma famille sur le pont, on a les brassières sur nous. On se planque sur un pont supérieur près d'un radeau de survie (modèle que je connais très bien et qui est le seul que je puisse manipuler... vraiment au dernier moment style, j'ai quasi les pieds dans l'eau, pas avant.

Pourquoi ? parce que la panique des autres, non merci, j'ai bien assez de me battre contre un bateau qui coule, je me passe des bastons sur des porcs qui voudraient écraser des enfants pour passer les premiers (hélas ce qui est arrivé en Italie). Si je suis seul, je me les fais, mais si j'ai ma famille, je choisi mes priorités. Ensuite, parce que les procédures d'équipages vont être lancées beaucoup plus tard et que du coup, j'ai un temps d'avance. J'ai aucune envie d'être parqué dans des couloirs sans pouvoir bouger.

Mes 2 bibs (BIB = radeau de survie)

PS: si par chance je suis seul, c'est différent. 1) Gilet pris discrètement 2) je prends fringues chaudes + mon sac EDC 3) je monte sur le pont, je m'équipe. 4) Quand enfin ça réagit à bord, j'essaie de me rendre utile mais je fais gaffe de ne pas me retrouver bloqué ou sommé de rejoindre le groupe (si il le faut, je n'interviens qu'au cas où du personnel est dépassé).

PS: J'atteste d'expérience (sur des voiliers pas sur des immeubles) qu'il est fondamental de se poser ce genre de questions, d'en discuter, d'expérimenter sur le terrain (exercices)... quand c'est la me*de, ça arrive souvent très très vite et après les évènements s'enchaînent à une vitesse hallucinante  et même calme, il faut avoir des structures de réflexion qui sont devenues des réflexes. La grosse tuile, ça n'arrive pas qu'aux autres (j'ai plusieurs fois menacé de couler, d'être poussé à la côte, démâté... et je ne suis pourtant pas chat noir  :lol:)
« Modifié: 16 janvier 2012 à 17:58:06 par nésurlo »
il y a ceux qui ne rêvent plus, il y a ceux qui rêvent, et puis il y a ceux qui réalisent leurs rêves.
voyages-originaux.over-blog.com

16 janvier 2012 à 20:19:51
Réponse #10

hook


super avis de Nésurlo.

j’habite la montagne ( pas marin du tout ) et ai navigué 7 j sur le concordia....

Le bateau fait 18 m de haut... vaut mieux ne pas sauter  on atterri sur du béton. Pour un rappel , faut une bonne longueur de corde...

le bateau navigue souvent la nuit pour que les visites se fassent aux escales le jour; le risque de naufrage est maximum en pleine nuit donc pendant le repas du soir, le spectacle (on est tous regroupé avec les risques d'effet de foule et les étranglement des coursives) ou le sommeil. AMHA la seule chose utile à porter sur soi et qui n'entravera pas pendant les qq jours de vacances: un tel portable étanche avec lampe  et/ou une lampe de secours petzl ( mais non étanche, pour l'autonomie). Le reste à discrétion mais ce sera dans la cabine.

Tous les stocks sont quasiment inaccessibles car dans la partie équipage (un labyrinthe inconnu )donc pas possible de récupérer de l'alimentation en dehors du moment des repas. De l'eau, c'est possible aux robinets des toilettes sous réserve qu'il y ait de la pression.

Mais le plus important est le manque d'information; je pense qu'on se rend vite compte qu'il se passe quelque chose de grave mais on n’a pas d'infos pour prendre une décision: suivre le groupe ou rester autonome ?

4000 personnes ( une petite ville ) à débarquer, ça ne peut pas aller vite...Les secours ont quand même fait du bon boulot.

