Posté par Pierrot
Cette méthode a été utilisée entre autre au viet nam, mais on ne peut pas prendre n'importe quels asticots mais une espèce bien particulière.
Le plus rigolo c'est que les asticots ne touchent jamais la chair saine.
j'ai trouvé ça.
L'asticothérapie par Alain Fraval, ou : Remuer le ver dans la plaie
Une étude réalisée tout récemment en milieu hospitalier, en
Californie (États-Unis), a permis de vérifier l’intérêt d’une méthode
de soin des plaies que l’antibiothérapie a fait tomber en désuétude :
l’asticothérapie (MTD, maggot debridment therapy, en californien).
Le principe, connu depuis l’Antiquité, est simple : des larves (fraîches
et bien désinfectées) de Lucilia (Phaenicia) sericata (Diptère
Calliphoridé) sont déposées dans la blessure, qui guérit sans s’infecter.
Le mode d’action des asticots est, en fait, assez complexe et imparfaitement connu.
Leur présence dans la plaie provoque, par irritation, une sécrétion d'exsudat
qui entraîne les bactéries (effet mécanique analogue à celui du rinçage
d'une plaie) et leurs mouvements pourraient aussi promouvoir directement
la granulation.
L’ammoniac, le carbonate de calcium, les agents antibactériens et les enzymes protéolytiques qu’ils sécrètent stimulent la cicatrisation ou dégradent les tissus nécrotiques.
Dernier rôle : ils ingèrent des bactéries et des tissus nécrotiques.
Comme micro-chirurgiens (acéphales et apodes) auxiliaires, le médecin
peut également embaucher les Calliphoridés Lucilia illustris ou Phormia
regina, la Mouche noire à viande.
Bien mener son élevage est important.
Les oeufs, recueillis sur des morceaux de viande de cheval, sont
lavés trois fois à l'eau puis trois fois par une solution de soude au 1/50.
Pour les nourrir, on prépare une “soupe” ainsi : 250 mg de cholestérol
dans du chlorure de méthylène, puis 52,5 g de caséine, 2,25 g de “celluflour”, 1,5 g d'oléate de sodium,
1,5 g de RNA, 3 g de sels de Wesson.
Ajouter 10 g de gélose. Faire évaporer la solution obtenue et la reconstituer
avec 495 ml d'eau et 5 ml de soude normale. Autoclaver pendant
15 minutes puis refroidir dans de la glace. Y placer les oeufs et les
mettre à incuber à 25° C dans une atmosphère chargée à 85% d'humidité
pendant 4 à 5 jours. Il est recommandé d’irradier ces futures
mouches pour les rendre stériles.
Ensuite, le personnel soignant prend le relais de l’entomologiste et
place 200 à 600 asticots dans la plaie et recouvre d’une gaze. On enlève
au bout de 72 heures : on arrête le petit élevage avant la pupaison.
Le malade, en proie à un prurit intense (mais bien atténué chimiquement),
pourrait constater que ses asticots consomment 10 à 15 g de
tissu nécrotique par jour. En tous cas, il guérit.
Ce sont les infirmiers(ères) qui ne supportent pas bien ce traitement
qui les astreint à pas mal de manipulations et, surtout, les dégoûte.
D’autant plus que, souvent, aucun protocole n’est en place pour l’incinération
des restes (des lucilies).
D’après, entre autres, “Maggot Therapy Linked with
Reduced Post-Op Wound Infections”, posté le 15 septembre
2004 sur Science Blog (scienceblog.com) et
le n° 64, de mars-avril 1996 du Bulletin d' information
du médicament et de pharmacovigilance du CRIM de
Rennes.
PS : les espèces de mouches citées sont connues des spécialistes
de la médecine légale (elles pondent sur les cadavres)
et des vétérinaires (elles peuvent provoquer des myases,
notamment chez le mouton).