16 janvier 2012 à 20:29:30
Réponse #11

modl


Il s'est aussi posé le problème des consignes données par l'équipage. Les reportages que j'ai pu voir indiquent que les annonces ont été faites en italien.
Et tout le monde ne le parle pas, là, si vous rajouter la panique plus le son des hauts parleurs (aussi pourraves que dans une gare ?), ça doit pas simplifier la vie.
Et une partie de l'équipage était phillipin (toujours d'après les infos).
Mon phillipin est encore pire que mon italien. :'(
Donc, comme déjà dit, se fader une visite, prévoir ses gilets et un petit edc spécifique, avec clés et papiers de la famille. Même si ça doit être chiant à trimballer, c'est mieux que de se retrouver en chaussettes (au sens littéral) dans la capitainerie du port, sans papiers, argents, clés pour la bagnole et la maison...
Heureux les fêlés, ils laissent passer la lumière...

16 janvier 2012 à 20:33:59
Réponse #12

azur


4000 personnes ( une petite ville ) à débarquer, ça ne peut pas aller vite...Les secours ont quand même fait du bon boulot.
C'est clair...
Le bateau jauge 115000t pour 290m de long et près de 5000 personnes (1100 membres d'équipage et 3800 passagers).
A titre de comparaison, le plus gros porte-avion au monde fait 333m et jauge dans les 100000 tonnes pour un équipage de 4500 personnes...
Quand on sait qu'il y a au moins un exercice d'évacuation par semaine sur un bateau de guerre, on comprend qu'une évacuation ne s'improvise pas...
« Modifié: 16 janvier 2012 à 20:40:36 par azur »
Tout le monde savait que c'était impossible... est venu un idiot qui ne le savait pas, et qui l'a fait!
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Boviner, c'est contourner par le centre...

16 janvier 2012 à 20:46:00
Réponse #13

Raiderscout


Quelques éléments d'ambiance glanés au fils des pages pour apprécier un peu plus la situation et approcher peut être un Modus Opérandi personel

Sources  :
      1. http://letelegramme.com/ig/generales/regions/nantes/naufrage-du-concordia-le-temoignage-de-soizic-rescapee-16-01-2012-1567249.php

      2. http://lorient.letelegramme.com/local/morbihan/lorient/portlouis/plouhinec/naufrage-du-concordia-une-elue-de-plouhinec-parmi-les-rescapes-15-01-2012-1565983.php
 
      3. le figaro


     Un point clé de la compréhension du drame : Pas de chef…

« Les garde-côtes ont demandé à plusieurs reprises -et en vain- au commandant de remonter à bord du navire pendant les opérations de secours. Le commandant "était déjà, un peu après minuit, sur les rives de Giglio" alors que les derniers passagers ont été évacués vers 5 heures. » Source : TF 1 NEWS

« La conduite du navire (navigation et manœuvre) est assurée depuis la passerelle d'où le commandant ou son représentant, l'officier chef du quart, donne les ordres à la barre et aux machines. De la passerelle est également réglée la vie générale de l'équipage (informations, relève de quart, alerte, appel aux postes de combat, aux postes de manœuvre…) » Source : Wikipédia.

     La loi du 17/12/1926 définie et réprime l'abandon de navire.

     « L'Abandon de navire constitue un délit commis par le Capitaine d'un navire. Il s'agit de laisser volontairement sans contrôle humain un navire dont on assume la direction en tant que capitaine. Ce délit est puni d'une peine de prison variable en fonction de la gravité de l'abandon :
- Si le navire laissé à l'abandon était en sécurité dans un port, la peine de prison est comprise ente 6 jours et 2 ans.
- Si le navire est au mouillage forain, ou s'il navigue en mer, le minimum de la peine de prison est porté à 1 an.
Enfin, en cas de danger, si le capitaine abandonne son navire pendant le voyage sans prendre avis de ses officiers et principaux d'équipage, l'emprisonnement est de 6 mois.
Si le capitaine n'organise pas le sauvetage de l'équipage et des passagers, ni les papiers de bord, dépêches postales ni marchandises précieuses, ou s'il n'est pas le dernier à abandonner le navire, l'emprisonnement peut être porté à deux ans. »
Source : Code Disciplinaire et Pénal de la Marine Marchande – L.17 décembre 1926


"Be Prepared !"

16 janvier 2012 à 20:48:27
Réponse #14

Raiderscout


     Préambule au naufrage :

« Au moment de l'accident, les passagers étaient en train de dîner ou pour certains déjà au lit. »  Source : Le Télégramme

Environ 21h30 la veille d’un débarquement de passagers au port de Marseille
          -   Dîner en cours ou fini
          -   Dernière soirée, souvent la plus festive (tenue, activité ++, alcool)
          -   Agitation et plus de mouvements de personnels dans les coursives et les services
          -   Tenue légères : pyjama ou de soirée
          -   Les bagages sont prêt pour le débarquement du lendemain : le reflexe est souvent de les emporter avec soi vers les lieux d’évacuation (ou devront être abandonné par la suite) = encombrement des coursives et passerelles

     Le Choc :

"Nous avons entendu un grand bruit, les plats et couverts sont tombés par terre, les lumières se sont éteintes mais le personnel nous disait de ne pas nous inquiéter", a témoigné un passager. "Vers 21h45, il y a eu l'alarme pour avarie, deux coups de sifflets longs suivis d'un court et nous avons gardé notre calme pour éviter de faire paniquer les passagers", a indiqué une animatrice du navire. L'abandon du navire aurait été décidé deux heures plus tard, selon elle. » Source : Le Télégramme

          -   mouvement des équipes d’intervention et des personnels des postes d’équipages aux postes de manœuvres.
          -   Instinctivement les passagers vont rechercher à rejoindre leurs proches et rassembler leurs affaires = agitation, mouvements s’ils ne sont pas contenu et/ou les flux canaliser par l’équipage.
          -   Le bateau gite et les générateurs fonctionne de façon discontinue apportant un plus à la confusion
          -   Panne d’électricité : blocage des ascenseurs, escalators, portes automatiques, etc. 

"Be Prepared !"

16 janvier 2012 à 20:50:41
Réponse #15

Raiderscout


     L’Alerte :

     1h00 après l’avarie, le capitaine a déclaré vers l’équipage et les autorités maritimes qu’il s’agissait d’une panne de générateur
«  L'équipage également mis en cause. Le magistrat a également mis en cause la gestion de l'accident par l'équipage. Selon lui, l'alerte a été lancée une heure après l'impact. D'après certains témoignages, le commandement du navire aurait répondu à la capitainerie du port, alertée par des passagers, que la situation était sous contrôle et qu'il s'agissait d'un simple problème électrique. » Source : TF 1 NEWS

 «J'ai vu des gens remonter très paniqués. C'était difficile de communiquer, il y avait beaucoup de nationalités différentes.» Source : Le Figaro

          -   Les Messages d’alerte vers les passagers pour contenir la panique, éviter l’encombrement des ponts et des coursives, pour permettre l’organisation et la mise en place des procédures d’évacuation et d’interventions sont faux et souvent incompréhensibles. 
          -   Babel effect


"Be Prepared !"

16 janvier 2012 à 20:52:44
Réponse #16

Raiderscout


     La Panique et « Sauve qui peut » :

« Panique dans les escaliers » Source : Le Télégramme

          -   Pas de point de situation régulier vers les passagers = Ils cherchent à s’informer = mouvement + rumeurs = Panique
          -   Pas d’éléments de langage transmis de la passerelle vers les membres d’équipage = mauvaise communication vers les passagers, les messages « rassurant » sont en dissonance avec la situation = Panique

[b]«  Nous allions dans tous les sens »   Source : Le Télégramme

          -   Bateau qui gite de nuit, avec des passagers qui ne sont pas familiarisé avec les lieux : une coursive n’est pas organisée comme une rue, éclairage intermittent ou nul, difficulté à se mouvoir (gite + encombrement), bruit empêchant la diffusion des messages, et surtout pas de canalisation des mouvements d’évacuation et des flux contradictoires pour rejoindre les ponts.

« "Dans un couloir, nous avons cassé une vitre et avons pris des gilets de sauvetage mais comme il n'y en avait pas beaucoup on se les volait entre nous" Source : Le Télégramme

« "Dans un moment comme ça tu ne poses pas de questions, tu penses seulement que tu risques de mourir". » Source : Le Télégramme
"Be Prepared !"

16 janvier 2012 à 20:55:28
Réponse #17

Raiderscout


Connaissances des procédures et des Consignes  n’est pas DRILL ! :

     Même si un an auparavant, un passager témoigne de la bonne diffusion des mesures de sécurité pour chaque embarquement de nouveaux contingents. http://www.letelegramme.com/

     Les équipements de secours étaient insuffisants et parfois inopérant.

«Les goupilles étaient grippées. Impossible de les décrocher. Et les gens continuaient à affluer en masse. Sont arrivées deux personnes handicapées et une personne âgée. J'ai cru qu'elles allaient passer par-dessus bord. Rétrospectivement, je me dis que certains n'ont pas su être dignes d'être appelés des hommes» Source : Le Figaro

« Les chaloupes, pas assez nombreuses, auraient selon plusieurs témoins fait des allers-retours entre la côte et le navire pour récupérer de nouveaux passagers. » Source : Le Figaro

     Les spécialistes de bord ne semblaient pas tous à leur place pour permettre au mieux des circonstances difficiles (bousculades et gite important) l’amerrissage des chaloupes. Toutefois que ce soit des personnels de cuisines qui les manœuvre peut faire partie des procédures en cas d’évacuation (postes de manœuvre souvent différents des métiers sur un navire). 

"Be Prepared !"

16 janvier 2012 à 20:59:39
Réponse #18

Raiderscout


Photo des rescapés à l’arrivée : tenue légère et pas de papiers.

Un EDC possible :


          -    L’EDC doit pouvoir tenir dans un petit sac à main de Dame et/ou des poches de Spencer / costume :

          -    Valeur marchande : Carte de crédit + euros + bijoux     Les bijoux doivent être portés et non en coffre. Un petit bracelet or permet aisément de recouvrer quelques liquidités dans un port étranger (mais peu susciter les convoitises si trop voyant).

          -    Sécu perso : LED ou petite lampe blanche (les lames peuvent être interdites aux débarquements dans les ports pour les visites), téléphone portable (si possible étanche) + carte téléphonique internationale + « ResQME »

          -   Pièces administratives : Clé USB (scan des pièces d’identité + documents assurances + photos des membres de la famille, etc.) + passeport (pas dans le coffre). http://stages-survie-ceets.org/le-backup-de-vos-documents-essentiels-par-achille/


Christophe.


"Be Prepared !"

16 janvier 2012 à 22:00:17
Réponse #19

nésurlo


Merci beaucoup pour ton gros travail de collecte :doubleup:
il y a ceux qui ne rêvent plus, il y a ceux qui rêvent, et puis il y a ceux qui réalisent leurs rêves.
voyages-originaux.over-blog.com

16 janvier 2012 à 23:21:23
Réponse #20

Meven


« Rétrospectivement, je me dis que certains n'ont pas su être dignes d'être appelés des hommes»


Très honnêtement, c'est ce que j'appréhende le plus dans ce genre de situation.

Prévoir son game plan pour évacuer, c'est très largement faisable avec un peu de reflexion au préalable. Mais se retrouver face à un fou furieux qui nous tomberait dessus, et qui nous menacerait de nous arracher les yeux si l'on (ou un de nos proches) ne lui donne pas son gilet de sauvetage, place dans un canot, lampe, vêtements....  :o


Et en y réfléchissant, aucune solution ne me parait satisfaisante :

- Si je ne fais rien, ou me laisse faire, moi, ou un de mes proches risque de voir ses chances de survie chuter drastiquement. Mais en obtempérant j'éloigne le danger et me laisse le (relatif) luxe de pouvoir trouver rapidement une autre solution.

- Si je l'avoine, pour le coup c'est ses chances qui plongent, mais je me mets volontairement dans une situation ou je m'expose à un mauvais coup, à une chute à l'eau, à la création d'un mouvement de foule...
Et pour le coup je m'engage volontairement dans une situation peut-être bien plus merdique qu'elle ne l'était déjà. Et sans compter que pendant que je suis occupé à me crêper le chignon, je ne peux pas veiller sur mes proches, qui peuvent être à leur tour la cible d'opportunistes.

- L'hypothèse de la désescalade dans ce contexte ne me parait pas envisageable. C'est déjà pas forcément évident de mettre en œuvre des solutions pour soi et ses proches, alors donner des alternatives crédibles à un fou furieux, je n'y crois pas trop...


Il n'y a pas de solution idéale et tout dépendra probablement du contexte, qui sur le moment fera pencher la balance bénéfice/risque en faveur d'une conduite plutôt qu'une autre.

Le seul souci, c'est que cette décision devra être prise dans un contexte très défavorable : laps de temps extrêmement court, bribes d'informations en ce qui concerne l’évolution générale de la situation, conséquences potentiellement très lourdes à (très) court terme, et le tout dans une cohue indescriptible...
Grosso modo, j'ai pas OODA, j'ai ODA, voire DA...


Bref, je patauge un peu... et j'aurais aimé avoir vos avis éclairés concernant ce genre de prédation opportuniste dans les mouvements de panique...  ;)


Meven


(Edit : heu.. peut-être que ce post aurait plus sa place dans un nouveau fil dans la section survie urbaine... Auquel cas je m'excuse auprès des modos  :-\ )
« Modifié: 16 janvier 2012 à 23:27:43 par Meven »

16 janvier 2012 à 23:33:35
Réponse #21

Nävis


Et une partie de l'équipage était phillipin (toujours d'après les infos).
Mon phillipin est encore pire que mon italien. :'(

Si j'ai bien compris certains témoignages entendus, les philipins justement, ils ont fait la chaine pour faire passer les passager en difficulté à certains endroits.
Pas besoin de partager la même langue, juste la même humanité, et le sens des responsabilités.

17 janvier 2012 à 00:45:11
Réponse #22

Rosetta


Il y a une discussion aujourd'hui dans l'émission C dans l'air sur cet accident et la sécurité des navires de croisière.

à revoir 7 jours ici

Je penser regarder ça ce soir, si je ne m'endors pas devant je vous fait un résumé demain.


EDIT : comme promis...
invités :
- Anne-Sophie Avé, Déléguée générale d’Armateurs de France, organisation professionnelle des entreprises françaises de transport et de services maritimes.
- Francis Vallat, Ancien président de l'Institut français de la mer.
- Laurent Mérer, Vice-amiral d’escadre.
- Christian Buchet, Directeur du Centre d’étude de la mer de l’Institut catholique de Paris et membre du laboratoire d’histoire maritime au CNRS

Sur les raisons du drame :
Le bateau n'avait pas à se trouver là, il a dévié sa route délibérément semble-t-il, cédant à une pratique courant qui consiste à faire révérence à ses potes sur la côte, un peu comme un avion ferait du rase motte pour amuser la galerie. Le traceur (qui permet de mesurer la position exacte du bateau et de calculer sa route) a été éteint 14 minutes à ce moment-là, ce qui corrobore l'hypothèse d'un coup de folie du commandant et/ou de l'équipage (de toutes façons le commandant étant le seul maître à bord, personne n'aurait rien pu dire, et même s'il s'agissait de faire plaisir à un membre de l'équipage, le commandant ne pouvait pas ne pas savoir).

L'équipage se compose de 70 nationalités, ce qui a pu causer des difficultés de transmission et de compréhension des consignes de sécurité.

Un bateau de ce type n'a pas à se retrouver dans pareille situation, pour les manoeuvres difficiles à proximité des côtes, un pilote monte à bord (personne qui connaît bien la configuration des lieux), c'est le cas par exemple lors du passage dans un chenal délicat ou pour l'arrivée au port. Par ailleurs, il existe des alarmes pour signaler ce genre de danger (récif) qui ont sans doute été éteintes ou ignorées dans ce cas. Les caractéristiques techniques de ce genre de bateau permettent normalement, en cas de choc en pleine mer et notamment de percement de la coque de garder une flottaison horizontale et de mettre plusieurs jours à réellement couler; ce genre d'accident si près des côtes n'est pas censé arriver, si les consignes de sécurité sont respectées, et donc l'équipage n'était probablement pas préparé à le gérer.

Normalement donc : les passagers sont invités à regagner leurs cabines afin d'y prendre leurs gilets de sauvetage (il y a bien des gilets pour tous, seulement il n'y en a pas partout dans le bateau), puis ils doivent se rassembler en des points prédéfinis lors des exercices et attendre d'être évacués. Là, l'ordre de regagner les cabines a été donné très tard (trop tard?) après le choc, les cabines étaient devenues difficilement accessibles.

Nous avons donc là :
- une situation absurde impliquant un commandant possédé par la connerie
- une impossibilité d'appliquer les procédures habituelles normalement puisque l'accident lui-même relève d'un défaut de respect des règles (dans ce cas précis, il n'aurait pas fallu faire confiance aux caractéristiques technique du bateau et appliquer d'autres procédures, peut-être demander aux passagers d'aller chercher leurs gilets avant que le bateau ne s'incline?)

à noter : 80% des naufrages sont liés à des erreurs humaines. Il serait donc sans doute judicieux de revoir les caractéristiques techniques des bateaux + la formation du personnel de sécurité en prenant en compte les possibles entorses aux règles de navigation....

Dans pareil cas... je crois que j'aurais tenté de comprendre le personnel de sécurité et donc suivi les instructions, puisque je n'ai pas la science infuse et aucune expérience de la mer, j'aurais tenté sans doute de récupérer un gilet de sauvetage pour mon fils et moi, et j'aurais prié pour qu'on s'en sorte...
Je ne crois pas qu'on puisse définir des procédures-type à appliquer en cas d'accident, en tous cas pas mieux que ceux qui sont formés pour ça... parce que l'accident-type ben... on voit que ce n'est pas la règle.


Le reportage continue sur le "boum" des croisières... partie que j'ai trouvé peu intéressante et qui m'a fait sombrer rapidement dans le sommeil. Donc pour savoir la fin.... Allez voir!


« Modifié: 17 janvier 2012 à 09:28:42 par Rosetta »
a bove ante ab asino retro a stulto undique caveto

17 janvier 2012 à 09:36:59
Réponse #23

alafouine


Merci à Raiderscout et à Rosetta pour les infos  :up:

17 janvier 2012 à 09:46:14
Réponse #24

Patrick


On peut quand même définir quelques constantes observées maintes fois, comme ne pas faire une confiance aveugle au personnel désigné au motif, que eux savent et peuvent.

1. Plutôt repérer d'abord les circulations et issues que je trouve complexe dans un bateau pour qui n'y est pas habitué, plutôt que les restos, spas et salles de spectacle.

2. apprendre à nager et maintenir cette compétence y compris en progressant sous l'eau

3. savoir progresser en milieu clos en situation de crise ou de panique (commun à l'élément terrestre)

4. baragouiner un anglaoui suffisant pour se faire comprendre en milieu cosmopolithe

5. couteau suisse dans les bagages pour les transports et sur soi ensuite tout le temps.

J'ai déjà eu un départ Marseille Corse avec un Cdt de bord à la limite du coma éthylique comme une bonne partie de l'équipage. Trois personnes qui se relaient en se marrant pour l'annonce au passagers avec deux erreurs sur le lieu de départ et le lieu d'arrivée et une franche hésitation sur le nom bu bateau. Plus un passage très très près de la digue. Ils ont eu le temps de cuver et l'arrivée à été niquel. LMais cette nuit avec ma femme on a dormi sur le pont.

 


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Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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